Quelle place pour Nabilla dans le monde d’après ?

Nabilla

Ce confinement a vraiment fait changer les français et ils le prouveront dès le 11 mai. Les maîtres-mots seront simplicité, nature, respect de l’environnement… En résumé : vivre une sobriété heureuse. Alors, je suis très, très inquiet pour Nabilla. Pour elle, la sobriété, c’est un concept. Si vous voulez… Je ne suis pas sûr que si Pablo Servigne et Pierre Rabhi avaient un enfant, ils accoucheraient de Nabilla. Alors, quelle sera sa place dans le monde d’après ?

Sobri quoi ?

J’ai toujours eu un respect profond pour les gens qui arrivent à vivre de leur passion. Au mieux, je suis admiratif, au pis, j’en ai rien à foutre faire, tant mieux pour eux. Sauf que lorsqu’il s’agit d’environnement, nous devons penser de façon systémique : ce que l’on fait peut non seulement nuire à notre voisin, mais aussi à ses enfants et ses futurs enfants. Après de rapides calculs en partenariat avec un ami mathématicien, il faudrait 153 planètes par an pour subvenir aux besoins actuels de consommation de Nabilla. Pour rappel, voici ce qu’il est recommandé à titre individuel, pour atteindre les objectifs de la COP 21 :

Vous l’aurez compris, sa note finale est sensiblement comme celle de ses bulletins scolaires. Sauf erreur de ma part, je n’ai pas vu sur son instagram de selfie pris dans un Blablacar avec un Iphone 5, en train de boire de l’eau dans une gourde. Non, à Dubaï, l’ambiance n’est pas vraiment de savoir s’ils ont mis des ampoules LED dans la tour Burj Khalifa…. Mais rassurez-vous, il y a de l’espoir : elle est vegan ! Enfin, vegan du dimanche. Pour le sac à main en croco à plus de 300000€, ça ne compte pas : elle ne savait pas que le crocodile était un animal ! Elle pensait que c’était une roche, comme le diamant.

5.7 millions de followers

Loin de moi l’idée de mener une croisade contre cette pauvre Nabilla. Si j’étais assez beau pour en vivre, je ne suis pas sûr que je m’en priverais ! Malheureusement je suis moche, aigri, et travaille derrière un écran 8h par jour. S’il y a bien un connard dans l’histoire, c’est moi.

Alors je m’interroge sur le rôle de ces influenceurs et sur l’impact qu’ils ont. Si encore elle vivait son rêve dans son coin, il n’y aurait aucun problème. Sauf que là, elle influence des dizaines de milliers de personnes qui rêvent de l’imiter, de vivre la fast life (je n’invente rien, j’en ai dans mon entourage). Malheureusement, cette vie en question est une horreur écologique et flingue la planète au quotidien. Rassurez-moi, dans le monde d’après, ses 5700000 followers ne trouveront plus d’intérêt à la suivre ?

La lumière au bout du tunnel

Vous vous rappelez du point de bascule ? Et s’il arrivait la même chose à Nabilla ? Qu’elle se rende compte que the new way to go, c’est d’être écolo ? Je vois déjà la une de Paris MatchNabilla, the new Greta”. On plaisante, mais très peu de personnes en France auraient le pouvoir d’influencer les français comme elle. Elle a quand même réussi à avoir Brigitte Macron au téléphone après un don aux hôpitaux de Paris pendant le coronavirus, c’est vous dire ! Scène d’ailleurs absolument émouvante, pleine de spontanéité…

Je me dis que dans le combat face au changement climatique, on aura besoin de tout le monde, et surtout des influenceurs. Nabilla pourrait être un levier formidable et je le dis sans ironie : la voir devenir écolo me laisse rêveur ! Pour la simple et bonne raison qu’elle a plus d’influence que n’importe quel scientifique n’en aura jamais en France. Même si Jean Jouzel se mettait en maillot pour nous expliquer le changement climatique, Nabilla aurait quand même plus d’influence. Si vous voulez comprendre le rapport de force… Le jour de mon mariage, j’aurai 30 likes sur ma photo instagram. Nabilla, elle fait une photo de son pied avec un panari à l’orteil, elle a 300000 likes. Alors imaginez l’impact que cela aurait si elle se mettait à consommer éthique en montrant l’exemple, et demandait à ses followers d’en faire autant ?

On ne choisit pas ses héroïnes. Si dans mon monde, mon influenceuse à moi, c’est Valérie Masson Delmotte, ce n’est malheureusement pas le cas de tout le monde.

Alors faites-moi plaisir, faites-lui passer le message. Sauve la planète Nabilla.

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Commentaires

6 Comments

  1. cigitmondy 30 avril 2020

    Destruction du sol donc des microorganismes qui le composent :
    https://www.youtube.com/watch?v=nQRZQVuJN1M

    Végan ou pas
    https://www.youtube.com/watch?v=6X4UEawXu-Q
    https://www.youtube.com/watch?v=YhLOubiCqbk

    L’agriculteur de demain, si l’instabilité climatique le permet, devra faire de l’élevage, de la culture de végétaux et de la foresterie, (agro-sylvo-pastoral) dans un équilibre parfait.
    Petites exploitations de telle façon qu’il puisse cultiver à l’aide d’animaux domestiques (chevaux, bœufs), qu’il recyclera en fin de vie. Les animaux amendent les sols, d’où la nécessité de la basse-cour, et d’autres animaux d’élevage.
    Usage d’outils bi-composants : houe, sarcloir, bêche, fourche, serpe, faux…
    Le tout végan n’est pas durable sans pétro-chimie ni gaz, l’élevage industriel n’est pas viable sans pétrole, et la forêt peut se passer d’humains.

