Limiter le réchauffement climatique à seulement +2°C au lieu d’1.5°C est irresponsable

2°C

Vouloir limiter le réchauffement climatique global à +2°C et communiquer en ce sens est une erreur. Une erreur car une immense majorité de la population française (voire mondiale) ne sait pas ce que cela signifie, et/ou n’en connait pas les conséquences. C’est parfois même un choix délibéré de certaines entreprises ou politiques souhaitant un certain Business as Usual, qui établissent leur stratégie économique sur ces +2°C, évoquant un certain “pragmatisme”.

Pour des millions de français, c’est “juste 0.5°C de plus”, “quelques degrés de plus l’été ça va !”. Non, ça ne va pas, et ça n’ira pas.

Un monde à +1.2°C et déjà en feu

Nous battons record après record aux 4 coins du monde, et nous ne sommes qu’en 2021. Sécheresses, canicules, inondations… une biodiversité dévastée, des drames humains. Des endroits sur Terre devenus invivables. Le changement (climatique), c’est maintenant. Pas en 2050 ou 2100 : il a déjà lieu.

La première semaine de juillet 2021 a été particulièrement violente. Après avoir connu un record de température de 49.6°C, le village de Lytton en Colombie Britannique a été brûlé à 90% et au moment où j’écris ces mots, on ne peut pas confirmer que la totalité de la population ait été évacuée.

Presque 50°C à 50 degrés nord. C’est la chaleur du désert au Canada. Nous n’avons jamais vu ce niveau de chaleur si loin au nord, où que ce soit sur la planète Terre, jusqu’à maintenant. Jamais.

Un village brûlé, à seulement +1.2°C de réchauffement
Village de Lytton en feu, juin 2021. Crédit : Reuters

La climatisation, symptôme de l’injustice climatique

Nous devons retenir plusieurs leçons de cet évènement “exceptionnel”, qui risque d’être beaucoup moins exceptionnel dans les décennies à venir.

Premièrement, en temps normal, nous ne pouvons pas attribuer un évènement météorologique extrême au changement climatique. Nous pouvons néanmoins affirmer que la probabilité d’occurrence de ces évènements météorologiques a fortement augmenté du fait du changement climatique anthropique. Sauf que cette fois-ci, les scientifiques, à l’image de Michael E. Mann, n’ont pas hésité à déclarer que cet évènement était dû au changement climatique. En termes de communication, c’est très important, voire structurant.

Deuxièmement, cette vague de chaleur est un drame humain qui doit interpeller à plus d’un titre. Les autorités canadiennes ont annoncé plus de 300 morts sur le territoire, provoquées par la canicule. Ces morts ne sont pas des personnes avec des revenus aisés. Ce ne sont pas des personnes qui se sont ruées dans les hôtels climatisés, complets pendant une semaine. Ces morts sont très majoritairement des personnes sans moyens de s’adapter rapidement à de tels extrêmes. Une scène d’injustice climatique qui malheureusement se répètera des centaines de fois dans les décennies à venir : les riches auront le privilège de supporter plus ou moins le changement climatique, les autres…bonne chance.

Enfin, parce que certains idiots ont osé dire “ils n’ont qu’à avoir tous la clim“, rappelons deux choses. Au-delà du fait que les climatisations consomment de l’énergie, tout le monde n’en aura pas, et assez vite, pour faire face aux conséquences du réchauffement climatique. Ensuite, la faune et la flore, eux, n’ont pas la climatisation. Le climat et la biodiversité sont indissociables, nous rappellent le GIEC et l’IPBES. Sortons de cette vision anthropocentrée où seul l’intérêt de l’Homme compte.

Nous avons donc ce genre d’évènements extrêmes à un réchauffement de +1.1 ou 1.2°C (au niveau mondial). Voulez-vous vraiment vraiment savoir à quoi cela va ressembler à +1.5 ou 2°C ?

Pourquoi +1.5°C et non +2°C ?

