Pourquoi arrêter l’avion ne devrait plus être un débat

Avion

L’avion est-il un non sens écologique ?

Avant toute chose, citons François-Marie Bréon, physicien-climatologue et auteur du cinquième rapport du GIEC, en audience à l’Assemblée nationale en juillet 2019 :

«Je pense que l’immense majorité des gens ne se rend pas compte de ce que veut dire aller à la neutralité carbone, voire diminuer par 4 nos émissions. Cela demande une modification absolument considérable de nos sociétés et nous n’y sommes très clairement pas prêts. Il y a eu un débat, la semaine dernière (loi mobilité, amendement Ruffin/Batho), sur l’interdiction ou non des déplacements en avion au sein de la métropole. On ne devrait même pas se poser la question : il est évident que dans une France qui aura divisé ses émissions de gaz à effet de serre par 4, il n’y aura plus d’avion – on ne peut pas y arriver si on conserve le transport aérien. De nombreuses questions de ce type se posent. Le fait qu’il y ait encore ce genre de débats montre bien que l’on n’a pas réalisé ce que veut dire diviser par 4 les émissions de gaz à effet de serre. »

A la lecture de cette citation, la question ne devrait plus se poser. L’avion n’a plus sa place dans le monde d’après. Comment est-il alors possible que l’on compare Mme Batho et Mr Ruffin à des khmers verts, quand ils proposent d’instaurer des quotas sur le transport aérien ? Cela tient en 2 points majeurs : le déni, et la méconnaissance des ordres de grandeur (bien aidés par le lobby aéronautique, nous y reviendrons).

Pour être transparent, j’ai pris l’avion toute ma vie. Toute ma vie, jusqu’à lire l’impact que cela avait sur le changement climatique. Alors j’espère que vous reconsidérerez le fait de prendre l’avion la prochaine fois après avoir lu cet article. Nous nous concentrerons ici sur l’avion pour un usage non-pro, qui représente 75% des vols). Si vous n’avez pas le choix et que votre boss vous impose un aller-retour NY pour aller serrer 4 mains, vous ne pourrez (presque) rien y faire.

Le constat sans appel de l’avion sur l’empreinte carbone

Pour rappel, l’empreinte carbone moyenne d’un français est entre 11 et 12 tonnes CO2eq, et l’objectif est d’atteindre 2 tonnes de CO2eq/an. Maintenant que nous avons ce chiffre en tête, regardons ce que ‘coûte’ d’aller par exemple à New-York. En utilisant au moins 5 comparateurs différents, j’obtiens toujours un chiffre supérieur à 2 tonnes. Sur climatMundi, Greentripper, Ecolab… A l’exception du site de la DGAC – Direction Générale de l’Aviation Civile (oh surprise !), qui ne prend pas en compte les trainées de condensation et les cirrus qui se forment après le passage d’un avion. Pourtant, il faut les prendre en compte (d’après l’ADEME, JM.Jancovici, Aurélien Bigo, CarbonBrief, ScienceDirect, B&L Evolution…), et cela double l’empreinte carbone d’un vol.

Voici un graphique qui résume très bien la situation. Si vous ne deviez retenir qu’une image, c’est celle ci :

Evidemment, si NY est déjà trop pour une année, c’est la même chose pour n’importe quelle destination en Amérique et pour une grande partie de l’Asie. Gardez en tête que nous ne parlons que du voyage. Il faudra bien aussi se déplacer, se nourrir, se chauffer… Autrement dit, si vous avez des amis à Miami, Sydney ou Shanghai, c’est le moment d’installer Skype.

Manipuler les chiffres pour mieux voler

‘Oui, mais l’avion c’est que 2% des émissions en France’

J’entends cet argument TOUS LES JOURS dès qu’il s’agit du transport aérien. ‘Oui, mais c’est que 2% des émissions, alors que la voiture hein’. Cela tombe bien, ce comportement a un nom : le whataboutisme. ‘Oui d’accord je pollue, mais l’autre il pollue plus !‘. C’est un immense biais statistique sur lequel se repose tout le secteur (et ceux qui prennent l’avion pour éviter la dissonance cognitive). Le secteur ne pèserait “que” quelques pourcentages des émissions..

Source : https://twitter.com/max92laf/status/1283423159434215424?s=20
Max est pilote professionnel. Max aime le whataboutisme.

Soyons clairs : nous devons tout remettre en question. Vu les baisses d’émissions de CO2eq que nous devons réaliser chaque année, 1%, c’est énormissime. Il n’y aura pas de petits profits. Toute baisse d’émissions est bonne à prendre. Ce n’est pas parce que l’autre pollue plus que toi que tu ne dois pas faire d’efforts. Si nous devions attendre que l’américain ait une empreinte carbone de 2T CO2eq/an pour changer, nous pourrions attendre longtemps.

Comptabilité carbone : jouez avec les chiffres, baissez vos émissions !

Maintenant, regardons un peu plus en détails ce 2%. Selon le cabinet B&L Evolution, fonction des différentes approches, et de l’exhaustivité du périmètre en termes de GES, le «poids» carbone de l’avion dans les émissions françaises en 2018 varie du simple au décuple:

Source : http://www.bl-evolution.com/Docs/200721_Etude-BLevolution_Climat-Aviation.pdf

Les ordres de grandeur sont sensiblement les mêmes si nous prenons les statistiques officielles françaises : les émissions de CO₂ de l’aérien représentent seulement 2,8 % des émissions des transports et 0,8 % des émissions totales de gaz à effet de serre en 2016.

Cependant, ces faibles chiffres s’expliquent par le fait que seuls les trajets internes à la France sont comptés (outre-mer compris). C’est le secteur lui-même qui se fixe ses propres objectifs climatiques via l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI), et les inventaires nationaux des émissions reflètent donc un périmètre purement national. Précisons également que le trafic international aérien a réussi à échapper à tous les traités et politiques climatiques (bien aidés par les Etats, nous y reviendrons). Deux remarques à cela :

– Compter les trajets internationaux multiplie par six l’impact de l’aérien pour la France, pour le faire passer à 13,7 % des émissions des transports et 4,4 % des émissions totales du pays. On dépasse déjà légèrement les 1 ou 2% annoncés en général par le secteur…

– Pensez-vous que si on avait dit à Jérôme Kerviel ‘merci de t’imposer tes propres règles de compliance Jérôme, on te fait confiance, déconne pas’, cela aurait-été une bonne idée ? La réponse est bien évidemment non. Il en est de même pour l’industrie aéronautique. La réduction des émissions de CO2 d’une activité s’accompagne systématiquement d’une baisse de vos profits. Argent ou sauvegarde de l’environnement, il faut choisir.

