L’Amazonie a-t-elle franchi un point de bascule ?

Amazonie deforestation Photo Andre Penner

L’Amazonie est peut-être le premier sujet de notre série d’articles sur le climat dont 100% des lectrices et lecteurs ont déjà entendu parler. Cette région naturelle d’Amérique du Sud que nous avons étudiée à l’école est si immense et si riche qu’elle ne peut laisser personne indifférent(e).

La forêt amazonienne fait très souvent l’actualité à cause de la déforestation massive qu’elle subit depuis des décennies. En revanche, l’actualité de cette année s’est emballée : la déforestation à grande échelle de la forêt amazonienne pourrait la transformer… en savane.

Comment une forêt tropicale pourrait-elle devenir une savane ? Est-ce seulement possible, et aussi simple que les gros titres l’ont annoncé ? L’Amazonie est-elle vraiment le poumon vert de la planète ?

Pour y répondre, nous avons reçu l’aide d’Emilie Joetzjer, chercheuse à l’INRAE.

L’Amazonie est plus qu’une forêt

La richesse de l’Amazonie est si grande qu’il faudrait plusieurs livres pour en tracer seulement les contours. C’est la plus grande forêt tropicale au monde (5,5 millions de km²) et elle s’étale dans neuf pays : le Brésil (67%), la Bolivie (11%), le Pérou (13%), mais aussi la Colombie, le Venezuela, l’Équateur, la Guyane (France), le Suriname et le Guyana.

Seuls quelques ordres de grandeur peuvent permettre de s’en rendre compte :

  • 390 milliards d’arbres et environ 16 000 espèces différentes, représentant 13% du nombre total d’arbres sur la planète.
  • Elle abrite 10% de la biodiversité mondiale, et les scientifiques précisent que des milliers d’espèces n’ont pas encore été répertoriées. On estime que chaque espèce d’arbres abrite en moyenne environ 150 espèces d’insectes et plantes différentes (en France, c’est seulement 10).
  • L’Amazonie représente la moitié des forêts tropicales du monde.
  • Une surface d’environ 5,5 millions de km², soit 10 % des terres émergées.

Contrairement à une idée reçue, la forêt amazonienne n’est pas inhabitée, bien au contraire. Au moins 34 millions d’habitants y vivent, principalement des peuples indigènes et communautés locales (IPLCs), couvrant environ 35% de l’Amazonie. Et… incroyable ! Ce ne sont pas des personnes à qui leur cerveau a dit de détruire leur environnement… C’est entre autres pour cette raison que nous devrions leur donner la place qu’ils méritent lors des négociations climatiques.

Photo d'Izabella Teixeira, ancienne ministre brésilienne de l'environnement à la COP26. Crédit : Sebastião Salgado
Photo d’Izabella Teixeira, ancienne ministre brésilienne de l’environnement à la COP26. Crédit : Sebastião Salgado

Déforestation locale, enjeu mondial

La déforestation massive en Amazonie ne date pas du début des années 2000… mais a commencé dans les années 1960 ! Notamment grâce aux incitations gouvernementales à défricher les terres pour la production agricole, qui ont coïncidé avec des outils plus efficaces comme les tronçonneuses et les bulldozers (innovation technologique !).

Le rythme de la déforestation s’accélère dans les années 1970 et 1980, lorsque les subventions agricoles et les projets d’infrastructures, tels que les autoroutes, les barrages et les mines, attirent les travailleurs et l’industrie dans la forêt tropicale. En 1988, des images satellites révélaient que l’Amazonie avait déjà perdu plus de 10 % de sa superficie originelle.

Le Brésil, qui abrite plus de forêts tropicales que tout autre pays et plus de la moitié de la forêt amazonienne, a réduit le défrichement de 80 % entre 2005 et 2012, ce qui a permis de diminuer considérablement ses émissions. Une meilleure surveillance de la forêt, une meilleure application de la loi, des pratiques agricoles plus efficaces et des initiatives du secteur privé visant à mettre fin à la vente de biens cultivés sur des terres illégalement déboisées ont contribué à faire baisser le taux de déforestation.

Evolution de la déforestation en Amazonie brésilienne de 2004 à 2020 
(en milliers de km²/an)
Source : INPE, via Statista
Evolution de la déforestation en Amazonie brésilienne de 2004 à 2020
(en milliers de km²/an)
Source : INPE, via Statista

Deux ordres de grandeur à retenir sur l’Amazonie :

  • Sur les quarante dernières années, 800 000 km², soit 1.5x la France, ont été détruits (image ci-dessous).
  • De 2000 et 2018, la déforestation a atteint 513.016 km2, une surface aussi grande que l’Espagne, soit 8% de la surface totale.

Une légère accalmie… avant Bolsonaro

Si les taux de déforestation ont ralenti au début du 21e siècle, ils ont récemment rebondi. En Amazonie brésilienne, par exemple, nous voyons depuis 2018 les taux annuels augmenter pour atteindre leurs niveaux les plus élevés en une décennie. En 2019, la déforestation a de nouveau augmenté – avec des taux 85 % plus élevés qu’en 2018. Ces chiffres impressionnants coïncident avec l’arrivée au pouvoir de Bolsonaro, président brésilien, et accessoirement, climatosceptique notoire.