Il n’est pas forcément évident de savoir ce qu’induirait un monde réchauffé de +1.5°C ou 2°C depuis le début de l’ère industrielle. Rappelons d’abord que ces 2 températures sont des constructions politiques, mises en avant lors de l’Accord de Paris. Ce n’est pas la planète qui a décidé qu’il fallait +1.5 ou +2°C, mais des politiques qui négocient l’avenir de la vie sur la planète Terre.

Maintenir le réchauffement nettement en dessous de +2°C n’est pas un caprice utopique, mais un fait signé par toutes les parties de l’Accord de Paris et explicité dans l’article 2 :

Contenant l’élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels et en poursuivant l’action menée pour limiter l’élévation de la température à 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels, étant entendu que cela réduirait sensiblement les risques et les effets des changements climatiques.

C’est lors de ce même Accord de Paris qu’avait été commandé au GIEC un rapport appelé ‘Rapport spécial du GIEC sur les conséquences d’un réchauffement planétaire de 1,5 °C‘ (SR15). Ce rapport est une mine d’informations, que ce soit sa version complète (630 pages), ou le résumé à l’intention des décideurs de 32 pages (que tout le monde devrait avoir lu, à commencer par tous les maires, députés et chefs d’entreprise… les débats seraient vraiment d’une autre nature !).

Vous y trouverez plusieurs graphiques intéressants qui montrent ce que provoquerait un réchauffement global à +2°C :

Différence entre +1.5°C et +2°C. SR15
Source : SR15

L’infographie ci-dessous explicite également, grâce au SR15 et d’autres études plus récentes, quelles seraient les conséquences d’un réchauffement global à +2°C :

Différence entre +1.5°C et +2°C, voire +3.  source : GIEC / Carbon brief

Aussi, le changement climatique n’est qu’un des nombreux problèmes environnementaux. Même sans ce ‘problème de carbone‘, nous aurions tout de même une chute massive de la biodiversité, une déforestation massive, un océan de plastique, etc. Nul besoin d’attendre 2050 pour arrêter cela.

Enfin, le coût des conséquences d’un réchauffement planétaire supérieur à 1.5°C sera supérieur au coût qu’il aurait fallu mettre en œuvre pour ne pas dépasser ces 1.5°C. Nous avons intérêt, même d’un point de vue économique, à rapidement nous adapter.

3 erreurs de communication à éviter

Nous pouvons lire et entendre chaque jour 3 erreurs qu’il est urgent de corriger pour éviter l’inaction climatique.

1/ “C’est trop tard”

Même si la situation est dramatique, il est FAUX de dire que nous sommes déjà condamnés. C’est l’un des 12 discours de l’inaction climatique contre lequel il faut lutter. Pourquoi ? Parce que le GIEC le dit : nous avons encore le temps de faire les changements nécessaires pour vivre dans un monde soutenable. Valérie Masson Delmotte l’a répété lors de son discours devant la Convention Citoyenne pour le Climat : chaque mois compte.

Il est bien sûr trop tard pour empêcher qu’il y ait des dégâts (sociaux, environnementaux..). Mais rien ne sert d’avoir un discours qui exagère ce que la science nous dit sur le climat (même si cela fait vendre…). Ainsi, évitons le doomisme, ce comportement qui consiste à regarder sa cuisine s’enflammer et dire ‘on peut rien faire c’est foutu’ pendant que le feu se propage aux autres pièces.

Enfin, il n’y a pas de date butoir. Oui, c’était mieux d’agir il y a 20 ou 30 ans. Mais ce n’est pas parce que nous n’avons pas agi en 2025 ni même en 2030 que tout est foutu. L’idée, c’est que plus nous agissons tard, plus cela sera catastrophique (avec de belles boucles de rétroactions qui viendront aider cela).

2/ Si nous échouons à maintenir à +1.5°C, la prochaine cible n’est pas +2.°C, mais +1.51

Les personnes informées sur les enjeux climatiques ont la responsabilité de communiquer et d’insister sur l’intérêt de limiter le réchauffement à 1.5°C plutôt que +2°C. J’entends les arguments des personnes qui pensent que c’est impossible, qu’on y arrivera jamais, et qu’il faudrait “fixer des objectifs réalistes“. Mais ce fameux pragmatisme des “+2C°” vient systématiquement de personnes qui auront les moyens de s’adapter dans un monde à +2°C. Ceux qui subiront les conséquences d’un tel monde n’ont absolument pas la même vision de ce “pragmatisme”.