Avion et justice climatique

La concentration des voyages et des émissions sur une quantité restreinte d’usagers érige le transport aérien comme un marqueur important de l’injustice climatique. Les principaux émetteurs sont les populations les plus aisées, tandis que les premières victimes des conséquences du changement climatique sont et resteront des personnes qui ne seront pour la plupart jamais montées dans un avion.

Prendre l’avion fait exploser l’empreinte carbone. Et même si certains brandissent le fameux 2%, ce 2% n’est qu’un biais statistique. A l’échelle d’un pays, la responsabilité des quelques % des personnes qui prennent régulièrement l’avion est totalement diluée par ceux qui ne le prennent qu’une fois par an… Voire pas du tout. Le graphique ci-dessous, de l’Université de Cambridge, est encore une fois révélateur de l’impact de l’avion sur l’empreinte carbone au niveau européen, qui explose pour les plus riches :

Source : https://twitter.com/diana_nbd/status/1280177349582077952?s=20

Exemple du branleur parisien

Puisque l’auto-dérision avait permis d’éveiller quelques consciences, reprenons l’exemple du branleur parisien. Je me rappelle de mon étonnement quand mon coloc avait eu les yeux émerveillés d’un enfant en prenant l’avion pour la première fois à 20 ans. Mais avec du recul et quelques statistiques, cela n’a rien de surprenant : en 2019, 20% des français n’avaient jamais pris l’avion de leur vie, et ce chiffre devrait sensiblement rester le même en 2020 (Covid-19..). A l’échelle mondiale, c’est 90% des êtres humains qui ne sont jamais montés dans un avion.

Quel meilleur exemple que la ville de Paris pour expliciter ce déséquilibre ? Si vous aviez encore un doute sur ‘Paris est-elle une ville exceptionnelle‘, la réponse est dans le graphique ci-dessous. Pour le meilleur, comme pour le pire :

La part des émissions locales, de l’ordre de 25% au sein de l’empreinte carbone, signifie que 75% des émissions générées par Paris le sont à l’extérieur de son territoire. Le premier secteur émetteur est bien sûr le transport aérien (passagers et marchandises) avec 33%. L’avion, que 2% des émissions ?

Greenwashing de haute altitude

Sans surprise, et comme partout, une vague de greenwashing s’est emparée de l’aéronautique pour rassurer tout le monde et surtout gagner du temps, pourvu que rien ne change. Nous l’avions déjà observé avec Air France qui plante des arbres, mais en creusant un peu, c’est toute l’industrie qui bien sûr se défend de polluer. Ces campagnes de ‘lobbying’ se sont accentuées notamment depuis l’essor du flygskam, ce mouvement qui prône la ‘honte de prendre l’avion’ pour des raisons climatiques. Vous le voyez venir, l’avion vert ?

Je vous encourage vivement à aller lire ‘le VRAI du FAUX‘, c’est un formidable exercice intellectuel si vous souhaitez apprendre à repérer le greenwashing et le réfuter.

Mais on a fait de nombreux progrès techniques !

Comme le souligne le Shift Project, l’amélioration de l’efficacité énergétique a été un objectif important pour les avionneurs et les motoristes dans la mesure où la performance d’un avion neuf, en termes de consommation, est un déterminant essentiel de sa valeur. Toutefois, si de réels progrès ont été accomplis, les ingénieurs s’accordent pour constater que les avions actuels y compris leurs moteurs, atteignent une limite technico-industrielle, qui ne sera vraisemblablement pas dépassée.

De plus, les progrès d’efficacité énergétique passés ont surtout permis le développement du trafic, synonyme d’un beau paradoxe de Jevons qu’aucune politique ne s’attache à maîtriser. L’amélioration ne suffit pas à compenser, voire engendre, une augmentation de demande qui dépasse alors les effets de l’amélioration première. Le résultat global et absolu est alors à la hausse :

Enfin, après des mois de discussions avec des acteurs du secteur, il en ressort que toutes les améliorations (et c’est bien normal, tout le monde fait pareil) ont été réalisées avant tout dans un but économique et non écologique. Les émissions n’ont jamais vraiment été un sujet, sauf ces dernières années avec l’engouement médiatique, menant à ce que le changement climatique devienne la crainte numéro une des français.

Responsabilité du gouvernement

Malheureusement, le greenwashing ne s’arrête pas qu’aux entreprises. S’il y a bien un levier sur lequel nous devrions compter, c’est la politique. Il suffit d’une décision politique pour lever des milliards. Nous avons observé (entre autres) aux USA des compagnies venir pleurer auprès de l’Etat pour qu’il renfloue les caisses pendant le confinement… Alors que ces mêmes compagnies, au lieu d’investir et de se diversifier quand elles en avaient l’occasion, avaient redonné des milliards à leurs actionnaires via des buyback programs. C’est un peu toujours la même histoire : on profite, puis quand un jour il faut assumer ses responsabilités, il n’y a plus personne.

Comment voulez-vous que ces compagnies se responsabilisent et sortent du déni, quand elles savent que l’Etat les couvrira ‘quoi qu’il arrive’ ? C’est ainsi qu’Air France a reçu des milliards pour être sauvée pendant le confinement, sans aucune obligation de transformation profonde de son modèle. Comment un français doit-il prendre cette nouvelle, quand il voit que ses impôts vont servir à sauver une entreprise qui n’a pris aucun engagement pour changer et moins polluer ? Surtout s’il ne prend pas l’avion pour raison écologique.

Festival de croissance verte parmi nos politiques français

Le plus inquiétant reste la faculté de nos politiques à ne pas écouter nos experts. Une des demandes du Haut Conseil pour le Climat dans son premier rapport est très claire : ‘Les objectifs concernant les transports internationaux, aériens et maritimes, devraient être intégrés et élevés au même niveau que les objectifs nationaux‘, page 15, recommandation 7. Ce rapport demande la même chose pour les émissions indirectes dues à la consommation de biens importés.

