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Pollution, pesticides et cadmium : le RN vote contre la santé des Français

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©Crédit Photographie : Montage Bon Pote – photo Parlement européen
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Protéger la santé des Français ? Ce n’est visiblement pas la priorité du Rassemblement national (RN). Sur les sujets ayant un impact sur notre santé, le parti d’extrême droite défend des positions que beaucoup préféreraient taire.

Réduire l’usage des pesticides, dont l’exposition est associée à un risque accru de cancer ? Les députés d’extrême droite s’y opposent et votent même pour la réintroduction de certains néonicotinoïdes. Promouvoir une alimentation plus saine ? Encore contre. Lutter contre les passoires thermiques, génératrices de maladies respiratoires ? Toujours contre.

Nous avons passé au crible les 11 000 votes de l’Assemblée nationale entre 2022 et 2026. Résultat : sur les 252 votes sur la santé, le RN a voté pour son amélioration dans 10 % des cas.

Découvrez le résultat de notre analyse.

Le RN : pire parti pour défendre la santé des Français ?

Avec 10%, le RN est l’un des partis politiques les moins favorables à la défense de la santé des Français. Seule la formation d’Éric Ciotti (UDR), alliée de Marine Le Pen, fait moins bien (4 %). Et si on se limite à la période 2024-2026, pour exclure la législature où le groupe UDR n’existait pas encore, les deux groupes d’extrême droite se retrouvent au même niveau : 4% pour la santé pour l’UDR et 5% pour le RN.

Graphique représentant le pourcentage de votes, par groupe politique et à l'Assemblée nationale, en faveur ou contre la santé des Français. Les groupes politiques de gauche votent principalement en faveur de dispositions améliorant la santé, tandis que les groupes de droite et d'extrême droite contre ces mêmes mesures. Au milieu, le groupe Renaissance soutient les mesures de protection de la santé dans seulement 25% des cas.

Trois blocs se dessinent. L’extrême droite vote contre la santé publique tandis que la gauche soutient des mesures favorables dans 90 % des cas. Le bloc macroniste (Renaissance, MoDem, Horizons) est entre les deux, avec environ 30 % de votes favorables à la santé.

« Votre analyse n’est pas étonnante », commente Bernard Basset, médecin spécialiste en santé publique et président de l’association Addictions France, avant de continuer : « Sur les questions d’addiction, nous n’avons aucun contact avec le RN, véritable défenseur de l’industrie de l’alcool ».

Si les Macroniste font mieux que le RN, ils soutiennent des mesures néfastes dans deux cas sur trois. « Certains reculs sont portés par la majorité en place », souligne Robin Ehl, chargé de campagne chez Oxfam. Exemples : la remise en location des passoires thermiques, alors que certaines habitations affichent à 42 °C en pleine canicule, ou encore le démantèlement des règles environnementales agricoles.

Méthodologie : 251 amendements liés à la santé des Français

Notre analyse porte sur tous les votes publics de l’Assemblée nationale entre 2022 et juin 2026 (environ 11 000), récoltés à partir des données publiques de l’Assemblée et de Datan.

Pour identifier les votes avec un impact sur la santé, nous avons effectué une recherche à l’aide de mots-clés (e.g., « pollution », « cadmium ») et d’un modèle d’intelligence artificielle (classification sans génération de contenu). Une méthode déjà utilisée par Bon Pote. L’analyse ne prend pas en compte les votes des commissions parlementaires ni ceux à main levée.

Graphique montrant les positions du RN à l'Assemblée nationale sur les différentes thématiques liées à la santé des Français. Par exemple, sur les pollutions, le RN a pris des positions défavorables à la santé dans 89% des cas.

Santé environnementale : le RN à la traîne pour protéger les Français

Comme le rappelle l’Organisation mondiale de la santé avec le principe One Health, la santé humaine est liée à l’environnement. Les systèmes agricoles, l’élevage, l’urbanisation et les activités industrielles peuvent avoir un impact direct sur notre santé. Une vision globale que le RN, mais aussi les députés LR et du socle macroniste, ont refusé d’inscrire dans la loi (législature 17, vote 6745).

L’impact du réchauffement climatique sur la santé n’est plus à démontrer. Pendant la canicule de juin 2026, la France a enregistré près de 6 000 décès supplémentaires. Si les personnes âgées ont été particulièrement touchées, les moins de 45 ans ont aussi vu leur mortalité augmenter. Plus indirect, le réchauffement climatique favorise la propagation des maladies infectieuses, aggrave la pollution de l’air et complique la conservation de certains médicaments. « Le changement climatique menace la santé au point qu’il est devenu impossible de vivre en bonne santé sur une planète dont les signes vitaux sont engagés », résume Robin Ehl, d’Oxfam. 

La solution ? Réduire notre dépendance aux énergies fossiles, qui sont l’un des principaux moteurs du changement climatique et qui contribuent à la pollution. Sauf que, notre analyse montre que le RN est favorable au maintien de ces énergies (fioul, gaz, pétrole) et s’oppose au développement d’alternatives bas carbone. 

Le RN contre la réduction des pollutions

Les pollutions (air, eau, sols) causent chaque année plusieurs dizaines de milliers de décès prématurés. Sur la pollution de l’eau, les médecins alertent sur les liens avec certaines pathologies cardiaques et certains cancers. Face à des amendements visant à réduire les pollutions, le RN vote quasi systématiquement contre.

