Climat : on aura besoin de tout le monde

Tout le monde cover

“Mais pourquoi on tape toujours sur l’avion alors que ce n’est que 2% des émissions ? ” “Pourquoi le sport alors que ça représente quasi aucune émissions ?” “Pourquoi toujours Nabilla ?”

Voilà le type de remarques que je reçois après chaque article. Bien sûr, cela donne droit à une grande vague de whataboutisme, disant ‘ouais mais les autres c’est pire, ouais mais les chinois hein‘ ! Pourtant, j’écris bien sur tout le monde : tous les secteurs, femmes et hommes confondus. Sans exception. Y compris quand je dois me taper dessus pour faire passer un message. Pourquoi tout le monde ? Car le changement climatique est un problème systémique, et que nous devons l’aborder de façon systémique. Cela veut dire que tout le monde est et sera concerné, peu importe ce que vous avez fait ou ferez : vous serez concernés. Certain.es sont certes plus responsables que d’autres (et ce ne seront pas forcément les plus concerné.es), mais ce n’est l’objet de cet article. Ici, je souhaite simplement rappeler que nous aurons besoin de tout le monde.

Tout le monde… à commencer par les entreprises !

Quand je dis tout le monde, cela veut d’abord dire la volonté de toutes les entreprises, tous secteurs d’activité confondus. Que vous soyez chez Total, BNPP, LVMH ou dans une PME faisant du conseil. Aucun secteur ne doit faire exception. Je vais à nouveau le répéter, et si vous ne deviez retenir qu’une phrase, ce serait la suivante : si votre activité n’est pas soutenable, elle doit évoluer, changer, ou (malheureusement) disparaître. Des millions de français sont concernés par cette phrase, j’en suis conscient. Malheureusement, être conscient des problèmes déjà présents et à venir n’est pas représentatif d’une majorité de français. Entre ignorance et dissonance cognitive, c’est bien une majorité de personnes qui n’est pas capable d’expliquer ce qu’est le GIEC et l’empreinte carbone moyenne d’un français.

Mon rôle n’est pas de blâmer X ou Y pour son ignorance. Ce n’est vraiment pas mon intention (surtout parce que c’était mon cas il y a peu de temps), et en plus d’être contreproductif, cela n’avancerait à rien. Mon rôle est bel et bien de donner aux lectrices et lecteurs de quoi se plonger dans ces sujets, à travers mes articles et les sources que je partage au quotidien.

J’ai la chance de pouvoir échanger avec des personnes qui travaillent dans des secteurs d’activité différents et je peux vous confirmer une chose : c’est qu’aucun secteur n’a pris la pleine mesure de ce qu’il va arriver. Soit par ignorance (difficile à croire), soit par manque de courage des personnes qui prennent les décisions. Comment penser qu’Anne Rigail, CEO d’Air France, ne soit pas au courant des conséquences de l’avion sur le climat ? Lorsqu’elle tweete ‘chaque geste compte !’ en parlant du changement des verres de champagne en classe éco, pensez-vous qu’elle fasse son maximum pour l’avenir d’Air France et ses milliers d’employés ? Je préfèrerais au contraire qu’elle mette à contribution l’intelligence collective de ses employés en action, afin de faire évoluer une entreprise comme Air France qui peine depuis 20 ans à prendre un virage pourtant nécessaire.

Tout le monde est et sera concerné, chacun devra faire sa part. Pour vous aiguiller, j’avais posé les 2 questions ci-dessous sur twitter :

Si vous souhaitez commencer quelque part, vous pourriez entre autres vous demander ‘comment faire en sorte que mon entreprise devienne neutre en carbone’. Bien sûr, quand je dis neutre en carbone, c’est neutre en carbone, pas neutre façon bullshit.

