“C’est trop tard, on est foutus”: pourquoi c’est faux, et comment y répondre

Fatalisme

“On est foutus”,”C’est mort”,”C’est la fin”…

Ces réactions sont quotidiennes et compréhensibles : la situation environnementale est réellement catastrophique.

Mais le fatalisme est aussi dangereux que le techno-optimisme. En d’autres termes, croire qu’on ne peut rien faire et évoquer l’apocalypse climatique à tout va est aussi dangereux que de croire qu’une technologie salvatrice va tout régler.

La première des choses à faire est de présenter les faits. Pour cela, nous avons le dernier rapport du Groupe de travail 1 du GIEC, la plus grande mise à jour de l’état des connaissances scientifiques et de la compréhension physique sur le climat. La deuxième, c’est de ne pas les travestir : ni les exagérer, ni les minimiser, ni les interpréter à des fins politiques. Les changements nécessaires sont immenses et ne seront pas faciles, notamment s’ils ne sont pas accompagnés de politiques sociales justes.

Oui, il y a des mauvaises nouvelles. Tous les jours. Mais il y a aussi du positif, et des raisons de passer à l’action.

Le fatalisme comme inaction

La situation est catastrophique. Toute personne ayant passé quelques heures à se renseigner sur le changement climatique et l’effondrement de la biodiversité vous le dira. Mais il est faux de dire que nous sommes déjà condamnés. Le fatalisme (doomism en anglais) est l’un des 12 discours de l’inaction climatique contre lequel il faut lutter.

Il est bien sûr trop tard pour empêcher qu’il y ait des dégâts (sociaux, environnementaux..). Mais rien ne sert d’avoir un discours qui exagère ce que la science nous dit sur le climat (même si cela fait vendre…). Eviter le fatalisme est une condition nécessaire si nous souhaitons atteindre nos objectifs climatiques. Rappelons également deux éléments de langage qui reviennent très (trop) souvent et qu’il faut absolument éviter :

  • Il n’y a pas de date butoir. Ce n’est ni en 2030 pile (ou 2040) que le monde va basculer dans l’apocalypse. D’ailleurs, avoir une date précise n’a aucun sens en science du climat, qui est une science de temps long. Oui, c’était mieux d’agir il y a 20 ou 30 ans. Mais ce n’est pas parce que nous n’avons pas agi en 2025 ni même en 2030 que tout est foutu. L’idée, c’est que plus nous agissons tard, plus cela sera catastrophique (avec de belles boucles de rétroactions qui viendront aider cela).
  • Si nous échouons à maintenir le réchauffement à +1.5°C, la prochaine cible n’est pas +2.°C, mais +1.51°C. Le GIEC est très clair sur le sujet : chaque tonne émise participe au réchauffement. Si vous ne savez pas quelles actions ont le plus d’impact sur le réchauffement climatique, simulez votre empreinte carbone.
fig 10 SPM
CHAQUE TONNE EMISE PARTICIPE AU RECHAUFFEMENT
Source : Fig.10 SPM AR6

Nous avons notre avenir climatique entre nos mains

Ce nouveau rapport du groupe du travail 1 du GIEC apporte beaucoup de confirmations, des mauvaises nouvelles… mais aussi des nouvelles encourageantes. Non, “tout n’est pas foutu, nous n’allons pas tous mourir“. Nous avons notre avenir climatique entre nos mains, il ne tient qu’à nous de réduire drastiquement nos émissions, rapidement, et de façon durable.

Nous voyons bien dans les 5 différents scénarios SSP (Shared Socioeconomic pathways) ci-dessous que tout dépend des choix politiques que nous ferons ! Les émissions futures entraîneront une hausse supplémentaire du réchauffement, qui résultera donc de l’addition des émissions de CO₂ passées et futures.

Émissions annuelles futures de CO₂ (gauche) et d’un sous-ensemble de contributeurs clés hors CO₂ (droite),
à travers 5 scénarios significatifs
Source : Fig.4 SPM AR6

Les changements seront observables rapidement !

C’est très certainement l’erreur la plus répétée : “le climat des 20, voire 30 prochaines années est acté“. C’est faux, et comme d’habitude, un peu plus compliqué que ça. Pour l’expliquer, nous avons traduit avec Christophe Cassou un excellent article de Zeke Hausfather, où il est expliqué ceci :

Les meilleures connaissances disponibles montrent qu’au contraire, le réchauffement devrait plus ou moins s’arrêter lorsque les émissions de dioxyde de carbone (CO2) seront nulles, ce qui signifie que l’Homme a le pouvoir de choisir son avenir climatique. Lorsque les scientifiques ont récemment mis en évidence ce résultat, il a été rapporté comme une nouvelle découverte scientifique. Cependant, la communauté scientifique a reconnu depuis au moins 2008 que des émissions nulles de CO2 impliquaient probablement des températures stables dans le futur.

