Climat : les 12 excuses de l’inaction, et comment y répondre

excuses

Nous ne pouvons que nous réjouir d’avoir (con)vaincu les climatosceptiques. Mis à part quelques brebis galeuses, plus personne ne nie les effets de l’activité de l’Homme sur le changement climatique. En revanche, la partie la plus difficile arrive : changer. Changer nécessite d’agir, de savoir quand, et comment. Changer n’arrange pas certaines personnes, comme ces lobbys qui dépensent des millions pour continuer leurs activités très lucratives qui détruisent la planète.

C’est ainsi qu’un papier de l’université de Cambridge a mis en exergue les 12 discours de climate delay (de ‘retard climatique’), perçus comme les 12 excuses habituelles qui justifient l’inaction climatique. En d’autres termes, oui, le changement climatique est un problème, mais il y a toujours une bonne excuse pour ne rien faire. Cet article doit donc permettre d’identifier un discours de climate delay et d’être ensuite capable de le réfuter.

https://www.cambridge.org/core/services/aop-cambridge-core/content/view/7B11B722E3E3454BB6212378E32985A7/S2059479820000137a.pdf/discourses_of_climate_delay.pdf

Quelques points avant de passer en revue ces 12 excuses : il est nécessaire de s’attacher aux faits et de laisser (le plus possible) de côté les émotions. A titre d’exemple, le débat du nucléaire est par exemple beaucoup trop irrationnel en France et il n’y a au final que des perdants : les français. Ensuite, la symbolique est importante. Un petit changement peut au final avoir un impact énorme. Je fais bien sûr référence au point de bascule, que j’évoquerai à plusieurs reprises en réponse ci-dessous.

PS : exceptionnellement, je mettrai à jour cet article, avec les meilleurs arguments (sourcés) que je lirai en réponses. Il me paraît très important que les lecteurs disposent des meilleurs arguments pour réfuter les vendeurs de tapis de croissance verte et autres transhumanistes.

LISTE DES 12 EXCUSES ET COMMENT Y RÉPONDRE

L’abandon

Excuse 1 : Doomism – Discours collapsologue

Argument : ‘C’est trop tard, ça sera jamais assez. Nous devrions nous adapter’

Réponse : Même si ce discours d’effondrement a beaucoup d’écho, à l’instar d’Yves Cochet en France par exemple, il est faux. Faux de dire que nous sommes déjà condamnés. Faux de dire que des milliards d’individus vont mourir. Pourquoi ? Parce que le GIEC le dit : nous avons encore le temps de faire les changements nécessaires pour vivre dans un monde soutenable. Valérie Masson Delmotte précise tout de même que chaque mois compte, mais cela ne veut pas dire que c’est trop tard.

Pour mesurer les propos : bien sûr qu’il est déjà trop tard pour empêcher qu’il y ait des dégâts (sociaux, environnementaux..). Mais le collapsologue, ou le doomiste, c’est le type qui voit sa cuisine s’enflammer et qui te dit ‘on peut rien faire c’est foutu’ pendant que le feu se propage aux autres pièces.

Enfin, il n’y a pas de deadline. Oui, c’était mieux d’agir il y a 20 ou 30 ans. Mais ce n’est pas parce que nous n’avons pas agi en 2025 ni même en 2030 que tout est foutu. L’idée, c’est que plus nous agissons tard, plus cela sera catastrophique (avec de belles boucles de rétroactions qui viendront aider cela).

Précision ajoutée le 19/07/20 : Il n’est pas écrit que les collapsologues, qui étudient les effondrements à venir, sont dans l’inaction. C’est bien souvent le contraire, compte tenu des efforts consentis pour être résilients et autonomes. L’argument est : non, ce n’est pas trop tard pour éviter un effondrement total.

Excuse 2 : le changement est impossible

Argument : ‘Toute mesure prise pour réduire l’impact CO2 serait contre nature, les gens ne voudront jamais changer’. ‘En démocratie, ça ne passera jamais’

Réponse : Il est faux de dire que c’est dans la nature humaine de détruire son environnement. Très souvent, Sébastien Bohler est cité à tort et à travers avec son livre Le bug humain. Non seulement des chercheurs en neuro l’ont réfuté, mais aussi et surtout, des peuples ont vécu des siècles sans détruire leur environnement comme nous le faisons actuellement. Ce discours est extrêmement dangereux car il reviendrait à dire que ‘c’est pas de ma faute, on est fait comme ça’ ! Et bien non. C’est faux Sébastien.

Concernant l’argument de la démocratie. Même si notre démocratie est imparfaite, nous avons bien vu avec la Convention Citoyenne pour le Climat que des individus non experts pouvaient monter en compétences sur le sujet et proposer. En Chine, au Vénézuela, je ne suis pas sûr que cette convention aurait vu le jour ! Alors oui, tout n’est pas parfait, mais le changement est tout de même possible.

Aussi, la démocratie est plus efficace au niveau local qu’au niveau national (voire international…). Les changements s’opéreront bien plus vite dans votre ville de 20000 habitants avec un maire courageux qu’avec un président menteur et un premier ministre qui pense que ‘biodiversité’ est un groupe de rock des années 70.