Sur l’eau, le RN a voté contre un plan de sobriété de consommation par filière industrielle qui contenait des objectifs d’amélioration de la qualité de l’eau (législature 16, vote 2379). Il a également rejeté l’augmentation de la redevance pour pollution de l’eau payée par les industriels.

Plus généralement, le groupe d’extrême droite s’oppose aux taxes appliquant le principe de « pollueur-payeur », qu’il qualifie d’« écologie punitive ». Il a rejeté l’augmentation de la taxe sur les activités polluantes, qui porte sur les émissions dans l’air (législature 17, votes 3942, 3941 et 5084). Profitant de l’absence de nombreux députés au moment du vote, le RN a même réussi à l’affaiblir en baissant ses taux (législature 17, vote 347). Autres mesures rejetées par le RN : une taxe sur les grandes entreprises responsables de la pollution des nappes phréatiques (législature 17, vote 3219), ainsi qu’une taxe sur les munitions de chasse au plomb, qui présentent un risque sanitaire pour les consommateurs de gibier (législature 17, vote 4019). Le groupe d’extrême droite s’est aussi opposé au renforcement du financement des associations de surveillance de la qualité de l’air (législature 17, votes 3945 et 3946).

En revanche, le RN a soutenu un amendement pour faciliter le désamiantage des toits agricoles (législature 16, vote 750). 

Pollution sonore et plastiques toxiques : le RN toujours contre

On y pense moins, mais la pollution sonore affecte aussi la santé. Au-delà de l’audition, les nuisances sonores provoquent fatigue, irritabilité, troubles de la concentration et du sommeil, et peuvent affecter la santé cardiovasculaire à long terme. À l’Assemblée, le RN a voté contre plusieurs amendements visant à mieux prendre en compte les nuisances sonores, notamment celles causées par l’aviation et les deux-roues motorisées (législature 17, votes 354 et 3975).

Autre sujet de santé environnementale : la présence de plastiques dangereux dans certains produits du quotidien. Le député Jimmy Pahun (MoDem) a porté une proposition de loi (aujourd’hui bloquée au Sénat en raison du veto du gouvernement) visant à interdire ou restreindre ces plastiques dans les boîtes alimentaires, mais aussi dans les emballages et couches pour bébé. Malgré un affaiblissement du texte à l’Assemblée, le RN et les Républicains se sont abstenus, tandis que l’ensemble des autres groupes ont voté pour (législature 16, vote 225). Au cours des débats, le RN a voté contre un amendement socialiste qui tentait de limiter le détricotage du texte (législature 16, vote 224). 

Pesticides : le RN à rebours sur ces enjeux de santé publique

Ce n’est pas une nouveauté : les pesticides, qui sont omniprésents dans l’eau, les sols et l’air, sont néfastes pour la santé, celle des agriculteurs comme celle des riverains. La population générale y est aussi exposée, notamment via les résidus présents dans les aliments et boissons. Les travaux de l’Inserm établissent un lien avec une vingtaine de pathologies : troubles du développement cognitif et moteur chez l’enfant, troubles cognitifs et anxio-dépressifs chez l’adulte, maladies neurodégénératives, cancers comme les lymphomes, l’endométriose ou encore certaines pathologies respiratoires. Les agriculteurs sont particulièrement exposés, avec un risque accru de développer la maladie de Parkinson et le cancer de la prostate. Le risque de contracter la maladie d’Alzheimer est aussi plus élevé chez les personnes exposées au cours de leur vie.

La France est l’un des principaux consommateurs de pesticides en Europe : elle en utilise environ environ 65 000 tonnes environ par an. Même rapportée à la surface de production, elle consomme plus de pesticides par hectare que la moyenne européenne. Depuis 2008, plusieurs plans politiques (Ecophyto 1 et 2) visent à réduire leur usage, mais la courbe ne s’inverse pas. Un rapport de l’Inspection générale des finances était d’ailleurs catégorique en 2021 : les résultats de ces plans sont « décevants ».

Le RN : toujours plus de pesticides

Les positions du parti ont évolué. Si le RN tenait autrefois un discours hostile aux pesticides, il est désormais contre la limitation de leur utilisation. « Le RN a des positions de plus en plus pro-business, avec un agenda clair de déréglementation », analyse François Veillerette, porte-parole de Générations futures. Et depuis la dissolution et l’absence de majorité à l’Assemblée, le RN devient décisif pour former des majorités, notamment sur les pesticides. « Résultat : les arbitrages pris vont tous dans le sens de la FNSEA », ajoute François Veillerette.

Aujourd’hui, le parti déroule le tapis rouge à l’agriculture intensive, gourmande en produits chimiques. Sur l’ensemble des votes concernant l’usage des pesticides et le développement de l’agriculture biologique, le RN vote quasi systématiquement contre la santé des Français. Par exemple, il s’est opposé à plusieurs amendements visant à inscrire dans la loi des objectifs de réduction de l’utilisation des substances chimiques (législature 16, votes 3885 et 3834).