Carlos Nobre, spécialiste mondial de l’Amazonie, estime ainsi qu’environ 17 % de la forêt amazonienne a été déboisée, principalement pour l’élevage du bétail et les plantations de soja. Malgré les plaintes de crime contre l’humanité, ce n’est visiblement pas près de s’arrêter. En déclarant à l’ONU “on ne peut pas affirmer que l’Amazonie appartient au patrimoine de l’humanité“, le signal est très clair : il fait ce qu’il veut, la déforestation, les incendies volontaires et l’agriculture intensive ont de beaux jours devant eux. Et tant pis pour les conséquences.

Comment observer et surveiller la déforestation ?

Surveiller la déforestation d’une forêt aussi grande que l’Amazonie signifie surveiller une forêt qui fait plusieurs fois la France. Seule solution : les images satellites.

L’Institut national de recherche spatiale du Brésil (INPE) met à disposition via le portail TerraBrasilis les données issues du système satellitaires PRODES pour la surveillance de la déforestation de l’Amazonie. La politique de transparence des données, adoptée par l’INPE depuis 2004, permet un accès complet à toutes les informations générées par les systèmes de surveillance. L’INPE surveille en permanence la qualité des données sur la déforestation, qui ont actuellement un indice de précision supérieur à 95%.

Il fallait auparavant plusieurs mois, voire années, pour obtenir des résultats. L’équipe en charge de la surveillance reçoit aujourd’hui chaque jour des images et est capable d’alerter les autorités dès le lendemain, notamment en cas d’activités suspectes. En 2017, l’INPE avait déjà alerté sur le niveau le plus élevé de déforestation en 10 ans, soit 7.900km², l’équivalent d’un million de terrains de football

Observation de la déforestation entre 2008 et 2020 en Amazonie via Terra Brasilis
Observation de la déforestation entre 2008 et 2020 via Terra Brasilis

La situation empire depuis que Jair Bolsonaro est au pouvoir. La déforestation étant un sujet éminemment politique, la souveraineté des États qui se “partagent” l’Amazonie doit être mise en parallèle avec leur rôle dans le réchauffement climatique et ses conséquences planétaires. S’intéresser à l’Amazonie et son possible point de bascule (i.e. transformation en savane), c’est aussi comprendre les forces politiques et géopolitiques en présence.

NB : répondre à la question “à qui appartient l’Amazonie ?” n’est pas le sujet de l’article, mais si le sujet vous intéresse, voici une petite vidéo très bien faite.

Conséquences de la déforestation en Amazonie

Les conséquences de la déforestation sont multiples et variées. Depuis que Bolsonaro et ses complices ont envie “d’apporter le progrès en Amazonie“, les risques pour la biodiversité, le climat et des millions d’habitants ont augmenté. En voici les principaux.

1/ Un cycle de l’eau perturbé

Grâce à Eneas Salati, nous savons que l’Amazonie recycle environ 30% des précipitations qui tombent sur le bassin via la transpiration des arbres et l’évaporation des sols : c’est l’évapotranspiration.

C’est le point le plus important à comprendre pour la suite : la déforestation perturbe le cycle de l’eau en Amazonie. S’il y a moins d’arbres, il y a tout simplement moins de précipitations, et donc plus de sécheresses.

Représentation schématique des effets en cascade dans le système végétation-pluie en Amazonie
Source : Zemp & al. 2016
Représentation schématique des effets en cascade dans le système végétation-pluie
Source : Zemp & al. 2016

Plus concrètement : moins il y a d’arbres, moins il y a de pluie, plus il y a un risque d’augmentation des sécheresses et donc de savanisation. Les chercheurs ont par la suite cherché à savoir à partir de quelle quantité de déforestation le cycle se dégraderait jusqu’à un point de bascule, c’est-à-dire que le cycle hydrologique ne puisse plus soutenir les écosystèmes de la forêt tropicale.

Ajoutez à cela les effets du changement climatique et vous avez le cocktail parfait pour avoir des problèmes. Si le cycle de l’eau est perturbé, cela vaut notamment pour les sécheresses, mais aussi les inondations, l’hydrologie des rivières, la vie aquatique, etc.

2/ Augmentation des aléas climatiques

Carlos Nobre en parlait dès 1990 dans un article publié dans Science : “si nous déboisons certaines parties de l’Amazonie, elle deviendra une savane. Le climat post-déforestation ne sera plus un climat très humide comme celui de l’Amazonie. Il deviendra plus sec, avec une saison des sécheresses beaucoup plus longue, comme les longues saisons des sécheresses des savanes des tropiques en Afrique, en Amérique du Sud et en Asie“. L’idée n’est donc pas nouvelle, et comme nous allons le voir, des dizaines d’études sont depuis sorties pour aborder ce sujet. Deux points importants à retenir :

  • SANS changement climatique et avec déforestation à hauteur de 40% de l’Amazonie, on a des chances d’atteindre un point de bascule (notamment le Nord et le Sud-Est).
  • AVEC changement climatique, le point de bascule pourrait être atteint avec seulement 20 à 25% de déforestation ! Pour au final se retrouver avec 50 à 60 % de la forêt amazonienne qui se transformerait en savane.

Sachant que la déforestation a déjà concerné 17% de l’Amazonie, que les sécheresses (dont 2005, 2010, 2015-2016) et les feux dégradent petit à petit l’état de la forêt, et que l’on s’attend dans le futur à plus de sécheresses et de déforestation, nous comprenons les alertes répétées des scientifiques sur le risque de “point de bascule”.