Pensez-vous que cela a été mis en place ? Non. Pensez-vous que Madame Borne, alors Ministre de la Transition écologique et solidaire, soit en ligne avec les Accords de Paris lorsqu’elle souhaite l’agrandissement du Terminal 4 à Paris ? Non. Heureusement, Madame Borne a beaucoup d’humour et avait donné une justification absolument incroyable : l’avion zéro carbone en 2035. Et bien j’ai une mauvaise nouvelle Madame Borne : l’avion à pédales n’existe pas encore pour faire Paris-Rio.

Rassurez-vous, Madame Borne n’est pas la seule dans ses oeuvres. Elle était bien aidée par Jean-Baptiste Djebbari, secrétaire d’État chargé des Transports. Ayant fait toute sa carrière dans l’aviation et ayant voulu d’ailleurs créer une compagnie aérienne, il croit dur comme fer à une industrie aéronautique ‘responsable’. Pensez-vous, à la vue de la photo ci-dessous, que Jean-Baptiste fera un choix objectif pour l’avenir des français, quand on lui dira qu’il faut absolument réduire le trafic aérien ?

Source : https://twitter.com/flolevillain/status/1256896540372803584?s=20

Je crois que la question elle est vite répondue.

Education, clef de la réussite

Cerise sur le gâteau.

Valérie Cabanes l’a encore rappelé récemment : la clef de la lutte contre le changement climatique passera par l’éducation. Je me mets à la place d’un enfant en classe de CM1 qui ouvre ce livre et tombe sur cette page. J’appelle cela tout simplement un scandale. Teddy Rinner a beau nous faire son plus beau sourire, c’est un scandale de voir cela dans un livre pour enfants.

Source : manuel scolaire CM1-CM2, programme 2020-2021.
La page d’après est sûrement pour savoir comment aller à la boulangerie avec son SUV.

Malheureusement cela ne s’arrête pas dans les livres d’enfants, puisque les sources officielles disponibles sur le site du gouvernement vous proposent le même genre de bourrage de crâne et greenwashing. Voyez l’image ci-dessous : nous devons RÉDUIRE nos émissions, pas les stabiliser. RÉDUIRE. Est-ce si dur à comprendre ? Compréhension de texte, niveau CM1.

Choix de vie, choix de société

Le changement climatique, au-delà des connaissances scientifiques pré-requises pour l’aborder, est un avant tout un problème de société. Nous devons réfléchir à ce que nous devons et pouvons faire pour s’occuper de ce problème. A l’instar du sport de haut niveau, cela veut dire faire des choix arbitraires sur “qu’est-ce qui peut continuer”, “qu’est-ce qui doit changer, se transformer” et “qu’est-ce qui doit être arrêté”.

La place que l’on donnera à l’aérien à l’avenir reflétera donc un choix sociétal et éthique : parmi les changements à opérer pour atteindre un monde neutre en carbone, est-on prêts à sacrifier quelques trajets en avion pour préserver des conditions de vie acceptables dans les décennies à venir ? Nous devrons réduire (voire arrêter) certaines activités et ne pas attendre des innovations qui arriveront (si elles arrivent) trop tard. Dans cette mesure, le transport aérien, avec 75% de transport “loisir/famille” et 25% de “business”, est en première ligne.

Soit nous réduisons de nous-mêmes volontairement dans le cadre de la lutte contre les impacts environnementaux, soit les contraintes physiques de contraction des ressources s’en chargeront pour nous tôt ou tard. Alors, aligner le transport aérien sur l’objectif de l’Accord de Paris passera par une remise en cause des hausses du trafic. Ce changement arrivera en partie grâce à des changements de comportement individuels (voyager moins loin, moins souvent, privilégier d’autres modes), mais devra aussi passer par une régulation plus forte au niveau international pour donner les bonnes incitations au secteur.

‘Ma famille habite loin, mon fils est parti étudier à l’étranger’

Dans la continuité des choix à faire, celui de partir vivre à l’étranger (loin de sa famille et de ses amis) devra également prendre en compte l’empreinte carbone. L’exemple qui me vient en tête est la mère qui voit sa fille partir vivre en Australie. Ces personnes doivent comprendre que ‘rentrer une fois par an‘ ou ‘aller visiter ma fille seulement une fois par an‘ signifie atteindre 3x le budget carbone que vous devriez faire en une année. En un seul aller-retour.

Compte tenu des arguments explicités ci-dessus, il est inconcevable de faire ce type de voyage une fois par an en avion. Comme proposé par Mme Batho et Mr Ruffin, si des quotas sont imposés, certains types de voyages feront bien sûr partie des exceptions (santé, travail…). Mais en aucun le loisir des uns ne doit pourrir l’avenir des autres. S’il était nécessaire de le rappeler, que vous émettiez du CO2 en France ou dans le sud du Brésil a exactement le même impact sur le changement climatique, mais n’aura pas les mêmes conséquences pour tout le monde.

Le mot de la fin

L’avion n’est pas LE problème, mais il est bel et bien l’un des (nombreux) problèmes, qui ne doit être négligé au vu des tendances actuelles et futures. Ceux qui prennent l’avion font exploser une empreinte carbone généralement déjà bien élevée, faisant généralement partie des catégories de population les plus aisées.

Cet article n’avait pas pour but de donner des solutions dans le but de transformer l’industrie aéronautique. A défaut qu’elle le fasse elle-même, le Shift Project ou encore B&L Evolution l’ont fait. Le but était de pouvoir se faire une idée, tant sur les ordres de grandeur que d’un point de vue éthique, de ce que cela représente de prendre l’avion aujourd’hui. Ce sujet concerne tout le monde, comme le rappelle à juste titre cette lettre d’ Atécopol aux salariées et salariés de l’aéronautique toulousaine.

D’un point de vue individuel, la “solution” est assez simple. Pour ceux qui le prennent, il faut limiter, voire arrêter de prendre l’avion. Pour les 20% qui ne l’ont jamais pris, ne pas envisager de le prendre, malgré cet alléchant Paris-Dublin… en partance de Beauvais. Je ne cesserai de le répéter jusqu’à ce que cela soit une obligation légale : il faut mieux se déplacer, moins se déplacer.

Par souci de se concentrer uniquement sur l’usage de l’avion, j’ai volontairement laissé de côté l’impact catastrophique du tourisme de masse. Mais si vous souhaitez creuser cette question, je vous recommande le livre du sociologue Rodolphe Christin, Manuel de l’antitourisme, publié aux éditions Écosociété. Il prône une réhabilitation du voyage, du vrai, celui du temps long, de l’incertitude et de l’aventure, à l’opposé du voyage actuel, consommateur insatiable de territoires mis en production touristique, au détriment des populations et environnements locaux. 