Pire, le RN a voté pour la réintroduction de certains pesticides interdits. En juillet 2026, le groupe soutient la loi d’urgence agricole, qui permet la réintroduction temporaire de deux néonicotinoïdes interdits en France : l’acétamipride et le flupyradifurone (législature 17, vote 8427). L’acétamipride est un insecticide toxique pour l’environnement et la santé humaine et persistant dans l’environnement. Cette réintroduction a été orchestrée par le sénateur Laurent Duplomb (LR), qui avait déjà tenté de réautoriser l’acétamipride via la proposition de loi Duplomb, soutenue par le RN (législature 17, vote 2957). Le groupe d’extrême droite plaide aussi pour réintroduire le diméthoate malgré son interdiction dans l’Union européenne (législature 17, vote 614).

Feu vert pour l’épandage par drone 

Le RN a aussi défendu l’épandage de pesticides à l’aide de drones (législature 17, vote 617), une pratique qui faisait l’objet d’une expérimentation en France et que les députés ont souhaité pérenniser. Or, selon l’ONG Générations futures, ces épandages par voie aérienne ne respectent pas suffisamment la protection des riverains et des points d’eau. Une note de l’ANSES va dans le même sens : la technique n’est pas toujours plus efficace et expose même davantage les riverains. La protection de ces derniers n’est d’ailleurs pas la priorité du RN : ses députés ont voté pour supprimer l’interdiction d’utiliser des drones à moins de 250 mètres des habitations (législature 17, vote 493).

L’épandage par hélicoptère ou avion reste quant à lui interdit, sauf dérogation en cas de « danger sanitaire grave ». Dans ce cadre, le RN s’est opposé à un amendement demandant que ces dérogations soient soumises à l’avis de l’ANSES (législature 17, vote 491).

Une opposition à de nouvelles taxes

Plusieurs taxes visent aujourd’hui les pesticides : une taxe payée à chaque demande de mise sur le marché, une taxe sur le chiffre d’affaires, et une redevance pour pollution diffuse, payée par les vendeurs de pesticides. C’est simple, le RN s’oppose à ces taxes qui, selon la députée Hélène La Porte (RN), « pénalisent lourdement les entreprises phytopharmaceutiques françaises ».

En détail, le RN a voté contre l’augmentation de la taxe sur le chiffre d’affaires réalisé sur la vente de pesticides (législature 17, votes 4026 et 4032). Le RN a aussi porté plusieurs amendements réduisant le budget alloué à l’ANSES pour l’étude des dossiers de mise sur le marché (législature 17, votes 413, 414, 4179, 4180). Concernant la redevance pour pollution liée aux pesticides, le RN a refusé l’augmentation de son taux et souhaité la suspendre quand « des circonstances exceptionnelles affectent la situation économique des exploitations agricoles » (législature 17, votes 6874, 3937, 3872, 3873).

Les députés ont aussi été appelés à se prononcer sur le chlordécone, pesticide longtemps utilisé en Martinique et Guadeloupe pour la culture des bananes, malgré son interdiction en métropole. Classé perturbateur endocrinien, il est associée à un risque accru de cancer de la prostate, ainsi qu’à des risques de prématurité et de troubles du développement chez les enfants. Très persistant, le chlordécone reste présent dans l’environnement des années après son interdiction. Les parlementaires ont examiné une proposition de loi visant à reconnaître la responsabilité de l’État et à indemniser les victimes. La stratégie du RN est peu lisible : le groupe s’est abstenu en première lecture (législature 16, vote 3382), avant de voter pour en seconde lecture (législature 17, vote 7261). Les députés RN ont aussi soutenu plusieurs amendements pour étendre l’indemnisation des victimes (législature 16, votes 3377 et 3378).

Qualité de l’eau et pesticides : le RN pour affaiblir les règles

L’eau potable est la grande perdante de l’usage intensif des pesticides. La France compte environ 37 000 points de captage, soit 15 000 de moins que dans les années 1980. Un tiers d’entre eux a fermé en raison de la dégradation de la qualité de l’eau, notamment à cause des résidus de pesticides. Sur ce sujet pourtant important pour la santé, le RN s’est systématiquement opposé à la limitation de l’usage de pesticides à proximité des captages d’eau potable.

Le sujet a fait l’objet d’une proposition de loi portée par le député écologiste Jean-Claude Raux. Le texte visait à interdire l’utilisation de pesticides à proximité des zones de captage mais a été vidé de sa substance, à la suite de l’adoption de nombreux amendements de l’extrême droite, de la droite et du bloc macroniste (législature 17, votes 5366, 5373, 5376, 5383, 5359, 5381). Les députés, notamment RN, ont justifié ces détricotages par la nécessité de préserver la « productivité de l’agriculture française », au détriment de la santé.

Dans le projet de loi d’urgence agricole, débattu en 2026, le gouvernement a proposé plusieurs mesures assouplissant le cadre protégeant les captages d’eau potable. En détail, le RN a soutenu ces mesures d’affaiblissement (législature 17, votes 6853, 6860, 6862, 6864, 6866, 6867,6868, 6870, 6871). Il a notamment soutenu des dispositions permettant à un captage pollué par des pollutions historiques (pesticides désormais interdits) de ne pas être considérés comme « prioritaire » et donc ne nécessitant aucune protection (législature 17, vote 6861). Une approche qui permet de continuer d’épandre des pesticides près de captages déjà contaminés, sans tenir compte de l’effet cocktail des pesticides (une exposition à de multiples pesticides peut avoir des impacts sanitaires importants).

Agriculture bio : le RN contre son développement 

L’agriculture biologique réduit l’utilisation des pesticides et les résidus dans l’alimentation, l’environnement et l’eau potable, tout en limitant l’exposition des agriculteurs. Elle est donc bénéfique pour la santé.

