Peut-on demander à quelqu’un de se convertir?

‘Il n y a que deux sortes de gens attrayants : ceux qui savent absolument tout et ceux qui ne savent absolument rien’. Remettre ses certitudes en question est un très bon exercice intellectuel. Tel un livre qu’on relit et qu’on voit d’un tout autre œil, une certitude à 18 ans peut voler en éclats à 25, puis revenir à la charge à 30... Alors, est-il légitime de demander à quelqu’un de se convertir?

Se convertir : poser la bonne question

Vous imaginez bien la difficulté d’un exercice qui consiste à parler de religion, et de n’en parler que 5 minutes.
Parler de religion, c’est marcher sur des œufs, ou plutôt des braises. J’ai remarqué une chose avec le temps et l’expérience : ceux qui prennent très au sérieux leur religion au quotidien, les ‘vrais’ religieux, sont les plus calmes, et les plus à même d’en parler sans s’énerver ni hausser le ton.
En revanche, le Juan-Mohamed-David qui n’a jamais foutu les pieds dans un lieu saint est très souvent le premier donneur de leçons (on va y revenir…)

Pour commencer, soyons précis : lorsque l’on parle de conversion, on parle d’une conversion pour l’union d’une vie, on ne parle pas de conversion pour l’amour de vacances avec qui on a passé deux nuits. C’est une décision qui impactera toute votre vie.
Ensuite, se poser la bonne question : Doit-on demander à quelqu’un de se convertir? Peut-on? Devoir, c’est obliger, forcer, contraindre. Pouvoir? Est-ce une question morale? Ou y a-t-il une règle écrite dans les textes sacrés?

Se convertir : c’est marqué je te dis!

Nous ne prendrons ici en considération que les trois grandes religions monothéistes, les juifs, les chrétiens et les musulmans (excluons nos amis vegans).
Sachez, avant de lire le paragraphe ci-dessous, que j’ai passé des heures à discuter avec des religieux. Si vous n’êtes pas d’accord, c’est avec grand plaisir que vous pourrez me réfuter, texte à l’appui.

3 livres qui se sont pas mal vendus


Chaque religion a des textes bien différents concernant l’union avec une personne et des règles qui diffèrent.
Commençons par les chrétiens : Un chrétien peut tout à fait se marier avec une personne d’une autre confession, s’il reçoit le sacrement du mariage. AUCUNE obligation –> sujet clos.
Chez les juifs : il est interdit de demander à une personne de se convertir. Le prosélytisme n’est d’ailleurs évoqué qu’à partir du nouveau testament. Pas de cas particulier, si ce n’est une interprétation de la Torah. AUCUNE obligation –> sujet clos.
Enfin, chez les musulmans : Même si dans les textes l’homme a plus de droits que la femme concernant le mariage, encore une fois, il n y a aucune obligation que l’autre se convertisse.
Le prosélytisme y est recommandé, mais, AUCUNE obligation –> sujet clos?

Plus culturel que religieux

C’est désormais avec un certain poids en moins que je vais continuer à écrire. Non, AUCUNE obligation dans les textes sacrés. Alors pourquoi demander à l’autre de se convertir?

Le poids culturel serait-il la vraie raison d’une demande de conversion?
Dans nos sociétés occidentalisées, il est vrai que le poids de la religion a tendance à diminuer. Qui dit poids, dit influence. Dans une société française qui se veut laïque, demander à quelqu’un de se convertir parait quelque peu antinomique.
C’est moins vrai dans d’autres régions du monde. Pas sûr que Juanito puisse nous ramener une Shéhérazade au fin fond du Vénézuela. Pas sûr que Yäel soit la bienvenue dans une famille très conservatrice à Abalessa, au sud de l’Algérie.

C’est tout simplement, au delà d’avoir la même religion sur le papier, plus simple d’avoir la même culture. C’est moins d’efforts, moins d’inquiétudes, moins de problèmes sur le long terme.
Il est tout à fait compréhensible qu’une personne n’ait pas envie de rentrer en conflit avec ses amis, sa communauté, et plus généralement, sa famille.