Nous devons collectivement repenser les notions de voyage et de loisir. Avant d’avoir des envie d’ailleurs, rappelons tout de même que la France est le pays le plus visité au monde. Peut-être devrions nous profiter un peu plus de notre pays et le (re)découvrir, afin de l’apprécier à sa juste valeur !

Les Gorges du Verdon

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Commentaires

65 Comments

  1. Martial 8 octobre 2020
    Répondre
    1. Bon Pote 8 octobre 2020

      Darwin Award !

      Répondre
  2. Nadège 24 septembre 2020

    Hello ! Très chouette article !
    Un élément de réponse à l’argument “oui mais si un avion est rempli c’est mieux qu’aller tout seul en voiture” ?

    Répondre
    1. Bon Pote 24 septembre 2020

      Merci Nadège. Pour répondre à votre question, cela dépend toujours de la distance (distance plus courte pire que plus longue pour l’avion, en terme d’impact climat par km), et de la voiture 😉
      Regardez la vidéo d’Aurélien Bigo en lien dans l’article vous devriez avoir plus d’info.

      Répondre
  3. Greg 22 septembre 2020

    “nous devons tout remettre en question. Vu les baisses d’émissions de CO2eq que nous devons réaliser chaque année, 1%, c’est énormissime. Il n’y aura pas de petits profits”
    Petite expérience de pensée: Imaginons que vous rentriez de vacances et que vous retrouviez votre appartement inondé. Une rapide analyse montre que vous avez plusieurs fuites, 35% due à l’arrivée d’eau principale, 30% à la chaudière, 31,5% au robinet de la cuisine et 3,5% à une petit tuyau bien caché dans un mur porteur (ah les vieilles maisons…). Lorsque le plombier va venir, allez-vous disserter autour du petit tuyau? Probablement pas dans l’immédiat si votre plombier a un minimum de bon sens. La fuite de ce tuyau peut potentiellement devenir 100% de votre problème, mais seulement une fois que les autres fuites ont été colmatées. Il faut d’abord se concentrer sur ce qui est facile à résoudre et ce qui a le plus d’impact. Votre argument du “Whataboutisme” ne tient pas, il y a clairement d’autres priorités qui méritent toute l’attention du plombier, mais il faut un peu de bon sens….

    Répondre
    1. Bon Pote 22 septembre 2020

      Remarque fausse, puisqu’il est marqué qu’il faut agir PARTOUT, ne négliger aucun secteur, et que 1% est “énormissime”. Même 0.1% est énorme. Votre exemple quant à la temporalité n’a rien à voir avec le bon sens.
      Le rôle des politiques et d’anticiper, de rendre notre maison plus résiliente, afin d’éviter les fuites de partout.

      Répondre
      1. Archi3 23 septembre 2020

        Bon pote, il semble que vous ayez décidé de censurer mes posts, marquant par là la limite de votre volonté de “sortir de la bulle et des biais de confirmation” et de tenir un vrai débat contradictoire ?

        Ca m’étonnait aussi … 😉

        Répondre
  4. Antoine 9 septembre 2020

    Hello,

    Bravo pour l’article de qualité. Y’a quand même un truc qui me fait tiquer personnellement, les chiffres du train me semblent être sur les émissions directs du trajet mais ignorent complètement les couts et émissions liées aux infrastructure qui sont énormes pour le train.

    Est-ce que c’est pas plus écolo du coup de mettre une grosse taxe carbone sur l’aérien pour séquestrer pour de vrai les émissions (et limiter son usage) que de développer le train à outrance ?
    D’autant plus qu’il y a d’autres nuisances pour le train que l’avion n’a pas (Nuisance sonore, fragmentation écologique… )

    Répondre
    1. Bon Pote 9 septembre 2020

      Hello Antoine,

      Effectivement les infrastructures du train ne sont pas prise en compte (mais là, typiquement, amorties quand je fais un AR Paris-Marseille).
      La taxe carbone a ses avantages et inconvénients et selon les pays n’a pas toujours eu l’effet escompté. Un quota pour l’avion serait plus juste socialement qu’une taxe par exemple (Un milliardaire ne s’arrêtera pas de prendre l’avion même taxé à 98%)

      Le train et les nouvelles lignes (donc pour remplacer l’avion) sont un vrai sujet, et j’imagine qu’avec vos questions, vous avez déjà creusé ! D’où l’idée : MOINS se déplacer.
      Généralement les gens n’ont pas compris que cela devait être moins facile d’aller de A à Z car aujourd’hui cela veut souvent dire voiture individuelle. Ce sont de gros chantiers à mener et c’est pour cela qu’on a besoin que les politiques fassent leur job !

      Répondre
  5. Alexandre TROPPI 24 août 2020

    SVP, les 33% des emission de Paris pour l’avion incluent elles bien à la fois les vols des parisiens et aussi celles des touristes venant à Paris? (let e fret aussi – amazon?)
    J’avais estimé que l’accueil de 24M de touristes annuels équivaut à ce que chacun des 3 Millions de Parisiens fasse chaque année un tour du monde, en plus de ses propres vols.

    Répondre
  6. Paul 11 août 2020

    Excellent. C’est fouillé, c’est sourcé, c’est argumenté. On se sent moins seul !!!!

    Répondre
  7. Arnaud 31 juillet 2020

    Merci pour ce bel article , fouillé et complet. Je vous invite à découvrir le mouvement Résistance climatique qui tente de déférer les gens qui ont décidé de changer leur mode de vie pour respecter l’accord de Paris et vivre sous les 2T.CO2e/an. Déjà 5000 résistants ! 😉
    https://www.resistanceclimatique.org

    Répondre
  8. Gildas 31 juillet 2020

    Bonjour, Merci pour cet article brillant !! On se sent moins seul ! Nos publis récentes sur le sujet pourrait vous intéresser :
    https://www.resistanceclimatique.org/l_avion
    et
    https://www.resistanceclimatique.org/vacances_et_voyage_bas_carbone
    et aussi, pour emmener votre démonstration dans la rue :
    https://www.resistanceclimatique.org/invbc
    Nous parlons de la même chose, avec les mêmes chiffres et le même raisonnement. Toujours utile de voir qu’on est plusieurs à suivre ce chemin, ça renforce ses conclusion. On discute à l’occasion ?
    Merci encore pour ce super boulot ! Gildas

    Répondre
    1. Bon Pote 1 août 2020

      Bonjour Gildas, j’ai échangé quelques fois avec resistance climatique sur Twitter. Etait-ce vous ? 😉 Au plaisir d’échanger

      Répondre
  9. Épinards & Caramel 29 juillet 2020

    Dire que l’avion ne cause que 5% des émissions de gaz à effet de serre, ce n’est pas du « whataboutisme », c’est dire qu’il faut concentrer ses efforts là où ça aura le plus d’effet.