3/ Augmentation des émissions de CO2 et réchauffement climatique

C’est très certainement la conséquence la plus médiatisée de la déforestation : elle entraîne une augmentation des émissions de CO2 et une diminution de l’absorption de carbone par les arbres, puisqu’il y en a moins ! Le rapport du Global Carbon Project 2021 vient d’être publié et indique qu’en moyenne, cela représente à l’échelle mondiale 4.1 GtCO2/an sur les 10 dernières années.

Destination des émissions anthropiques de CO2 (2011-2020)
Source: Friedlingstein et al 2021; Global Carbon Project 2021
Traduction : Bon Pote

Au cours de la dernière décennie, les émissions mondiales nettes de CO2 dues au changement d’affectation des terres ont été de 4,1 milliards de tonnes, avec 14,1 milliards de tonnes de CO2 émises par la déforestation et d’autres changements d’utilisation des terres, et 9,9 milliards de tonnes de CO2 éliminées par la repousse des forêts et la régénération des sols. Pour comprendre les détails et les incertitudes liés aux calculs, le rapport est ici.

Enfin, détail important et non des moindres, expliqué par Philippe Ciais : “On se rend compte que même si la forêt n’est pas coupée, elle peut perdre beaucoup de carbone en étant dégradée. Soit par des incendies de sous-bois, qui ne tuent pas les grands arbres mais appauvrissent les étages inférieurs, soit par des prélèvements sélectifs d’arbres de valeur. Nous avons montré qu’aujourd’hui les trois quarts des pertes de carbone proviennent de ces dégradations, et pas de la déforestation.

4/ Risque sur les populations et érosion de la biodiversité

Si une partie de la forêt amazonienne a déjà été coupée et si la partie restante est d’ores et déjà menacée, cela a des conséquences directes sur la biodiversité, et donc les populations vivant en Amazonie. Le rapport de l’IPBES en 2019 alertait déjà là-dessus : des populations entières vivent uniquement grâce à leur environnement proche. Si vous remplacez cette biodiversité par de la monoculture intensive, les populations autochtones, quand elles ne sont pas déjà menacées de mort, seront obligées de migrer pour survivre.

Le climat et la biodiversité sont indissociables, nous rappellent le GIEC et l’IPBES. Ne pas sortir de cette vision anthropocentrée où seul l’intérêt de l’Homme compte revient à prendre le risque d’un effondrement du système dans lequel nous sommes englués depuis au moins 50 ans. Rappelons également que l’IPBES alerte sur les risques de zoonoses (maladie ou infection naturellement transmissible des animaux vertébrés à l’homme), dont la Covid nous donne un aperçu des maladies que nous pourrions avoir en continuant la déforestation et l’artificialisation des sols.

L’Amazonie est-elle le “poumon vert de la planète” ?

Avant de répondre à la question du point de bascule, revenons sur une idée reçue concernant l’Amazonie, souvent présentée comme “le poumon vert de la planète”.

Amazonie, poumon de la planète ?
Source : https://www.wwf.fr/espaces-prioritaires/amazonie

Premièrement, et au même titre que les océans qui sont parfois appelés “poumon bleu” un poumon ne produit pas d’oxygène, il l’inhale ! Aussi, l’Amazonie ne produit pas d’oxygène. C’est vrai à l’échelle de la feuille, mais l’écosystème entier est lui plus ou moins à l’équilibre. Deuxièmement, ce qui nous intéresse ici, c’est le bilan net de carbone. Il est en revanche plus juste d’appeler la forêt amazonienne, en tant que forêt tropicale humide, “un climatiseur de la Terre“.

En effet, grâce à la photosynthèse, la forêt utilise le CO2 atmosphérique, le stocke dans le sol et le bois, et rejette de l’oxygène. La forêt respire également, et rejette une partie de CO2 dans l’atmosphère. Comme elle absorbe plus de CO2 qu’elle n’en rejette, on dit que la forêt amazonienne est un puits de carbone. Aujourd’hui, environ 1/3 des émissions de CO2 anthropiques sont absorbées par la biosphère continentale, principalement les forêts.

Néanmoins, on observe une diminution de la capacité de puits de carbone (Brienen et al. 2015) depuis les années 1990. Si l’Amazonie absorbe moins de carbone, c’est à cause des aléas climatiques, et notamment les sécheresses intenses et « exceptionnelles » qui ont frappé le bassin à plusieurs reprises dans les trois dernières décennies.

Plus les émissions de CO₂ se poursuivront à l’avenir, moins le système naturel sera en capacité d’absorber du carbone pour compenser une partie de nos émissions, créant ainsi une rétroaction positive. “Dans les scénarios d’augmentation des émissions de CO2les puits de carbone océaniques et terrestres seront moins efficaces pour ralentir l’accumulation de CO2 dans l’atmosphère.

Source : Global Carbon Project

Maintenant que nous avons tous les éléments en main, attaquons-nous à ce fameux sujet du point de bascule.

Qu’est-ce qu’un point de bascule ?