Tout le monde… Et de tous bords politiques

Historiquement un sujet de gauche, l’écologie ne devrait en aucun cas être le sujet d’un seul parti. Cela devrait au contraire être le socle de toute politique et de toute économie. Au-delà des critiques que l’on peut adresser à EELV (et à son leader Y. Jadot qui pense qu’il y a le bon et le mauvais capitalisme…), c’est pourtant le seul parti qui amène le sujet de façon systématique devant les médias. Pro/anti nucléaire, pro/anti OGM… qu’ils aient raison ou tort n’est pas le sujet de l’article. Le sujet, c’est de parler du changement climatique et de ses conséquences. Cela a beau être la préoccupation numéro une des français, c’est seulement en moyenne 2% du contenu de la presse et des chaines TV (y compris le temps de parole de Pascal Praud…). Je ne serais pas si inquiet si nous n’avions pas 25% de climatosceptiques en France !

Que vous soyez de droite ou de gauche, d’extrême droite ou d’extrême gauche, encore une fois : intéressez-vous au changement climatique. Débattez avec des personnes qui ne partagent pas vos idées politiques. Nous avons sincèrement mieux à faire que de débattre du voile ou de la dernière connerie proférée par Zemmour sur Cnews. Si vous ne vous intéressez pas au changement climatique, croyez-moi sur parole : il s’intéressera à vous. Faites en sorte que le sujet soit moteur au sein de votre parti. A l’échelle locale, régionale, nationale, voire européenne. Plus le sujet sera évoqué et discuté, plus nous aurons de chance d’atteindre le point de bascule.

Maintenant que tout cela est dit…

En dehors de l’écriture, je passe une bonne partie de mon temps à lire pour essayer de comprendre comment nous en sommes arrivés là. Comprendre pourquoi des gens alertent sur la situation depuis des décennies et pourquoi ils ou elles ne sont pas écoutés. Comment les discours de l’industrie fossile évoluent, afin que les actions soient les mêmes et que seuls les mots changent. A mettre en parallèle les discours de nos politiques français depuis 40 ans et leurs ‘actions’. J’en parlerai plus longuement ailleurs très bientôt.

Mais gardez bien en tête une chose : les changements n’arriveront pas sans lutte. Sans sacrifice. Si vous pensez un instant qu’en triant vos déchets et qu’en prenant une douche un peu moins longue, cela suffira, désolé de vous le dire, mais vous n’avez rien compris aux enjeux et forces en présence.

J’ai écrit cet article comme une main tendue. Ceux qui me connaissent et me lisent savent que j’aime échanger, débattre, rire et plaisanter sur absolument tous les sujets. Ceux qui me connaissent savent aussi que ma patience envers le foutage de gueule est très limitée. Ainsi, toutes les personnes qui mentent, trichent, surfent sur le greenwashing, font perdurer l’inaction climatique… Ne comptez pas sur moi pour vous laisser tranquille.

J’essaye d’interpréter au mieux les commentaires (parfois violents) que je peux lire en réaction à mes articles ou sur les réseaux sociaux. Ces personnes qui travaillent dans le même domaine depuis 20 ans à qui on explique ‘du jour au lendemain’ que leur industrie n’est pas soutenable et qu’ils vont devoir soit la faire évoluer rapidement, soit quitter/perdre leur travail. Oui, c’est dur à entendre. Mais cela sera également le cas pour des millions de personnes et plus nous procrastinons, plus les conséquences seront terribles. Sortir du déni est donc une étape indispensable, l’étape de la colère n’est quant à elle, je l’espère, qu’une étape…

Merci donc d’arrêter vos expressions ‘Khmers Verts’, ‘liberticides’, ‘Amishs’… dès que des citoyens demandent des changements. C’est ridicule. Je passe outre le fait qu’en très grande majorité ces réactions viennent de la part d’hommes blancs de plus de 50 ans… (Si vous avez pensé à Laurent Alexandre ou Pascal Praud, ce n’est pas de ma faute). Rappelez-vous d’une chose : ‘la liberté s’arrête où commence celle d’autrui’. Le problème ici, c’est que la liberté des générations futures n’aura même pas le plaisir de voir le jour. Ils vont vivre un enfer. Ce qui est liberticide, c’est de ne pas vouloir adapter vos modes de vie par égoïsme.