Enfin, en démocratie, plus que dans tout autre modèle politique, vous êtes libres d’agir et de prendre des initiatives. De manifester votre désaccord. A ma connaissance, je n’ai pas vu Greta critiquer l’inaction contre le changement climatique du président chinois sur la place Tian’anmen.

Redirection de la responsabilité

Excuse 3 : l’individualisme

Argument : ‘La responsabilité incombe à quelqu’un d’autre’. ‘Le changement viendra uniquement des individus’.

Réponse : There is no such thing as society. Merci Margaret, mais non merci. On ne peut pas demander uniquement aux individus de résoudre un problème systémique.

Ce sujet a déjà été évoqué dans la responsabilité des émissions de Total. Qui est responsable des émissions : Total, ou celui qui roule toute la nuit avec l’essence ? Si nous prenons en compte le scope 3 du Greenhouse Gas Protocol pour que les organisations puissent calculer leurs GES, le responsable est bien Total, et non le citoyen.
Si nous devions nuancer, bien sûr que le citoyen a son rôle à jouer. Il peut voter avec son argent, boycotter certaines entreprises, faire sa part, comme nous l’indique Carbone 4. Mais il ne faut surtout pas oublier que la majorité du poids de la responsabilité est bien du côté des politiques et des entreprises.

Excuse 4 : Whataboutisme

Argument : ‘Ouais mais la France c’est que 1% des émissions, alors que les chinois, hein ! Faudrait peut-être que eux ils commencent, après on verra’

Réponse : C’est l’argument qui ressort le plus. Nous connaissons tous quelqu’un qui essaye toujours de trouver cette excuse pour ne rien changer. C’est surtout tristement la réponse classique du type qui ne fait pas la différence entre inventaire national et empreinte carbone. Souvent, c’est le type qui accuse les chinois de polluer, sans comprendre que les chinois polluent en fabriquant des produits de consommation… Qu’il consommera.

Vous l’entendrez aussi très souvent dans le secteur de l’aviation : ‘ouais mais l’avion c’est que que 3% des émissions alors que t’as vu la voiture et le transport maritime ?’
MAIS…. Nous devons tout remettre en question. Vu les baisses d’émissions de CO2eq que nous devons réaliser chaque année, 1%, c’est énormissime. Il n’y aura pas de petits profits. Toute baisse d’émissions est bonne à prendre. Ce n’est pas parce que l’autre pollue plus que toi que tu ne dois pas faire d’efforts. Si je devais attendre que l’américain ait une empreinte carbone de 2T CO2eq/an pour changer, je pourrais attendre longtemps.

Enfin, non seulement l’exemplarité est très certainement le meilleur vecteur pour aboutir à des changements, mais un point de bascule peut tout à fait provenir d’un changement mineur. Inutile de rappeler que d’un point de vue éthique, que vous soyez chinois, brésilien ou français, tout le monde devrait adapter son mode vie pour qu’il soit soutenable (remarque valable pour l’employé de bureau, mais aussi pour Joaquin Phoenix et Madonna…)

Excuse 5 : le Free-Rider

Argument : ‘Si nous baissons en premier nos émissions, d’autres pays vont profiter de nous’. Donald Trump, sur les Accords de Paris

Réponse : La situation sera catastrophique si nous ne la préparons pas. Beaucoup de politiques d’adaptation sont doublement bénéfiques puisqu’elles nous rendent plus résilients ET diminuent nos émissions de GES. A cet effet, le Sénat a sorti un rapport en 2019, avec deux phrases qui répondent à l’excuse du Free-Rider :

Si atténuation et adaptation sont aujourd’hui considérées comme complémentaires, on constate cependant, dans les esprits et dans les pratiques, que les politiques d’adaptation souffrent encore d’un déficit persistant de reconnaissance et de légitimité.”

“C’est trop souvent à travers le seul prisme de l’atténuation des émissions de GES, c’est-à-dire sous un angle préventif, que les acteurs envisagent les enjeux climatiques.

En outre, si nous voulions être un peu cyniques, nous pourrions dire que la France n’a pas attendu les Accords de Paris pour se faire dépouiller, et cela avec la complicité de nos politiques. Si nous ne prenons pas les devants pour se préparer au changement climatique , nous en paierons très cher les conséquences. Ce manque d’initiative est évidemment un manque de courage politique et ces excuses ne visent qu’à faire peur à la population. La France a les moyens d’assurer sa souveraineté, que ce soit sur le plan économique ou militaire. Nous pourrions également nous reposer sur l’Europe, mais le succès de son efficacité dépend grandement du courage de nos politiques, alors…

“Pas besoin d’un changement radical”

Excuse 6 : l’optimisme technologique

Argument : ‘La technologie va nous sauver ! L’avion Zéro carbone sera là en 2035 ! La fusion arrive bientôt !