À l’Assemblée, le RN s’oppose systématiquement à son développement. Il a voté contre tous les amendements appelant à augmenter les surfaces en agriculture bio (législature 16, votes 3775, 3777, 3738 et 3886) et à fixer des objectifs en la matière (législature 16, votes 3747, 3748, 3883, 3915, 3793, 3794, 3884, 3916, 3917, 3792 et 3918). Sur un amendement du MoDem, moins ambitieux, visant seulement à « préserver » les filières bio existantes, le RN s’est abstenu (législature 16, vote 3791).

Le RN s’est aussi opposé ou abstenu sur les amendements soutenant financièrement les agriculteurs bio ou leur conversion (législature 16, votes 2889, 2890 et 3778). Il a notamment rejeté l’augmentation du crédit d’impôt pour l’agriculture biologique (législature 16, vote 3749). Par contre, comme tous les autres groupes, le RN a approuvé la création d’une enveloppe de 5 millions d’euros d’aide pour les fermes bio (législature 16, vote 2930).

Sur la sensibilisation, le RN s’est opposé à l’inclusion du bio et de la prévention des risques liés aux pesticides dans la formation agricole (législature 16, votes 3833 et 3857). Il a aussi voté contre un amendement fixant un objectif de 50 % de produits bio dans les cantines d’ici à 2030. L’objectif actuel de 20 % n’est toujours pas atteint.

Si le RN s’oppose au bio, il soutient activement la certification Haute Valeur Environnementale (HVE ; législature 17, votes 295 et 3766). Problème : la HVE est considérée comme du « greenwashing » par les ONG. Contrairement au label bio, qui certifie le produit, la HVE certifie une exploitation, y compris celles qui utilisent des pesticides dangereux, et peut donc tromper le consommateur.

Le RN s’oppose à la réglementation sur les PFAS

Ils sont omniprésents dans l’air, le sol et l’eau. Les PFAS (ou substances per- et polyfluoroalkylées) regroupent plusieurs milliers de composés chimiques utilisés dans de nombreux produits du quotidien (emballages alimentaires, textiles, cosmétiques, poêles). Ces composés sont considérés comme des « polluants éternels » : une fois présents dans l’environnement, ils disparaissent très difficilement. Dans l’alimentation, on les retrouve notamment dans certains poissons, œufs, produits laitiers et viandes. 

Problème : les PFAS présentent de nombreux risques pour la santé. Certains d’entre eux sont des perturbateurs endocriniens et ont été classés cancérogènes (rein et testicules). L’exposition aux PFAS est aussi associée à un risque accru de maladies thyroïdiennes et à des troubles de la fertilité. Autre particularité : ils sont difficilement éliminés par l’organisme et s’y accumulent. Si bien que la quasi-totalité de la population présente aujourd’hui des résidus de PFAS dans le sang.

Des votes contre une proposition de loi sur les PFAS

À l’Assemblée, le député écologiste Nicolas Thierry a porté une proposition de loi visant à restreindre l’usage des PFAS dans plusieurs produits (cosmétiques, textiles imperméabilisants). Une proposition qui n’a pas trouvé d’écho à l’extrême droite de l’hémicycle. Le RN s’est abstenu en première lecture et a voté contre en deuxième lecture (législature 16, vote 3643; législature 17, vote 852).

Pendant les débats, le RN a même soutenu plusieurs amendements pour affaiblir le texte, notamment en demandant des délais supplémentaires pour l’interdiction des PFAS (législature 16, votes 3635, 3636 ; législature 17, votes 845, 846 et 849). La raison invoquée par le RN ? Les entreprises « ne sont pas encore prêtes ». Le groupe de Marine Le Pen a aussi voté contre l’interdiction des rejets industriels de substances contenant des PFAS dans l’environnement (législature 16, vote 3634) et contre l’interdiction de vendre des boues d’épuration contaminées, pourtant susceptibles ensuite d’être épandues sur des sols agricoles (législature 16, vote 3637).

Les ustensiles de cuisine exclus du texte 

Autre affaiblissement majeur : l’exclusion des ustensiles de cuisine du champ du texte sur les PFAS. Aucun doute : les députés RN ont été sensibles à la forte campagne de lobbying menée par le groupe SEB, propriétaire de Tefal. 

Les ustensiles figuraient dans la première mouture du texte. Mais les députés RN, LR et macronistes ont adopté un amendement les supprimant du dispositif (législature 16, vote 3626). L’argument avancé était économique. Le député Émeric Salmon (RN) évoquait les « 6 000 emplois menacés dans le domaine des ustensiles ». Alors même que les PFAS dans les poêles, pouvant être en contact avec les aliments, présentent un risque pour la santé.

Autre volet du texte : une redevance pour les industriels rejetant des PFAS dans l’environnement. Le député écologiste Nicolas Thierry avait également proposé un dispositif similaire dans le projet de loi de finances pour 2025. À chaque fois, le RN a voté pour la suppression ou le report de cette redevance (législature 17, votes 429, 850 et 3864, 3865). Si la mesure a finalement été adoptée, son périmètre a ensuite été restreint par décret, excluant une partie des industriels concernés

Le RN en croisade contre les zones à faibles émissions

Autre enjeu majeur de santé publique : l’impact de la voiture sur la qualité de l’air. Pour répondre aux obligations européennes en la matière, la France a mis en place des zones à faibles émissions (ZFE). Ces dispositifs restreignent l’accès des véhicules les plus polluants à certaines villes. L’enjeu est crucial : environ 40 000 décès par an seraient attribuables à l’exposition aux particules fines (PM2,5). 