Le mot de la fin

J’ai fait le choix d’axer mon travail sur le CONSTAT. Des millions de français (et lecteur.rices francophones !) ne sont pas du tout au courant ou d’accord sur le constat. Tant qu’une personne me dit ‘oh ça va un degré c’est rien‘, ou ‘oh ça va la fusion arrive bientôt‘, on ne pourra pas trouver de solutions adéquates car le constat n’est tout simplement pas assimilé. Encore trop de personnes pensent que nous remplacerons les voitures thermiques par des voitures électriques et que le problème sera résolu. C’est faux. Trop de personnes pensent que l’avion hydrogène va arriver et que voyager en avion sera sans conséquences sur le climat. C’est faux.

Nous aurons besoin de tout le monde et pour cela nous devons informer le plus de monde possible, le plus rapidement possible. Il est impensable de prendre des décisions collectives sans avoir mis le nez dans quelques chiffres et avoir les ordres de grandeur en tête. J’ai l’intime conviction que les solutions viendront et seront beaucoup plus faciles à mettre en œuvre si une majorité de citoyens est informée convenablement sur les problématiques climatiques. Or nous en sommes très loin. Au boulot.

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Commentaires

26 Comments

  1. Yoan De Macedo 18 octobre 2020

    Bonjour,

    J’arrête là car on ne comprend pas. Ce n’est pas grave. Nous ne sommes pas obligés d’avoir les mêmes opinions, les mêmes convictions.

    Votre précision sur les migrations me laisse pantois. Face aux températures qui sont annoncées si nous n’agissons pas (les études sont relativement nombreuses à ce sujet), vous pensez vraiment que la vie sera agréable ? Que les gens vont migrer vers le soleil ?!

    Répondre
    1. Yoan De Macedo 18 octobre 2020

      Oups, ce message était une réponse à Archi3 (plus bas). Je l’ai recollé.
      Vous pouvez le supprimer, désolé. J’ai répondu avec mon tel et dans la précipitation, je n’ai pas continué le “thread”.

      Désolé encore 😉

      Répondre
  2. N De Roo 17 octobre 2020

    Merci, merci Bon pote pour cet article d’une très grande qualité, comme tous les autres. Celui-ci cependant se distingue par bien fou qu’il fait. Ça fait maintenant deux ans que j’ai plongé corps et âme dans d’innombrables rapports et conférences afin d’y trouver des chiffres et des faits, bref, pour comprendre ce monde et notre temps.
    Et donc, au final, bien que tout ce savoir soit extrêmement utile pour atteindre l’objectif, il me semble que tout l’enjeu est de mettre en branle une vague culturelle, il faut à tout prix atteindre le point de bascule.
    Comme tu l’as rappelé le climat est devenu la préoccupation numéro une des Français, il faut la cristalliser, provoquer le passage à l’acte car il nécessite toujours un déclic extérieur, je peux en témoigner pour moi-même et beaucoup d’autres personnes. Si chacun entame la dynamique d’un changement sincère, profond et durable alors peut importe le rythme de chacun, la foule sera en marche et le point de bascule sera atteint.
    Pour y parvenir c’est à la fois simple et compliqué, il suffit d’en parler et de tendre la main, que chacun perçoive l’inquiétude de l’autre et le désir d’avancer ensemble. C’est en cela que je trouve que ton article sonne si juste et c’est pour cela que j’anime des fresques du climat.
    Soyons visibles, soyons accueillants et courageux.

    Répondre
    1. Bon Pote 17 octobre 2020

      Merci beaucoup Nicolas pour ton message, qui me donne un peu plus de motivation à écrire. Ce texte est la version courte d’un texte plus long qui arrivera en novembre, j’espère qu’il aura le même écho. Très bon week-end

      Répondre
  3. Gaël Grégoire 15 octobre 2020

    Bonjour, vous avez souvent des paroles amicales pour Greenpeace ou EELV. C’est bien sûr votre droit, mais néanmoins, pour moi ils sont une part non négligeable du problème !
    Ces gens ont totalement détourné la transition bas carbone française en transition (nucléaire déjà bas carbone) -> (renouvelables également bas carbone).
    En d’autres termes un pur gâchis d’argent et de temps au lieu de décarboner le chauffage, les transports en commun, les voitures, l’agriculture…

    Répondre
    1. Bon Pote 16 octobre 2020

      Bonjour, amical je ne sais pas, cela m’arrive bien souvent de les interpeler et de façon absolument pas amicale sur twitter (avez-vous cliqué sur le lien EELV ? Et Jadot ??)
      Greenpeace a également ses biais, j’en parlais ici : https://bonpote.com/qui-pollue-total-ou-le-citoyen/ et également sur twitter où je les ai interpelés plusieurs fois.