    Répondre
    1. Bon Pote 29 juillet 2020

      Il y a certes une priorisation à avoir en tête, mais les efforts doivent être menés de concert. TOUT LE MONDE doit se remettre en question, TOUT LE MONDE doit faire des efforts. Le secteur aérien ne va pas attendre les autres pour commencer à se transformer (pour l’instant les efforts sont absolument ridicules vs les objectifs de l’Accord de Paris).

      Répondre
      1. Jean 23 septembre 2020

        Quel impact sur le climat quand on voit que les plus gros pollueurs (US, Chine, etc…) ne font aucun effort ? Même si on réduisait à 0 toutes les émissions française, il n’y aurait pas d’impact sur le climat (qui ne s’arrête pas aux frontières) vu qu’on pèse pas lourd dans la balance mondiale…

        Répondre
  10. Justice sociale 27 juillet 2020

    Très bien écrit. Il est dommage toutefois que cela vienne de la part de quelqu’un “qui a toujours pris l’avion” et qui vient de prendre conscience des dégâts. Les pauvres mecs qui savent cela depuis cinquante ans en sont pour leurs frais (ils ne connaitront pas le vaste monde).
    Une remarque concernant les voyages “professionnels”. Il faut les réguler aussi (en même temps que les voyages personnels. D’abord ils ne servent pas à grand chose (confer crise du COVID) et ils sont TOUJOURS prétexte à des périples personnels et loisirs connexes. Irez vous jusques là. Sinon, il y aura deux catégories de citoyens : les “pros” et les “ploucs” (emplois sans envergure internationale)!!

    Répondre
    1. Bon Pote 27 juillet 2020

      Bonjour,
      Je ne vois pas le problème à ce que cela soit moi, ayant pris l’avion à plusieurs reprises, qui écrive l’article. Au contraire : je n’étais pas au courant -> maintenant que je le suis, j’adapte mon comportement, pour tous les arguments explicités. Je ne suis pas anti-avion, j’ai juste constaté que c’était une erreur (en l’état) dans un monde soutenable.
      J’ai insisté sur l’avion à titre de loisirs, mais vous avez raison pour les entreprises. Croyez moi, j’y travaille tous les jours.

      Répondre
  11. jsdou 27 juillet 2020

    Bravo, quel article complet et qui m’amène à réfléchir sur mon rapport à l’avion.. Merci !

    Répondre
  12. Cyril33 27 juillet 2020

    Salut petit gars ! Pour ma part je n’ai pris l’avion que deux fois ces vingt dernières années pour aller en Irlande et en Géorgie (l’Etat situé entre Russie et Turquie). Mais je prévois de le prendre dans les années qui viennent pour aller découvrir un peu l’Amérique du Nord, l’Asie et l’Océanie.Je ne sais pas combien de vols cela me fera, peut-être 6, peut-être 8 ? Dans tous les cas, il ne faudra pas en abuser !

    Répondre
  13. Claire 24 juillet 2020

    bonjour et merci pour cet article. Très fourni et explicite. Autour du sujet, envie de partager le lien d’un site que nous avons créé avec 2 personnes étudiant avec moi en Master Prospective au CNAM sur la controverse autour de “la compensation carbone dans l’aérien”
    https://compensation-carbone-dans-le-secteur-aerien.webnode.fr/

    Répondre
  14. Archi3 24 juillet 2020

    Bonjour

    je pense que c’est assez évident qu’en baissant toutes nos consommations, on baissera nos émissions annuelles. En revanche, il y a deux choses (entre autres ) qui ne sont absolument pas évidentes pour moi :

    a) en quoi baisser nos émissions annuelles va assurer qu’on va baisser les émissions totales à la fin ? si vous avez du vin dans votre cave et que vous décidez d’en boire deux fois moins, ça prolongera votre stock d’un facteur 2, en revanche ça ne changera pas la quantité bue à la fin (donc ici la concentration finale dans l’atmosphère)

    b) en quoi les efforts qu’on demande sont plus supportables que l’impact sur RC ? est ce qu’il y a un chiffrage pour comparer les deux ?

    Répondre
    1. Bon Pote 24 juillet 2020

      Bonjour,
      a) il s’agit bien de réduire, pas seulement de ralentir. Donc non seulement réduire, + trouver des moyens de captation de CO2 / Géoingénierie etc (qui n’auront qu’une aide mineure dans l’histoire , il faut surtout réduire)
      b) ah oui, il faut regarder les différentes projections du GIEC, entre le premier RCP et le pire (8.5), il y a un monde : https://bonpote.com/scenario-rcp8-5-du-giec-bonne-nouvelle-nous-pouvons-le-faire/

      Répondre
      1. Archi3 24 juillet 2020

        Bonjour

        merci de votre réponse mais ça ne diminue pas ma perplexité. D’abord pour la séquestration ça parait assez peu plausible de séquestrer une partie importante (pour des raisons pratiques comme les transports et une simple question de capacité de stockage dans des sites adaptés), et de toutes façons ça ne change pas le probleme de la quantité totale extraite – quantité séquestrée qui restera la même quel que soit le rythme de consommation !

        vous dites “réduire” mais réduire quoi ? ma remarque était que réduire les émissions annuelles ne réduisait pas la quantité totale. Si vous ne prenez pas l’avion et que le pétrole économisé sert plus tard à livrer de la nourriture a un village africain, c’est peut etre “bien” moralement, mais ça ne change pas le probleme climatique à la fin.

        pour b), ça ne répond pas non plus à ma question : sur quelle base sait-on si les efforts à fournir n’aurait pas des effets pires que le réchauffement qu’ils sont censés éviter ?

        Répondre
        1. Bon Pote 24 juillet 2020

          Mais quand je dis réduire = sobriété énergétique, si nous on pollue moins, c’est pas pour aller polluer ailleurs.
          b) Vous me demandez si arrêter de polluer aurait des effets pires que de continuer et de ne rien changer ? Lisez les sources de mes articles svp, je ne peux pas vous dire plus que cela.