Ce sont très majoritairement des personnes qui n’ont d’ailleurs certainement jamais entendu parler du GIEC ni lu un de leur rapport, qui ont une empreinte carbone en-dessous de 5t CO2eq/an (quand ce n’est pas 2t), et qui subiront pourtant de plein fouet les excès des autres. Allez demander aux cambodgiens s’ils pensent que +2°C est pragmatique, alors que la moitié du pays a des chances de disparaître. Allez demander aux Fidjiens s’ils seraient ravis de devoir déménager parce que des occidentaux “pragmatiques” prennent leur voiture pour aller travailler à moins de 2km.

Enfin, si nous échouons à limiter le réchauffement global à +1.5 degré, la prochaine cible ne sera pas +2°C, mais 1.51. Puis 1.52. Etc.

3/ “Le climat est bouclé pour les 20, voire 30 prochaines années”

C’est très certainement l’erreur la plus répétée : le climat des 20, voire 30 prochaines années serait acté. C’est faux, et comme d’habitude, un peu plus compliqué que ça. Pour l’expliquer, nous avons traduit avec Christophe Cassou un excellent article de Zeke Hausfather, où il est expliqué ceci :

Les meilleures connaissances disponibles montrent qu’au contraire, le réchauffement devrait plus ou moins s’arrêter lorsque les émissions de dioxyde de carbone (CO2) seront nulles, ce qui signifie que l’Homme a le pouvoir de choisir son avenir climatique. Lorsque les scientifiques ont récemment mis en évidence ce résultat, il a été rapporté comme une nouvelle découverte scientifique. Cependant, la communauté scientifique a reconnu depuis au moins 2008 que des émissions nulles de CO2 impliquaient probablement des températures stables dans le futur.

Il est urgent que les personnes qui vulgarisent les enjeux climatiques prennent en compte cet élément. Avant d’être un problème d’inertie physique, c’est avant tout un problème d’inertie politique et sociétale. Cette inertie est la conséquence de deux faits : à la fois de personnes qui émettent des émissions sans en connaître les conséquences, mais aussi de dirigeants d’entreprises et politiques complètement irresponsables faisant tout pour perpétuer ce système économique mortifère.

Le mot de la fin

Le réchauffement climatique fait déjà des ravages alors que nous ne sommes qu’à +1.2°C de réchauffement global. Des villages brûlés, des centaines de morts, des famines, etc. Nous avons désormais chaque semaine des exemples des conséquences de notre addiction aux énergies fossiles. Pas en 2050. En 2021.

Nous avons le devoir de tout faire pour limiter le réchauffement climatique global à 1.5°C. Se fixer comme objectif +2°C est non seulement un énorme risque, mais en plus une position tenue par des personnes qui auront dans l’immense majorité des cas le privilèges d’avoir un plan B. Malheureusement, il n’y a pas de planète B, et nous ne pouvons pas jouer notre avenir et celui de nos enfants à la roulette russe.

Si nous échouons à limiter le réchauffement global à +1.5 degré, la prochaine cible ne sera pas +2°C, mais 1.51. Puis 1.52. Etc. Evidemment, ce ne sera pas facile, comme l’atteste le graphique ci-dessous :

budget carbone disponibles

Mais il serait temps d’écouter les scientifiques qui alertent sur la situation et d’arrêter de se demander si cela va vraiment arriver, et si cela n’arrivera qu’aux autres. Non, cela arrivera également en France, où les conséquences se font d’ores et déjà ressentir.

Allez expliquer aux personnes qui ont perdu leurs récoltes ou leur maison en 2021 qu’il faut “y aller tranquille (Barbara Pompili) ou qu’il faut éviter l’écologie punitive (Valérie Pécresse). Cette inaction politique tue et tuera bien plus à l’avenir. Il est urgent d’atténuer et de s’adapter. Ce n’est plus une option, mais une obligation.