Plusieurs études montrent que ces zones réduisent la pollution et améliorent la santé des populations exposées. Une étude récente sur la ZFE de Londres observe une baisse de 6 à 8 % des admissions aux urgences pour causes cardiovasculaires et respiratoires. Leur efficacité dépend toutefois du développement d’alternatives crédibles à la voiture individuelle.

Et c’est là le problème : les ZFE sont perçues comme des contraintes lorsqu’elles ne s’accompagnent pas d’alternatives abordables. Sauf que, plutôt que de renforcer les dispositifs d’accompagnement, notamment pour les ménages modestes, le RN défend purement et simplement la suppression des ZFE. Rejeté par une majorité de députés, le texte de suppression du RN a néanmoins reçu le soutien des députés de droite Les Républicains (législature 16, vote 827).

Autre offensive contre les ZFE : les groupes RN, LR et LFI sont parvenus à faire supprimer de la loi toute référence aux ZFE (législature 17, vote 2190). Lors de la discussion, le RN a voté contre tous les amendements cherchant à maintenir les ZFE en les assouplissant, notamment par des dérogations ponctuelles ou en annulant l’obligation pour les grandes agglomérations (législature 17, votes 2155 et 2184). Cette suppression des ZFE a depuis été censurée par le Conseil constitutionnel. 

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Alimentation : le RN défend une alimentation néfaste pour la santé

Notre santé dépend aussi de notre assiette. D’après l’Inserm, la qualité nutritionnelle de l’alimentation influence le risque de nombreuses pathologies, comme certains cancers, les maladies cardiovasculaires, l’obésité et le diabète. Pour réduire ces risques, le Programme national nutrition santé (PNSS) recommande d’augmenter la consommation de fruits et légumes, de légumineuses (lentilles, haricots), de privilégier les céréales complètes et les produits issus de l’agriculture biologique. Et de limiter la consommation de viande, d’alcool, de boissons sucrées et d’aliments trop gras, sucrés et salés. En gros : des assiettes diversifiées, plus végétales, et moins grasses.

L’alimentation n’est toutefois pas qu’une affaire de choix individuels. Les pratiques agricoles et industrielles, comme la présence de cadmium, d’additifs nitrés ou encore les produits ultra-transformés, peuvent aussi affecter la qualité des aliments et donc la santé.

À l’Assemblée, le RN figure parmi les groupes les moins engagés sur la santé alimentaire. Le groupe ne vote que dans 8 % des cas en faveur d’une alimentation plus saine, moins sucrée et plus végétale. « Ces résultats ne m’étonnent pas, commente Benoit Granier, responsable alimentation et santé au Réseau Action Climat. C’est la gauche qui propose l’essentiel de mesures pour améliorer la santé des Français, y compris sur la question de l’alimentation. Mais ces mesures reçoivent systématiquement des avis défavorables du gouvernement et l’opposition de la droite et de l’extrême droite ».

Le RN contre la taxation sur le sucre dans l’alimentation 

Lors de l’examen du financement de la Sécurité sociale, le RN a voté contre plusieurs amendements renforçant la taxation des produits sucrés. Il s’est notamment opposé à des amendements visant à augmenter les taux de la « taxe soda » (législature 17, votes 223 et 3539). Le groupe a aussi rejeté plusieurs dispositions portées par des députés Modem, Horizons et écologistes proposant d’étendre cette fiscalité aux sucres ajoutés dans tous les produits alimentaires et pas seulement les boissons (législature 17, votes 225, 226, 227 et 3545).

Les enfants sont particulièrement exposés au sucre. Sur ce sujet, le RN a soutenu, avec plusieurs autres groupes, une proposition de loi interdisant l’ajout de sucre dans les préparations destinées aux enfants de moins de trois ans (législature 17, vote 5847). Mais son entrée en vigueur reste conditionnée à son inscription à l’ordre du jour du Sénat et à sa conformité au droit européen. Sur une mesure plus immédiatement applicable, le RN a botté en touche. Le groupe s’est opposé à une nouvelle taxe sur les sucres ajoutés dans les produits pour enfants, introduite par plusieurs sénateurs Renaissance et LR (législature 17, votes 3541 et 3540).

L’extrême droite contre le Nutri-score

Le Nutri-score (ce logo à 5 niveaux du vert au rouge) permet d’améliorer l’information des consommateurs sur la qualité nutritionnelle des aliments. Sauf qu’il reste facultatif en France en raison de l’opposition de l’agro-industrie. Sur ce sujet, le RN a voté contre son caractère obligatoire (législature 17, votes 4514 et 4515) et contre son affichage sur les supports publicitaires (législature 17, votes 229, 4512 et 4513). Il a aussi rejeté une proposition visant à taxer la publicité des aliments au Nutri-score défavorable (législature 17, vote 359).

Sur les enjeux de nutrition, le RN s’est aussi opposé à la création d’une taxe sur la publicité pour la « malbouffe » (aliments riches en sucre, sel et matières grasses ; législature 17, votes 228, 3552 et 3567). Les produits ultra-transformés sont aussi souvent pointés du doigt : leur consommation est liée à un risque élevé de plusieurs maladies comme le diabète et certains cancers. Et pourtant, le RN a voté contre leur taxation, proposée par un député du groupe de droite Horizons (législature 17, votes 221 et 4013).