      Répondre
  4. Isabelle LEFEBVRE 15 octobre 2020

    Merci pour tous vos articles qui sont très clairs et que je partage régulièrement sur Facebook car je pense aussi que ce sujet est crucial et urgent et qu’il doit donc être évoqué ,discuté et partagé avec un maximum de personnes…Merci à vous pour cette vulgarisation scientifique

    Répondre
    1. Bon Pote 15 octobre 2020

      Merci Isabelle, et merci de partager 😉

      Répondre
  5. Florimond Manca 15 octobre 2020

    Merci pour ce cri du cœur ! Encore un article facile à partager avec ceux avec qui on essaie de partager ces sujets. 🙂

    Répondre
    1. Bon Pote 15 octobre 2020

      Merci Florimond ! J’ai fait court, la version longue arrivera dans un mois…. 😉

      Répondre
  6. Frederic Conrotte 15 octobre 2020

    Et écrire un article de plus sur ce problème crtique, est-ce vraiment efficace ?

    Il faut selon moi militer pour que les vraies solutions soient enseignées dans toutes les écoles ET AUX ADULTES, via par exemple la mise en place d’une formation citoyenne obligatoire.

    On ne peut agir sur un problème que si on le comprends vraiment

    Répondre
    1. Bon Pote 15 octobre 2020

      S’il y avait UNE solution miracle, nous n’en serions pas là 😉
      Mais bien évidemment, la clef est et sera l’éducation. j’y travaille via mes articles, et tous les jours lors de mes échanges. Certaines personnes poussent pour que le CC soit au programme dès le plus jeune âge pour la rentrée 2021, je ferai tout pour les aider !

      Répondre
  7. Pericles 15 octobre 2020

    “Je passe outre le fait qu’en très grande majorité ces réactions viennent de la part d’hommes blancs de plus de 50 ans…”
    Qu’est-ce que le mot “blanc” vient faire ici. Vous avez interrogé les hommes noirs sur ce sujet ? Ou jaunes, bleus ou multicolores ?

    Y’en a marre de ce dénigrement systématique des “caucasiens”.

    Quant à l’âge : Yannik Jadot a 53 ans, Jordan Bardella, 25. Toujours convaincu que plus on est vieux plus on est anti-écolo ?

    Répondre
    1. Bon Pote 15 octobre 2020

      Je ne connais pas la position de Jordan Bardella sur le climat, en revanche j’ai suffisamment écouté Marine le Pen pour pouvoir affirmer que le changement climatique n’est pas sa priorité numéro 1.
      Le ‘blanc” est un constat, le fameux ‘boomer’. J’ai 100 screens qui appuyent cela, si vous ne me croyez pas, je vous invite à regarder la page Linkedin de Bon Pote, où des dizaines d’hommes travaillant dans l’aéronautique viennent m’insulter car je leur dis que ‘faudrait peut-être penser à réduire le traffic aérien’. https://www.linkedin.com/company/20367540

      Edit : et un bel exemple en commentaire à l’instant sur FB ! https://www.facebook.com/bonpoteofficiel/posts/815849835623383

      Répondre
      1. Archi3 15 octobre 2020

        Le monde ne se réduit pas aux petites bulles qu’on s’est construit autour de ses réseaux sociaux et de ses sites web.

