Le digital nomad : un cauchemar pour le climat ?

Digital Nomad

Le digital nomad est-il la nouvelle tendance pour être champion du réchauffement climatique ?

La question mérite d’être posée. Si vous n’êtes pas sur les réseaux sociaux, il est possible que vous ne connaissiez pas ce mode de vie. Cela n’a rien de nouveau : il y avait déjà des #digitalnomad il y a plus de 10 ans sur Instagram, un hashtag qui comptabilise aujourd’hui plus de 3,6 millions de publications.

Des photos toutes plus belles les unes que les autres, qui oublient une chose : la réalité sociale des pays visités, et l’empreinte carbone extravagante pour s’y rendre.

Qu’est-ce qu’un digital nomad ?

Un digital nomad est une personne dont le mode de vie consiste à voyager fréquemment, tout en travaillant à distance. Tout ce dont vous avez besoin, c’est d’un ordinateur et d’une connexion wifi qui tienne la route. « Digital » est la simple traduction du terme français « numérique », mais c’est tout de même beaucoup plus intéressant d’appartenir à une communauté de « DN » que de franciser l’appellation. Pour le « nomad », cela permet notamment de différencier ces personnes des expatrié(e)s, qui en général restent bien plus longtemps dans une autre région ou pays.

Lorsque vous vous baladez sur les réseaux sociaux, vous voyez très vite que #digitalnomad signifie bien souvent partir loin et multiplier les pays. Sur Instagram, l’immense majorité des photos sont accompagnées de plages paradisiaques, de lieux paradisiaques…avec en bonus, des hashtags qui annoncent la couleur :

Une digital nomad sur Instagram avec une vue paradisiaque et luxueuse
Source : Instagram

Linkedin, digital nomad et la cool attitude

Depuis l’apparition de la Covid, il y a eu une accélération du phénomène. Nous pouvons notamment voir certaines start-up en faire un argument de recrutement, ou des personnes pour qui cela devient aussi important que le titre de leur métier. Conséquences : les digital nomads ont depuis envahi Linkedin, et ils le font savoir. Vous pouvez les repérer facilement, ils ont en général des 🌍 et des 🔥🚀 à côté de leur nom. Les meilleurs auront #Crypto et #NFTlover.

Leur but ? Retrouver la nature, la vraie, en s’établissant dans la jungle à Bali (avec la fibre optique), ou en faisant un safari en Afrique pour chasser les licornes. Certain(e)s prennent autant l’avion que vous pourriez prendre le métro, avec une empreinte carbone 30 fois supérieure à ce qu’il faudrait, mais c’est pas très important… que sont l’urgence climatique et l’effondrement de la biodiversité à côté d’un post Linkedin où l’on peut s’afficher en photo au soleil ?

Si cela ne s’arrêtait qu’à une ou deux personnes, il n’y aurait pas de quoi en faire un article. Malheureusement, depuis la fin des mesures sanitaires et la réouverture des aéroports (neutres en carbone, heureusement!!), c’est une explosion du nombre de digital nomads. Une vraie épidémie.

Digital nomad et concours de mauvaise foi

Comme pour tant d’autres secteurs et activités, quand vous les interpellez sur les réseaux sociaux et leur demandez si leur activité de digital nomad est soutenable et ce qu’ils ou elles pensent du changement climatique, vous avez droit à :

Exemple de réponse whataboutisme d'une digital nomad

Digital nomad ou Jeff Bezos ?

Cerise sur le gâteau, certains sont prêts à défendre l’indéfendable. « Oui mais ça va, s’il fait qu’une fois les Seychelles et qu’une fois Bali, faut pas exagérer non plus« . Ce genre de commentaire traduit un manque de compréhension des ordres de grandeur et des enjeux climatiques.

Si vous arrivez à faire ce genre de voyages en avion et vivre convenablement à côté sans dépasser 2 tonnes CO2eq /an, veuillez publier vos résultats dans une revue scientifique. La science vous attend ! En attendant, lisez cet article sur l’empreinte carbone, puis cet article sur l’avion. Vous ne ferez certainement plus jamais ce genre de commentaires.

