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Il était temps qu’elle s’en aille. La ministre de la Transition écologique Monique Barbut présentera sa démission d’ici le Conseil des ministres ce mercredi 22 juillet. Une nouvelle qui n’a surpris personne tant l’ancienne présidente du WWF France a accumulé les échecs depuis sa nomination en octobre 2025. Sous son mandat, les textes de régression environnementale se sont succédé, à l’instar de la loi de « simplification de la vie économique » qui a notamment sonné le glas des zones à faibles émissions (avant d’être « sauvées » par le Conseil constitutionnel). Au point que l’on puisse se demander pourquoi elle n’a pas jeté l’éponge plus tôt comme elle avait menacé plusieurs fois de le faire.
Une ministre invisible
C’est finalement le projet de loi d’urgence agricole adopté à l’Assemblée dans la nuit du 20 au 21 juillet grâce aux voix des élus macronistes, de la droite et de l’extrême droite qui aura porté le coup de grâce à sa courte carrière de ministre. Réintroduction de deux pesticides néonicotinoïdes interdits (l’acétamipride et le flupyradifurone), doublement des capacités de stockage de l’eau destinées aux usages agricoles (méga-bassines)… Une vraie bombe écologique et sanitaire que cette adepte du « whataboutisme » n’aura que mollement combattue, se contentant d’exprimer des réserves sans daigner se pointer au Palais Bourbon lundi soir lors du vote.
Après un peu plus de neuf mois aux manettes du ministère de la Transition écologique, Monique Barbut laissera une image particulièrement effacée, pour ne pas dire à côté de la plaque. Y compris lorsque l’Hexagone suffoquait sous des températures historiques et que c’était l’occasion ou jamais d’imposer une voix forte sur l’écologie. Exemple marquant illustrant sa déconnexion des enjeux climatiques : après sa visite éclair dans les Pyrénées-Orientales, en pleine canicule, elle préférera rentrer en avion plutôt que de courir le risque de se retrouver bloquée dans un TGV comme de très nombreux concitoyens durant cette période. Seul point positif, une augmentation du Fonds vert (destiné notamment à l’adaptation climatique des territoires) à un milliard d’euros annoncée pour le budget 2027, mais qui doit encore être voté cet automne (ce n’est pas gagné) et dont le montant total reste inférieur de moitié par rapport à l’enveloppe dont il était doté au moment de sa création fin 2022.
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Une démission de plus
Difficile à dire ce que Monique Barbut pensait pouvoir accomplir en acceptant ce poste au sein d’un gouvernement pointé du doigt par le Haut Conseil pour le Climat pour son inaction climatique chronique. Il y a près de dix ans, l’annonce surprise de son prédécesseur Nicolas Hulot, qui fustigeait une politique des « petits pas » avait provoqué un choc autrement plus important. Combien de temps encore se voilera-t-on la face ? Face aux grands pas en arrière orchestrés par le gouvernement Macron avec le soutien de la droite et de l’extrême droite, il faudra bien plus qu’un(e) ministre volontaire pour remettre la France sur le droit chemin de l’écologie.
Mise à jour le 22 juillet 2026 à 14h10 : Ce mercredi 22 juillet au matin, Monique Barbut a remis sa démission à Emmanuel Macron, qui ne l’a pas acceptée. Elle a finalement accepté de rester ministre.
4 Responses
Il semble qu’elle reste, avec ses nano-super-pouvoirs …. toute honte bue, à moins qu’elle ne réserve un cout d’éclat.
Un éclaircissement sur le fonctionnement des règles de marché de lEurope et de la latitude d’un état européen à règlementer au nom de la santé publique, de sécurité alimentaire ou de l’environnement serait bienvenu.
La distorsion de concurrence qu’introduit l’interdiction de substances telles que l’acétamipride et le flupyradifurone ne peut-elle amoindrie qu’en re-autorisant sur le territoire national leur emploi, plutôt que d’interdire la vente sur le territoire français de tout aliment dont la culture utilise ces 2 substances ?
Bonjour, je vous remercie pour votre article et pour toute la production d’articles sur Bon Pote de façon générale. J’ai toutefois une remarque à faire sur votre introduction, vous indiquez que la loi de simplification de la vie économique a “sonné le glas des zones à faibles émissions”. Toutefois la mesure a été censurée par le Conseil constitutionnel dans une décision du 21 mai 2026 (n° 2026-903 DC), à ce jour, elles sont donc encore en place.
Bonjour,
Vous annoncez que la loi pour la simplification de la vie économique supprimait les zones à faibles émissions, c’est vrai. En revanche, cet article a été censuré par le conseil constitutionnel car considéré comme cavalier législatif. N’omettez pas de le dire ! 🙂
Ben c’est simple : elle a assuré sa retraite.