Excuse 6 : la technologie va nous sauver
Source : https://twitter.com/laydgeur/status/1283503362567282688?s=20

Réponse : Après le whataboutisme, c’est l’excuse la plus répandue. Non, ne changez rien à votre mode de vie, une backstop technology va arriver et tous nous sauver. Non seulement c’est un pari extrêmement risqué, mais pour l’instant, nous n’avons pas l’ombre d’un iota qui prouverait qu’il est possible qu’une énergie propre remplace toutes les énergies existantes. L’avion Zéro Carbone en 2035, tant vanté par Elisabeth Borne, est une connerie sans nom et réfuté par nombre d’ingénieurs spécialisés. Concernant la fusion, elle ne ferait partie que d’un mix énergétique. Donc non, ce n’est pas l’énergie qui nous sauvera tous.

Pour les plus récalcitrants, voici quelques arguments de Philippe Bihouix : 1, 2, et Françoise Laugée.

Excuse 7 : des paroles, très peu d’actes

Argument : “Nous sommes courageux et avons annoncé un plan historique, la France sera leader dans la lutte contre le changement climatique ! Entendu de la bouche de Laurent Fabius, au bord des larmes à la fin de la COP21.

Réponse : L’excuse préférée des politiques, qui annoncent des ‘mesures historiques’, sans pouvoir en apporter la preuve. C’est aussi généralement impossible de mesurer les effets de la mesure citée par un gouvernement. Cette excuse est très prisée au UK, mais la France n’est pas en reste. A titre d’exemple, alors que nous devons baisser nos émissions de 7.6% par an, Valérie Masson-Delmotte rappelle devant la CCC que nos émissions stagnent depuis quelques années… Les chiffres montrent bien l’écart entre la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC), les objectifs à atteindre chaque année, et la réalité.

Si vous aviez écouté attentivement Elisabeth Borne il y a un peu plus d’un mois, elle qui souhaitait la France pionnière en baisse d’émissions en mettant le paquet sur le vélo ! Enfin, le paquet, 20 millions quoi.

Excuse 8 : l’efficacité énergétique

Argument : ‘Tu vois bien que les voitures consomment de moins en moins de pétrole, bientôt ça consommera plus rien du tout !’

Réponse : C’est une excuse courante, bien aidée par les millions dépensés par les lobbys pétroliers. facilement réfutable grâce au paradoxe de Jevons et aux différents rebonds. De plus, tous les vendeurs de ‘transition énergétique’, à l’instar de la voiture électrique notamment, ne semblent pas comprendre qu’il faut des matières premières qui n’ont pas des réserves infinies

Excuse 9 : Il faut compter sur le volontariat, ne pas restreindre/interdire

Argument : ‘Taxer ou interdire les citoyens de faire x ou y serait contreproductif, ils changeront grâce au bon sens, sur la base du volontariat’

Réponse : Dois-je rappeler la levée de boucliers et les remarques balancées par une grande majorité de la presse lors de la publication de la Convention Citoyenne du Climat ? Ces citoyens proposant des solutions pour baisser nos émissions, comparés à des khmers verts ? Les remarques quand on propose de mettre des quotas pour limiter les déplacements de loisir en avion ?

Source : https://twitter.com/ilies75vsp/status/1280569850356805636?s=20

Croire que tous les français vont tendre vers une empreinte carbone exemplaire sans contraintes réglementaires est tellement faux que cet argument est facilement réfutable. Allez dire à Bernard Arnaud qu’il doit passer à 2t CO2eq/an. Nabilla va-t-elle arrêter de prendre l’avion sur la base du volontariat ?

Insister sur les bons et mauvais côtés, appuyant l’inaction

Excuse 10 : le perfectionnisme réglementaire

Argument : ‘Cela ne vaut pas le coup’. ‘Si on demande à faire passer cette mesure maintenant, il y aura des grèves qui vont paralyser le pays’

Réponse : Cette excuse est un des leviers préférés de nos chers politiques sans courage qui vont user de rhétorique. ‘Prendre x ou y mesure, cela provoquera des grèves, des émeutes, et le pays sera paralysé‘. Tout d’abord, si une mesure pour faire en sorte que nous vivions dans un monde soutenable n’est pas acceptée par l’opinion publique, c’est que votre travail de communication politique n’a pas été bon.

Attendre de trouver un compromis pour proposer une mesure est une erreur et encourage l’inaction. C’est en dialoguant, présentant un rationnel que les parties concernées se mettront d’accord. Encore une fois, prendre une décision politique c’est un arbitrage, il y aura forcément des déçus. Ce n’est pas une excuse pour ne rien faire, surtout par clientélisme électoral.

Excuse 11 : Abandonner les énergies fossiles, c’est abandonner les pauvres

Argument : ‘Ah oui, et sans pétrole, c’est le retour à l’âge de pierre ! Et les sociétés en voie de développement on les laisse tomber ?

Réponse : Ce type d’argument est souvent avancé par les adorateurs de la croissance verte. L’argument du fameux ‘et la croissance a sorti des milliards d’individus de la pauvreté ! Ce n’est pas/plus vrai :

Excuse 11 : Abandonner les énergies fossiles, c'est abandonner les pauvres
https://twitter.com/PhilipGAlston/status/1280008861441765376?s=20

De plus, non seulement nous parlons de transition, d’une société décroissante, pas de dépression ou d’effondrement. Nous n’allons pas passer de notre société actuelle à l’âge de pierre en un claquement de doigt. Ce discours alarmiste tend à faire peur et bloque toute prise d’initiative.