Enfin, l’une des nouvelles justifications à voyager à l’autre bout de la Terre serait la nécessité de vous rendre sur place et de constater par vos propres yeux que le réchauffement climatique fait déjà des ravages. Souvenez-vous, Jeff Bezos nous avait expliqué que lors de son voyage touristique de 5 minutes dans l’espace, il avait compris à quel point la Terre était fragile. Nous retrouvons les mêmes discours pour les touristes en Antarctique.

Et si les digital nomads devenaient les meilleurs ambassadeurs pour le climat ? Et si ces occidentaux étaient la clef pour alerter les pays qui souffrent déjà du changement climatique, qui malheureusement ne sont pas assez intelligents pour le comprendre et ont besoin d’avoir des white saviors ?

Faut pas culpabiliser !

Lors d’un post sur le sujet sur Linkedin, de nombreux commentaires disaient « il faut pas culpabiliser ». La solution serait donc la bienveillance. L’éducation. Il suffirait « de se former sur les enjeux environnementaux pour provoquer un changement de comportement ».

Malheureusement, rien de plus faux. Il est dit et répété par la littérature scientifique qu’il ne suffit pas de savoir pour changer, mais certaines personnes, vivant très certainement dans un monde complètement utopiste (et surtout très dépolitisé), se permettent toujours d’expliquer aux autres comment ‘vraiment faire’. Sachez que dans le monde réel, des personnes se contrefichent des conséquences de leurs actes, même après avoir passé du temps à expliquer pourquoi s’envoler à l’autre bout du monde 10 fois par an n’était pas soutenable.

Il faut alors s’armer de patience et espérer que la personne en face de vous écoute, ce qui est malheureusement loin d’être facile, notamment sur les réseaux sociaux. On préfère étaler son Jaitoutcomprisme après avoir visionné deux conférences, c’est tout de même plus pratique.

Figurez-vous que les scientifiques et activistes climat ne prennent aucun plaisir à alerter sur la situation climatique et préfèreraient très certainement faire autre chose. D’autant plus s’ils sont comparés à des moralisateurs.

Le plus invraisemblable, c’est que ce sont toujours les mêmes profils qui s’offusquent. Des personnes privilégiées et qui ne s’en rendent même pas compte. Chaque remise en cause de leur mode de vie mortifère s’apparente à de l’écologie punitive pour les uns, une dictature verte pour les autres.

Culpabilisation, morale et éthique

Les réactions à la culpabilisation sont hétérogènes. Cela réfute donc singulièrement le discours des personnes qui disent qu’il « ne faut pas culpabiliser ». C’est encore une fois faux. Cela vous concerne peut-être vous, mais votre exemple, ou l’exemple de votre cousine bretonne, n’en fait pas un fait statistique. La recherche sur le sujet est d’ailleurs extrêmement intéressante à lire pour quiconque pense que la psychologie est un atout indispensable pour tendre vers une société soutenable.

En outre, pourquoi ne faudrait-il pas finalement culpabiliser ces personnes qui par leur mode de vie, rendent la vie invivable à des millions d’autres ? Et si justement, il fallait utiliser les bons mots ? Dans la mesure où l’inaction climatique a et aura des conséquences mortelles, pourquoi dire « oh tout de même vous exagérez un peu » et ne pas dire « écocide » ?

Culpabiliser est principalement un luxe de privilégiés. Un luxe que n’ont pas les populations qui souffrent déjà du changement climatique. Oui, les 1% doivent changer, et arrêter de se cacher derrière une posture victimaire. Cela serait manquer de respect aux personnes qui souffrent déjà et souffriront bien plus du changement climatique, alors qu’elles en sont le moins responsables.

‘Mais j’ai le droit ! »

Certes, ces personnes ont le droit de voyager en avion autant qu’elles le souhaitent. C’est la loi. Mais cette loi n’est pas adaptée aux enjeux climatiques. Impossible de respecter l’Accord de Paris si nous ne limitons pas les émissions des 1% (voire les 10%) les plus riches.

Enfin, et cela doit être compris par le plus grand nombre : le changement climatique n’est pas qu’un problème de CO2. C’est un problème politique et moral. C’est peut-être tout à fait acceptable pour certains de continuer leur train de vie tout en sachant que des personnes sont obligées de migrer ou mourir en conséquence. Il faut que ces personnes comprennent que c’est tout à fait inacceptable pour d’autres.