        Ces 20 dernières années , l’essentiel de l’augmentation de consommation de fossiles a été le fait de chinois relativement jeunes, à la peau jaune, et avec autant d’hommes que de femmes. Incidemment, ça a permis aux Nations Unis qu’ils avaient pris beaucoup d’avance sur le programme d’éradication de la pauvreté .

        https://www.prnewswire.com/news-releases/la-lutte-contre-la-pauvrete-en-chine-a-grandement-contribue-a-la-reduction-de-la-pauvrete-dans-le-monde-863537660.html

        Mais peut etre que bon pote et ses amis économistes ont un argument pour démontrer que ça n’a rien à voir …

        Répondre
  8. Archi3 15 octobre 2020

    Première remarque : entretenir un site internet n’est nullement durable et internet contribue autant sinon plus que l’avion aux émissions de CO2, donc vous etes par essence dans une logique contradictoire en postant ça sur internet.

    Deuxieme remarque : tous les indicateurs de bien être sont corrélés POSITIVEMENT à la consommation d’énergie , et donc à la consommation de fossiles. Vous pouvez fantasmer sur un monde où tout le monde soit riche, heureux, et bien portant, sans consommer de fossiles, mais pour le moment c’est un fantasme, et la distance qui nous en sépare est tellement grande qu’il est très improbable qu’il se réalise.

    Donc la légitimité de votre combat n’est en rien évidente si votre souci est le bien être de l’humanité, et vous n’avez en rien démontré, dans aucun de votre article, que ce que vous demandez à l’humanité de faire lui apporterait plus de bien que de mal.

    Répondre
    1. Tif 15 octobre 2020

      Avez-vous lu l’article de Bon Pote sur l’empreinte carbone ? Essayez de calculer la vôtre, et ensuite vous pourrez peut-être reprocher à Bon Pote de faire de la vulgarisation SCIENTIFIQUE via les outils de communication qui sont les nôtres aujourd’hui. J’ai pas ma calculette mais je pense qu’en un article, il épargne plus de CO2 que vous en une journée, grâce aux lecteurs qu’il arrive à toucher. Et comme il le dit lui même, il part de constats ayant fait l’objet de consensus scientifiques.
      Votre deuxième remarque ne tient malheureusement pas la route : source ? l’indicateur positif concerne donc les occidentaux vs les personnes qui ne peuvent, dans ce monde, consommer à base d’énergie fossile ? Avez-vous été demander leur avis aux habitants de la planète en période pré-industrielle ? Avez-vous été demander leur avis aux enfants de l’an 2100 ?
      Bonne journée

      Répondre
    2. Catherine 15 octobre 2020

      Pouvez-vous partager la source qui permet de faire le lien entre les indicateurs de bien-être et la consommation d’énergie ? cela m’intéresse. Ainsi que votre source sur la comparaison entre émissions du numérique et de l’avion, car j’ai lu pas mal d’articles là dessus et je n’arrive pas aux mêmes conclusions, notamment dans un pays où l’énergie utilisée par les lecteurs est en moyenne moins carbonée que les autres pays grâce à notre mix nucléaire. Merci.

      Répondre
    3. Bon Pote 15 octobre 2020

      Bonjour Archi3, je vais vous laisser une chance de rattraper votre connerie : sortez moi des sources pour appuyer votre “tous les indicateurs de bien être sont corrélés POSITIVEMENT à la consommation d’énergie , et donc à la consommation de fossiles.”

      Avant de répondre, je travaille le sujet avec Timothée Parrique et Gael Brulé, tous les deux docteurs, un en économie, l’autre en bonheur (je conseille d’ailleurs son livre traitant du sujet). J’ai de quoi infirmer ce que vous dites avec des données chiffrées.
      Quant à votre commentaire “internet pollue”, que faites-vous à me lire et à rebondir à chacun de mes articles ?

      Répondre
      1. Archi3 15 octobre 2020

        Ah mais moi je ne prétends pas qu’il faille réduire toutes les consommations jusqu’à zéro donc je ne suis pas dans la contradiction en postant sur Internet 🙂

        Pour Tif : oui j’ai lu le post sur l’empreinte carbone et j’y ai même mis des commentaires; Le principal, c’est que c’est une erreur de logique profonde de croire que baisser la production de CO2 par an et par habitant va baisser la concentration finale de CO2 dans l’atmosphère , et donc le climat dans 100 ans. En effet cette quantité dépend de l’intégrale de la consommation sur 100 ans (je ne suis pas certain que tous les lecteurs ici connaissent ce qu’est une intégrale), et que cette intégrale ne dépend que du périmètre des réserves exploitables, ce qui n’est pas lié au rythme de consommation.