Excuse 12 : le coût des mesures pour le climat va réduire la justice sociale

Argument : ‘Des mesures contraignantes vont d’abord toucher les plus précaires et c’est injuste’

Réponse : Cette excuse est peut-être la plus difficile à réfuter. Tout d’abord, rappelons que les mesures contraignantes vont affecter les plus riches, car ce sont eux qui polluent le plus. C’est très clair dans ce graphique montrant l’empreinte carbone par revenu :

Excuse 12 : Des mesures contraignantes vont d'abord toucher les plus précaires et c'est injuste'
Source : https://twitter.com/bonpoteofficiel/status/1280491290275254272?s=20

Ensuite, dans une société décroissante, l’Etat-providence pourra-t-il assurer ses fonctions ? La police, la santé ? Nous devons tendre vers une économie décroissante. Le concept a trois aspects distincts. Premièrement, la décroissance – comme le mot l’indique – veut dire réduire la production et la consommation pour limiter les dégâts sociaux et environnementaux. Plus précisément : c’est un ralentissement et un rétrécissement de la vie économique au nom de la soutenabilité, de la justice sociale, et du bien-être.

De plus, la décroissance peut se définir en trois valeurs : l’autonomie, la suffisance, et le care. L’autonomie est un principe de liberté qui promeut la tempérance, l’autogestion, et la démocratie directe. La suffisance est un principe de justice distributive qui affirme que tous, aujourd’hui et demain, devraient posséder assez pour satisfaire leurs besoins, et que personne ne devrait posséder trop en vue des limites écologiques. Le care est un principe de non-exploitation et de non-violence qui promeut la solidarité envers les humains et les animaux.

PS : concernant la justice sociale et la taxe sur les billets d’avion, c’est pour cela qu’un quota est une meilleure solution, évitant ainsi qu’une personne puisse polluer, juste en compensant avec de l’argent.

Le mot de la fin

Les excuses explicitées ci-dessus ne sont pas nouvelles et nous continuerons de les entendre encore une bonne décennie. Elles sont tout aussi dangereuses que le climato-scepticisme pour la simple et bonne raison qu’elles mènent au même résultat : l’inaction.

Ces excuses, vous les entendrez au quotidien. Soit parce que certaines personnes auront été mal informées, soit par malhonnêteté intellectuelle, ou tout simplement parce que l’immensité du défi, par son caractère complexe, pousse à l’inaction. C’est un sentiment tout à fait compréhensible. Bien souvent, lorsque vous sortez du déni, des sentiments très fort arrivent et vous marquent à vie. Mais c’est bien par l’action que l’optimisme trouve sa genèse.

J’aimerais conclure sur l’importance du point de bascule : gardez en tête qu’un homme averti/convaincu en vaut deux. Sans aucun doute, la route sera longue, exigeante, dure et épuisante. Mais si vous avez la conviction qu’on fonce dans le mur si rien ne change, ne baissez pas les bras, pensez à l’équation du nénuphar.

BONUS ajouté le 12/08/20 : les 12 excuses en images !

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Commentaires

28 Comments

  1. Archi3 5 août 2020

    Donc si j’ai bien compris vous voulez décroitre , mais pas vivre comme les pays pauvres actuels ? ou j’ai mal compris ?

    Répondre
  2. Archi3 25 juillet 2020

    Bonjour
    dans la lignée de mes questions sur l’autre post, pourriez vous me dire si à votre avis une de ces deux propositions a été scientifiquement prouvée (et donner les références scientifiques bien évidemment ) :

    a) il est tout à fait possible de maintenir un niveau de vie à l’occidentale et de l’assurer à terme à toute la population mondiale sans produire de CO2

    b) il est impossible d’assurer un niveau de vie à l’occidentale à toute la population mondiale sans produire de CO2 (et dans ce cas a-t-on une idée du niveau de vie soutenable sans production de CO2 ) ?

    merci

    Répondre
    1. Bon Pote 25 juillet 2020

      a) non.
      b) le niveau de vie soutenable c’est commencer par avoir une empreinte carbone de 2t CO2eq, puis tendre vers 1. Au passage, niveau de vie occidental ne veut pas dire grand chose. Une moyenne si, et encore. Des gens gagnent très bien leur vie et sont sobres énergétiquement parlant, d’autres gagnent moins mais dès qu’ils ont 500€ les mettent dans des A-R en avion pour NY.