Il est urgent que les personnes qui vulgarisent les enjeux climatiques prennent en compte cet élément. Avant d’être un problème d’inertie physique, c’est avant tout un problème d’inertie politique et sociétale. Cette inertie est la conséquence de deux faits : à la fois de personnes qui émettent des émissions sans en connaître les conséquences, mais aussi de dirigeants d’entreprises et politiques complètement irresponsables faisant tout pour perpétuer ce système économique mortifère.

Il est certain que de nombreux changements dus aux émissions passées et futures de gaz à effet de serre sont irréversibles pendant des siècles, voire des millénaires, notamment les changements dans les océans, les calottes glaciaires et le niveau global des mers. Mais certains changements pourront être ralentis et certains arrêtés en limitant le réchauffement climatique.

Oui, mais les Chinois et les Africains…

La question sous-jacente à ces premiers points est : pourquoi agir ? La France n’est-elle pas un pays exemplaire, comme adorent le répéter certains politiques et personnes influentes ? “La France ce n’est que 1% des émissions”.

Rappelons tout d’abord quelques chiffres : en moyenne, chaque français émet 6.5 tonnes CO2eq/an sur le territoire, mais également une empreinte carbone de 10t CO2eq/an. Non seulement il faut au moins diviser notre empreinte par 5 pour respecter nos engagements climatiques, mais nous sommes également bien au-dessus de la moyenne mondiale qui est à 7.5 t CO2eq/an. Finalement, la France n’est pas si exemplaire que cela…

Si en plus de ces premiers éléments nous prenons en compte la responsabilité historique et les moyens financiers que nous avons à notre disposition, il n’y a pas de place (ni d’excuse) pour l’inaction. En d’autres termes, celles et ceux qui passent leur temps à accuser les Chinois et les Africains de tous les maux ne le font pas sur des bases scientifiques mais des bases idéologiques.

Pour en savoir plus sur les discours de l’inaction climatique, cet article vous sera particulièrement utile (pour la démographie, les travaux d’Emmanuel Pont sont particulièrement éclairants).

Mais alors, comment agir ?

La très bonne nouvelle, c’est qu’il n’existe pas une, mais un million de façons d’agir pour l’environnement. Si une personne vous dit qu’il existe une solution unique qui va tout résoudre, c’est forcément un charlatan.

Nous savons que chaque tonne participe au réchauffement climatique. La première des choses serait très certainement de connaitre ce qui a le plus d’impact dans nos quotidiens, via un simulateur d’empreinte carbone. Le jour de la sortie du rapport du GIEC (qui rappelons-le, ne recommande rien), j’émettais quelques suggestions :

En plus d’être des solutions qui peuvent toutes êtres justifiées par des papiers scientifiques, ce sont surtout des propositions de bon sens. Le GIEC a par ailleurs mis l’accent dans son résumé pour les décideurs sur le méthane, puissant gaz à effet de serre qui résulte majoritairement de notre alimentation carnée :

Pour limiter le réchauffement, il faudra des actions fortes, rapides et durables de réduction des émissions de CO2, de méthane mais aussi des autres gaz à effet de serre. Cela réduirait non seulement les conséquences du changement climatique mais améliorerait aussi la qualité de l’air.

De nombreuses autres actions existent grâce auxquelles nous pouvons avoir des co-bénéfices pour notre santé, notre économie, et le bien-être de nos citoyen(ne)s. Bien sûr, prenons garde à ne pas rediriger la responsabilité des émissions uniquement vers les citoyens : les politiques et entreprises ont aussi leur part de responsabilité.

La solution parfaite n’existe pas

Dernier point, et non des moindres. Chaque fois que vous critiquez la société dans laquelle nous vivons aujourd’hui, on vous demandera une solution parfaite, avec un plan parfait, sans défaut, jusque dans les moindres détails. Tout cela bien sûr exigé sur le champ, et si vous ne l’avez pas, vos propositions et solutions ne sont pas entendables.

C’est également l’un des discours les plus récurrents de l’inaction climatique : “si ce n’est pas parfait, alors on n’en veut pas” ! Rappelons que critiquer le système actuel n’est pas commun, et reconnaître qu’il est incompatible avec les objectifs climatiques et plus globalement avec une économie soutenable n’est sûrement pas perçu comme tel, pour l’instant, par une majorité de français(es).