Bien que le principe soit connu depuis plusieurs décennies par les scientifiques, ce n’est que récemment que le point de bascule est explicitement utilisé. Le GIEC y fait référence dans son 4ème rapport pour la première fois, puis y fait désormais référence dans chaque rapport (et rapports spéciaux). Dans son rapport spécial 1.5, voici la définition donnée au point de bascule :

Degré de changement des propriétés d’un système au-delà duquel le système en question se réorganise, souvent de façon abrupte, et ne retrouve pas son état initial même si les facteurs du changement sont éliminés. En ce qui concerne le système climatique, le point de bascule fait référence à un seuil critique au-delà duquel le climat mondial ou un climat régional passe d’un état stable à un autre état stable.

La deuxième notion très importante, est l‘irréversibilité : “terme qualifiant l’état perturbé d’un système dynamique à une échelle temporelle donnée, quand le temps nécessaire à la restauration du système par les processus naturels est nettement plus long que le temps nécessaire à l’atteinte de cet état perturbé”.

GIF représentant ce qu'est un point de bascule, comme celui de l'Amazonie
Illustration schématique du passage d’un « point de basculement »
sur le site climatetippingpoints.info

Notons que ces points de bascule peuvent être soit provoqués par des fluctuations naturelles du climat, soit par un forçage externe, tel que le réchauffement climatique. Ces points de bascule, dont l’avènement est plausible dans les un à deux siècles à venir (voire avant) avec les émissions anthropiques, sont susceptibles d’entrainer une trajectoire irréversible. Il faudrait alors des siècles, voire des millénaires, pour revenir à la situation initiale.

Ces points de bascule sont nombreux et variés : on retrouve bien sûr la forêt amazonienne, mais aussi la fonte de la banquise arctique, la fonte partielle (Antarctique) ou totale (Groenland) des calottes glaciaires, les changements de la circulation thermohaline, la transformation de la forêt amazonienne en savane, l’affaiblissement de la mousson estivale indienne, le dégel du pergélisol (qui libèrerait des gaz à effet de serre), etc. Voici une carte qui résume les principaux points de bascule théoriques à partir d’un certain degré de réchauffement moyen global :

Carte mondiale des possibles points de bascule en cascade
Source : Will Steffen et al. PNAS 2018

À quel point devons-nous nous inquiéter ?

Le réchauffement climatique n’induit pas une « linéarité » des impacts : les conséquences d’un réchauffement de +3°C ne sont pas simplement le « double » des conséquences d’un réchauffement de +1,5°C , elles sont bien plus graves, avec notamment les risques de « boucles de rétroaction positives ».

Il est aussi très important de comprendre que ces points de bascule sont difficiles à définir précisément, et une fois déclenchés, ils ne mènent pas forcément à un changement abrupt et immédiat du climat : le changement est bel et bien acté une fois le « seuil » passé, mais les conséquences peuvent s’étaler sur des siècles voire des millénaires, comme dans le cas de la hausse du niveau marin.

A-t-on franchi un point de bascule en Amazonie ?

Plusieurs éléments sont à prendre en compte lorsque l’on évoque le point de bascule en Amazonie. Chaque papier scientifique sorti sur le sujet permet de faire les gros titres, de vendre beaucoup de papier… Mais cela ne reflète en rien la complexité du phénomène et les limites des études.

Répondons à la question en cinq points.

1/ Bien définir le “point de bascule”

L’année 2021 a été très riche en publications scientifiques sur l’Amazonie et la possibilité d’un point de bascule. Mais il est important de bien savoir de quoi on parle.

Tout d’abord, de “quel point de bascule” : ici, le passage de l’Amazonie forêt tropicale à l’Amazonie savane. La presse entière s’est enflammée sur la publication de Gatti & al (2021) en mentionnant un point de bascule, mais l’étude ne parle pas de la même chose ! En effet, c’était pour indiquer que l’Amazonie n’était désormais plus un puits de carbone, mais une source de CO2. Encore une fois, il faut lire l’étude et la méthode, qui s’avère être bien plus compliquée que les gros titres.

Ensuite, il est important de connaitre le périmètre du point de bascule. En effet, est-ce que l’on parle de toute l’Amazonie, ou plus particulièrement d’une zone géographique ? Au cours des 40 dernières années, l’est de l’Amazonie a été soumis à plus de déforestation, de réchauffement et de stress hydrique que la partie occidentale, surtout pendant la saison sèche, le sud-est connaissant les tendances les plus fortes.

2/ Que dit le GIEC sur le point de bascule en Amazonie ?

Contrairement à ce que l’on peut parfois entendre, le GIEC n’a pas du tout fait l’impasse sur ces phénomènes climatiques, et les a d’ailleurs très bien documentés dans les travaux du groupe 1 du 6ème rapport. Associés à chaque point de bascule, nous retrouvons le niveau d’incertitude et le niveau de risque de le franchir. Tout ceci est bien évidemment également étudié, notamment avec les modèles climatiques, qui ont pour but de comprendre comment ces points de bascule ont pu arriver par le passé, et quels sont les risques que cela arrive dans le siècle ou les deux siècles à venir.

Dans le 6ème rapport, le GIEC n’exclut pas un point de bascule pour l’Amazonie, avec plus de précisions que dans le précèdent rapport :

C.3.2 La probabilité de résultats à faible probabilité et à fort impact augmente avec les niveaux de réchauffement planétaire (confiance élevée). Des réponses abruptes et points de basculement du système climatique, tels qu’une forte augmentation de la fonte de la calotte glaciaire de l’Antarctique et le dépérissement des forêts, ne peuvent être exclues (confiance élevée).