        Pour le dire en d’autres termes, si vous baisser votre production de CO2, ça ne fera que permettre à quelqu’un d’autre , ailleurs ou plus tard, de le produire à votre place, mais ça ne changera pas la quantité totale, ou en tout cas vous n’avez aucun moyen de vous en assurer.

        Mais si ça améliore votre confort mental, faites le , ça peut sans doute marcher aussi bien que le yoga , la méditation ou une bière entre copains !

        Pour les corrélations avec le CO2, je vous conseille l’excellent site “gapminder” qui contient des tas de données sur un tas de pays du monde , depuis qu’elles sont disponibles, et évite de dire et de penser n’importe quoi. Vous pouvez ainsi corréler n’importe quoi à n’importe quoi. Dans cet exemple, c’est l’espérance de vie en fonction du CO2 :

        https://www.gapminder.org/tools/#$state$marker$axis_x$which=co2_emissions_tonnes_per_person&domainMin:null&domainMax:null&zoomedMin:null&zoomedMax:null&scaleType=genericLog&spaceRef:null;;;&chart-type=bubbles

        Je vous laisse chercher un indicateur qui ne soit pas positivement corrélé au CO2 – bon ok, il n’y a pas dedans le “sentiment de bonheur”, dont les études montrent qu’il n’est pas fortement dépendant de la richesse jusqu’à une certaine limite, parce que les gens s’adaptent à ce qu’ils vivent.

        Mais bon cette constatation à ses limites, sinon pourquoi chercherait on le plus souvent à améliorer ses revenus qu’à les baisser ? (demandez à ceux qui souffrent de la crise actuelle ce qu’ils en pensent, pour revenir dans le monde réel ! )

        Répondre
        1. Yoan De Macedo 16 octobre 2020

          J’ai un peu de mal à comprendre où vous souhaitez aller.

          Bien entendu, si on baisse notre production de CO2, il y a peu de chance que la baisse soit rapidement suffisante pour être complètement compensée par les mécanismes naturels et que le “nouveau” CO2 généré disparaisse complètement de l’atmosphère et ne vienne pas s’accumuler au CO2 déjà présent. Nous savons aussi que les émissions déjà générées vont continuer à produire un réchauffement pendant encore un bon moment. Ce qu’on fait à partir de maintenant ne se verra que dans 30 ans peut-être. Ceci dit, ce n’est pas une raison pour ne rien faire (si ce n’est l’égoïsme). J’ajoute d’ailleurs que même un égoïste absolu avec quelques dizaines d’années de vie derrière lui a toutes les raisons de se bouger car les conséquences sont déjà là et vont s’amplifier (pour lui aussi).

          Je m’intéresse beaucoup aux problématiques climatiques, je m’informe beaucoup mais je ne suis pas un expert sur la chimie du système.

          Toutefois, avec une baisse drastique, on ne peut pas nier qu’on pourrait limiter fortement le réchauffement climatique et rester sous une limite “vivable” pendant longtemps.
          Durant ce laps de temps, nous pourrions trouver (peut-être) d’autres solutions, continuer à changer nos sociétés, etc.
          Nous sommes dans une urgence absolue et ce sujet est, je pense, le sujet le plus important puisqu’il concerne tout simplement la survie des êtres vivants sur terre.

          P.S. N’oublions pas qu’il n’y a pas que le réchauffement climatique mais aussi la biodiversité, les pollutions diverses et variées qui elles aussi apportent leur lot de problèmes. On doit changer nos modes de vie, je ne vois pas vraiment d’autres solutions.