Depuis que je suis digital nomad, j‘ai fait l’Indonésie et le Mexique !

Parfois, certaines expressions suffisent à traduire le mode de vie de certains digital nomads. « J’ai fait l’Argentine. J’ai fait la Chine ouais« . On ne voyage plus, on consomme, et on l’affiche fièrement sur les réseaux sociaux.

« C’est une culture formidable. Ils sont si gentils ! » Jennifer et Hugo, restés dans leur 5 étoiles à Bali, en parlant de l’Indonésie.

Comme Rodolphe Christin le rappelle dans son livre Manuel de l’anti tourisme, l’industrie touristique défigure les cultures locales, leur économie et leur environnement au profit de consommateurs en quête d’immédiateté, de produits formatés ou faussement authentiques. 

Avec un phénomène de digital nomads en plein essor, nous observons le même syndrome, avec les mêmes conséquences in fine. Les locaux finissent par pâtir de la gentrification des lieux, tout en voyant l’empreinte culturelle occidentale gagner du terrain, au détriment de la leur.

Ce style de vie est sans conteste le style de vie de privilégiés qui semblent ne même pas s’en rendre compte. Un constat partagé par Maxime Brousse et mis en lumière par Vincent Edin chez Usbek & Rica :

Maxime Brousse se fonde sur sa propre monographie assez étoffée, mais s’appuie aussi sur de nombreuses lectures et observations de comptes Instagram consacrés au nomadisme. Peu de femmes dans le lot et presque que des blancs. Des HEC avec une conscience qui envahissent le Perche, Lisbonne et autres spots cool pour y monter des cantines collaboratives, des coworking spaces et autres incubateurs. Rien de neuf, mais sous le soleil.

Les digital Nomads sont-ils tous les mêmes ?

Peut-on généraliser les digital Nomads ? Bonne nouvelle : certain(e)s ont une conscience écologique ! #NotAllDigitalNomads

C’est le cas notamment d’Arthur Auboeuf, co-fondateur de Time for the planet. Son objectif était triple : pouvoir faire du sport, profiter de la nature, et limiter son empreinte carbone. C’est pour cela qu’il loue des lieux uniquement en France et proche du TGV pour éviter la voiture.

Lors de mes colocations avec d’autres digital nomads, j’ai remarqué que c’était l’occasion pour eux de se rendre compte qu’on peut avoir tout ce que l’on souhaite en France. Unanimement, tous sont devenus fans et ne souhaitent plus revenir en arrière. Ça ne sert à rien d’aller à l’autre bout du monde ! On a un pays magnifique, une diversité de paysages.. On est le 1er pays visité au monde, ce n’est pas pour rien ».

C’est également le cas pour Thomas Firh, co-fondateur de les others. Depuis plusieurs années, ils ont décidé de recentrer leur activité en France (aujourd’hui 90%, toujours sans avion), et de choisir des locaux pour faire des reportages à l’étranger.

Raphaëlle Colas des Francs a eu le même objectif avec Fertiles, une école itinérante de la coopération et de l’engagement au service de la transition sociale et écologique. Les déplacements sont « principalement en train à travers la France pour limiter l’impact carbone.  Nous habitons sur les lieux avec les habitants. Nous sommes très inspirés par les projets à l’échelle locale et nous nous y impliquons aussi« .

Ainsi, les exemples de mode de vie limitant les impacts environnementaux et sociaux ne manquent pas. Il est tout à fait possible de « réussir », s’épanouir, sans avoir un mode de vie qui rendra la vie des autres insupportable.

Le mot de la fin

Dans un monde qui respecte les limites planétaires et nos engagements climatiques, il n’est pas possible de prendre plusieurs fois l’avion pour aller à l’autre bout du monde chaque année. Ni maintenant, ni même dans les dix années à venir.

Les personnes qui pensent le contraire sont soit inconscientes (ce qui peut changer), soit elles n’en ont rien à faire, et il faudra alors légiférer. Le cadre légal actuel ne permet pas de respecter l’Accord de Paris, et ce n’est pas un hypothétique avion vert qui règlera le problème.