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      1. Archi3 25 juillet 2020

        Bon, merci, les 2t de CO2 ou 1t de CO2 /hab, vous sortez ça de quelle référence et vous voyez ça pendant combien de temps ? et vous pensez que ça se traduirait comment en terme de PIB /hab (actuellement on doit etre autour de 10 000 €/an/hab au niveau mondial, soit environ 800 € /mois/hab, proche du niveau de pauvreté pour la France)

        Répondre
        1. Alexandre 14 août 2020

          Les 2t/hab découlent du budget carbone qu’il nous reste pour limiter l’élévation de la température en dessous de 1,5° ou 2°C (je ne sais plus lequel). Le budget carbone a été calculé par le GIEC. C’est un chiffre que Greta Thunberg a beaucoup repris.
          Impossible de dire ce que cela nous donne en termes de PIB/hab. Pour l’instant on n’a jamais montré qu’on pouvait découpler PIB et consommation d’énergie, mais il reste de l’espoir pour découpler au moins en partie consommation d’énergie et CO2…

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  3. Philippe 23 juillet 2020

    Bonsoir,

    Très bon billet, je ferai juste deux bémols:
    Point 1: Collapsologie. Les collapsologues ont plutôt comme mantra : “Se préparer au pire, espérer le meilleur”, ce qui est assez opposé à l’approche “C’est foutu, on laisse pisser”. Vaut-il mieux continuer à écoper en espérant aveuglément que le bateau ne coule pas ou finalement, admettre qu’il y a une possibilité que ce foutu bateau puisse bel et bien couler et préparer un canot? Ce qui dérange certains, c’est qu’avec cette approche, ces individus ne seront pas prêt a accepter tous les sacrifices qu’on leur demanderait par absence de plan B.
    Point 2 “Il est faux de dire que c’est dans la nature humaine de détruire son environnement.” Bon ben là faut lire Sapiens de Hariri…
    Il y a naturellement plein d’exemples d’auto-régulation due à la contrainte environnementale (peuplement des îles Chatham, avec abandon de l’agriculture et limitation de la population), mais plein d’autres cas de peuples dit “premiers” qui ont détruit leur environnement (indiens Anasazis, île de pâques). Ceci-dit, contrairement à eux, nous, nous “savons” que ça va coincer.

    Répondre
    1. Bon Pote 23 juillet 2020

      Bonsoir Philippe,

      Effectivement, l’approche ‘Se préparer au pire, espérer le meilleur” me va très bien ! J’ai très certainement été influencé par Yves Cochet à force de l’entendre parler. Pablo Servigne à reçu l’article, s’il souhaite que je mette à jour je le ferai avec grand plaisir.
      Concernant le point 2 : Hariri a été critiqué/débunké maintes fois, son livre est certainement très intéressant mais ces approximations et corrections reçus par la suite ne m’inspirent pas confiance.
      De plus, je n’ai pas écrit “tous les peuples’, j’ai écrit ‘des peuples’. Ce qui vient infirmer le ”on est tous cablés pour détruire la planète’. Encore une preuve, un rapport sorti de l’IPBES ici : https://twitter.com/IPBES/status/1283341284929875969/photo/1

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  4. Olivier BERTRAND 23 juillet 2020

    merci

    Répondre
  5. Julien 23 juillet 2020

    Bonjour,

    Merci pour votre article.

    Pour le point 4, ce que je dis en général à ceux qui pensent que les pires sont les chinois ou les indiens, c’est qu’il faut également regarder l’emprunte carbone et écologique par habitant. Et là ça les calme tout de suite puisqu’un chinois ou un indien émet pas plus ou moins qu’un européen et que son emprunte écologique est considérablement moindre. Et je leur porte l’estocade en leur disant qu’avant de demander aux autres de faire quelque chose comme de moins consommer, il faut d’abord le faire soi-même et montrer l’exemple.
    https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_countries_by_ecological_footprint#:~:text=The%20world%2Daverage%20ecological%20footprint,(10.4%20billion%20in%20total).
    https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_countries_by_carbon_dioxide_emissions_per_capita

    Enfin comme cela a déjà été relevé, je ne partage pas non plus votre avis sur les collapsoloques. Ils parlent de différents types d’effondrement et surtout ils incitent à se focaliser sur ce risque d’effondrement pour se forcer à agir afin d’essayer de l’éviter ou d’en atténuer les conséquence.

    Répondre
  6. Justin 22 juillet 2020

    Pour la convention citiyenne pour le climat, j’ai comme un doute:
    Continuer à pousser les ENR en France, c’est pousser les solutions pour quand il n’y pas de vent ni de soleil , à savoir le gaz émetteur de CO2.
    Personne de la convention ne c’est insurgé contre la fermeture de Fessenheim qui va émettre 11 millions de tonnes de CO2 en plus chaque année => pourquoi je ferai un effet si d’un autre côté les “écolo” émettent 11 000 000 de tonnes d’un coup de plume alors que j’en suis à 8?
    La convention veut tuer l’agriculture intensive qui est pourtant une solution du GIEC pour limiter les terres cultivées et donc le réchauffement climatique.
    La convention ne veut stoper l’étalement urbain uniquement lorsque ça concerne les entreprises mais pour les particuliers (interdiction de construire de tout sauf des maisons individuelles extrèmment consomatrice d’espace – m² de la maison mais aussi km de routes, cables électriques, canalisations d’eau/gaz/téléphone/égout… pour y accéder)

    Répondre
  7. Charles-Antoine 19 juillet 2020

    Une suggestion de complément pour l’excuse 5 (Free Rider) : même si je n’ai pas de source pour l’affirmer, je pense que le fait d’être le premier à y aller peut aussi être un avantage comparatif quand tout le monde devra y être. L’expérience du pionnier.
    Même si je reconnais que c’est discutable. À creuser (désolé ce devrait être à moi de le faire, mais impossible en ce moment… Et tu as l’air d’être tellement productif – vu la fréquence de tes articles, alors que tu as, il me semble, un boulot à côté ! – que je me dis que tu seras plus efficace que moi 😉

    Deuxièmement, partant du principe que plus on attendra, plus les adaptations seront coûteuses, on peut se dire que plus tôt on en fait l’investissement, plus elles seront bénéfiques.
    Discutable aussi, mais me paraît plus solide. Les paris sur le long terme (ex : surcout d’une maison passive) sont toujours bénéfiques, sur le long terme.