          Répondre
          1. Archi3 16 octobre 2020

            Bonjour Yoan
            il y a plusieurs points dans ce que vous dites et je suis en désaccord avec plusieurs d’entre eux :

            a) non une baisse des émissions annuelles ne provoquerait pas une baisse du CO2. Elle ralentirait sa progression, ce qui n’est pas la même chose. A la fin, la concentration finale ne dépendra pratiquement que du total extrait, ce sont les courbes même du GIEC qui le montrent – mais baisser les émissions annuelles n’entrainent PAS automatiquement que le total va baisser à la fin (une petite curiosité, si vous regardez finement les courbes des scénarios appelés RCP 4.5 et RCP 6.0, vous verrez que le scénario 4.5, qui produit à la fin MOINS de CO2, passe par une phase où les émissions annuelles sont SUPERIEURES à celle du RCP 6.0 – ça n’a aucune signification particulière parce que les scénarios sont juste des histoires possibles et pas des trajectoires prédictives, c’est pour ça que ça ne veut rien dire qu’on est “sur la trajectoire” d’un réchauffement de X°C, mais c’est juste une curiosité qui l’illustre).

            B) La grande majorité de la croissance récente et prévue dans le futur des émissions vient comme j’ai dit des pays pauvres qui veulent devenir moins pauvres. Je ne pense pas que vous puissiez qualifier ça “d’égoïsme”.

            C) il est clair qu’avec une émission “drastique” des émissions de CO2 on pourrait limiter le réchauffement… sauf que cette émission “drastique” aurait aussi des conséquences cataclysmiques sur la vie des gens dont la crise actuelle ne donne qu’une petite idée . La moindre des choses serait de justifier en quoi les effets du RC sont bien plus graves que les effets de réduire les fossiles. Avez vous un argument quantitatif pour l’affirmer ?

            D) les problèmes comme la biodiversité sont bien plus dus à l’emprise anthropique sur les milieux naturels, et ils risquent fort d’etre AGGRAVES par la disparition des fossiles, qui pousseront à la recherche de substituts de carbone qu’on ne trouve que dans la biomasse. On a deja des exemples : defrichage des milieux naturels au Bresil pour la culture de la canne à sucre pour le bioéthanol, en Indonésie pour l’huile de palme utilisée par le biodiesel, en Europe avec la réduction du nombre d’oiseaux consécutive à l’abandon des jachères, là encore pour développer les agro carburants prétendument “verts”…..

            Mais ne vous inquietez pas, on changera de toutes façons nos modes de vie, probablement pas vraiment à cause du RC, mais à cause de l’épuisement des fossiles, qui arrivera probablement avant que les conséquences graves du RC soient là, contrairement à ce que vous entendez partout ou presque.

            Mais ça ne se fera pas dans la joie et la bonne humeur.

            Répondre
          2. Yoan De Macedo 16 octobre 2020

            Bonjour,

            A) Je ne suis pas suffisamment informé sur le sujet pour confirmer ou contredire votre exposé. Bonpote ou d’autres ici le pourront peut-être.

            B) C’est bien pour ça que c’est surtout à NOUS de faire la grosse partie du boulot.

            C) Si la moitié de la planète devient invivable, j’entrevois les migrations massives, les guerres, les famines et toute la souffrance qui va avec. J’aimerais simplement qu’on fasse tout ce qui est en notre pouvoir pour éviter ça, c’est tout. Assurer notre avenir, celui de nos enfants et des générations suivantes.

            D) Tout à fait et j’insiste à nouveau sur un changement dans nos modes de vie. Je n’ai pas dit que tout ça se ferait dans la joie et la bonne humeur.
            Justement, je pense qu’il est important de réfléchir et de préparer les changements futurs pour limiter au maximum les conséquences.

            Sinon, j’ai toujours du mal à voir où vous voulez en venir. Pour vous, quoi qu’on fasse, la fin de l’humanité est inéluctable, c’est ça ?

            Répondre
          3. Archi3 18 octobre 2020

            Bonjour Yvan
            en ce qui me concerne, je n’argumente que sur les choses que j’ai suffidsemment regardées pour me faire une idée et sur lesquelles je peux argumenter. Quand je vous dis que la température finale dépend du TOTAL extrait , c’est que c’est les climatologues eux même qui le disent , regardez cette figure :
            https://www.researchgate.net/figure/Figure-SPM10-Global-mean-surface-temperature-increase-as-a-function-of-cumulative_fig2_266208027

            sans connaitre le sujet, vous avez surement entendu parler du “budget carbone”, qui n’aurait pas de sens si ce n’était pas l’intégrale qui comptait.

