Le rapport du GIEC pour les parents et enseignants

enseignants

Voici ce qu’a déclaré Valérie-Masson Delmotte lors de la conférence de presse de la publication du nouveau rapport du groupe 1 du GIEC, le 9 août 2021 :

“Nous aimerions que l’ensemble du rapport contribue à améliorer la connaissance du climat dans le monde entier, qu’il soit utilisé dans l’enseignement à l’échelle mondiale pour les adolescents et les étudiants, afin qu’ils puissent acquérir les dernières et meilleures connaissances disponibles.”

Message entendu !

Un article a déjà été réalisé pour synthétiser les documents SPM (résumé pour décideurs) et TS (Technical Summary). Même synthétisé, le vocabulaire utilisé n’est pas forcément très accessible. En effet, malgré les efforts de communication du GIEC, ces résumés restent parfois un peu difficiles à lire.

C’est pourquoi je vous propose ici une version ‘grand public’, quelque chose que j’aurais aimé lire pour commencer. Cette version se veut accessible à toutes et tous, peu importe votre niveau d’études. Les enseignant(e)s et professeur(e)s pourront également se l’approprier pour faire découvrir ces sujets déterminants pour notre avenir. C’est la première fois dans l’histoire qu’un rapport scientifique a et aura autant d’importance, tant sur le plan scientifique, politique, géopolitique et économique.. Cela mérite l’attention de toutes et tous, et un peu de travail pour le rendre accessible.

Cet article est composé de 3 parties :

  • Qu’est-ce que le GIEC
  • Les messages clefs du rapport
  • Observer le changement climatique et ses possibles évolutions et conséquences

Puis un bonus avec des infographies, que vous pourrez sauvegarder, partager, imprimer… tout ce que vous voulez pour faire passer le message !

1/ Qu’est-ce que le GIEC

Le Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC) a été créé en 1988 en vue de fournir des évaluations détaillées de l’état des connaissances scientifiques, techniques et socio-économiques sur les changements climatiques, leurs causes, leurs répercussions potentielles et les stratégies de parade.

  • Le GIEC n’est pas une association de personnes physiques, mais une association de pays : ses membres sont des nations, non des personnes physiques. Les personnes qui siègent aux assemblées du GIEC ne font que représenter des pays membres.
  • La transparence du GIEC est totale, tout est sur le site Internet : comment se fait la sélection des auteurs, sur quels documents ils se basent, comment les rapports sont approuvés, etc..
  • Le GIEC n’est pas un laboratoire de recherche. C’est un organisme qui effectue une évaluation et une synthèse des travaux de recherche menés dans les laboratoires du monde entier.
  • Il y a 3 principaux groupes de travail (les working groups) et une Task Force (groupe de soutien) :
    • Le premier rapport (ici étudié) traite de la compréhension physique du système climatique et du changement climatique.
    • Le second portera sur les impacts, l’adaptation et la vulnérabilité des sociétés humaines et des écosystèmes au changement climatique
    • Le troisième abordera les solutions globales à mettre en œuvre pour atténuer le changement climatique et ses effets. Les groupes 2 et 3 doivent approuver leurs rapports en février et mars 2022. Le rapport de synthèse est prévu pour septembre 2022.
  • Le GIEC ne fait pas de recommandations, mais des projections.
  • Le GIEC fait une synthèse de tous les articles scientifiques, à condition que ces travaux aient été validés par les pairs (peer reviewed) dans une revue scientifique.
  • Chaque ligne du résumé pour les décideurs est validée par un délégué, qui représente un pays

Les messages clefs du rapport

Voici les messages clefs à retenir que le GIEC a mis en avant dans son résumé pour décideurs :

L’état actuel du climat

A.1 Il n’y a plus aucun doute : l’homme réchauffe l’atmosphère, les océans et les terres. Ces changements sont généralisés et rapides.
A.2 L’ampleur des changements climatiques actuels n’a pas été observée depuis des siècles, voire des milliers d’années.
A.3 Les preuves d’une responsabilité humaine (dite anthropique) dans les vagues de chaleur, les pluies torrentielles, les sécheresses et les tempêtes tropicales sont beaucoup plus fortes.

Futurs climatiques possibles

B.1 Le réchauffement des températures se poursuivra au moins jusqu’en 2050, mais nous pouvons encore éviter un réchauffement de 2°C, voire de 1,5°C, par rapport à l’ère préindustrielle si nous réduisons fortement les émissions de gaz à effet de serre très rapidement.
B.2 Avec le réchauffement de la planète, on assistera à une augmentation de la fréquence et de l’intensité des chaleurs extrêmes sur terre et dans les océans, des pluies diluviennes, de la sécheresse dans certaines régions, des tempêtes tropicales, ainsi qu’à une diminution de la glace de mer arctique, de la couverture neigeuse et du pergélisol.
B.3 A l’échelle mondiale, les moussons connaîtront des extrêmes plus importants, entre humidité et sécheresse.
B.4 Si les émissions de CO2 continuent d’augmenter, les océans et les terres seront de moins en moins capables d’en absorber.
B.5 Certains impacts seront irréversibles pendant des milliers d’années, comme la fonte des calottes glaciaires et l’élévation du niveau des mers.

Informations climatiques pour l’évaluation des risques et l’adaptation régionale

C.1 Les phénomènes climatiques naturels tels qu’El Niño et La Niña continueront d’avoir un certain impact sur certaines régions à petite échelle, mais dans l’ensemble, ils auront peu d’impact sur la tendance à long terme du réchauffement de la planète.
C.2 Comparé à un réchauffement à +1.5°C, les impacts seront plus importants avec un réchauffement de 2°C . En d’autres termes, chaque fraction de degré que nous pouvons éviter compte.
C.3 Même si l’effondrement des calottes glaciaires et des circulations océaniques est peu probable d’ici 2100, nous ne devons pas ignorer cette possibilité.