Aussi, les digital nomads doivent se réveiller. Nous ne sommes plus en 1980. Vouloir se mettre en avant sur les réseaux sociaux avec un mode de vie écocide n’a rien de « génial » ou « extraordinaire ». Si vous souhaitez faire quelque chose d’extraordinaire, aidez les milliers d’activistes climat à ralentir le réchauffement climatique. Il y a des milliers de façons d’agir !

Nous avons tous à y gagner. Malheureusement, pour l’instant, avec ce mode de vie, nous sommes tous en train de perdre.

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Commentaires

14 Comments

  1. Arno37 24 février 2022

    Muriel, en lisant l’article, vous verrez que l’auteur s’adresse en particulier au DN qui utilise l’avion car énormément plus polluant. (cf ordre de grandeur).
    Oui c’est gens (DN qui prennnent l’avion) sont inconscient ou égoïste c’est selon, Ils ne pensent qu’à leurs petits conforts et à leurs petits plaisirs sans ce soucier du monde qui sera laisser à leurs enfants.
    Tu peux aussi être DN en train ou en vélo, mais cette ça n’a pas l’air d’effleurer certain.

    Répondre
  2. Sophie 23 février 2022

    Plutot d’accord avec les commentaires sur la frustration.
    Des généralités violentes et sans vraiment trouver source sont établies ici. Des exagérations, des exagérations…
    Le principe du digital nomade est surtout de s’installer plusieurs mois dans les destinations, dont l’avion nest pas forcément une nécessité. Admettons que le DN prenne l’avion 1 à 2 allés retours par an… max, généralement ! Creusez un peu vos recherches… le but est de travailler et s’imprégner du destination, ca ne se fait pas en restant 15j dans un endroit.
    A coté de ces 2 déplacements en avion, le DN ne possède quasi aucun bien matériel hormis son sac à dos et son ordinateur.
    Sans vouloir vous froisser en comparant, je serai curieuse de faire le bilan entre un rédacteur dans je ne sais quelle mégalopole française (appart, transport, nourriture importée très probablement, plastique, consommation matérielle en tout genre, bureau…) et un DN qui prend l’avion 2x par an mais reste plus ou moins sans domicile fixe donc, pas ou peu de consommation, et sont souvent bien conscient de l’importance du combat écologique, bien plus qu’un parisien devant sa télé.

    Les généralités n’ont jamais été bonnes… attention.
    Belle soirée,

    Sophie

    Répondre
    1. Bon Pote 24 février 2022

      Mais c’est pas possible de rédiger un commentaire aussi long en faisant exactement ce qui est « dénoncé » dans l’article.. Aucune compréhension des ordres de grandeur, whataboutisme, attaque ad hominem… Simuler l’empreinte carbone de 2 vols long courriers / an et venez ensuite commenter le résultat.
      Sincèrement c’est un manque de respect de ne pas lire, ne pas comprendre, et donner des leçons.

      Répondre
    2. Guillaume 2 mars 2022

      Ne pas avoir d’appartement à votre nom ne signifie pas que les impacts du logement dans lequel vous séjournez n’a pas d’impact (c’est souvent même le contraire, dans le cas d’un hôtel par exemple). Ne pas avoir de domicile fixe signifie certainement aussi une utilisation régulière de transport (donc pas ouf pour le climat).
      Et 1 ou deux AR en avion d’en l’année mais si, désolé, ce n’est pas physiquement tenable (sauf si cela reste réservé à une petite minorité, et encore…).
      Et encore beaucoup de chose à dire, mais bref…

      Répondre
  3. Chris 23 février 2022

    Ho bordel…on a en tient un bon là.
    Donc avec ce mode de pensé, on est d’accord qu’on arrête les avions tout court hein ? Et puis les vacances en voiture de l’autre côté de la France, terminées…d’ailleurs tout ceux qui utilisent leur voiture chaque jour pour aller bosser sont écocides…ils seront heureux de le savoir! J’suis à peu près sur que le bilan cabone de M. DUPONT qui prend sa voiture pour faire ses 40km A/R est nettement supérieur à celui de Micheline la Digital nomad.
    De plus, que représente la part des digital nomads sur l’ensemble des déplacements annuels en avion ? C’est quasi rien….quasi rien!! Par contre il génère du tourisme dans de nombreux pays qui en ont besoin. Va dire à celui qui gagne sa croute en faisant autre chose de d’écrire des absurdités sur un blog.