La religion, c’est personnel

Il y a bien une chose sur laquelle s’accordent les 3 grandes religions : être religieux, c’est avoir la foi. Et la foi, c’est personnel. 
Dans toutes les religions, vous avez des cours pour apprendre à devenir soit chrétien, soit juif, soit musulman. Des étapes à passer, plus ou moins contraignantes.
Si on devait d’ailleurs établir un classement pour devenir un religieux ‘sur le papier’ (je ne parle pas de foi), le plus simple est de devenir musulman, puis chrétien, et enfin juif. Ah oui les gars, si vous voulez devenir juif, j’espère qu’elle vaut le coup, parce que c’est un vrai parcours du combattant!

Se convertir, alors que la religion est personnelle

Bien sûr qu’il est naturel d’essayer de faire aimer ce qu’on aime aux autres. Nous le faisons tous, tous les jours. Je suis le premier à faire du prosélytisme avec le PSG, ou encore avec le film Bohemian Rapsody : j’ai tellement prêché la bonne parole qu’une bonne dizaine d’amis et collègues ont dû aller voir le film 😀

La religion est donc avant tout un choix personnel. Suis-je prêt à me convertir par amour? Ma joie sera-t-elle supérieure aux sacrifices et inconvénients à venir?
Une décision qui ne peut être prise à la légère. Bien sûr, vous serez amenés à peser le pour et le contre. Je l’ai moi même fait il fut un temps, et voici en avant première mon bilan :

Tableau montrant avantages et inconvénients de se convertir
copyright, svp.

Se convertir : le mot de la fin

Oui, il y a des convertis qui le sont par foi, qui au contact du conjoint, ont trouvé la foi.
Oui, se convertir peut parfois n’être qu’une formalité aux yeux du bonheur que représente une vie passée avec la personne que vous aimez.
En revanche, j’ai beau retourner le sujet dans tous les sens, je trouve cela incroyablement égoïste de demander à une personne de se convertir, pour son bonheur personnel.
On se convertit par conviction, et non par amour. Ayant beaucoup plus d’expérience et de recul sur la question qu’il y a quelques années, c’est un réel bonheur d’avoir des personnes religieuses autour de soi, des personnes bienveillantes, qui vous confirment que se convertir par amour n’est pas une obligation.
En aucun cas on ne peut demander une conversion si cela met soit en péril votre couple, soit votre équilibre familial : ‘c’est moi ou ta famille’. Quelle personne sensée pourrait exiger cela de l’homme ou de la femme qu’il aime?

La légitimité de demander à une personne de se convertir diffère aussi selon les religions, et l’implication de la personne dans cette même religion. Chez les musulmans par exemple, ‘il est plus naturel de pouvoir demander une conversion lorsqu’on respecte les grands principes coraniques’.
Vous imaginez ma tête quand j’ai appris cela… J’imagine qu’il y avait une sourate qui devait autoriser l’alcool et la fornication sous la douche à certaines…

Un conseil de Bon Pote?

Que vous ayez 15 ou 50 ans, sachez où vous mettez les pieds. L’homme peut devenir fou lorsqu’il est amoureux, et être prêt à tout. Sachez que la route ne sera pas forcément aussi simple si c’est une union pluriculturelle, et que la communication au préalable est et sera encore une fois LA CLEF.
Ecoutez les personnes qui ont plus d’expérience, nos anciens, qui ont vécu des situations similaires. Il vous faudra parfois un mental d’acier pour ne pas aller plus loin avec une personne… Même si elle représente tout ce que vous attendez d’une femme. PROBLEME, voilà ce que vous devrez lire sur son front 😀

un graphique qui montre que se convertir pour une femme va poser probleme
‘Dieu ne voit pas tout, dieu a beaucoup de travail vous savez, parfois il n y a pas de mal à se laisser aller…. tututtutututututtutut

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