    Au passage, je suis d’accord avec ce qui est répondu sur la collapsologie : ils ne sont généralement pas dans l’idée “Foutu pour foutu, autant profiter.”

    Répondre
    1. Bon Pote 19 juillet 2020

      Hello Charles-Antoine,
      Alors je vais te renvoyer la balle, car ton argument (tout à fait valable) mériterait un article à part entière ! Je le note, si j’ai le temps je traiterai l’idée, mais si tu as des sources entre temps je suis preneur.
      Économiquement parlant, bien sûr que cela pourrait être un avantage, mais le trade off n’est pas gagnant pour l’instant. Les profits sont dans le fossile (ça c’est sourcé) et il n y a rien de plus rentable (regarde les top 10 profits /an depuis 20 ans.. sans surprise, qui remporte le gros lot ?)

      D’après certains papiers scientifiques également, et Jancovici l’a évoqué dans une de ces confs, payer les conséquences n’est pas worth, c’est une perte de PIB mineure vs flinguer la planète et continuer à engranger les profits. (ce qu’on fait actuellement).
      Je te le confirme avec un argument qui sera suffisant : les banques de financement réfléchissent à comment hedger le risque plutôt qu’à investir dans des projets (type géo ingénierie). C’est donc bien qu’il n’est pas profitable d’agir pour le climat. Et puis dans 20 ans les mecs en place au pouvoir maintenant ne le seront plus, donc peu importe pour eux…

      Répondre
      1. Charles-Antoine 19 juillet 2020

        Quelques éléments de réponse (en vrac et à chaud) :
        – Malheureusement je ne pense pas avoir de source facile sous la main. Je partais plus d’une intuition de la logique anticipative plutôt que réactive. Mais effectivement je n’avais pas à l’esprit que le taux de retour énergétique et économique avantageux du fossile joue en faveur du “vaut mieux tout utiliser d’abord”.
        Après y a quand-même l’exemple de la Norvège qui extrait son pétrole mais est une championne du renouvelable.
        – Je n’ai pas de formation économique (juste qqs bases), plutôt scientifique, et je lis moins vite que toi 😅 Du coup, désolé si je passe à côté de certains éléments importants, ma vision est moins complète et systémique que la tienne je pense.
        – Même si je me débrouille en anglais courant, je ne touche pas une bille en anglais technique, donc hedger, worth, ça m’aide pas à capter. 😉

        Répondre
  8. erom 18 juillet 2020

    Bonsoir,

    Pour l’excuse n°2, je trouve que l’épisode de confinement nous démontre que même en démocratie les populations sont prêtes à accepter de grandes privations de liberté, pour l’intérêt général. 2 conditions de réussite à mon avis :
    – La raison doit être comprise et l’objectif partagé. (pour le climat il reste un gros boulot de pédagogie… médias ??)
    – L’effort doit être partagé équitablement (pas sûr que le confinement ait été respecté si certaines parties de la population en étaient exemptes)
    le parallèle avec la sécurité routière est également intéressant. La privation de liberté de ne pouvoir rouler qu’à 130 km/h est largement acceptée par la population car les deux critères précédents sont respectés.

    Je ne connaissait pas le graphique de l’excuse n°12 qui est édifiant …

    Encore merci pour tes articles
    ++

    Répondre
  9. Joachim 17 juillet 2020

    Merci pour votre article, qui fait un bon état des lieux des positions en présence. Je pense comme vous qu’un espoir peut résider dans une VRAIE compréhension technique des enjeux par une large part de la population, qui changerait le cadre de négociation pour toutes les parties. Mais cette diffusion me semble hors de portée, tant les personnes qui s’y intéressent semblent avoir des profils psychologiques et socio-économiques assez semblables… je ne comprends toujours pas pourquoi après avoir abordé le sujet de fond avec de nombreux amis, ceux-ci ne deviennent pas obsédés comme je le suis par ce casse-tête.
    Concernant la réfutation de Sébastien Bohler par des neuroscientifiques, je serais preneur de vos sources, ça m’intéresse grandement !

    Répondre
    1. Bon Pote 17 juillet 2020

      Bonjour Joachim, j’ai mis à jour l’article avec le lien, je pensais l’avoir fait ! vous y trouverez plusieurs autres articles en commentaires.

      Pour compléter : https://journaldecologiecritique.wordpress.com/2018/12/14/pour-un-ecologisme-a-la-hauteur-du-present-preface-a-la-traduction-francaise-de-deep-green-resistance/
      Et une vidéo où F. Lordon débat avec S. Bohler : https://www.dailymotion.com/video/xyoc3d

      Pour vos amis, il faut continuer, je le fais tous les jours, même quand ils en ont rien à faire… Bonne chance pour trouver les leviers.