    Ah oui, les chinois ça n’a pas l’air de t’intéresser…pourtant quand on cherche à régler un problème, on trie les facteurs par ordre d’impacte…c’est logique, mais ça à l’air de t’embêter.

    Répondre
    1. Hamburger 23 février 2022

      Et oui, quand on utilise des moteurs thermiques (entre autres), c’est écocide.
      Quels que soient les besoins. Il ne s’agit pas de comparer, il s’agit d’agir chacun de son côté : le tafeur bagnole doit covoiturer, puis penser transport en commun, puis penser mobilité douce (speedelec, vae, vélo cargo, trottinette, marché…). Lâcher une bagnole quand on en a 2…etc…
      C’est avant tout un problème de riche mais pas que. Mais le DN c’est de l’inconscience…
      Pierre, velotafeur dans les Alpes (30 km A/R par jour , 800m de dénivelé, plus de voiture). Tout est possible. Question de volonté et de courage. Il faut le faire collectivement en travaillant le lien social.
      Merci à bonpote pour le réveil des consciences.

      Répondre
    2. Arno37 24 février 2022

      Non, Micheline, DN qui prends l’avion aura un impact Carbone nettement supérieur à M.Dupond, regarde les ordres de grandeurs et ne nie pas un fait démontré à plusieurs reprises par tout les spécialistes en la matière.
      Pour les chinois, ton arguments ne tiens pas la route, comment travaille ton DN sans les chinois???? si ils réduisent leurs impacts Carbone lié à la production de gadget électronique (soit les 3/4 de leurs émissions avec le textile), le DN français ne travaillent plus comme DN, il va bosser à l’usine du coin (en France)…
      Car n’oublie pas que tu es bien content d’avoir ton iphone, ta tablette, ton PC, eh bien désolé de te l’apprendre, ils sont fabriqué en Chine, parfois par des enfants (voir rapport amnesty international). D’ailleurs si tu ramènes les émissions de Carbone de toutes ces importations au pays importateurs, les chinois ne sont plus aussi mauvais (car ils exportent à des consommateurs occidentaux qui ne peuvent plus s’en passer) et le France représenterais beaucoup plus que les 1% vanté par certain pour se donner bonnes consciences.
      Enfin pour le tourisme, ils vont être heureux les thailandais, indonésiens…etc de voir arriver en avion des petits bourgeois occidentaux qui contribuent à faire monter le niveau de la mer et inonder les spots locaux. Y retourneras-tu après????

      Répondre
  4. Houdart André 23 février 2022

    Toujours passionnant .

    Il y a un sujet qui m’interpelle depuis longtemps:

    Est-t-il raisonnable de se chauffer avec de l’électricité, énergie noble, quant on sait qu’une centrale thermique a un rendement de moins de 50%. (cycle de Carnot) et jette dans la nature sous forme de chaleur la moitié de ce qu’elle consomme en énergie?

    J’aimerai bien voir ce sujet traité.

    Répondre
    1. François 23 février 2022

      Facile.

      Oui, mais il faut une pompe à chaleur, pas un radiateur électrique.
      La pompe à chaleur ne fait que pomper la chaleur à la source froide, pour la restituer à la source chaude. ( en gros un frigo = enlève la chaleur dans le frigo = produit du froid, et rejette la chaleur (récupérée à l’intérieur) à l’extérieur via la grille radiateur sur la face arrière du frigo).

      Et même si on faisait tourner la pompe (le compresseur) avec un moteur thermique, ça serait moins rentable que de la faire fonctionner via un moteur electrique alimenté par une centrale thermique.

      Les centrales thermiques ont un très bon rendement, (récupération de la chaleur des gaz d’échappement pour faire tourner des turbines à vapeur par exemple), que n’ont pas des moteurs thermiques plus petits.

      Répondre
  5. Bruno Etchenic 23 février 2022

    J’aime énormément les articles de Bonpote. Et les saillis de Thomas, je les suis avec délectation sur LinkedIn.
    Mais je deviens de plus en plus mal à l’aise sur la forme.
    Oui, il y a urgence, et non, nous ne sommes pas obligé d’être dans une totale bienveillance de béni oui-oui quand nous nous adressons à ceux qui sont, littéralement, les plus gros destructeurs de l’environnement.