Limiter le changement climatique futur

D.1 Pour mettre fin au réchauffement de la planète, il faut au moins atteindre la neutralité pour le CO2 et réduire fortement les émissions des autres gaz à effet de serre.
D.2 Une réduction rapide et brutale des gaz à effet de serre peut rapidement conduire à un climat plus stable et à une meilleure qualité de l’air.

Observer le changement climatique et ses possibles évolutions et conséquences

Les infographies dans le nouveau rapport du GIEC sont superbes, notamment celles du résumé pour les décideurs. Ces cartes/infographies permettent de visualiser comment le climat a évolué et ses possibles évolutions en fonction de nos émissions. En voici quelques-unes (liste non exhaustive).

FIG 1 du nouveau rapport du GIEC
Figure SPM.1

Grâce à cette Figure SPM.1, nous pouvons voir instantanément que la vitesse de réchauffement est ‘sans précédent’. Le graphique de droite (un zoom de la figure de gauche, de 1850 à nos jours), permet de visualiser ce qui se passe lorsque l’on change d’échelle. On voit clairement que nous avons atteint environ 1,1 à 1,2°C de réchauffement par rapport aux niveaux préindustriels, ce qui ne peut pas être expliqué par les seules causes naturelles (en bleu).

 Figure SPM.2
Figure SPM.2

FIGURE SPM.2 : comprendre le forçage radiatif est très important lorsque l’on cherche à savoir ce qui provoque le réchauffement et comment la science le démontre. C’est une base indispensable et je recommande vivement que vous y passiez quelques minutes.

Ici nous voyons les barres (marges) d’erreur en action. Cela montre que les scientifiques tiennent compte de l’incertitude, élément clef lorsque l’on s’aventure à lire un rapport du GIEC (et/ou n’importe quel rapport scientifique). Qu’est-ce que cela signifie ?

Dans le scénario exceptionnellement improbable où toutes les influences humaines se situent au bas de leurs barres d’erreur et où toutes les influences naturelles se situent au haut, cela ne suffirait pas à expliquer le réchauffement. C’est ainsi que les scientifiques peuvent se permettre de dire “sans équivoque“.

 Figure SPM.3
Figure SPM.3

Figure SPM.3 : voici une infographie qui permet de voir, selon les évènements météorologiques extrêmes, quelles régions seront touchées et avec quel degré de confiance.

Le GIEC rappelle également que “les facteurs naturels et la variabilité interne moduleront les changements causés par l’homme, surtout à l’échelle régionale et à court terme, avec peu d’effet sur le réchauffement climatique centennal“. Ces modulations sont importantes à prendre en compte dans la planification de l’ensemble des changements possibles, et notamment pour la gestion des risques.

FIG 10 du nouveau rapport du GIEC
Figure SPM. 10

FIGURE SPM.10 : cette figure illustre la chose la plus importante du rapport : chaque tonne émise participe au réchauffement. Cela veut bien dire que nous avons entre nos mains notre avenir climatique, et moins nous émettrons de gaz à effet de serre, moins nous subirons de conséquences irréversibles et catastrophiques.

Atlas interactif

Le GIEC a mis à disposition un Atlas intéractif extrêmement bien fait, qui permet de voir les effets du réchauffements sur les différentes régions du monde, avec un réchauffement de +1.5°C, +2°C, +3°C, etc… La prise en main est très rapide et parlera à tout le monde, même les plus jeunes.

BONUS : INFOGRAPHIES

Le contenu des infographies ci-dessous est le même. Il existe volontairement plusieurs formats et couleurs, pour que chacun puisse sauvegarder/imprimer ce qu’elle ou il préfère :

Les traductions en plusieurs langues sont disponibles ici, et bientôt en format PDF pour impression !

Infographie des 13 points clefs du nouveau rapport du GIEC V1
Infographie des 13 points clefs du nouveau rapport du GIEC V2
Infographie des 13 points clefs du nouveau rapport du GIEC V verticale

Le mot de la fin

Si la synthèse était peut-être un peu longue et comprenait quelques termes difficiles en première approche, j’espère que cette synthèse vous aidera en tant que parent, professeur(e) ou enseignant(e) pour faire découvrir le sujet à toutes et tous.

Nous n’avons plus de temps à perdre : chaque tonne compte. Formons-nous, aidons les autres à se former, et passons à l’action. Si vous souhaitez en savoir plus, voici :

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Commentaires

34 Comments

  1. Dominique 16 septembre 2021

    Merci pour cette synthèse, et pour la lecture du rapport. A mon sens, l’obstacle majeur, pour avancer, devient le pessimisme des gens. Ils retiennent l’irréversibilité de notre mode de vie, et donc l’effet catastrophique de la poursuite de ce mode de vie sur le climat. L’écoanxiété et la solastalgie montent en flèche, et il faudrait donner des perspectives concrètes pour que le nombre de personnes qui décident d’agir augmente. Si le “c’est foutu” continue de se propager, c’est un très mauvais signe. J’essaie de rendre compte de ma propre expérience, de la façon dont je suis passée de presque 13 000 tonnes d’eqCO2 par an pour ma seule personne, à 6200. En 5 ans. C’est un processus long. Plus on avance, et plus on est capable d’avancer, car le défi apporte beaucoup de satisfactions (ne serait-ce que la certitude de pouvoir dire un jour : “je l’ai fait !”). Au contraire, plus on est défaitiste, moins on est capable d’agir. C’est un risque aujourd’hui bien plus réel que le scepticisme.