En revanche, le RN a soutenu plusieurs mesures consensuelles concernant les influenceurs, notamment l’interdiction aux moins de 16 ans de promouvoir des boissons sucrées et des produits trop sucrés et salés (législature 16, votes 1352, 1341 et 1353).

Interdiction des additifs nitrés et alimentation végétarienne : le RN est contre

Sur les additifs nitrés, utilisés dans la charcuterie et le jambon et associés à un risque cancérogène, le RN s’est opposé à plusieurs mesures de régulation. Il a voté contre leur interdiction (législature 16, votes 1378, 1377 et 1380) et contre l’obligation d’un étiquetage spécifique pour les produits qui en contiennent (législature 16, vote 1379). Le RN s’est aussi abstenu sur l’interdiction de produits contenant des additifs dans les cantines d’écoles, d’hôpitaux et de maternités (législature 16, vote 1381).

Le groupe d’extrême droite s’est aussi opposé à plusieurs mesures favorisant l’alimentation végétarienne, pourtant bénéfique pour la santé. Il a voté contre plusieurs amendements imposant des menus végétariens dans les cantines scolaires (législature 16, votes 1370, 1372 et 1373). Le RN a aussi rejeté un amendement encourageant la culture des légumineuses, essentielles dans l’alimentation végétale et reconnues pour leurs bénéfices nutritionnels (législature 16, vote 3796).

Concernant les cantines, le RN a soutenu l’assouplissement des obligations prévues par la loi Egalim, qui fixe des objectifs en matière d’alimentation plus durable et de qualité en restauration collective (législature 17, vote 1449).

Sur le cadmium, le RN contre leur limitation

Le cadmium, métal lourd présent en grande quantité dans nos assiettes, a fait l’objet d’un important débat médiatique. Il est reconnu comme cancérogène pour le poumon en milieu professionnel et est suspecté, via l’alimentation, d’augmenter le risque de cancer du pancréas. Encore une fois, la population qui trinque et le RN ferme les yeux. Le groupe d’extrême droite a voté contre un texte visant à relever les seuils de cadmium autorisés dans les engrais agricoles (législature 17, vote 7303), mesure adoptée avec le soutien de la gauche et du bloc macroniste.

Le RN contre la rénovation thermique des logements

La qualité des logements est un enjeu de santé publique encore insuffisamment pris en compte en France. De nombreux problèmes de santé sont liés à la salubrité et la performance énergétique des habitations. Les logements mal isolés exposent davantage aux vagues de chaleur et à des risques cardiovasculaires. Concernant la qualité de l’air intérieur, l’humidité et les moisissures favorisent certaines pathologies respiratoires, comme l’asthme et les allergies.

La précarité du logement a aussi des effets sur la santé mentale, en particulier dans les situations d’insalubrité et de surpeuplement, pouvant entraîner dégradation de l’image de soi et stress. Sans compter les accidents domestiques, dont le risque augmente dans les logements non conformes aux normes de sécurité. Les populations les plus modestes, du fait des inégalités d’accès à un logement décent, sont les premières exposées.

Opposition du RN aux travaux de rénovation thermique

Le RN s’est opposé à plusieurs dispositifs incitant à la rénovation thermique (législature 16, vote 3224 ; législature 17, votes 316 et 4053). Une aberration, sachant qu’en France, environ 5 millions de logements principaux sont des passoires thermiques, soit près de 15% du parc. Le RN a par exemple voté contre la mise en place d’un reste à charge zéro pour les ménages modestes réalisant des travaux de rénovation (législature 17, vote 2594). Sur MaPrimRénov’, principale aide publique pour les particuliers, les positions du RN sont plus ambivalentes. Le groupe d’extrême droite s’est abstenu ou a voté pour l’augmentation de son budget (législature 16, votes 132, 302 et 490; législature 17, vote 3899).

Sur ce sujet, les positions du RN sont surtout destinées à défendre les propriétaires bailleurs. Le groupe a soutenu plusieurs dispositifs d’incitation financière quand ces derniers engagent des travaux de rénovation énergétique (législature 16, vote 272 ; législature 17, vote 3815). En parallèle, il s’est opposé aux mesures visant à rendre ces rénovations contraignantes ou à limiter la location de passoires (législature 16, vote 491 ; législature 17, votes 219, 660, 661, 662, 665, 670 et 3809). Le groupe a aussi porté des amendements pour assouplir le diagnostic de performance énergétique (DPE) des logements en location saisonnière (législature 16, votes 3153 et 3163).

Concernant l’insalubrité des logements, le RN s’est abstenu sur le rétablissement d’une hauteur minimale sous plafond de 2,20 mètres (législature 16, votes 3245 et 3246). Cette norme, longtemps en vigueur, a été modifiée par décret en 2023. Désormais, le critère repose sur un volume habitable minimum de 20 mètres cubes : un studio de 10 m² peut ainsi être considéré comme décent avec une hauteur sous plafond de seulement 2 mètres. Soutenus par la gauche, ces votes pour rétablir le seuil de 2,20 mètres n’ont pas été adoptés.