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Commentaires

16 Comments

  1. bdd13 9 juillet 2021

    Toujours concernant l’inertie du système, et pour faire simple, les derniers résultats du CMIP6 en matière de modélisation d’un arrêt immédiat et total de nos émissions, fixent une montée de température globale à +1,5°C par rapport à l’ère préindustrielle.
    Ce qui me fait dire que si 1,5°, c’est mort, qu’on y arrivera finalement assez vite, et que les 2° seront certainement atteints avant 2050.
    Maintenant, je trouve que c’est une information anecdotique.
    Il faut en effet se focaliser sur l’avenir de nos prochaines générations, afin de leur léguer un monde en état de contrôler leur propre futur.
    Il n’y a donc pas photo sur les moyens à employer.

    Répondre
  2. Deux Milles 8 juillet 2021

    Bonjour Bonpote,

    Pour une fois, je vais avoir une critique de fond vis à vis d’une de vos assertions de nature scientifique. Il s’agit de l’affichage d’un arrêt “immédiat” de l’évolution à la hausse des températures en cas d’émission nulle de GES.
    Je suis allé voir la référence que vous pointez sur Zeke Hausfather et, au risque d’aviver des dissensions entre deux communautés dans lesquelles j’ai un pied (les paléo-climatologues et les modélisateurs du climat), ceci montre surtout les limitations des modèles actuels du climat, dans leur ensemble. Il s’agit vraisemblablement de questions de rétroaction profonde de la biosphère ou/et de points de bascule mais peu importe.
    Je vous suggère, entre autres, de consulter l’article de Shakun (Nature, 2012) (https://www.researchgate.net/publication/223987444_Global_Warming_Preceded_by_Increasing_Carbon_Dioxide_Concentrations_during_the_Last_Deglaciation) où la figure 2 indique, sur l’ensemble de la période de déglaciation (-22000,-6000) un décalage moyen global de 460 ans (720 ans sur l’hémisphère Nord) entre le pic de concentration de CO2 et le pic de température. Quant à la correspondance entre élévation de teneur en CO2 et élévation de température, elle est de l’ordre de 5 à 7°C par 100ppm (estimation multi-auteurs pour la totalité d’une déglaciation).
    Certes, ce n’est pas exactement le même phénomène que le changement climatique actuel, car l’initiateur n’est pas le même (caractéristiques orbitales amplifiées par des rétroactions de CO2 ou CO2 direct) et il est probable que le facteur d’amplification CO2-température plafonnera avec la quasi-disparition de la cryosphère mais votre affirmation de stabilisation “instantanée” me fait penser à une forme de négationnisme. Il s’agit d’un négationnisme relatif qui exprimerait que rien n’existe (ou n’existera) dans le Changement Climatique que ce qui en est présenté dans le cadre de la modélisation physique globale, y compris les observations du phénomène tel qu’il s’est réellement engagé (ou des observations approchantes de phénomènes du passé).

    Plus généralement, les paléo-climatologues se sont interrogés, et certains ont remis en cause, l’utilisation des modèles climatiques actuels (GCM) à proximité des ruptures ou changement abrupts. Vous avez cité Christophe Cassou, je citerais Didier Roche (tous deux titulaires du prix André Prudhomme à 5 ans d’intervalle…) qui, lors des “journées scientifiques Climat et Impacts” a rappelé la position qui avait été exprimée par Valdes dans Nature Geoscience (volume 4, juillet 2011) de non-preuve apportée que ces modèles GCM sont outillés pour décrire correctement les évolutions radicales à proximité des points de bascule. En quoi ceci nous concerne t’il ? Et bien désormais, il devient difficile d’écarter d’un geste le fait que l’évolution réellement en cours depuis les années 1970 constitue une rupture climatique (voir notamment le premier graphique de votre référence sur Zeke Hausfather).

    Attention, ce que je viens d’exprimer ne signifie pas qu’il n’y aurait aucune différence durant les 20 ou 30 premières années du futur entre un scénario de maintien de la concentration en CO2 et un scénario de non-émission. Mais, ce qu’on peut espérer “en vrai” de ce genre de scénario extrême, c’est une légère diminution de la pente engagée depuis environ 1975, et pas une stase brutale. Bien entendu, ça serait moins défavorable que le maintien de la concentration et encore moins défavorable que la poursuite d’un scénario d’émission actuelle.