    Répondre
    1. Cautain 16 septembre 2021

      Comme moi Vous avancez en réduction dans votre rejet co2 , mais vous restez en confiance parce que au fond quel autre choix avons nous ?
      Pour ma part c est un sujet qu’ on prend hélas à la légère dans mon entourage et on se retrouve un peu isolé .
      Malgré mon empreinte modérée de 5 tonnes mais encore trop importante , je reste un doomiste , convaincu qu’ en effet il est beaucoup trop tard au vu de l inertie décisionnelle politique et de l ampleur colossale du problème pour se passer des 80 % des énergies fossiles qui nous alimentent toujours au quotidien et qu il faudrait laisser en terre .
      Par ailleurs toute action devrait mondiale et dés maintenant ! Car nous n avons plus de temps . Qui peut croire raisonnablement que les plus pollueurs vont diviser de suite par 10 leur émissions de co2 et retourner à l agriculture. Au lieu de regarder Netflix dans son salon confortable ou de. ” Bosser ” dans un bureau sur ordi. ???
      Le bisounourssisme peut se comprendre en se reposant par exemple sur l innovation et la technologie ,( de toute façon extractiviste ) mais c est a mon sens de débattre dans un verre d eau . Question d échelle.
      Il ne s’agit pas de pessimisme mais de réalisme accepté ….ou le plus souvent , pas .

      Répondre
    2. bdd13 16 septembre 2021

      Bonjour Dominique,
      Tout d’abord, il ne doit pas s’agir de 16000 tonnes, mais de 16 tonnes CO2/an/personne…. (ou 16 000 kg)
      Ce petit rectificatif effectué, je fais le constat que les efforts que je qualifierait de “standard”, nous amènent peu ou prou aux alentours des 5t + ou – 1 t.
      Les efforts pour y arriver sont déjà importants (choix du mode de chauffage et du transport, alimentation, habillement, suppression de l’avion etc….).
      Mais force est de constater que nombre de gens y adhèrent petit à petit.
      En revanche, l’étape suivante devient franchement lourde, et je pense qu’elle nécessite franchement l’aide structurelle gouvernementale, pour imposer des règles, car sinon, on se marginalise vite, au détriment de la vie sociale (rupture avec les amis, qui ont du mal à arriver au niveau d’acceptabilité. Par exemple, si vous dites à vos amis que vous avez des toilettes sèches, certainement beaucoup d’entre eux ne viendront plus vous voir).
      Il faut donc déclencher la prise de conscience généralisée pour l’étape suivante, et c’est la que la force institutionnelle doit intervenir.
      Pour le moment, on en est loin, mais quelques échéances électorales arrivent. Alors…..

      Répondre
  2. cautain 28 août 2021

    Ce que nous dit aimablement le GIEC dans son dernier rapport ( rapport resumé pour les decideurs )

    – ” Il y a une inertie climatique de 20 ans, voire 40 ans !-> c’est FAUX. Le GIEC vient de le confirmer dans le rapport. “Si nous réduisions les émissions à zéro demain, le monde cesserait probablement de se réchauffer. La question de savoir à quelle vitesse nous pouvons réduire les émissions de manière réaliste est une question de politique et d’économie, et non de science physique”, nous dit Zeke Hausfather ”

    il dit qu il n y aura pas d inertie climatique SI LES EMISSIONS DE GES SONT REDUITS A ZERO DEMAIN !! Or comment penser a cette absurdité d emissions nulles DEMAIN dans un monde energifié par 80 % d energie fossiles ???

    – ” Non, “tout n’est pas foutu, nous n’allons pas tous mourir“. Nous avons notre avenir climatique entre nos mains, il ne tient qu’à nous de réduire drastiquement nos émissions, rapidement, et de façon durable. ”

    donc REDUIRE + DRASTIQUEMENT + RAPIDEMENT + DURABLE ….. qui peut y penser serieusement dans le contexte mondial ?
    Rapellons que l objectif maxi ” viable ” de rejet de CO2 est de 2 tonnes / an / personne ! Or le francais moyen est a 10 tonnes …et l americain …a combien ??? Pensez vous que les occidentaux , les plus pollueurs , mais aussi les Chinois , vont diviser par 5 ou 10 leur emission de GES et donc diviser par 5 ou 10 leur PIB ( oui car energie , PIB , et GES , sont intmement liés ! ) , tout cela tres RAPIDEMENT …. ,???

    Conclusion ….??? Chacun va probablement monter en soi un scenario optimiste pour echapper a la realité inacceptable .

    Moi j ai un bilan carbone de 5 , ce qui est deja bien mais encore tres largement superieur a 2 . Cela fait il de moi un bon citoyen mondial ? Pas vraiment car c’est 7 milliard d ‘ autres humains qui doivent en faire autant et MAINTENANT !! pas Demain !!

    Dans un scenario ULTRA OPTIMISTE il faudra de toute facon DECROITRE imperativement et durablement , donc augmenter considerablement nos efforts , retourner massivement a l agriculture , reduire notre niveau de vie , reduire les services , les loisirs , les conforts etc ….. et ce , considerablement ! Et ce TOUS ENSEMBLE ET MAINTENANT !!

    Alors …possible ou pas possible dans ce monde ultra confortable gavé aux energies fossiles ??? Paradoxalement ce sont alors bien les pays les plus pauvres qui s’en sortiront le mieux .

    Répondre
  3. Tuuu 25 août 2021

    Je suis personnellement convaincu par le réchauffement climatique, je fais des efforts, mais je suis un peu pessimiste.