          Répondre
          1. Archi3 25 juillet 2020

            Rebonjour

            si vous connaissez un moyen d’empêcher ceux qui sont bien plus pauvres que les Français de bruler à notre place les fossiles que nous leur laissons, ce serait interessant de dire lequel, car pour le moment on ne voit pas trop comment faire (il suffit de regarder les courbes de consommations de PVD comme la Chine ou l’Inde …). Et vous avez aussi la justification morale qui va avec ?
            Pour le b) , je connais cette littérature, mais je n’y ai vu nulle part la démonstration que les conséquences sociétales de la baisse accélérée des fossiles soit bien plus faible que celles du RC, à commencer parce qu’il n’y a aucun chiffrage fiable nu des unes, ni des autres, ce qui vous avouerez rend malaisé une comparaison. On est d’ailleurs en train de vivre une expérience en temps réel et on ne peut pas vraiment dire que ce soit convaincant. Je reste donc avec mes questions ….

            Répondre
          2. Arnaud 31 juillet 2020

            Bonjour Archil3, voici un site qui apportera surement des réponses : https://www.resistanceclimatique.org

            Répondre
          3. Archi3 3 août 2020

            Bonjour Arnaud

            merci mais non ce que dit le site ne répond pas du tout à la question, je demandais comment on pouvait empecher les pauvres de consommer les fossiles qu’on leur laisserait , et le site n’y répond pas. Se passer d’avion n’est qu’une des formes de redistribution pour que les riches consomment moins et les pauvres consomment plus (il y a d’autre manières comme les taxes redistributives), mais çà ne changera pas à la fin le total des fossiles consommés , et donc le climat.

            Il faut comprendre que le climat dépendra du total du carbone brulé, mais pas de ce que vous avez fait avec. Que ce soit pour du “gaspillage” ou des choses jugées “utiles”, le résultat final sera le même .

            Répondre
          4. G Grégoire 21 août 2020

            Bonjour Archi3,
            On n’a pas besoin d’empecher les pauvres de consommer les fossiles qu’on leur laisserait. En effet, ils en consomment déjà beaucoup moins que les riches, pour des raisons sans rapport avec l’écologie, et ces raisons vont perdurer.
            Et si les riches trouvent des moyens de moins émettre, les pauvres pourront en profiter aussi.

            Répondre
          5. Archi3 22 août 2020

            Bonjour G Gregoire, je crois que vous n’avez pas compris le point que je soulevais. Ce n’est pas une question de consommer plus ou moins, c’est une question de continuer à consommer des fossiles. Tant qu’on en extrait, on continue à emettre du CO2, et je ne vois pas comment priver les pauvres (ni nous d’ailleurs) de continuer à consommer des fossiles. Ce qu’on n’a pas brulé dans les avions sera brulé ailleurs, c’est tout. On peut par ailleurs estimer justifié que certaines de nos consommations soient jugées “futiles” et qu’il vaille mieux les consacrer à autre chose, mais c’est un problème de base posé par le caractère fini des fossiles, qui n’est pas spécialement lié au CO2, et qui ne le modifie pas, tant qu’on ne change pas le périmètre des fossiles extractibles, ce à quoi on les consacre n’intervient pas.

            Répondre
          6. Joe 23 septembre 2020

            Archi3. C’est pourquoi il faut que le monde entier se rende compte de l’urgence climatique et que tout le monde fasse un effort concernant sa propre emprunte carbone.

            Consommer local, prendre plus le vélo, réduire l’avion, éviter d’acheter du nutela (huile de palme c’est pas à côté), manger moins de viande, réduire ses déchets, ne pas changer de téléphone tout les ans, réduire sa consommation générale etc..

            Répondre
          7. Joe 23 septembre 2020

            Empreinte*

            Répondre
  15. Alexandre 23 juillet 2020

    Je trouve cotte article tres intéressant car on n’obtient d’autres chiffreS sur l’impact du transport aérien . Nenanmoins, on voit quand meme que l’avion en représente dans le pire des cas 13, 6% des emissions des Transports qui lui meme represente quelque chose comme 30 max 40% des emissions en france. Dans ce caas, si on parle des transports, dans un objectif de reduire nos emissions, reduire lavion en piorite l’avion n est pas ce qui va apporter le plus de resultats au global, ce que je veux dire par la, cest que si on veut diminuer drastiquement il faut taper la ou ca aura le plus d’impact en priorité, pour le transport, il sagit tout de meme du routier (marchandises) et de la voiture, et en dehors du transport, l’alimentation, la consommation de biens etc. Dire quil ne faut plus prendre l’avion revient Je trouve a se focaliser sur qqch alors que la priorité nest pas la et cest un peu dommage car nous navons plus le temps pour ne pas aller à l’essentiel. Se deplacer moins et mieux est vrai, manger moins et mieux et consommer moins et mieux est encore plus important….

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    1. MarcDS 23 juillet 2020

      Sauf que les voyages d’agrément, qui représentent 3/4 des voyages en avion, sont un petit peu moins nécessaires que l’alimentation, vous ne croyez pas?

      Répondre
  16. PLXDESI 23 juillet 2020

    “L’avion est il pire que les autres modes ?”
    Le graphique fait apparaître le montant d’émissions par km, mais ne fait pas apparaître un autre point très important : la vitesse de déplacement. C’est bien la vitesse très élevée qui permet de faire BEAUCOUP de kilomètres dans un temps donné; peu de gens prendraient l’avion pour traverser l’atlantique à 90 km/h (trois jours)…
    L’avion est un accélérateur de consommation.

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    1. Bon Pote 23 juillet 2020

      Merci pour la précision. Comme vous êtes nombreux à m’avoir fait ce retour, j’ai ajouté un 2eme graphique (disponible dans la vidéo en lien). C’est un peu plus clair maintenant.

      Répondre
  17. pas la peine d’expliquer que le 2% des avions est faux quand vous attribuez à la seule ville de paris les émissions de 2 aéroports internationaux … c’est tout aussi tordu !

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  18. Tchards 23 juillet 2020

    OK, bel article, mais j’aimerais bien que l’on s’intéresse aussi aux camions! Entre un fret SNCF quasiment mort et la Suisse, il y a un gouffre. Et puis la Royal (soit disant écolo!) et l’abandon des portiques à plus d’1 milliard! Un autre scandale d’état plus grave que les costards de Fillon!