AR6 chap.1 : “à l’échelle régionale, des changements abrupts et des points de basculement, tels que le dépérissement de la forêt amazonienne et l’effondrement du pergélisol, se sont produits dans des projections avec des modèles du système terrestre (Drijfhout et al., 2015 ; Bathiany et al., 2020 ; chapitre 4, section 4.7.3).”

Box TS.9 : “À l’échelle régionale, des réponses abruptes, des points de basculement et même des inversions de la direction du changement ne peuvent être exclus (confiance élevée). Certains changements abrupts et points de basculement régionaux pourraient avoir impacts locaux graves, tels qu’un climat sans précédent, des températures extrêmes et une fréquence accrue des sécheresses et des feux de forêt”.

“La poursuite de la déforestation de l’Amazonie, combinée à un réchauffement du climat, augmente la probabilité que cet écosystème franchira un point de bascule vers un état sec au cours du 21e siècle (confiance faible). (4.8, 8.6.2, Encadré TS.9)”

Publication temporaire du 6ème rapport du GIEC (table 4.10).
On peut y voir le degré de confiance associé à chaque “point de bascule”

3/ Critères et incertitudes autour du point de bascule

Il est extrêmement compliqué d’affirmer qu’un point de bascule sera franchi en Amazonie, car cela dépend de plusieurs éléments scientifiques, mais aussi politiques :

  • Incertitude locale et politique : on ne peut pas affirmer avec certitude ce qu’il va se passer pour la déforestation, puisque cela dépend de décisions politiques. On ne sait jamais, Bolsonaro pourrait prendre la décision historique d’arrêter la déforestation et entreprendre un plan gigantesque de reforestation ! Pourquoi pas.
  • Incertitude globale : le réchauffement est mondial et cela ne dépendra pas que des pays où se trouve l’Amazonie. Rappelons que le CO2 n’a pas de frontières et que l’Amazonie souffre autant des mines de charbon allemandes que d’un influenceur français qui fait des A/R le week-end à Dubaï.
  • Incertitude scientifique : la recherche continue et progresse sur le sujet, que ce soit sur la réponse de la forêt aux changements globaux, ou sur l’estimation de la probabilité d’un point de bascule. On estimait avant un point de bascule possible à 40% de déforestation, il est aujourd’hui plutôt autour de 20-25%, avec le changement climatique. Autre point : l’incertitude persiste concernant le fait de savoir si ce point de bascule sera réversible ou pas.

Il ne faut pas regarder uniquement le CO2. Deux autres points ont récemment été plus précisément pris en compte :

  • l’impact sous-évalué du méthane, qui se produit par effet anaérobie, très présent dans les mangroves, mais aussi dans les forêts très humides.
  • l’impact de la diminution de l’évapotranspiration, qui va modifier le micro-climat ou plutôt le climat local à l’échelle de l’Amazonie.

4/ Les effets combinés

Le dernier rapport du GIEC indique qu’avec la poursuite du réchauffement, chaque région pourrait subir de façon différenciée plus d’évènements climatiques extrêmes, parfois combinés, et avec des conséquences multiples. Cela a plus de chances d’arriver avec un réchauffement à +2°C que 1,5°C (et d’autant plus avec des niveaux de réchauffement supplémentaires). Traduisez “combinés” par ‘plusieurs en même temps’.

C’est ce que les dernières recherches scientifiques montrent en Amazonie. Avec le changement climatique, nous constatons une intensification et l’allongement de la saison sèche, ainsi qu’une augmentation de la fréquence des sécheresses, ce qui est amplifié par la déforestation. Ces conditions augmentent le risque de mégafeux. Avec ces différents stress, les arbres seront rendus plus fragiles et plus vulnérables aux maladies.

A quel degré de réchauffement mondial aurait-on un point de bascule ?

En 2016, trois chercheurs expliquaient que selon eux, « les bons objectifs climatiques avaient été choisis à Paris » (lors de la signature de l’Accord de Paris, de conserver la température moyenne « nettement en dessous de 2°C » et de « poursuivre l’action » pour la « limiter à 1,5°C par rapport aux niveaux préindustriels »). Pour appuyer leurs propos, ils montraient dans la figure ci-dessous que ces objectifs (« Paris range », en gris) permettent d’éviter au maximum de déclencher des points de basculement potentiellement désastreux (la couleur du jaune au rouge indiquant le niveau de risque de « bascule »).

Même si certaines études montrent qu’un réchauffement climatique de 4°C serait le point de basculement vers la dégradation des savanes dans la majeure partie de l’Amazonie centrale, méridionale et orientale, il est très difficile de l’estimer avec certitude. Ce que nous savons en revanche avec certitude, c’est que nous observons déjà des problèmes, on se doute que cela va continuer, et que cela sera de pire en pire du fait de la non linéarité des aléas climatiques.

Solutions pour éviter le pire !