    Je me rends compte que notre monde, société est extrêmement dépendante aux énergies fossiles, que ce soit pour aller faire ses courses travailler ect… Remettre en question tout ca, c’est remettre en question notre paradigme.
    Plus le temps passe, plus je me dis que tout le monde est conscient, mais les efforts sont tellement dur à faire.
    Je pense à mon amie qui est issue d’une famille très pauvre, elle a bossé énormément (ingénieure) pour pouvoir enfin “profiter” de la vie, elle voyage tous les 3 mois en avion pour découvrir le monde, tout en étant pilote. Elle a battis sa vie pour ca, du coup y a un énorme déni à ce sujet.
    Et je me rends compte, que il y a peu de chance qu’on change, je ne dis pas ca pour rien faire, mais ca remets en question toute ma vision de l’avenir, je ne me vois pas avoir d’enfants, je ne pense plus long terme, je vois ca comme une échéance de quelques dizaines d’années.
    Je ne sais plus quoi faire, je vais certainement quitter mon boulot et essayer de trouver un sens.

    Répondre
    1. bdd13 26 août 2021

      Pour votre amie, rien n’est perdu. Les ingénieurs vont trouver tous les moyens pour conserver l’aéronautique à flots, car les enjeux sociétaux et financiers sont absolument énormes.
      Il y a de grandes chances qu’aboutissent des travaux sur des carburants de synthèse avec forte réduction d’émissions (probablement aux alentours de 80%). Des milliards de $ ont été et seront injectés dans cette filière (cf Bill Gates).
      Il restera le problème de la compensation (les émissions dites négatives), visant à prélever le CO2 à la source, ou directement dans l’atmosphère, pour rattraper les 20% d’émissions restants pour ces carburants. La concurrence sera rude, car nombre de secteurs comptent sur ces émissions négatives pour compenser leur incapacité à obtenir le “zéro émissions” brutes (on peut citer le domaine de la santé, de la défense, de l’agriculture pour les plus importants, et donc les plus prioritaires à cette élection).

      Je crois beaucoup moins à la filière hydrogène, plus difficile à mettre en œuvre (pas tant au niveau des avions eux-mêmes, qu’à toute la chaîne de distribution en amont, avec des coûts prohibitifs, et un schéma économique désastreux).

      Enfin, si votre ami est ingénieure, une des ses principales qualités est certainement l’adaptation…ce qui la place dans une position bien meilleure que nombre de ses congénères…

      Pour nous tous il y aura besoin d’adaptation. Et il faut aider tout le monde à le comprendre, pour que les solutions émergent suffisamment tôt pour que la transition ait une chance de bien se passer. Commencez par bien vous former, pour pouvoir discuter avec vos élus (maires, députés, conseillers départementaux, sénateurs), et les convaincre d’agir !
      Il y a du boulot, retroussez-vous les manches, comme BonPote !

      Répondre
      1. Cautain 26 août 2021

        Hélas contrairement à ce que vous espérez , la technologie ne sauvera en aucun cas l humanité du desastre annoncé . Car c est oublier un problème d échelle au regard de l’ampleur colossale des besoins , un problème de temps disponible ( il n y en a plus pour s adapter ) , et un problème physique ( la terre est finie et les ressources et déjà tres largement pillées ) . Miser sur la pseudo intelligence technologique est une des fuites deniesque courante . À part une très forte décroissance improbable pouvant être accompagnée de technologie pourquoi pas , nulle issue . Il suffit de bien s’informer en effet .

        Répondre
        1. bdd13 26 août 2021

          J’ai du mal m’exprimer. Je ne pense pas non plus que la technologie “sauvera l’humanité”.
          Je suis juste réaliste sur les quelques prochaines années. La puissance financière, industrielle et lobbyiste des majors est phénoménale, et ils pousseront les solutions techno à l’extrême.
          Vous avez un discours très défaitiste, de nature à mettre le moral à zéro. Pourtant, il y a encore des espoirs à obtenir un avenir, certes un peu limite, mais viable. On ne peut pas tolérer un discours aussi négatif pour nos enfants, et le GIEC nous donne toujours une fenêtre pour échapper justement au désastre.
          Il faut donc faire les efforts rapidement pour stopper ces foutus émissions. Les parachutes passent, quoi qu’on en dise, par un maximum de techno pour diminuer drastiquement l’utilisation des fossiles, et inciter l’ensemble du globe à la prise de conscience pour un monde consumériste plus intelligent.
          Cela dit, la probabilité d’un collapse n’est pas nulle, mais empêcher la technologie de corriger rapidement certains secteurs (l’aéronautique en est un, mais il y a aussi les technologies de l’acier, du béton de l’énergie, à décarboner) est tout aussi suicidaire.
          Il faut donc tout faire pour la sauvegarde de nos générations futures, en commençant par les informer, et corriger les déviances consuméristes de la civilisation occidentale.
          Je pense qu’il est important d’avoir une courbe d’évolution asymptotique, plutôt que de baisser les bras et attendre que les courbes s’écroulent. Même si je ne suis pas non plus particulièrement optimiste, et encore moins euphorique.

          Répondre
          1. Cautain 26 août 2021

            “. On ne peut pas tolérer un discours aussi négatif pour nos enfants, “.

            Vous avez raison et c est précisément ce point crucial et angoissant qui alimente le deni ou des forme édulcorées remplies d espoir et d utopie .

            Ce n est pourtant pas rendre service à ces enfants qui n ont rien demandé que de les onctualiser d espoir vains compte tenu de l énormité du problème .

            Le cerveau n est en effet pas en capacité d accepter une réalité factuelle scientifique et fatale . C est naturel le système hormonal fait son job de refoulement . Alors on s agite dans un verre d eau .

            Je n inventé rien dans mes propos , je lis ce que moultes scientifiques publient et alarment depuis 50 ans sans que rien ne se passe ou si peu à la marge.

            Alors oui l humain veut croire désespérément en une porte de sortie , mais la science qui indique que c est déjà trop tard ( le GIEC cité une mince fenetre d espoir QUE si on arrête DE SUITE les GES …..ce qui n arrivera pas . Par ailleurs le climat n est qu un des 10 dominos du drame ) ). et la politique des décideurs ( qui ne font rien ) disent autre chose .