C’est pour cela qu’il est primordial de faire un état des lieux le plus complet possible et qu’il soit partagé par un maximum de personnes. Tant que le problème n’est pas posé correctement et connu par une majorité, nous n’aurons aucune chance de parvenir à le résoudre. Nous devons collectivement prioriser les sujets et faire entendre que tous les secteurs, sans exception, doivent changer.

Le mot de la fin

La littérature scientifique est très claire : nous avons notre avenir climatique entre nos mains. Nos actions individuelles et collectives peuvent opérer des changements dont nous tirerons les bénéfices rapidement.

Il est certain que les changements nécessaires n’arriveront pas facilement. La situation actuelle aura même des chances d’empirer, comme avec la criminalisation des activistes climatiques, pour lesquels la justice s’endurcit (tout en laissant tranquille d’autres personnes qui fraudent (“optimisent”) à hauteur de 11000 milliards).

Mais certains signes montrent tout de même un changement dans les mentalités. Un exemple récent pourrait être celui des militant(e)s écologistes qui se sont incrusté(e)s au défilé Louis Vuitton lors de la Fashion Week à Paris, pour dénoncer l’impact climatique et social de l’industrie de la mode. Pour la première fois, une immense majorité des commentaires sur les réseaux sociaux étaient…positifs !

Crédit : Alternatiba

Généralement, les militant(e)s se font systématiquement insulter, et copieusement. Ce n’était ici pas le cas, y compris dans la presse étrangère. L’opinion publique et l’acceptation sociale sont des variables qui peuvent très rapidement évoluer. Si on nous avait dit en décembre 2019 que quelques mois plus tard nous allions tous être obligé(e)s de porter un masque pour nous protéger d’un virus, nous aurions sûrement pris la personne pour une illuminée, en disant que cela ne serait jamais accepté par la population. Et pourtant…

Si ce n’était pas encore clair : le défaitisme, même s’il est compréhensible, ne résoudra rien et ne fera qu’empirer la situation. Nous avons (chacun à notre niveau) les moyens et le devoir d’agir. Il est désormais relativement facile de se former sur le sujet, pour qui souhaite s’investir réellement et passer à l’action. Il est urgent que les discussions portent un peu plus sur comment résoudre le changement climatique que sur le choix des prénoms de nos enfants.

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Commentaires

11 Comments

  1. Cautain 22 octobre 2021

    Les français grognent déjà pour le prix de l essence ou avant pour la taxe Carbonne = gilet jaune . Désormais ils pleurent car l aumône de 100€ de Macron reste insuffisants …..
    Comment voulez vous alors qu ils réalisent et comprennent qu il va falloir obligatoirement tres fortement décroître et baisser drastiquement le PIB personnel de chacun ???
    Ce message est tout simplement innacceptable par ces français shootée au confort et a la croissance infinie . Alors Macron propose des rustines en attendant l explosion effondriste qui aura lieu avant la fin de la décennie. Inévitablement .
    Le vrai courage sera d expliquer clairement au monde entier et surtout aux pays riches qu il va falloir se serrer la ceinture en expliquant cash les vrais enjeux !! Par exemple rabâcher massivement a des heures de grande écoute radio TV réseaux sociaux des conférence de jean Marc Janvovici , ou de Arthur Keller etc. ! Expliquer et faire comprendre cash ! Ça se appelle de la pédagogie écolo energico réaliste ..
    Sans pédagogie massive les peuples freineront des deux pieds la décroissance tout en continuer d appuyer sur la pédale de l accélérateur vers le gouffre . De toute façon le décroissance s imposera d elle même. : Les pénuries commencent ….et ce n est qu un très petit début …..courage a tous ( boostez un max votre autonomie personnelle ! ) car les violences tout azimut vont s accentuer !

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  2. Ddu 20 octobre 2021

    J’ai de l’espoir. Titrre en première du site bbc.com: Fossil fuels production set to soar for the next decade.

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  3. Ddu 19 octobre 2021

    Quand comprendra-t-on que ce que nous vivons aujourd’hui est digne des tragédies grecques? Que l’on opte pour le techno-solutionnisme ou la décroissance, ça va faire mal de toute façon. On pourrait y arriver avec la décroissance, mais il faudrait que tous les astres, planètes, étoiles, galaxies soient alignés. Autant dire que je ne vois pas comment cela pourrait être possible. On le voit bien dans les réponses apportées par la crise énergétique actuelle: chèque énergie, chèque carburant. Sobriété? Quoi? Hein? Ca veut dire quoi ça? Et oui, on a peur des gilets jaunes… Je continuerai mon régime végétarien, voyager moins et rouler moins tout en sachant que ca ne servira à pas grand chose. Vive l’effondrement !