    Répondre
  2. cigitmondy 29 avril 2020

    Etre végan détruit plus de vie que de se nourrir d’un peu de viande. Cela nécessite, une agriculture industrielle qui détruit les sols et qui tue les micro-organismes indispensables à leur bon fonctionnement. Une agriculture digne de ce nom serait agri-sylvo-pastoral.

    J’imagine Nabilla, posant pour la postérité, habillée d’une chemise paysanne nouée sur le nombril, d’un short, chaussée d’une paire de bottes crottées, tenant de la main droite une fourche à fumier et montrant la paume de la main gauche toute gonflée d’ampoules, crevassée et les ongles noirs de terre. Ca vous pose une femme. Combien de like ?

    Répondre
    1. Bon Pote 29 avril 2020

      Je suis hyper curieux d’avoir votre source /rationnel pour votre point ‘Etre végan détruit plus de vie que de se nourrir d’un peu de viande’. Je n’ai pas d’avis encore tranché, mais j’ai des amis et un frère Vegan qui serait sûrement ravi de lire cela !

      Répondre
        1. Bon Pote 11 mai 2020

          Paul Ariès s’est déjà fait réfuter sur cet article sur les vegans, par tellement de personnes que je ne vais pas le refaire ici. Déjà, ”’libération” + un titre pareil, faut se douter que l’article sera de la merde.

          Sur Bon Pote, il y a un article sur ”PUTACLIC”, et le sujet du véganisme y est explicité. Dans ce cas précis, il remplit toutes les cases.

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        2. Schéra 13 mai 2020

          Bonsoir Pericles, tout d’abord un grand merci pour le partage de ces deux articles. Qu’en avez vous pensé ? Votre avis m’importe beaucoup.
          J’ai pris soin de les lire avec attention malheureusement je ne peux me laisser convaincre. Libération parle d’un élevage “raisonné et bio, respectueux des sols et des terroirs” donc un élevage extensif, sans aucune donnée scientifique pour étayer l’idée, je ne trouve pas ça très honnête (intellectuellement parlant). Surtout qu’il existe un tas d’études scientifiques portant justement sur cette question de l’élevage extensif. Je vous joins un lien ci dessous, que j’ai pu par l’occasion découvrir(une étude de sciencedirect qui selon moi est une source bien plus sérieuse que Libération), si toutefois vous en avez le temps et l’envie bien sûr, cela vaut le coup d’y jeter un coup d’oeil. Page 5 et 6 (je vous mâche le travail) , nous voyons que l’élevage de boeuf en extensif (donc alimentation à majorité en herbe) a des émissions de gaz à effet de serre en kgCO2eq/kg de protéines allant de 58 à 643 contre 45 à 210 pour la viande de boeuf intensif (alimentation par un mix de céréales, de soja et fourrage qui a nécéssairement été transporté sur une certaine distance et souvent transformé car nous savons bien que le boeuf ne va pas seul dans le champ de céréales pour s’alimenter). Les protéines végétales quant à elles sont en grande majorité en dessous de 10 kgCO2eq/kg de protéines, avec quelques rares qui approchent les 40. Donc contrairement à ce qui est souvent (faussement) diffusé , même en prenant le kg de protéines végétales les plus polluantes (et c’est plus la salade ou la mâche que le soja car il faut beaucoup de salades/mâches pour avoir 1kg de protéines, au contraire du soja qui est très concentré en protéines), il est quasi impossible de polluer autant que le kg de protéines animales le moins polluant. Je ne vous embête pas plus avec les chiffres, trop de chiffres tue le chiffre mais c’est vrai qu’il en manquait un peu dans les articles quand même. Puis pour finir sur un petit peu de jugeote, gardons notre bon sens, de vous à moi, pensez vous que les vegans soient réellement pour la fin de nos relations avec les animaux ? Bien qu’ils soient décrits dans ces articles comme de méchants extrêmistes à vite exterminer, je peux vous assurer que la démarche première (je suis moi même vegan même si je n’aime pas ce mot, passons c’est un autre débat) c’est l’amour. L’amour du vivant, de la planète, incluant ainsi les animaux. Donc NON , aucune fin de nos relations avec eux , mais plutôt avoir des relations autres que exploitants/exploités, je dirai même avoir des relations qui respectent les intérêts des deux partis. Ca me semble juste, ce n’est pas évident pour tout le monde je l’entends, je sais au combien il peut être difficile d’avoir à se remettre en question, remettre en question toute notre éducation, notre passé, mais n’est ce pas vers ce chemin que nous apercevons l’ouverture d’esrprit, l’évolution ? A méditer. Je vous laisse comme promis avec le lien de l’étude : https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0306919212000942?fbclid=IwAR3l6Zay6SbYPvxqSP_z7ry8cZPCvYUXokA3uWgWLUX9BPvUMF55QcC89sk
          Vous souhaitant une excellente soirée.
          N’oublions pas de remercier Bon Pote pour ses articles remplis de bon sens et sans qui nous n’aurions pu papoter tous les deux.

          Répondre

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