            Répondre
          2. Tuuuu 26 août 2021

            Je vous remercie pour votre échanges, je trouve vos positions toutes aussi intéressantes.

            C’est vrai que je suis partagé entre le défaitiste total et se dire que rien ne change comme depuis des années, que je ne peux rien faire à mon échelle. Et d’un côté, le défaitisme pousse à l’inaction, c’est en ne faisant rien que c’est perdu.
            Je ne sais pas ou est ma place, je suis ingénieur dans l’aéronautique, je vois bien des efforts pour décarboner mais c’est anecdotique, moi même je me pose des questions, que vais je devenir? Je voulais un bon boulot et une bonne situation, ce sont des valeurs dépassés.
            Je ne sais même pas si avoir un enfant est une bonne chose ou non, lui donner vie pour qu’il vive pas ou très mal …

            Répondre
          3. Cautain 27 août 2021

            ” Je ne sais même pas si avoir un enfant est une bonne chose ou non, lui donner vie pour qu’il vive pas ou très mal ”

            Je comprend parfaitement votre questionnement légitime et oui c est contre nature .
            En effet n est ce pas d un égoïsme absolu que vouloir mettre au monde un enfant dont on sait déjà que il sera condamné d avance ??? Encore un tabou qu il faut glisser sous le tapis .
            Quiconque bien informe , et vous semblez l être , sur l effondrement qui arrive doit prendre alors ses responsabilités sur ce sujet .
            L espoir fou autruchien de s en sortir malgré tout et cette confiance folle en l humain ( euh pardon dans le mâle destructeur et décideurs au mépris des femmes écrasées ) , vaut il vraiment de prendre ce risque pour un pseudo avenir possible en l humanité ? .
            Je n ai pas d enfant ….ouf. ( J aurais tant aimé avoir une fille ) , ce qui me permet mes positions radicales et lucides . Je le conçois . J alimente juste un débat général . Tant que ” bon pote ” accepte mes messages . …..

            Répondre
          4. Tuuuui 28 août 2021

            Mais en même temps il est possible qu’on noircisse le tableau, et si ça s’arrangeait petit a petit et que tu peux avoir une fille sans problème ?
            Il y a cette incertitude, de plus en plus de gens prennent conscience et agissent pour le bien commun, comme vous et bonpote qui rends accessible à tout le monde ces informations.
            Est ce que la vie sans pétrole et vraiment pire? Je pense pas, c’est juste la transition qui va être compliqué, quand on est habitué à quelques chose on n’aime pas le perdre.

            Je continue à réfléchir à tout ca, je vais continuer à me renseigner et rejoindre le message de Vincent plus bas, de s’organiser et trouver son propre sens.

            Répondre
    2. Cautain 26 août 2021

      Vous avez parfaitement raison de vous inquiéter en conscience d’autant que la fiesta consumériste basée quasi à 80% sur le pétrole ( imaginer une seule journée sans le pétrole ….le monde s’écroule immédiatement !!) Ne durera pas des décennies . Votre angoisse est donc bien légitime . . Reste en effet alors à trouver un sens minimum dans ce cul de sac . Courage .

      Répondre
      1. Tuuu 26 août 2021

        C’est totalement ca que je pense, on ne peut pas vivre sans pétrole aujourd’hui.

        La vie classique, acheter un appartement, se marier avoir des enfants, tout ca à perdu de valeur à mes yeux,
        mais du coup quoi faire? voyager, profiter comme si il n’y aura pas de lendemain?
        Ce serait faire ce que je reproche, consumer notre planète et être égoïste.
        Des fois ca me donne l’impression que j’ai la prétention d’en savoir plus que les autres, que les autres sont aveugle et ne vois pas tout ce qui se trame, j’espère me tromper et que ca se passera mieux !
        J’essaye simplement de passer du temps avec mes proches,
        Quels sont vos objectifs de vie aujourd’hui?

        Répondre
        1. Vincent 26 août 2021

          Salut Tuuu,

          Puisque nous ne pouvons plus avoir confiance en nos représentants politiques, il faut organiser localement notre résilience, notre avenir et surtout celui de nos enfants : développement de lowtechs, permaculture, autonomie, coopération/collaboration, recréer du lien social, partager compétences et savoirs…etc. Cela peut constituer un bel objectif de vie, non ?

          Répondre
  4. Vincent 24 août 2021

    Répondre
  5. Vincent 24 août 2021

    Bonjour,

    C’est la première fois que je poste un commentaire sur ton site. Aussi, je tenais avant tout à te remercier et à saluer avec beaucoup de respect, l’immense travail d’informations et de réflexions que tu proposes ici !

    Si j’interviens, c’est que je suis moi-même enseignant (maths/sciences) en lycée et que cet article résonne avec un grand nombre de questions que je me pose aujourd’hui…
    – Le réchauffement climatique (d’origine anthropique) fait-il l’objet d’une adaptation des programmes à la hauteur des enjeux à venir ? (J’ai déjà la réponse…).
    – Plus généralement, la question de la responsabilité de notre modèle de développement civilisationnel occidental (disons, thermo-industriel et capitaliste) sur la destruction de la biodiversité, l’appauvrissement des sols, la pollution…etc. est-il, si ce n’est remis en question, au moins abordé de manière critique à l’école ? (Malheureusement, je crois que j’ai également la réponse…).
    – Comment aborder ces aspects avec nos “jeunes” ? Quid de leur avenir ??
    – Seront-ils réceptifs ? (Il y aurait bien des points à développer : problème de l’hyperconnectivité, des appels répétés par tous les médias au consumérisme…etc.).