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    1. Cautain 19 octobre 2021

      Tout a fait Ddu ! . Je crois qu on ne mesure pas du tout le gigantisme du défi rendant désormais impossible une radicalité salvatrice ( decroissance choisie ); que l humanité serait bien incapable d accepter . Le choc va être terrible . Préparons nous . On appelle ainsi ce point de vue , le doomiste , comme un gros mot tabou qui capitule alors qu il n’ est que réaliste en fonction des centaines de milliers d études scientifique hélas toutes convergentes .

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  4. PIERRIN 17 octobre 2021

    Désolé mes chers amis, mais nous sommes condamnés. Condamnés à aller jusqu’au bout de ce modèle, bien qu’à bout de souffle, mais toujours la seule voie possible dans clés conscience. N’en déplaise aux rédacteurs de ce genre d’articles qui pensent que réduire par deux notre impact carbone en France est acceptable par les citoyens. Un petit calcul sur un coin de table suffit à se rendre compte de votre bêtise. Les efforts à effectuer sont désormais énormes, inacceptables pour une immense majorité de français. Le problème est systèmique. Et agir véritablement pour le climat, avec toutes les actions ciblés en même temps au bon endroit fera s’effondrer le système capitaliste mondial, c’est mathématique ! Tant qu’on aura pas compris que la meilleure façon de préserver la planète, c’est d’être pauvre… Voilà pourquoi on ira au bout, à grand renfort de greenwashing, et la terre nous punira durement. Un espoir pour éviter le désastre ? Non il n’y en a aucun. Et 50 ans d’inaction suffit à appuyer mon propos. Par contre, semer des graines pour l’après crise : commencer à raconter de belles histoires, changer les récits de la réussite et du bonheur… Les citoyens du siècle suivant s’en inspireront, mais encore faut il que ces récits soient dans les têtes !

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  5. Claude Clémençon 16 octobre 2021

    Bonsoir,
    Tout d’abord, merci pour les articles quotidiens : clairs, documentés, illustrés et sourcés.
    Tu écris que c’est faux de dire que le climat est acté pour les 20 ou 30 prochaines années
    Pourtant, les courbes des 5 scenarii sont assez similaires pendant les 20 premières années et, c’est ensuite qu’elles suivent une pente / tendance selon les quantités émises pour chaque scenario. L’inertie chimique de la molécule CO2 est telle qu’il faut de longues décennies, voir des siècles pour que sa concentration dans l’air diminue. C’est ce que j’ai compris en écoutant la conférence de JMJ devant les étudiants de l’ESCP (vers 39’40”).
    Merci pour l’attention portée à mon message-question et pour ta réponse.
    Bon week-end,
    Claude.

    Répondre
    1. francis CAUTAIN 17 octobre 2021

      Exact Claude !! JMJ qui n ‘est pas ne de la derniere pluie indique en effet a chaque fois dans ses conferences que le CO2 met des siecles a se dissoudre et que ce qui est deja dans l atmosphere ne se dissoudra pas dun coup de bagette magique sous pretexte que en 2050 on ” serait “neutre en Carbonne ( moi je n y crois pas ) . Donc autrement dit pendant 30 ans encore on va emettre encore davantage de CO2 qui ne se dissoudra pas !! autrement dit il va bien falloir accepter le fait que en 2050 ce n’est pas 1,5 degres qu il va falloir supporter mais surement plus de 3 minimum ! Reste a inventer ( vite Elon Musk !! ) un aspirateur geant a CO2 pour aller le capter dans l atmosphere …. MDR ….

      Répondre
  6. Cautain 15 octobre 2021

    Que faire ? Le GIEC à raison :

    -!moins d’avions
    – moins de viande
    – moins de voiture
    – plus de sobriété
    – ne plus accepter la passivité des gouvernements.

    Il a juste oublié.

    -. Laisser ds le sol MAINTENANT l intégralité des fossiles , sans quoi les GES continueront d augmenter inexorablement bien au delà des 3 degrés !! Or l humanité carbure pour son énergie a 80 % de fossiles qui ne seront jamais compensés par les ENR !
    -. Décroître ( appelé gentiment sobriete) massivement MAINTENANT surtout en occident , car les ressources sont déjà quasi toutes épuisées ‘.
    -. Imposer MAINTENANT. Une baisse massive de la démographie
    -. Imposer MAINTENANT aux peuples une éducation réelle massive sur l état réel de la planète et les vrais enjeux pour une decroissance choisie et non subie ..