            B) si “la grosse partie du boulot” es immédiatement mangée par d’autres , je ne vois pas ce que ça changera à la fin sur le budget carbone (NB : les autres , ce ne sont pas forcément les pauvres actuels, ce sont aussi vos enfants et petits enfants qui seront content de profiter des fossiles que vous leur avez laissés, et je ne vois pas comment leur reprocher). Mais si vous voulez faire des efforts pour “les autres” , le plus simple est de ne pas dépenser l’argent que vous gagnez, soit en l’envoyant dans des pays pauvres, soit en l’épargnant pour vos héritiers.

            C) Ca cest un tableau brossé par les médias grand public, mais il n’y a aucune preuve que ça se passe réellement. Toutes les prédictions de migrations massives dans un avenir assez proche pour être vérifiables se sont pitoyablement plantées :
            https://thenewamerican.com/embarrassing-predictions-haunt-the-global-warming-industry/

            https://www.spiegel.de/international/world/feared-migration-hasn-t-happened-un-embarrassed-by-forecast-on-climate-refugees-a-757713.html

            Vous croyez aux discours anxiogenes non pas parce qu’ils sont scientifiquement fondés, mais juste parce qu’ils sont anxiogènes. Et comme je vous ai montré au A) , même si c’est la température qui agissait sur les migrations (ce qui est douteux car la plupart des grandes migrations des européens ont eu lieu vers des pays plus chauds et souvent plus arides), baisser VOS emissions maintenant ,n’assure en rien que le budget carbone final sera inférieur. Mais si vous etes absolument persuadé que vous devez baisser votre niveau de vie, faites le en 5 minutes, vous envoyez un virement régulier et important (la moitié de votre revenu ?) à l’association humanitaire de votre choix, vous aurez fait “votre part”.

            D) non pas du tout la fin de l’humanité : la fin du mode de vie industriel, oui. Mais ce sera suffisamment douloureux à mon avis pour ne pas la hâter, ni prétendre qu’elle est nécessaire. C’est un peu comme votre propre mort : vous savez qu’elle va arriver, mais vous ne cherchez pas à la hâter non plus, et vous ne prétendez pas qu’elle est nécessaire ?

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          4. Yoan De Macedo 18 octobre 2020

            Bonjour,

            J’arrête là car on ne comprend pas. Ce n’est pas grave. Nous ne sommes pas obligés d’avoir les mêmes opinions, les mêmes convictions.

            Votre précision sur les migrations me laisse pantois. Face aux températures qui sont annoncées si nous n’agissons pas (les études sont relativement nombreuses à ce sujet), vous pensez vraiment que la vie sera agréable ? Que les gens vont migrer vers le soleil ?!

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          5. Archi3 18 octobre 2020

            Bonjour Yoan

            je ne vois pas ce qu’il y a de compliqué à comprendre dans ce que je dis; je dis juste que les prédictions de migrations massives faites dans les années 2000 ne se sont absolument pas réalisées, ce qui signifie qu’on n’a pas de science prédictive de ce qui cause les migrations, que ça dépend de bien d’autres facteurs que la température (je ne crois pas que les vénézueliens qui quittent leur pays pour d’autres pays d’Amérique latine aient juste envie d’avoir moins chaud), et que de toutes façons ce n’est pas en supprimant vos consommations de fossiles que ça changera le total extrait à la fin.

            Quand aux températures annoncées “si nous ne réagissons pas”, c’est aussi une prédiction impossible à faire, car personne ne sait vraiment ce qui se passerait “si nous ne réagissons pas”, et en particulier quelle est le montant réel des réserves fossiles accessibles, donc là aussi les “prédictions” sont fortement sujettes à caution. Si le pic fossile arrive bientot ce qui est tout à fait possible, il n’y a pas spécialement “d’action” à faire, à part s’y adapter.

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