La santé au travail : les positions ambivalentes du RN

Le travail a aussi un impact sur la santé. Pour le prouver, il suffit de regarder l’espérance de vie des cadres, qui est d’environ six ans supérieure à celle des ouvriers. Les conditions de travail, la pénibilité, l’environnement professionnel et la nature des activités ont donc un impact direct sur la santé. Cela concerne aussi les pathologies liées à certaines professions (troubles musculosquelettiques, postures sédentaires), l’exposition à des agents chimiques, les risques d’accidents (chutes, incendies, machines), les contraintes physiques (bruit, chaleur), mais aussi les risques psychosociaux (stress professionnel, burn-out).

À l’Assemblée, le RN a adopté des positions ambivalentes, votant parfois pour, parfois contre les mesures visant à mieux protéger la santé des travailleurs. Le groupe d’extrême droite a par exemple voté pour un amendement visant à mieux prendre en compte la santé au travail et la prévention des risques dans les négociations professionnelles. Il a aussi soutenu un amendement introduisant des indicateurs d’entreprise sur la santé des travailleurs âgés (législature 16, vote 963; législature 17, vote 2908).

Mais sur d’autres textes pourtant favorables à la santé au travail, le RN s’est opposé ou abstenu. C’est le cas des amendements pour augmenter les cotisations des entreprises n’ayant pas agi face à un risque avéré de maladie professionnelle (législature 16, votes 1004 et 1095 ; législature 17, votes 202, 3476, 3477). Même opposition sur le burn-out : le RN a voté contre la création d’une contribution pour les entreprises dont le taux de burn-out dépasse un certain seuil (législature 17, votes 3475 et 3504).

Un timide soutien du RN pour l’activité physique

Les bénéfices de l’activité physique sur la santé sont largement documentés. Elle réduit le risque de mortalité, améliore le bien-être et la qualité de vie, prévient certaines maladies chroniques et cardiovasculaires, et réduit l’obésité et le risque de certains cancers. Ces enjeux sont d’autant plus importants que les habitants des pays industrialisés sont de moins en moins actifs, tant dans le cadre professionnel que dans la vie quotidienne.

Sur ce sujet, le RN a soutenu plusieurs amendements consensuels visant à renforcer la promotion de l’activité physique. Le groupe d’extrême droite a voté en faveur d’une meilleure sensibilisation aux risques de la sédentarité et d’une hausse des crédits publics pour les clubs sportifs (législature 16, vote 2862 ; législature 17, votes 6057, 6053 et 6054).

En revanche, le RN s’est aussi opposé à plusieurs mesures favorisant la mobilité active, notamment le vélo. « Le développement de sa pratique permet d’économiser des frais de santé », rappelle Robin Ehl, de l’ONG Oxfam, citant une étude publiée dans The Lancet. Le RN a voté contre l’augmentation des subventions pour les aménagements cyclables (législature 16, vote 2863) et contre la réduction de certaines taxes pour les entreprises disposant de stationnements vélos (législature 17, vote 278). Il a aussi été le seul groupe à soutenir la suppression du crédit d’impôt concernant les vélos d’entreprise (législature 17, vote 273). 

Les députés d’extrême droite ont également voté contre la réduction du taux de la taxe de solidarité additionnelle (TSA) sur les contrats d’assurance prenant en charge des approches non médicamenteuses, dont l’activité physique (législature 17, votes 3449 et 3450).

Alcool : Le RN s’oppose à toute réglementation 

C’est bien connu : l’alcool est nocif pour la santé. Sa consommation augmente les risques de cancers, d’hypertension, d’accidents vasculaires cérébraux, de cirrhoses et de troubles cognitifs et psychiques. Résultat : l’alcool est responsable en France d’environ 11% des décès prématurés chez les hommes et 4% chez les femmes, avec un impact encore plus marqué chez les jeunes.

Si les risques augmentent avec la dose, la consommation d’alcool n’est jamais sans risque. « D’ailleurs, c’est faux de dire que seul l’abus d’alcool est dangereux pour la santé », rappelle Bernard Basset, de l’association Addictions France. En fait, la moitié des cancers attribuables à l’alcool en Europe concernent des consommations faibles ou modérées.

Si les scientifiques sont unanimes sur les dangers de l’alcool, le personnel politique est plus prudent. En cause, le lobby viticole, qui exerce une influence importante pour limiter les réglementations et les hausses de taxes et les campagnes de sensibilisation. Les liens entre pouvoir politique et filière viticole se manifestent à l’Assemblée nationale à travers le groupe d’étude « vigne, vin et œnologie », co-présidé par Hervé de Lépinau, député RN connu pour ses positions climatosceptiques et hostiles aux droits des femmes. « C’est un groupe qui n’a jamais invité un seul professionnel de santé », rappelle Bernard Basset, qui le décrit surtout comme caisse de résonance des positions du lobby du vin.

Le RN est l’un des plus grands défenseurs de l’alcool à l’Assemblée nationale. Sur les 17 votes analysés, le groupe d’extrême droite n’a voté en faveur de la réglementation que dans 6 % des cas. L’argument du RN : il ne faut pas toucher à un produit phare du patrimoine et de l’identité française.

Le RN contre l’augmentation des taxes sur l’alcool 

Le groupe de Marine Le Pen a ainsi voté contre plusieurs amendements visant à étendre la cotisation sécurité sociale (CSS) à tous les alcools, aujourd’hui limitée aux boissons de plus de 18 % d’alcool (législature 17, votes 232 et 3560). Il s’est également opposé à la création d’une nouvelle taxe sur les publicités pour l’alcool (législature 17, votes 233, 3562, 3566 et 3563).