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  19. Thom 22 juillet 2020

    Arrêter brutalement le trafic aérien revient à ne plus investir sur ce que l’avion pourrait être dans le futur. Appelez ça du greenwashing ou ce que vous voulez, il y a plus de chance que les solutions d’un monde plus écologique passe par la poursuite des efforts de R&D dans des filières qui doivent prendre en compte la question climatique que par une perte de savoir faire. Cela vaut pour l’aéro, le nucléaire, le ferroviaire, l’automobile…

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    1. JulienP 23 juillet 2020

      Bonjour Thom,
      Vous devriez aller jeter un œil du côté du volet “Transport Aérien” du Plan de Transformation de l’Economie Française développé par le Shift Project : les notions de forte réduction du trafic d’un côté, et de R&D / investissement / maintien de la filière de l’autre ne sont pas nécessairement antinomiques !

      Répondre
      1. Thom 23 juillet 2020

        Dans le monde d’une entreprise, le financement de la R&D se fait généralement par deux leviers : l’autofinancement ce qui suppose d’avoir de la trésorerie et donc un carnet de commandes qui donne de la visibilité, ou par l’endettement, ce qui suppose que que les investisseurs parient sur la génération de revenu futur donc de la demande. Arrêter le trafic aérien, c’est réduire drastiquement le niveau de demande. Pourquoi est-il si difficile en France de comprendre cette évidence économique : pas de demande implique réduction de la voilure sur les dépenses d’investissement, la masse salariale, etc…
        L’écologie a beau être un horizon indépassable pour nous tous au regard des défis climatiques, on ne pourra pas construire une vraie réponse sans un modèle économique et social viable.

        Répondre
  20. Jac 22 juillet 2020

    Dans votre “Festival de croissance verte parmi nos politiques français”, vous avez oublié Carole Delga, présidente (PS) de la région Occitanie, – vous savez la région où il y a Airbus et pas mal de ses sous-traitants – qui maîtrise parfaitement le maniement de l’oxymore. Elle dit vouloir “se positionner pour devenir le leader mondial de l’avion “vert”” : https://www.lejdd.fr/Politique/tribune-carole-delga-et-valerie-rabault-lindustrie-aeronautique-doit-etre-soutenue-et-developpee-3973272

    Peut-être faut-il en rire…

    Répondre
    1. Bon Pote 22 juillet 2020

      Ah oui oui j’avais fait un post avec cet ‘avion vert’. J’aimerais m’asseoir 5 min avec cette personne et discuter. Soit elle ment par intérêt, soit elle est en plein déni, soit elle est complètement débile. Je crois que j’ai une vague idée de la réponse..

      Répondre
  21. Camille 22 juillet 2020

    Merci pour cet article ! J’émets néanmoins une réserve sur le “sans Aucune contrepartie” .
    “C’est ainsi qu’Air France a reçu des milliards pour être sauvée pendant le confinement, sans aucune contrepartie.”
    Il me semble que c’est un prêt, qu’il implique une restructuration interne et des adaptations du réseau aérien en accord avec les projets de l’ État pour la réduction d’émissions de CO2 (greenwashing peut être mais ces changements auront d’énormes répercussions).
    Sans oublier que rien n’est gratuit avec l’Etat.

    Quoiqu’il soit c’est un très bel article qui permet de se reposer les bonnes questions 😉

    Répondre
    1. Bon Pote 22 juillet 2020

      Bonjour Camille, merci pour votre message. C’est effectivement sous forme de prêts, 3 si je m’en tiens à la source de l’article. Je suis très, TRES pessimiste quant à la faculté des dirigeants d’air France (et nos politiques) à comprendre ce qu’il est nécessaire pour s’aligner sur les Accords de Paris. Depuis bientôt un an je regarde attentivement la communication de cette entreprise (notamment sur son greenwashing à planter des arbres), et je ne sens pas un 1/10 de début de sortie du déni. Pis encore, leurs employés sont aussi des milliers à être dans le déni. Je l’écris chaque semaine : il faut que tout le monde se remette en question, et c’est collectivement que nous trouverons des réponses. Chacun dans son domaine. Chacun dans son cercle familial/amical. Plus vite nous admettrons qu’il faut absolument changer, plus vite nous trouverons les bonnes solutions.

      Répondre
    2. Pierre Marchal 25 septembre 2020

      Se poser les bonnes questions : l’intérêt des crises (de toutes les crises, je crois), c’est précisément qu’on est amené à se poser les bonnes questions et à se creuser la cervelle pour trouver des réponses pertinentes.

      Répondre
  22. Gilles 22 juillet 2020

    Super article. J’ai un doute sur le dernier schéma (émissions de CO2 par kilomètre) : si seuls le CO2 est compté et non pas la vapeur d’eau à très haute altitude (+ trainées d’avion), comme c’est dit en début d’article il faut doubler l’effet de l’avion… ?

    Répondre
    1. Bon Pote 22 juillet 2020

      Hello Gilles, un peu plus de précision avec la source du graphe, et dans cet article d’Aurélien Bigo : https://theconversation.com/impact-du-transport-aerien-sur-le-climat-pourquoi-il-faut-refaire-les-calculs-116534

      J’aurais pu prendre le slide d’après de la vidéo qui est beaucoup plus clair. L’idée était surtout de montrer l’avion vs train, d’où le ‘mieux se déplacer’. Car oui, il y a encore des français qui font Paris-marseille en avion 😉

      Répondre
      1. Tin 22 juillet 2020

        Salut, les trainées de condensation ont une durée de vie inférieure à la journée, contrairement au Co2 et autres joyeusetés. Le point de vue de la DGAC est donc (presque) défendable, surtout si on annule tous les vols dès demain matin 🙂
        J’aime bien l’idée d’un quota, qui serait dégressif d’année en année <3 Mais les réactions à la proposition…

        Répondre
        1. Michel BONNASSIEUX 19 août 2020

          Oui et non,
          Certes la durée des traînées de condensation n’est pas très longue, mais leurs effets ont tout de même été mesurés entre 2 et 3 fois celui du seul CO2 au dessus de 8000m.
          L’Ademe a retenu 2.2

          Quand des avions se suivent toutes les 10 mn une traînée vient en remplacer une autre et l’effet instantané devient permanent.
          Comme le TA est une activité 24/24 + 7/7 + 365 / 365 je ne vous fait pas un dessin.