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  10. Yoan De Macedo 17 juillet 2020

    Merci pour ce nouvel article une fois de plus très intéressant.
    Votre site fait partie de ma liste très restreinte de blog que je suis en RSS.

    Je suis curieux de savoir ce que vous faites dans la vie. Vous travaillez dans le domaine de l’écologie ?

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    1. Bon Pote 17 juillet 2020

      Bonjour Yoan, Merci pour votre message. Non ce n’est pas mon domaine, juste une passion qui je l’espère deviendra la passion de tout le monde !

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  11. Tin 16 juillet 2020

    Merci pour cet article, et de manier générale pour ce super site 🙂
    Quelques remarques/interrogations concernant les 2 premiers points

    “des peuples ont vécu des siècles sans détruire leur environnement ”
    En prenant un peuple dans un systeme isolé, oui forcément c’est possible… Maintenant nous sommes 7/8 milliards d’individus sur la planète, même en réduisant très fortement la voilure, est ce qu’une humanité a population constante ne “détruirait” pas l’environnement à petit feu ? d’ailleurs à partir de quel degré de transformation de l’environnement on appelle ca “détruire l’environnement” ? 😉

    Est-il arrivé au cours de l’histoire qu’un peuple accepte de lui-même de renoncer a un certain confort en voyant une menace arriver ? (Sans y etre contraint lorsque la menace s’exécute ?)

    Pour finir, on peut très bien penser que c’est foutu, et pourtant faire des efforts (une sorte de pari de Pascal)… D’ailleurs les 2 se rejoignent quelque part dans le sens où, se dire que ‘Nous devrions nous adapter’, ca reste très similaire à ce qu’on devrait faire pour “sauver la planète” ! On est pas du tout dans de l’inaction comme décrit dans les points suivants.

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    1. Bon Pote 16 juillet 2020

      – 8 milliards d’américains non, 8 milliards de personnes qui vivent dans une économie écologique, jusqu’à preuve du contraire, il n’y a pas de véto. (j’ai lu des papiers qui parlaient de la faisabilité de nourrir 10 milliards d’habitants… Mais 10 milliards de gens qui ont une empreinte carbone exemplaire, pas des Nabillas.
      – La 2ème remarque est pertinente, on m’a fait la même ailleurs : je vais répondre comme un politique : E.Macron a dit que nous étions en guerre pendant le covid. Les français, aussi raleurs que nous sommes, se sont adaptés. Il faut une économie écologique, des mesures fortes, donc tant que les gens n’ont pas compris l’ampleur de la tâche qui se dresse devant nous… (cf le point plus bas dans l’article sur la mauvaise comm politique).
      -Concernant le pari de Pascal, c’est un peu ce que j’ai en tête : j’ai adapté mon train de vie, non sans encombre et moqueries de mon entourage, mais je l’ai fait… Car we never know 😉 Au passage : https://bonpote.com/le-pari-de-pascal/

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  12. Romain Koukarin 16 juillet 2020

    Quoi ? On a le droit de donner des arguments ? Trop bien, alors je me lance.

    Argument face : « La France c’est 1% des émissions alors que les chinois hein ! »
    Dans un monde mondialisé, voire les émissions uniquement du côté de celui qui les produits n’a plus aucun sens. Entre nos 2 pays, la France a un déficit commercial de 30 milliards soit 1,2% de notre PIB. Les émissions des Chinois nous concernent tous ! »

    Argument face : « On ne représente que 1% alors que les chinois hein ! » (oui, c’est le même)
    Contrairement à ce qu’on pourrait penser, dans notre monde, ce sont les minorités qui ont le pouvoir. Par exemple, faire un barbecue avec 5% de vegan, augmentera considérablement le nombre de plats sans viande. Les boissons kasher représentent 90% des boissons vendues aux USA alors que seuls 1% de la population consomme ce type d’aliments.
    (Cf. « Skin in the game » de Nassim Taleb – j’en parle dans un article que j’ai sorti il y a 2 semaines et qui traite du même sujet que le vôtre mais plus au niveau des actions individuelles : https://www.koukarin.com/urgence-ecologique-pourquoi-certains-ne-passent-pas-a-laction)
    On représente 1% ? Qui voudrait se couper de notre marché ? Personne ! Alors imposons nos choix. Créons le changement.

    Argument : Efficacité énergétique et l’amélioration de nos outils
    La croissance mondiale depuis des décennies est directement corrélée à notre consommation d’énergie… peu importe les innovations qui ont permis de gagner en efficacité (et il y en a eu !). Vouloir la croissance, c’est consommer plus d’énergie. La croissance mondiale est de 3% par an au minimum, il faut donc améliorer notre efficacité de + de 3% / an sur toutes les énergies et ça, on n’y arrive pas du tout… En plus, vu qu’on parle en pourcentage, l’’année suivant un échec d’amélioration d’efficacité énergétique oblige de ne pas gagner 3% mais 6% puis 9% puis 12% puis 15%… Bref c’est une fuite en avant impossible.