    Aussi de vous a moi , peut on sérieusement croire que l occident et l asie principaux pollueurs et extracteurs , drogués aux fossiles , vont engager MAINTENANT ( car chaque heure est désormais comptée ) une baisse massive de leur consommation en réduisant considérablement leur niveau de vie , leur PIB sacré , alors même que un pet de covid mobilise la terre entière , ou que des gilets jaunes sortent dans la rue pour quelque centimes de taxe carbone , etc. ???

    Ces peuples ne prendrons jamais la mesure réelle des enjeux et encore moins les politiques drogués a la croissance . La proscratisation saupoudrée de technologies utopiques très insuffisantes restera la religion , parce que le cerveau humain n est en rien capable d envisager une radicalité écologique insupportable .

    Répondre
  7. Robert Tessonnier 14 octobre 2021

    Bien que je partage les objectifs dans ses grandes lignes il existe ce qu’on appelle la Loi des grands nombres.

    Force est de constater que 2 ou 3 milliards d’individus qui ne font pas grand cas de ces sujets en utilisant charbon, gaz et pétrole pour satisfaire leurs besoins en énergie mettent à mal les bonnes résolutions qu’à l’échelle de 67 millions d’habitants nous pourrions prendre.

    La montée des eaux et la hausse des températures n’est pas que de notre fait et l’augmentation du CO2 n’est pas dû à nos centrales nucléaires où nous sommes déjà vertueux!
    Sans régulation mondiale des comportements, et on en prend pas le chemin avec l’espérance de chacun des pays en développement d’accéder à toujours plus de bien-être , voyages etc…le défi est sous-estimé…

    Répondre
    1. bdd13 14 octobre 2021

      “L’Europe a contribué jusqu’à maintenant, et depuis le début de l’ère industrielle à hauteur de 22% des émissions cumulées de CO2, et la France est au 8ème rang.

      L’empreinte d’un français est de 10 tonnes de GES/personne/an, avec une partie importée et une partie territoriale. Cette empreinte baisse peu, alors que notre capacité à agir est grande en tant que 5 ou 6ième puissance économique mondiale.”
      Valérie Masson-Delmotte – Commission sénatoriale du 6 octobre

      Répondre
  8. Cautain 14 octobre 2021

    Je peux comprendre le bisounourcisme de cet article sincère , qui n offre d autre choix de sortie que celui de l espoir . Chacun a une famille , et comment raisonner autrement ?
    Pourtant toutes les études scientifiques montrent que cela n arrivera pas dans la réalité . L inertie mentale réactionnelle conscientionelle émotionnelle , des peuples et des dirigeants , et l ampleur gigantesque du défi , pas que climatique , est beaucoup beaucoup trop importante par compenser le temps que nous n avons plus hélas et nous le savons , pour réagir vraiment . Nous ne sommes plus en 72 , au rapport Meadows , où nous pouvions encore réagir . Exit cette illusion simpliste .
    Cela fait des années que je m interresse sur ce sujet avec toujours au final les mêmes conclusions qui font de moi un affreux collapso doomiste réaliste convaincu . Pas par perversité malsaine , mais parce que je lis et j’écoute attentivement .
    Nous savons désormais ce qu il faut faire , mais nous ne le feront pas car il est beaucoup trop tard . C’est un fait . Affirmation largement empirée par le fait que le monde reste toujours dirigé et cancerise par des mâles assoiffés de pouvoir d’orgueil de domination de sang, de guerres, de pouvoir , de dépassement , de pseudo progrès , etc etc … Et bien incapable d’entendre ce que l’autre partie de la population qu il a toujours massacrée et abaissée avait à lui dire : de ralentir , reculer , d aimer , de protéger , de réfléchir , etc .
    Ce qu il faut faire , il faut le faire faute de temps par TOUS et MAINTENANT !!! Pas demain !! Y croyiez vous qu on y arrive vraimentv??
    Malgré le fait que , en faisant mon petit colibri , mon empreinte carbone ne soit “que” a 5 tonnes , encore très au dessus que ce qui pourrait être ” tolérable ” , je ne crois en rien a une redemption d une sage intelligence .
    Mais alors que faire ? Vivre nos derniers instants du mieux que on peut , si possible en maximum d autonomie , et admirer ce qu’il reste encore de la nature , qui elle , finira par s en remettre après notre disparition .

    Répondre

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