Après ces mauvaises nouvelles en série concernant l’Amazonie qui pourrait devenir une savane, il est important de préciser que nous pouvons encore éviter le pire ! Il existe plusieurs solutions pour agir concrètement et éviter ce point de bascule :

  • Réduire l’agriculture intensive commerciale, notamment le pâturage bovin, le soja, huile de palme, le café, etc.
  • Réduire l’exploitation minière et forestière
  • Réduction des émissions causées par le déboisement et la dégradation des forêts (REDD +) : axer l’effort visant à attribuer une valeur monétaire au carbone stocké dans les forêts, ce qui permet d’inciter les pays en développement à réduire les émissions de CO2 liées aux terres boisées et à investir dans des modèles de développement à faible émission de carbone afin d’atteindre un développement durable. Au passage, une étude de Heinrich & al suggère que les forêts secondaires tropicales séquestrent le carbone jusqu’à 20 fois plus vite que les forêts anciennes !
  • Réguler la finance, notamment le trading des matières premières.
  • Meilleure gestion des communs : considérer l’Amazonie comme un bien commun qui n’appartient pas qu’aux 9 pays, et qui est nécessaire pour la survie d’une partie de l’humanité.

Aussi, et bien que Bolsanaro soit complètement irresponsable vis-à-vis des enjeux climatiques, il n’est pas le seul responsable. C’est toute la chaîne qui l’est, de la production à la consommation.

Il y a des milliards d’euros en jeu et Bolsonaro ou pas, c’est tout le système économique qui est à changer. C. Nobre estime que si les entreprises font pression pour une chaîne d’approvisionnement sans déforestation et sont très rigoureuses à cet égard, la déforestation sera nulle en moins de cinq ans. Vous aurez reconnu quelques noms ci-dessus qui participent aux feux et à la déforestation en Amazonie…

Le mot de la fin

Définir et estimer un point de bascule en Amazonie est aussi complexe que compliqué. Voici les principaux points à retenir :

  • L’Amazonie est la plus grande forêt tropicale au monde (5,5 millions de km²) et s’étale dans neuf pays.
  • En 40 ans, la forêt amazonienne a perdu environ 17% de sa surface.
  • La forêt amazonienne est un puits de carbone qui contribue à absorber une partie de nos émissions.
  • La déforestation a de multiples conséquences : elle perturbe le cycle de l’eau, elle augmente les émissions de CO2, participe à l’érosion de la biodiversité, et oblige des milliers (voire des millions) d’habitants à migrer.
  • La capacité du puits de carbone de la forêt amazonienne est « menacée », par la déforestation mais aussi par les sécheresses, les feux de forêts et les effets combinés.
  • Le point de bascule fait référence à un seuil critique au-delà duquel le climat mondial ou un climat régional passe d’un état stable à un autre état stable.
  • Se concentrer sur le seul rôle de puits de carbone de la forêt est une erreur. La dégradation de la forêt impacte aussi la biodiversité et les millions de personnes qui y vivent.
  • Un point de bascule peut être d’abord franchi dans le sud-est de l’Amazonie, sans que cela soit le cas pour l’ensemble de la forêt amazonienne.
  • Nous avons encore les moyens physiques et politiques de préserver la forêt amazonienne !
Chico Mendes, défenseur de l'Amazonie, activiste, et mort assassiné.
Chico Mendes, défenseur de la forêt Amazonienne, activiste, et mort assassiné.

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Commentaires

14 Comments

  1. CB 8 décembre 2021

    Salut BonPote,
    Très bon article encore une fois, j’ai juste l’impression qu’il y a une petite erreur dans l’un des chiffres de l’introduction, à moins que l’on parle du continent américain peut-être: “Une surface d’environ 5,5 millions de km², soit 10 % des terres émergées”.

    Répondre
  2. Ddu 25 novembre 2021

    Excellent article très objectif encore une fois.

    Répondre
  3. Dotou 25 novembre 2021

    Salut BonPote,

    Merci pour cette article encore au top ! Sais tu s’il y a des travaux qui ont été fait sur combien coute et rapporte la déforestation en Amazonie?
    Comme tu le dis dans dans ta conclusion, peu importe qui est au pouvoir, il y a des enjeux en milliards d’euros derrière.
    Ce que je me demande c’est si on donnait un prix au carbone stocké a combien doit être la tonne pour être compétitive par rapport a la déforestation… Des pistes ?

    Deuxième question, y a-t-il des études qui montrent quels serait l’impact de reboiser l’Europe ? Parce qu’on regarde souvent les forêts tropicales (Amérique ou Asie ) disparaître en oubliant qu’en Europe on a réduit nos forêts en très grande partie depuis des années.

    Encore merci pour ce boulot!

    Répondre
    1. Justin 25 novembre 2021

      Reboiser?
      Avec quoi? des espèces locales qui von tmourrir avec l eréchauffement climatique? des espèces non locales qui supporteront le futur réchauffement climatique? Des espèces qui poussent vites mais brûlent tout aussi vite?
      Et reboiser, c’est détruire les zones non boisées (champs, prairies, landes,…) mais est on prêt à accepter la perte de biodiversité dans ces endroits?
      Le prix idéal du carbone serait aux alentours de 200 ou 300€ la tonne (perdu la source)… il est de 44€ en France

      Répondre
  4. Justin 24 novembre 2021

    Réduire l’agriculture intensive commerciale, notamment le pâturage bovin, le soja, huile de palme, le café, etc.