    C’est pourtant bien eux, nos jeunes, qui devront faire face à la catastrophe annoncée.
    Alors, pour aller plus loin…
    – Devons-nous, nous enseignants, continuer “comme avant”, comme si tout allait bien, comme si “le monde d’après” pouvait être le même que celui que nous avons connu ?
    – Ne sommes-nous pas dans le mensonge ?
    – Devons-nous continuer à former des operateurs industriels, des techniciens, des ingénieurs pour qu’ils soient productifs, qu’ils fabriquent l’obsolescence programmée des objets de demain ou les fantasmagoriques nouvelles technologies censées nous sauver ?

    Ou plutôt…
    Ne devrions-nous pas former des maraichers, des réparateurs en tout genre, des permaculteurs, des experts en agroécologie, des artistes, des soignants, des éducateurs…etc. ?
    C’est tout un système éducatif et de formation à remettre en question !

    Je ne suis pas un littéraire, je me suis probablement exprimé un peu maladroitement mais j’espère que l’essentiel de mes idées seront passées (?).
    N’y a-t-il pas urgence à déclarer des états généraux de l’enseignement et de la formation ?
    Comment faire ???

    Répondre
    1. bdd13 24 août 2021

      La remarque est bien entendu pertinente… Je fais des interventions dans les Lycées et Collèges (ingé météo retraité). Je m’aperçois :
      – que les directeurs d’Etablissements découvrent avec effroi l’étendu du problème lorsqu’ils participent à la présentation.
      – que les enseignants sont conscients, je dirais à 50% (soit qu’il y en a la moitié au courant, soit qu’ils ne connaissent que des bribes).
      – que les élèves, sauf rares exceptions, découvrent (ou en ont entendu parler sans y croire, ou sont bourrés de fakes).
      De là il ressort quelques précautions compte-tenu de la violence du contenu (et je n’y peux rien, il n’y a qu’à lire cet article…).
      Il faut impérativement :
      – soit faire comprendre l’importance de l’ingénierie des prochaines années (pour ceux des filières scientifiques et techniques). Il y a donc des jobs à la clef, car de nouvelles idées, de nouveaux développements, viendront corriger les productions actuelles.
      – faire comprendre l’importance du choix de l’employeur (se poser la question de l’adhérence de l’entreprise à la notion du changement climatique, soit dans son fonctionnement interne, soit dans les stratégies de développement/production).
      – la pérennité du job est un problème lié à la personnalité (je change souvent, ou je veux trouver une entreprise pour la vie, auquel cas, s’inscrit-elle dans une perspective CC ?).
      – tenter de trouver avec l’équipe pédagogique, un suivi thématique (surtout en collèges), afin que les élèves réfléchissent aux solutions possibles de la vie de tous les jours dans l’optique de la transition : ex : réflexion sur les types de chauffage, faire répondre aux questions : pourquoi changer de téléphone, installer la clim, vouloir une piscine, aller chez McDo sont-elles des actions porteuses de fortes empreintes (cf un post précédent), mais avec une vraie présentation et des recherches sérieuses pour étayer les dialogues.
      – tout faire pour être positif (!), sinon les élèves repartiront en disant “ouais, c bon, c foutu”.

      Mais je suis sûr que vous savez tout cela.
      Bouger le reste de la hiérarchie est un autre problème. Il est certain que les travaux du HCC sont une piste pour un lobbying auprès du MEN… peut être même au travers de cette instance, dont notre ami Jancovici est un ardent convaincu de la formation…
      Tous à nos plumes pour inciter Janco, Masson-Delmotte and Co pour une structuration d’urgence de la formation au CC (mails, pétitions…. ?).

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  6. Wolfgang Sourdeau 24 août 2021

    Encore la même question à laquelle je ne trouve pas de réponse : je vois une contradiction entre les points 4 (“le réchauffement se produira jusqu’en 2050”) et 13 (“le climat peut se stabiliser rapidement), et donc avec l’article (https://bonpote.com/existe-t-il-vraiment-une-inertie-climatique-de-20-ans/). Comment le climat peut se stabiliser si le réchauffement continue de se produire? Qu’est-ce que je ne comprends pas?

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    1. Deux Milles 25 août 2021