    Bon je n’ai pas trop sourcé alors je rajoute :
    – Corrélation Croissance / Consommation d’énergie : http://www2.ac-lyon.fr/etab/lycees/lyc-69/bernard/IMG/pdf/evolutionPIB-NRJ.pdf
    – et les bouquins de Taleb : j’adore !

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  13. Marc 16 juillet 2020

    Très bonne analyse.
    Réalisme, positivisme
    Bravo et continuez ainsi

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    1. Bon Pote 16 juillet 2020

      Merci Marc !

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  14. Edwige 16 juillet 2020

    Bonjour, je viens de lire votre article que je trouve précis quoiqu’un peu simplet. Mais je me dois d’ajouter un petit quelque chose : je ne suis absolument pas en accord avec ce que vous dites sur la collapsologie, comme quoi ce serait un “frein”. Pas du tout. La collapsologie, qui représente l’étude de l’effondrement des sociétés, est justement là pour nous dire : “Voilà ce qui va arriver si on continue comme ça, donc il faut tout faire pour ne pas que ça arrive”. A aucun moment Pablo Servigne ne nous dit de rester les mains dans les poches et de regarder la vague déferler, non. Au contraire ! Il dit : il faut garder un espoir “positif” et actif, et agir en conséquence. Il ne faut ni être trop optimiste, ni pessimiste sur les faits, et justifier cela par l’inaction.
    Je pense qu’il y a là une méprise, car inscrire la collapsologie comme un frein aux luttes contre le dérèglement climatique ne permettra pas à certains de, par exemple, donner foi au livre de Servigne, qui pourtant est un excellent premier pas (je dis bien : premier pas, car il faut ensuite creuser, et encore creuser, le sujet) pour comprendre les problèmes, savoir que quelque chose ne va pas et que ce mode de vie (qui n’a rien de “naturel”) nous entraîne vers le gouffre. Et c’est vrai que ça risque de très mal se passer si on ne fait rien ! Alors, prendre d’abord conscience des problèmes, c’est de la collapsologie, et c’est une première étape essentielle pour tous ceux qui, comme moi, n’avaient longtemps pas pris conscience du problème à cause du mutisme des médias et des masses.

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    1. Bon Pote 16 juillet 2020

      Bonjour Edwige, merci pour votre retour.
      J’ai cité Pablo Servigne en me basant sur ce que j’ai lu et entendu de ses interviews. De plus, Pablo n’est pas le seul à avoir ce discours, Meadows dit que c’est ‘trop tard pour le DD, et qu’il faut passer en mode ‘résilience’. L’effondrement ne sera pas total, c’est ce que je souhaite exprimer dans mon texte. Et malheureusement, comme d’habitude, certains souffriront plus que d’autres des multiples catastrophes à venir.
      Je précise tout de même que j’ai un très grand respect pour les 2, et je suis ravi que pablo ait de l’écho, car il fait bouger les lignes et c’est plus que nécessaire.

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      1. Girard 16 juillet 2020

        Réchauffement Climatique et destruction de la biodiversité sont liés.
        Il faut les associer dans ces alertes et cela rend le problème plus visible pour chacun avec un côté émotionnel renforcé.
        Le confinement à montré que la recherche d’un cadre de vie naturel et non pollué prenait tout son sens et son intérêt. Ce peut être le début d’une implication dans l’action
        Espérons

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      2. Julien 16 juillet 2020

        Bonjour BonPote,
        Juste un rebond (lol) sur votre échange avec Edwige : je suis d’accord avec elle lorsqu’elle précise que la collapsoLOGIE – plus précisément le discours factuel (et j’insiste sur le terme “factuel”) de P. Servigne et R. Stevens – n’est pas à ranger avec les théories basées sur le Doomism, dans la mesure où elle a pour objectif de mettre en lumière les risques bien réels d’effondrement qui menacent nos sociétés, et de promouvoir une transformation de ces dernières vers (beaucoup) plus de résilience (comme vous le précisez à juste titre). Cette discipline est donc selon en moi parfaitement salutaire (comme la clé qui viendrait ouvrir nos “verrous psychologiques” – ou je sais c’est beau, c’est mon côté poète) et complémentaire de votre propre démarche pédagogique. En revanche, j’ai plus de réserve sur la transition que tendent à opérer certains collapsologues vers ce que Servigne nomme la collapsoSOPHIE, et qui (si j’ai bien compris, j’espère ne pas dire de bêtises) relève plus du discours “on-est-déjà-un-peu-foutu-les-gars” et qui théorise un.e monde/société post-effondrement – et je me dis que c’est peut-être sur ce discours que vous vouliez alerter dans votre article.

        PS : j’ai découvert vos excellent articles il y a peu, et je peux vous garantir qu’ils sont effectivement salutaires (oui j’aime bien ce mot), donc ne lâchez rien !

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        1. Bon Pote 16 juillet 2020

          Merci pour ces précisions Julien !
          J’ai déjà eu plusieurs messages concernant le doomisme, je vais récupérer les livres en question et les lire ASAP. je prendrai en exemple une autre personne s’il faut, les doomistes ne manquent pas 😉

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