    A noter que 1/3 de la déforestation est dûe aux “petits” agriculteurs (on l’oublie souvent)
    Ces mêmes agriculteurs produisant BEAUCOUP moins par unité de surface que l’agriculture “commerciale”
    => si on abandonne l’agriculture commerciale, il faudra BEAUCOUP plus de surface cultivé au dépend de la … forêt… zut
    => si on abandonne l’agriculture commerciale on tombe dans l’agriculture de subsistance => il faudra que tout le monde retourne à la ferme et rien que construire des routes et des habitations ça va agraver la déforestation…. zut
    Rappel , l’huile de palme est ce qui produit le plus d’huile pas unité de surface… changer par une autre culture nécessitera plus de surface cultivée… zut

    Réduire l’exploitation minière et forestière

    Et comment on va faire nos maisons en bois “bio climatiques” plutôt qu’en béton si on n’exploite plus la forêt?
    Et comment va t’on se chauffer “vert” avec des pellets de bois d’amazonie si on n’en importe plus?
    Et comment va t’on construire nos batteries, nos éoliennes, nos panneaux photovoltaïque, sans mine ni pétrole?

    Bref, il n’y a pas de solution simple à des questions compliquées…

    Répondre
    1. Pierre 24 novembre 2021

      Vous partez du postulat que c’est l’agriculture intensive qu’il faudrait réduire. Alors effectivement, ça rendrait impossible la production de viande (entre autres…) dans les mêmes quantités via l’agriculture « de subsistance », sans déforester encore plus.
      Mais si on partait plutôt du postulat de réduire drastiquement notre consommation de viande, une bonne partie du problème de cette déforestation serait immédiatement éliminée: forte réduction de la surface des terres agricoles utilisées pour mettre les troupeaux, forte réduction de la surface des terres agricoles utilisées pour faire pousser le soja consommé par ces mêmes animaux. Ainsi, plus besoin de continuer la déforestation, on pourrait même reforester une partie de la surface perdue depuis 40ans et continuer de manière contrôlée l’agriculture intensive sur l’autre partie de la surface déjà déforestée.
      Il en va de même pour l’huile de palme. Plutôt que de remplacer par une autre huile, pourquoi ne pas réduire notre consommation de produits (souvent ultra transformés en ce qui concerne l’alimentation et donc mauvais pour notre santé) plutôt que de chercher à remplacer?
      Le problème majeur vient du désir de continuer à consommer coûte que coûte, autant voire plus, et toujours moins cher.

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      1. Justin 25 novembre 2021

        Les vaches bouffent l’intégralité d’une plante, nous, que la graine, et vu qu’on va être 2 milliards de plus d’ici peu il faudra bien les nourrir.
        Quant à l’huile de palme, ça sert aussi à faire des biocarburants “vert”… et l’huile de palme ou le soja en produisent 4x plus que le colza/tournesol/… par unité de surface en europe….

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    2. Ddu 25 novembre 2021

      Vous mettez le doigt exactement là où ça fait mal: en effet, si l’on peut énumérer plein de solutions pour protéger la biodiversité ou le climat, on ne parle pas assez des conséquences de ces solutions. En fonction des conséquences, on ne résoudrait pas forcément le problème mais on déplacerait le problème. Exemple: les énergies fossiles. C’est simple: éliminons-les! Electrifions au maximum et le tour est joué! Mais électrifier voudrait dire entre autres choses, utiliser beaucoup plus de cuivre. Le pic d’extraction du cuivre n’est pas bien loin… C’est aussi utiliser beaucoup de lithium de cobalt et de nickel pour les batteries. C’est aussi utiliser beaucoup de terres rares… Qu’à cela ne tienne: soyons beaucoup plus sobres et consommons moins! Moins consommer, veut dire que je diminue la quantité de produits fabriqués en masse sur le marché. Si je diminue la quantité de produits de masse, les couts fixes par unité s’envolent. On aura accès à beaucoup moins de produits y compris de produits technologiques très utiles à notre société comme des produits liés à la santé qui sont hautement technologiques. Sans parler des conséquences sociales d’une baisse de la consommation qui induirait une baisse de la production et donc une augmentation du chomage. Il faudrait compter sur la bienveillance des plus riches pour accepter une meilleure répartition des richesses. Et les plus riches, c’est nous. Il faut bien se rappeler qu’un smicard francais fait partie des 15% les plus riches de la planète… Sommes-nous prêts à aider l’Afrique? Notre priorité est ailleurs comme le démontre le jaune sur les rond-points.

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      1. Cautain 25 novembre 2021

        Tout a fait Ddu .
        Même la décroissance impérative aura ses limites , sauf que dans ce cas là , une décroissance qui sera hélas subie et non choisie , ce sera , faute de ressources naturelles épuisées , le retour inévitable massif et vivrier aux champs. !!! Si si . Et donc ça engendrera forcément de l emploi mais transféré .
        La technologie très energivore ne résoudra rien , pas plus que l illusion des batteries etc ….
        Nous ne sommes qu a l’ aube du crépuscule ….