      Bonjour Wolfgang,
      Votre remarque est très pertinente et je m’en suis déjà ouvert auprès de BonPote (voir mon commentaire du 08/07/21 de https://bonpote.com/limiter-le-rechauffement-climatique-a-seulement-2c-au-lieu-d1-5c-est-irresponsable/).
      On trouve effectivement dans le rapport complet du GIEC (AR6, groupe 1, celui qui vient de sortir) un graphique représentant un ensemble de réalisations du scénario “zéro émissions” de GES à partir de la fin de la période de référence (soit 1995-2014 pour ce rapport). Cet ensemble est comparé à d’autres, issus des scénarios SSP plus classiques. Sur ce graphe, qui représente la température moyenne mondiale, la divergence significative (zone grisée) est centrée sur 2040, soit 25ans pendant lesquels la réponse climatique est la même, quelles que soient les émissions. Cependant, je n’ai pas noté la position précise du graphique et, comme il y en a de nombreuses centaines, je ne peux pas vous pointer directement dessus…
      Si on zoome sur la France et qu’on se concentre sur l’alternative (hélas plus probable) entre scénario moyen (RCP4.5) et fort (RCP8.5), on trouve plutôt une divergence vers +50 ans, toujours en température moyenne annuelle. Si ça vous intéresse, il y en a un exemple en diapos 3 et 4 de (https://www.youtube.com/watch?v=vMpAydKSn6s).
      Alors, dire que le climat se stabiliserait rapidement en cas d’émission zéro serait complètement erroné? Ce que je prétends dans mes travaux scientifiques (si ça vous passionne, vous pouvez regarder le résumé P-1113-03 en pages 105-106 de la compilation de la conférence climatique internationale de l’UNESCO de juillet 2015 https://www.commonfuture-paris2015.org/C/ewe/ewex/unesco/DOCS/CFCC_abstractBook.pdf), c’est que ce genre de divergence de vue est en bonne partie expliquée par un problème de définition du climat. En gros, comment parler précisément de changement climatique quand on a une définition insuffisante, obsolète… du climat lui-même. Autant imaginer décrire la relativité avec la gravitation de Newton!
      Pour être plus concret, si le climat est (pour vous) une moyenne sur 30 ans d’un paramètre météo, associée à la dispersion autour de cette moyenne, soit la norme officielle de l’OMM toujours en vigueur, alors les évolution du climat seront des comparaisons d’échantillons (de petite taille et avec une variabilité interne assez importante). Ce genre de comparaisons sont certes très robustes, car ça ne dépend pas de la compréhension physique des phénomènes, mais ce sont aussi les moins sélectives. Donc elles n’indiqueront d’évolution significative que si les échantillons sont très différents. Dans le cadre d’un scénario “zéro émission”, si vous comparez de cette manière le climat de “maintenant” avec le climat stabilisé (quelque part vers 2050-2070), vous trouverez probablement que la différence est non-significative et vous serez donc fondé à affirmer que le changement climatique peut s’arrêter très rapidement.
      On peut comprendre que ce genre de perspectives soit perçue comme motivante pour l’action mais c’est une vision édulcorée de ce qui est en train de se passer.
      Bien entendu, ce que j’ai explicité précédemment s’inscrit dans le cadre de la modélisation climatique physique globale actuelle (celle qui est reprise dans le dernier rapport du GIEC), modélisation qui n’intègre (presque) pas les divers points de bascule potentiels dont les observations paléo-climatiques montrent qu’ils ont pu se produire dans des conditions moins sévères que celles que nous mettons en place actuellement.
      La réalité du changement climatique à venir sera donc vraisemblablement plus sévère que celle projetée même si nous ne savons pas encore jusqu’à quel niveau. Certes, ça peut faire peur voire tétaniser au premier abord, mais je trouve personnellement que lorsqu’on a bien saisi cette dure réalité à venir, ça peut renforcer vigoureusement la motivation pour l’action immédiate.

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      1. bdd13 26 août 2021

        Ce discours de l’impact immédiat d’un arrêt des émissions sur la dynamique des températures est semble-t-il bien un discours pour inciter ou prouver que l’action la plus importante est bien celle de l’arrêt des émissions, puisqu’elle serait salvatrice.

        Si on arrivait à prouver que l’arrêt des émissions engage encore une pente ascendante (même moins prononcée) pour au moins 20 ans, beaucoup d’industriels prendraient alors rapidement cette perche pour ne rien faire (cf Excuse n°1 des “12 excuses de l’inaction” décrites par BonPote).

        On comprend bien d’après Deux Milles que la modélisation est mal adaptée à cette forme de projection.
        Ce qu’on sait en revanche, c’est qu’un arrêt des émissions total et immédiat est factuellement impossible…

        Le combat devient donc de plus en plus compliqué, puisqu’il faudra à la fois se protéger de la montée des températures et des cataclysmes associés, tout en diminuant urgemment les émissions.

        Au passage, je souligne le paragraphe A.4.4 du résumé pour les décideurs, qui remet l’Equilibre de la Sensibilité Climatique à 3° comme meilleure estimation (ESC = réponse globale en température à un doublement de la concentration en CO2). Cette valeur a légèrement augmenté par rapport à l’AR5, et correspond aux estimations de Michael Mann (directeur du Earth System Science Center of Pennsylvania State University) dans ses études de 2014. Il avait alors calculé l’année de passage probable à 2° avec cette valeur d’ESC : 2036.
        C’est à dire demain…. Il y a donc bien urgence.

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        1. Cautain 26 août 2021

          “. Ce qu’on sait en revanche, c’est qu’un arrêt des émissions total et immédiat est factuellement impossible… ”

          Voilà ….cette seule phrase suffit à tout comprendre pour se rendre à l évidence sachant que les GES mettent des centaines d années à se dissoudre même si elles s s’arrêtaient par miracle demain …
          Reste la prière ….et ….ah oui c est vrai , l illusion technologique ( genre la fusion nucléaire non opérationnelle avant 2070 …..autant dire que d ici la …. ) .
          Car le problème No 1 c est l’énergie qui pour l instant et pour longtemps encore est à 80 % fossile très polluant , et ce sont les ressources minérales déjà quasi toutes pillées . Sans ces deux là il reste le végétal , l agriculture de préférence vegan et le retour imposé a un 18 ème siècle amélioré . La décroissance brutale n est pas un choix .

          Répondre
  7. julien machet 24 août 2021

    merci, c’est super … mais …je suis dégouté, sur les infographies (qui sont globalement ce que je cherche à afficher en classe) la phrase “100% du réchauffement climatique est dû aux activités humaines” apparaît et elle est archi-fausse et cette confusion est étudiée dès la 4e le plus généralement en SVT. La phrase correcte est “100% de l’accélération du réchauffement climatique est dû aux activités humaines”, voilà ça ne coutait pas cher en correction pourtant … Pour moi ça rend l’ensemble quasi inutilisable vu le temps que passe mes collègues de SVT à travailler là dessus (sur les cycles Co2 / température). il faut vraiement être réglo sur les faits et sur leur énoncé. Cela peut paraître un détail mais cette confusion est à la base de bon nombre de discours climatosceptiques, on ne peut donc plus la laisser passer. Si vous pouvez corriger svp …merci !