    Mais il n’y a plus aucune empathie. ça dénonce, parfois violemment, et je me demande comment je réagirais si j’étais la cible des accusations que je lis ici.

    Je pense qu’il faudrait réfléchir très sérieusement à quelle serait la meilleure façon d’atteindre les gens, car le but à atteindre est de changer les comportements, non seulement de se défouler sur eux. Plus je lis, plus je me dis que Thomas a atteint un terrible niveau de frustration dans son combat.

    Je prescrirait un arrêt du réseau LinkedIn pour les 3 prochains moi ! XD

    Une réflexion au passage… Pourquoi ne pas chercher des modèles vertueux partout où c’est possible ? Dans le contexte présent, n’existe il pas des digital nomad qui auraient conscience de leur empreinte environnementale, et qui décideraient de ne prendre que le train, pour s’établir plusieurs mois dans des lieux de vie qui sont compatible avec leur besoin de voir du monde ?

    Ainsi, au lieu de « vous détruisez la planète ! », un message qui inviterai la personne à reconsidérer son action d’une autre façon, plus vertueuse, ne serait elle pas une option plus séduisante ? Et si, en trouvant de tels profils, on ne changerait pas le paradigme ?

    Et si les futurs digital nomad s’afficheraient à la campagne dans des hotels moins luxueux, rencontrant des personnes au lieu de chercher à vivre comme dans une carte postale, le tout en y allant en train ou autre moyen plus « slow » et plus vertueux ?

    Pourquoi ne changerions nous pas de paradigme ?

    Répondre
    1. Muriel 23 février 2022

      Je suis bien d’accord puisque digitale nomade depuis plus de 6ans @agotrip
      Nous n’utilisons que notre voiture et ce depuis le début et restons dans chaque pays entre 3 et 6 mois. Notre voiture nous sert uniquement pour les courses et pour rayonner autour de notre loc. Bien évidemment, nous sommes nombreux à être DN avec notre véhicule (voiture ou CC) en restant dans chaque lieu quelques mois. Merci des accusations sur la mentalité globale de cette population inconsciente. A notre niveau, nous faisons attention aux endroits où nous vivons, et élevons nos enfants non dans une dynamique de marché touristique mais plutôt une belle manière de leur ouvrir les oeillères sur la façon de vivre des locaux. Souvent les DN consomment bien moins de produits que les sédentaires, et évitent également le transport titanesque des biens de conso. J’ai mille autres réactions à partager mais ce n’est pas le lieu. Je pense que le commentaire juste au dessus a bien raison de douter de la frustration de l’auteur de l’article.
      Bien à vous,
      Agotrip

      Répondre
    2. Luca 24 février 2022

      Bonjour Bruno, mais c’est exactement ce qu’a fait BonPote à la fin de son article en mentionnant des exemples vertueux! Prière de lire l’intégralité des articles avant de critiquer.
      De plus, son message est déjà un retour d’expérience: il a interpelé plusieurs personnes sur les réseaux, et il décrit ici les justifications les plus communes, qui ne tiennent pas compte de la réalité physique.
      Cela fait plus de 20 ans que les climatologue usent de la manière douce pour changer les consciences. Au vu des échéances du réchauffement climatique, il est peut-être temps de secouer un peu plus violemment les mentalités, d’où le ton employé ici. Croyez-vous sincèrement pouvoir « changer le paradigme », si personne ne leur explique (aux DN) que oui, 2 longs courriers/an cela dépasse déjà le budget carbone d’un individu?

      Cordialement.

      Répondre
  6. Serge 23 février 2022

    Je suis admiratif de ton travail le partage dès que je peux ! Un peu déçu que tu mettes en avant tes amis, l’article perd de sa profondeur malheureusement…Le copinage, selon moi, n’a pas sa place dans ce type d’article mais bon c’est ton moyen de communication, tu fais que ce tu veux 🙂

    Répondre
  7. Pierrick A 23 février 2022

    Et merci pour cet article! Beaucoup de bon sens, et encore une nouvelle lecture qui s’accumule sur ma table de nuit (virtuelle) avec cette thèse que tu nous partages, et qui doit être très intéressante. Encore, encore!

    Répondre

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