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      2. Pierre 26 novembre 2021

        Je suis d’accord avec vos arguments concernant l’arrêt des énergies fossiles et l’électrification. Mais ce n’est pas vraiment le sujet de cet article.
        Le problème de déforestation de l’Amazonie est certes en partie lié à l’huile de palme utilisée en biocarburant, mais dans une plus large mesure, c’est lié à l’agriculture alimentaire. Et pour régler ce point-là, il existerait pourtant UNE mesure simple à prendre: Réduire très fortement (de 80%?) sa consommation de viande, surtout de viande de vache.
        – besoin de moins de surface pour élever les animaux
        – besoin de 80% de surface en moins pour nourrir ces animaux
        – les éleveurs auront moins d’animaux, mais pourront donc mieux s’en occuper, donc réduction de la maltraitance animale
        – les éleveurs vendront moins de viande mais de meilleure qualité, donc probablement pas de perte de revenus
        – les surfaces libérées peuvent donc servir à produire de la nourriture pour les humains, donc on conserve les emplois et on nourrit autant les hommes.
        – on soulage le stress hydrique de nombreuses régions, parce que la production de viande a un coût en eau colossal comparativement à n’importe quelle autre production agricole
        – on réduit fortement la pollution des cours d’eau lié à l’élevage
        – moins de vaches = moins de méthane = moins de rechauffement climatique
        – sans parler des bénéfices sur la santé d’un régime alimentaire avec moins de viande
        – etc.

        Seul point négatif que je vois (mais il y en a peut-être d’autres): un peu de chômage dans le transport et les abattoirs parce qu’il y aura moins d’animaux à déplacer et à abattre. Mais bon, quelques gens sans emploi contre la sauvegarde de la planète, le calcul est vite fait.

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        1. justin 26 novembre 2021

          – les éleveurs auront moins d’animaux, mais pourront donc mieux s’en occuper, donc réduction de la maltraitance animale
          FAUX (plus d’exploitation = moins de possibilité de controler lesdites exploitations)

          – les éleveurs vendront moins de viande mais de meilleure qualité,
          FAUX aucun rapport

          – on soulage le stress hydrique de nombreuses régions, parce que la production de viande a un coût en eau colossal comparativement à n’importe quelle autre production agricole
          FAUX, ce que les vaches boivent, elles le repisse juste après

          – sans parler des bénéfices sur la santé d’un régime alimentaire avec moins de viande
          Y’a 2 milliard de personnes sur terre qui rêve d’avoir de la viande une fois par semaine….

          Répondre
          1. Pierre 26 novembre 2021

            – Si on diminue fortement la consommation de viande, il y aura logiquement moins de demande, donc une exploitation pourra passer de 100 vaches à 20. Il est raisonnable de penser que cela permettra de mieux prendre soin des animaux restants, et de mieux les nourrir. Donc viande de meilleure qualité et moins de souffrance animale
            – moins de lieux d’exploitation rend au contraire beaucoup plus facile le contrôle, puisqu’il n’y aura pas autant de lieux à contrôler. C’est un des gros problèmes actuellement (en France et probablement partout ailleurs), des mesures de contrôles existent mais il n’y a clairement pas assez de contrôleurs. Donc moins d’exploitations, c’est la possibilité pour ces quelques contrôleurs de faire un meilleur travail.
            – par rapport au stress hydrique, celui-ci est essentiellement lié aux cultures faites spécialement pour nourrir les animaux. On estime qu’il faut environ 15.000L d’eau pour produire un kilo de viande de bœuf, entre l’eau utilisée pour faire pousser ce que vont manger les vaches,, ce que boit l’animal (entre 70 et 100l par jour) et l’eau utilisée en abattoir.
            – la pisse de vache… je ne l’avais jamais lu celle-là. Je vous laisse donc consommer leur urine puisque vous semblez penser que l’eau et l’urine c’est la même chose… Mais même si l’urine était réutilisable, on sera encore très loin du compte pour récupérer l’eau utilisée pour produire ce que mange les animaux.
            – je n’ai pas parlé d’arrêter de manger de la viande, mais de réduire fortement. Et cette réduction n’a pas pour principe de se produire dans tous les pays, uniquement dans les pays riches qui en consomment beaucoup trop. Si tout le monde se contentait de manger de la viande une fois par semaine justement, la planète se porterait beaucoup mieux.
            – vous fantasmez sur les 2 milliards de personne qui «rêvent » de manger de la viande une fois par semaine. Ces personnes aimeraient manger à leur faim tous les jours, pas manger de la viande une fois par semaine. Il n’est absolument pas nécessaire de manger de la viande, même une fois par semaine, pour être en bonne santé.
            – Et quitte à manger de la viande une fois par semaine, n’importe quelle viande autre que le bœuf sera moins mauvaise pour l’environnement.

            Répondre
          2. Justin 27 novembre 2021

            Votre logique est illogique…
            Il n’y a pas assez de controleurs donc diminuons le nombre d’animaux par exploitation plutôt que réduire le nombre d’exploitation… illogique non?
            Quand à l’eau, il n’y a que très peu de culture irriguées (5% des surfaces françaises) … ON NE CONSOMME PAS l’eau de pluie! D’ailleurs, dites vous aussi dans la même logique que le toit de votre maison/voiture (ou votre capuche / parapluie) consomme de l’eau??? Illogique non?
            La qualité de la viande n’a AUCUN rapport avec le nombre d’animaux par d’exploitation … illogique!

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  5. Cautain 23 novembre 2021

    Avec tout ce que l on sait désormais depuis plus de 20 ans , je comprends pas pourquoi il ne existe pas un tribunal international radical supranational et immédiat. Pour juger tous les dictateurs et climatosceptiques du monde et les mettre hors d état de nuire !!
    Ou si besoin , vu le urgence , une armée de barbouze ultra équipée supra nationale pour éliminer toute ces pourritures .
    Les droits de l homme n ont pas , exceptionnellement , a intervenir ds ces cas : il s agit de la survie de l humanité .

    Répondre

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