Le RN a aussi voté contre plusieurs amendements élargissant la fiscalité des alcools « prémix » à certains produits associant alcool fort et boissons énergisantes, les « vody », devenues tendance chez les jeunes. Seuls le RN, l’UDR et les députés LR ont rejeté cet élargissement (législature 17, votes 3538 et 4509).

Des votes en faveur de l’affaiblissement de la réglementation sur l’alcool

En plus de la fiscalité, le RN a soutenu plusieurs mesures assouplissant la réglementation sur la vente d’alcool : suppression des commissions communales de débit de boisson et suppression de l’obligation pour les producteurs de transmettre un échantillon de leurs boissons à l’administration (législature 17, votes 1361 et 1451). Le RN a aussi soutenu la possibilité de vendre des alcools forts sur les marchés, aujourd’hui interdite. Pour développer le tourisme lié à l’alcool, les députés d’extrême droite ont souhaité alléger les règles encadrant les dégustations lors des visites de caves et distilleries (législature 17, votes 2416 et 2418).

En matière de prévention, le RN s’est abstenu sur la mise en place d’un plan de prévention du syndrome de l’alcoolisation fœtale (législature 17, vote 4575), une pathologie grave liée à la consommation d’alcool pendant la grossesse. Il a en revanche voté pour un amendement consensuel intégrant l’alcool à la sensibilisation aux risques cardio-neuro-vasculaires (législature 17, vote 6052).

Addictions : le RN soutient des mesures contraires à la santé

Sur les addictions, le RN a soutenu des positions éloignées des recommandations sanitaires. Le groupe a voté pour la suppression des « haltes soins addictions » (législature 17, vote 4610), des structures qui permettent une consommation supervisée de drogue afin de réduire les risques sanitaires. Les évaluations menées sur les deux sites ouverts, à Paris et Strasbourg, concluent à une réduction des risques et à une diminution des troubles associés aux usages de drogue dans l’espace public.

Autre addiction : les jeux d’argent et de hasard, qui peuvent entraîner des difficultés financières, de l’isolement social et des troubles psychiques. Reconnue comme pathologie, cette addiction touche beaucoup les jeunes. « Sauf que lorsqu’une pratique addictive débute tôt, elle laisse une empreinte sur le cerveau et accroît la vulnérabilité à d’autres addictions par la suite », souligne le médecin Bernard Basset.

Les groupes RN, UDR et LR ont bloqué une réforme de la fiscalité sur les jeux d’argent portée par le gouvernement (législature 17, vote 231). L’objectif était d’augmenter les taxes sur plusieurs jeux (paris hippiques, paris sportifs, poker en ligne). Le RN a aussi voté contre l’instauration d’un plafond de dépenses pour les 18-25 ans dans les jeux en ligne monétisables (législature 16, vote 2779) et s’est abstenu sur leur réglementation (législature 16, votes 2777, 2778 et 2776).

Le RN s’est aussi opposé à l’inclusion des paris hippiques dans la contribution des opérateurs de jeu d’argent au financement des dépenses de l’Assurance maladie (législature 17, vote 3554), une contribution qu’il a aussi refusé d’augmenter (législature 17, vote 3555).

En parallèle, le RN a soutenu plusieurs mesures de protection des personnes exposées aux addictions, comme par exemple l’obligation pour les opérateurs de jeux en ligne monétisables de vérifier qu’un joueur ne fait pas l’objet d’une interdiction volontaire de jeu (législature 16, votes 1348, 2790, 2789).

Conclusion : offensive contre les agences environnementales

Notre analyse montre une chose : le RN, avec l’autre groupe d’extrême droite, l’UDR d’Éric Ciotti, est le groupe le moins favorable à la défense de la santé des Français à l’Assemblée nationale.

Cerise sur le gâteau, le RN est avec la droite LR à l’initiative d’une offensive contre  plusieurs agences administratives protégeant la santé, qu’il tente d’affaiblir voire de supprimer. Parmi les structures ciblées, l’ANSES, chargée d’évaluer les risques sanitaires liés à l’alimentation, à l’environnement et au travail (législature 17, vote 1430). Autres organismes visés : l’ADEME (législature 17, vote 1399), le Conseil national de l’air (législature 17, vote 1404), la Commission nationale de la déontologie et des alertes en matière de santé publique et d’environnement (législature 17, votes 1368, 1369 et 1370) et l’Observatoire de l’alimentation (législature 17, vote 1357). Concernant la pollution sonore, le RN a soutenu la suppression de deux instances : l’Autorité de contrôle des nuisances sonores et aéroportuaires et le Conseil national du bruit (législature 17, votes 1378 et 1406). 

Dernier coup de hache : la suppression votée par le RN de l’instance de concertation du plan d’action national pour la réduction des émissions d’ammoniac et de protoxyde d’azote (législature 17, vote 1358). Ces émissions sont liées notamment aux élevages intensifs, un modèle fortement soutenu par le RN. Elles contribuent fortement à la pollution des sols et de l’eau ainsi qu’à la prolifération d’algues vertes en Bretagne. Encore un vote où la santé des Français semble être la dernière des priorités du Rassemblement national.

Position de vote du Rassemblement national sur 8 scrutins à l'Assemblée en lien avec la santé des Français.

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