    Répondre
  3. Cautain 7 juillet 2021

    Le climat n étant qu un élément du puzzle effondriste voici un élément de réflexion extrêmement pertinent et intelligent ( Aurélien Barrault )

    https://m.youtube.com/watch?v=BLYJFIX6mFw

    Répondre
  4. Cautain 7 juillet 2021

    On oublie aussi dans l équation climat l importance considérable amplificatrice du méthane ( beaucoup dangereux sur le CO2) via le permafrost qui degele massivement au nord a mesure que la température monte …. Juste un domino de plus …..

    Répondre
  5. Wolfgang Sourdeau 7 juillet 2021

    Au sujet de la baisse du forçage radiatif en cas d’arrêt soudain des émissions, j’ai de gros doutes. Si vous lisez la page 8 du rapport du GIEC pour les décideurs (IPCC-Special-Report-1.5-SPM_fr.pdf), le premier graphique à partir du haut (intitulé “Variation de la température…et du forçage anthropique”) vous indique bien qu’en cas d’arrêt des émissions à partir de 2017, les prévisions d’augmentation les moins élevées continuent d’augmenter jusqu’environ 2040. Je crois que c’est à partir d’un graphique similaire que JMJ tire son affirmation.

    D’autre part, pour moi cette affirmation ne fait que renforcer le fait qu’il est urgent d’agir le plus tôt possible et qu’il faut d’autant plus éduquer les gens qu’ils ne verront pas tout de suite l’impact de leurs sacrifices. Je crois donc que l’impact de cette affirmation varie probablement d’une personne à l’autre.

    Répondre
    1. Wolfgang Sourdeau 7 juillet 2021

      Le point A.2.2 à la page 7 du même document tend vers la même conclusion; “Le fait d’atteindre des émissions anthropiques de CO2 nettes égales à zéro et de les stabiliser à ce niveau et la diminution
      du forçage radiatif net autre que celui dû au CO2 mettraient un terme au réchauffement planétaire anthropique sur des
      échelles de temps multidécennales (degré de confiance élevé). La température maximale atteinte est alors déterminée par les
      émissions anthropiques mondiales nettes cumulées de CO2 jusqu’au moment correspondant à des émissions nettes égales à
      zéro (degré de confiance élevé) et par le niveau du forçage radiatif autre que celui dû au CO2 durant les décennies antérieures
      au moment où cette température maximale est atteinte (degré de confiance moyen). À des échelles de temps plus grandes,
      le maintien des émissions anthropiques de CO2 mondiales nettes négatives et/ou de nouvelles réductions du forçage radiatif
      autre que celui dû au CO2 pourraient encore se révéler nécessaires pour empêcher un réchauffement supplémentaire dû aux
      rétroactions du système Terre et inverser le processus d’acidification des océans (degré de confiance moyen) et s’avéreront
      nécessaires pour réduire au minimum l’élévation du niveau de la mer (degré de confiance élevé). {Encadré interchapitres 2
      du chapitre 1, 1.2.3, 1.2.4, figure 1.4, 2.2.1, 2.2.2, 3.4.4.8, 3.4.5.1, 3.6.3.2}

      Répondre
  6. Cautain 7 juillet 2021

    La prise de conscience viens d en bas , certes , mais vient aussi d en haut ! Or quand on constate sur un sujet aussi fondamental et vital , que les français votent même pas 10 % pour écolo aux présidentielles on mesure l abime colossal malgré les sources d infos disponibles , qui mesure aussi le niveau de déni de la population qui ne veut pas en entendre parler parce que la réalité n est pas acceptable par un cerveau humain : noyé dans un pseudo progrès permanent ( uniquement du au pétrole qui s epuise . Car sans pétrole rien existe ! ) Comment faire croire au cerveau qu il va devoir nécessairement et très douloureusement faire une très grosse marche arrière ? …..