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    1. Bon Pote 24 août 2021

      Bonjour, merci de lire la synthèse, le texte a été validé et cette phrase vient de l’un des auteurs du GIEC, Jean-Baptiste Sallée. https://bonpote.com/synthese-et-analyse-du-nouveau-rapport-du-giec/

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  8. Amelie Carron 24 août 2021

    Salut BonPote, merci beaucoup pour cet effort colossal de vulgariser le rapport du GIEC. Puisse tes efforts porter ses fruits!!
    Je ne regrette qu’un tout petit mini détail: je trouve que cette version rend la contribution du méthane au réchauffement climatique beaucoup plus évidente que précédemment.
    Particulièrement dans un contexte ou la majorité de la population est de plus sensibilisée au CO2 mais reste très ignorante sur le CH4: (l’ampleur de son impact, son origine anthropique, etc…), je pense que cela vaut le coup d’appuyer dessus un peu plus. Pour moi, diminuer les émissions anthropique de methane est un gain rapide: arrêter d’extraire des fuels fossiles, on a déjà bien compris le besoin; et manger beaucoup moins de viande ne coûte pas grand chose a part la reconversion des éleveurs (ce qui reste bien plus faisable qu’un mix électrique 100% solaire…).

    Répondre
  9. Cautain 24 août 2021

    Le rapport du GIEC indique clairement l indispensable arrêt quasi brutal des GES . Nous sommes tous ok .
    Sauf….que ce ne serait jamais possible puisque l humanité est dépendante a 80 % des énergies fossiles . Comment voulez sevrer drastiquement une. Population qui consomme actuellement 100 millions de barils de pétrole/ jours ??? Par les ENR ??? La technologie ? C est ça le deal ? Mais il y a un problème d échelle ! Toutes les ENR réunies sont peanuts par rapport a cette dépendance fossile actuelle !
    Alors quoi ? On fait quoi et comment ? Une seule vraie solution hélas aussi impossible : une très forte décroissance qui n arrivera pas où a la marge . Elle arrivera forcément un jour …mais subie .
    Résultat ……?? ….devinez . Mais …chuuuut. …c est tabou .

    Répondre
    1. bdd13 24 août 2021

      C’est bien pour cela que le bâton de pèlerin est nécessaire (mais certainement pas suffisant, c’est certain).
      Il reste par exemple une frange de notre jeune population (je parle de la jeunesse comprise entre le niveau Seconde et le niveau fin de prépa), qui n’a pas compris les enjeux. Elle reste hyper consommatrice, n’a pas de notion de ce qui est présenté dans cet article, et force en général les parents à avoir un bilan carbone désastreux (“je veux un nouveau téléphone tous les ans, je mets la clim à fond du matin au soir, je veux voyager en permanence, je veux une piscine alors que j’habite au bord de la mer, je mange des hamburgers tous les jours”, etc…).
      Ces jeunes baignés dans cette société continueront à la forger de la même façon.
      Trouvez-vous cela normal ?
      Vous baissez les bras, et je vous renvoie à l’article de Bonpote sur les raisons évoquées de l’inaction (dont vous venez de donner une idée) :
      https://bonpote.com/climat-les-12-excuses-de-linaction-et-comment-y-repondre/
      Bien cordialement

      Répondre
      1. Wolfgang 24 août 2021

        Sous quelle license sont distribuées les infographies?

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        1. Bon Pote 24 août 2021

          CC4

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          1. Wolfgang Sourdeau 24 août 2021

            Merci, je me ferai un plaisir de les distribuer dans mon entourage. Et encore merci pour ton travail!

            Répondre
      2. Cautain 24 août 2021

        Merci du commentaire .
        Au en effet commenté aussi le lien sur les 12 points . A lire ….😉😉👍👍
        Francis .

        Répondre
    2. Archi3 24 août 2021

      Encore faudrait-il avoir démontré que les conséquences néfastes d’une baisse brutale de la consommation de fossiles sont inférieures quantitativement aux conséquences du RC, ce qui est la base d’une analyse bénéfice risque (par exemple sur l’interet d’un vaccin pour lutter contre une pandémie), et qui n’est abordé NULLE PART dans le rapport du GIEC ni dans les myriades de commentaires à ce sujet (et bien sur pas plus sur ce site qu’ailleurs).

      Si vous voulez trouver une raison de l’échec et de l’inutilité des discussions climatiques, elle est dans ce simple constat : personne n’a démontré que les effets négatifs des fossiles etaient supérieurs à leurs effets positifs, et tout le monde se conduit comme si c’était l’inverse – y compris tous ceux qui lisent ce post, qui continuent à surfer sur internet malgré le CO2 que ça produit !!

      Répondre
      1. Wolfgang Sourdeau 24 août 2021

        On sait qu’il va y avoir des sécheresses, des feux de foret. On sait que des milliards d’animaux ont péri dans ces feux. On sait que l’acidification des océans met certains planctons à mal ainsi que des organismes comme le corail. On sait que les sécheresses vont occassioner des famines, qui vont occasionner des guerres. En fait, on sait que ça s’est déjà produit. Enfin, on sait que rien de tout cela n’est quantifiable en PIB. Sur quel indicateur faut-il se baser pour déterminer que les efforts à faire en vaille la chandelle? Combien de millions de morts faut-il pour se dire qu’on arrête de déconner?

        Répondre
      2. bdd13 24 août 2021

        Il y a un feu de forêts gigantesque : la priorité est certainement de se demander si arroser et envoyer des Canadairs est plus négatif que de laisser brûler la nature avec des maisons au milieu.
        Tu es certainement pourvu d’une intelligence bien supérieure à la mienne, car je n’ai pas encore perçu la brillance extraordinaire de ton propos….
        Seule lueur de lucidité : trouver le moyen d’informer rapidement des milliers de gens sans passer par le numérique, et avec une empreinte nulle… A défaut, le bénéfice/risque de la méthode actuelle me semble évident…

        Répondre

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