          C’est précisément la croissance incontrôlée avec le tourisme de masse qui a engendré cet effet depuis une 40taine d’années.

          Les compagnies comme elles le disent “stimulent le marché” en vantant la découverte, “découvrir le monde, les peuples… Profiter…se faire plaisir
          en gros si vous ne prenez pas l’avion vous êtes un plouk…

          Ceci sans jamais parler des effets délétères, et comme cela a parfaitement marché jusqu’à maintenant elles justifient par ce succès que le monde a besoin de leur activité dont il ne peut plus se passer…

          Elles oublient juste un détail c’est que seulement 15% de la population mondiale a déjà pris l’avion au moins une fois, et que si 100% de la population voyageait comme les occidentaux (riches) le font, la part des émissions du TA passerait de 6 à près de 40% des émissions mondiales.

          Bien entendu les dirigeants du TA le savent mais s’en moquent…

          Le monde est pour eux un immense marché dont il reste 85 % à conquérir.

          Pourtant en tant que professionnel ils ont une très lourde responsabilité et ne peuvent ignorer les recommandations du GIEC.

          Cela dit les Alexandre de Juniac ou Augustin de Romanet… ne sont pas très sereins.
          Ils savent aussi que les engagements qu’ils se sont eux même fixé sont intenables, mais espèrent que les politiques soutiendront leurs activités prestigieuses pour continuer à faire voler leurs citernes volantes quoi qu’il en coute.

          Il est donc important en ce moment de maintenir la pression sur les politiques.

          De nombreux mouvements agissent partout dans le monde en Allemagne au Pays-Bas en Angleterre, en Australie en France, aux USA au Canada, en Autriche, au Pérou en Suède, en Slovénie….

          Si vous partagez notre constat, vous n’êtes plus seul, alors faites le savoir :
          https://www.mesopinions.com/petition/nature-environnement/transport-aerien-jour-apres-ressemblera-jour/85789

          Répondre
  23. Billgrumeau 22 juillet 2020

    Super article. J’ai un doute sur le dernier schéma (émissions de CO2 par kilomètre) : si seuls le CO2 est compté et non pas la vapeur d’eau à très haute altitude (+ trainées d’avion), comme c’est dit en début d’article il faut doubler l’effet de l’avion… ?

    Répondre
  24. Tristan 22 juillet 2020

    Merci pour l’article !
    Dommage cependant de ne pas parler frontalement du problème de comment sont présentées les statistiques quand on compare les émissions de CO2 des différents modes de transport. C’est bien fait dans la vidéo que vous avez mis en lien à la fin : on compare trop souvent les émissions/km alors que ça a peu de sens à mon avis, il faut comparer les émissions par trajet.
    C’est quelque chose qu’on entends peu et que j’aurais trouvé bien dans le paragraphe “Manipuler les chiffres pour mieux voler”.
    Bref, super article quand même.

    Répondre
  25. michel caput 22 juillet 2020

    La honte de prendre l’avion se dit flygskam eu suédois, et non flygksam.
    A part ça, très bon article comme toujours.

    Répondre
    1. Bon Pote 22 juillet 2020

      mis à jour, merci !

      Répondre
  26. Jean 22 juillet 2020

    Tout se résume en fait et vous le montrez bien.
    Il faut moins vivre … ou … vivre moins.
    Moins vivre, comme proposé dans l’article. Moins consommer, moins se déplacer, moins se chauffer, moins faire de choses. D’ailleurs chacun d’entre nous pourrait ne rien faire 1 ou 2 heures par jour.
    Ou vivre moins, arrêtons aussi de faire des enfants. Ou juste quelque uns avec une sorte de tri génétique pour être sur qu’ils ne prennent pas l’avions par exemple !
    Moins de gens, moins d’avions, de tourisme, de voitures et de CO2, tout va mieux.

    Répondre
    1. Bon Pote 22 juillet 2020

      Il ne s’agit pas de moins vivre, mais de vivre différemment. Je vous recommande la lecture du livre de Gael Brulé sur le bonheur français, vous devriez déconstruire certaines de vos certitudes : https://livre.fnac.com/a13871468/Gael-Brule-Petites-mythologies-du-bonheur-francais

      Répondre
      1. Jean 22 juillet 2020

        Je n’ai plus de certitudes à mon âge. Le bonheur de nos jour est en effet, trop souvent guidé par la (sur)consommation. Vivre différemment peut améliorer la situation écologique sans forcément moins de plaisir.
        Mais si l’évolution démographique se poursuit, mécaniquement, la consommation va poursuivre son incroyable flambée. Certains pays ont déjà atteint leur apogée démographique mais pas tous. Vivre différemment suffira t il ? Vive différemment, c’est aussi, peut-être aussi, limiter individuellement la croissance démographique. A consommation individuelle équivalente voire moindre comme il est suggéré, moins on est nombreux sur terre, plus longtemps l’espèce humaine pourra perdurer.
        Je ne suggère rien d’autre.

        Répondre
  27. frank 22 juillet 2020

    Excellent comme souvent. C’est fouillé, c’est sourcé, c’est argumenté.

    Répondre
  28. Fabien grand-perret 22 juillet 2020

    Bon article, comme d’hab 😉
    Une carte que j’aime bien :
    https://flightemissionmap.org/#Paris/48.8566,2.3522/160/20000

    Sinon y a 2/3 trucs qui m’ont fait tiquer :
    – l’affirmation non sourcée comme quoi il y aurait un consensus chez les ingénieurs sur le fait que les progrès sur les avions aient atteint un optimum …
    – Elisabeth borne a parlé d’un avion a hydrogène en 2035 … Pas sur qu’elle ait parlé de zéro émission
    – dans la proposition de quota de Ruffin, parmi les exceptions, il y avait un truc genre rapprochement familial …. Pensé pour les dom Tom je crois, mais peut être valable pour l’Australie

    Sinon je plussoie allègrement ! 😉

    Répondre
    1. Bon Pote 22 juillet 2020

      Hello Fabien,
      Merci pour ton retour.
      – Il faudra voir avec le shift 😉
      – ah sisi, sur France Inter, interviewée un matin. Je collerai la source en rentrant
      – Oui tu as raison, mais c’est la proposition est encore au stade de proposition, et l’idée que j’élabore reste la même.

      Répondre
  29. mj23 22 juillet 2020

    le vrai faux est magique sérieux !!!! o_O

    Répondre

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