    Répondre
  7. Cautain 7 juillet 2021

    A bdd13 . Tout a fait ! Il y a bien une barrière mentale dans le cerveau qui alimente le déni le doute les espoirs fous etc. …pour nous éloigner de l impensable de l impossible . L humain n est pas câbler pour affronter cette réalité fatale . Quoi qu on fasse il est désormais trop tard . Il reste les eco villages locaux qui ne tiendront pas longtemps car il leur faudra faire face aux envahisseurs voisins ….retour a la préhistoire .
    Tout cela grâce a quoi ? Au pétrole ! Ce sang frelaté dont l humain ne peut se passer .
    Reste quoi alors ? A se préparer mentalement au pire a venir avec philosophie . …..

    Répondre
  8. Justin 7 juillet 2021

    1) “Une erreur car une immense majorité de la population française (voire mondiale) ne sait pas ce que cela signifie” => dire comme Jancovi: 2°C, ça semble rien mais avoir 39°C de fière, on est patraque et 41°C on est proche de la mort…

    2) “Après avoir connu un record de température de 49.6°C, le village de Lytton en Colombie Britannique” => la station météo à brûlé dans l’incendie, si ça se trouve le record a été battu sans qu’on le sache…

    3) “C’est trop tard” => 1er argument des anti nucléaire c’est trop long à construire… tiens je croyais que tu étais anti nucléaire? me suis je trompé?

    Répondre
  9. Ddu 7 juillet 2021

    Je suis assez pessimiste pour ne pas dire fataliste. Je veux bien croire qu’il n’est pas trop tard. Effectivement, il n’est jamais trop: tant qu’il reste un peu de vie sur la planète avec peut-être quelques humains par ci par là. Essayer de prolonger notre espèce. Mais dans quel but?
    Au-delà de cette question plutôt philosophique, je crains que l’homme trop habitué à l’expansion with no limit va essayer de continuer coûte que coûte avec toujours le même refrain: on y est toujours arrivé jusqu’à présent donc je ne vois pas pourquoi on n’y arriverait plus. Et puis c’est bien connu: on a la fusion nucléaire qui va nous sauver… Les drones vont polliniser les fleurs à la place des abeilles, etc, etc. Demain je m’achète mon casque 3D connecté avec de la 5G (bientôt la 6G et pourquoi pas la gogol G ou la gogolplex G) et comme ca au moins le monde sera magnifique! Oubliés tous ces pays effondrés que sont dans le désordre le Venezuela, le Liban, le Yémen, la Syrie, l’Irak, l’Afghanistan, la Lybie, etc, etc, etc. A qui le tour?

    Répondre
  10. Cyrille 6 juillet 2021

    « Se fixer comme objectif +2°C est non seulement un énorme risque, mais en plus une position tenue par des personnes qui auront dans l’immense majorité des cas le privilège d’avoir un plan B. »

    La lutte contre le changement climatique passerait-elle par une sorte de nouvelle lutte de classes ? Car à vrai dire, si inertie il y a, c’est bien parce que les décideurs ont un ou des plans B.

    Répondre
  11. JB 6 juillet 2021

    Bonjour Bon Pote, et merci pour cet article. La correction sur l’inertie climatique est très intéressante, je ne connaissais pas du tout la différence entre les hypothèses de concentration constante et d’émissions nulles.

    Votre travail de vulgarisation est génial, cependant je trouve votre communication sur les divers réseaux très antagonisante. Vous êtes très asserif, est-ce un position réellement assumable pour un vulgarisateur ? Si demain, les nouveaux modèles montrent qu’effectivement l’inertie climatique, même à emissions nulles existe sur 20 ans, ne craignez-vous pas de perdre toute crédibilité ?
    Partager les connaissances et sensibiliser aux enjeux est très important, d’autant plus que ce problème concerne tout le monde. Avec votre discours assertif et votre mépris des opinions contradictoires aux vôtres vous créer de la défiance. Et c’est regrettable, car nous sommes tous dans le même bateau !

    Merci pour votre travail de vulgarisation dans tout les cas !

    Répondre
    1. Bon Pote 6 juillet 2021

      Bonjour, non bien sûr, la science évolue, l’important c’est de s’appuyer sur les dernières recherches et non ce qui était dit ou fait il y a 15 ans. Nous avons la chance d’avoir des gens brillants travaillant sur ces sujets et il est important de se mettre à jour.
      J’essaye de m’appliquer le même raisonnement dans tous les domaines, à commencer par la finance, où je pourrais avoir plus de connaissances que dans d’autres domaines, mais qui évolue aussi très vite.

      Répondre
  12. Cautain 6 juillet 2021

    Article interressant mais hélas déjà largement dépassé .
    Si chacun était très informé sur le sujet ( voir l excellent livre de jean Christophe Anna : le climat n est pas le bon combat ) on comprendrait alors que cet objectif illusoire des deux degrés sera très largement dépassé et bien avant 2050 .
    Juste un exemple : si par miracle ( Qui n arrivera pas ) on arrêtait d un coup net de rejeter du CO2 , il faudrait des centaines et des centaines d années avant que celui déjà produit disparaisse ! ( Jean Marc jancovici )
    Enfin le climat n est qu un élément du puzzle de l effondrement en cours : pandémie , énergie , ressources minérales , eau , finance , biodiversité ,etc … Chaque domino est interdépendant ! Un tombe , et le reste va suivre !
    Autre ex : comment croire que avec des éoliennes du solaire , batterie , ( très extractiviste ) de l hydrogène , etc. Nous allons remplacer les 100 millions de barils consommés chaque jours ???!!!! Il y a juste une question d ‘échelle !!
    Aussi croire naïvement que notre volonté , notre pseudo intelligence, la technologie , vont résoudre les problèmes dans un contexte frelaté depuis plus de 50 ans est vain ? Le club de Rome nous avait pourtant avertit en 72 !!

    Oui il est déjà bien trop tard ! L inertie est beaucoup trop puissante . Il suffit d être bien informé . Quand aux politiques ….n en parlons pas

    Une seule issue est possible , très maigre , et qui n arrivera pas ….une très forte décroissance choisie ou subie ( le plus probable ) allié probablement au nucléaire ( quoi qu on en pense ! )

    Répondre
    1. Bon Pote 6 juillet 2021

      svp, lisez la source de l’article sur l’inertie climatique…. Ecoutez les scientifiques plutôt les vulgarisateurs (dont je fais partie, même chose, j’indique des sources, ce qui concerne la recherche et/ou la science n’est pas de moi, seule l’interprétation l’est).

      Répondre
      1. bdd13 7 juillet 2021

        Excellent article comme toujours, avec beaucoup d’énergie et d’intelligence pour aller chercher les meilleures sources.
        Il semble évident que la barre des 1,5° sera dépassée très rapidement (ce qui en soit est déjà un discours fort).
        Il est donc important de continuer l’information auprès de tout le monde, car l’ignorance est encore, même dans des milieux privilégiés, très affligeante.
        Il faut impérativement préparer les esprits à la contrainte (écologie punitive, je n’en sais rien, mais contraintes fortes, cela c’est sûr). Dans les dix ans qui viennent, les fléaux qui s’abattront finiront par amener les politiques à davantage de mesures coercitives, que ce soit dans leur programme initial, ou que ce soit de façon improvisée.
        Mais beaucoup de gens n’y croient pas encore. Ils ne comprennent pas en tout cas que leurs efforts d’aujourd’hui, et que l’importance de la question de l’impact derrière chaque acte (qu’il soit de la vie courante, politique, structurel…) sont absolument primordiaux.
        Cela semble être une espèce de barrière mentale, une montagne infranchissable, un brouillard sans fin.
        La raison peut en être qu’un tel engagement fait peur, car il ressemble de très près à un engagement idéologique, et qu’il est radical. C’est donc un pas très difficile à réaliser.
        Mais le mûrissement des populations à soutenir la contrainte est primordial. Il faut vraiment préparer le terrain en martelant ce message de l’urgence qui aujourd’hui ne souffre plus la contestation (même s’il reste des “attardés”), et qu’il amènera tôt ou tard (probablement assez tôt) de plus en plus de mesures (lois) désagréables et liberticides.

        Répondre

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