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Infographie : qui sont les travailleurs les plus exposés aux pesticides ?

Publication :
PEsticides 450000
©Crédit Photographie : Mirko Fabian
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Près d’un demi-million de personnes sont exposées aux pesticides sur leur lieu de travail en France. C’est ce qui ressort d’une récente étude publiée par Santé publique France (SPF), l’agence nationale de santé publique. Environ 450 000 travailleurs sont ainsi exposés aux produits phytopharmaceutiques, une grande majorité (90%) dans le secteur agricole.

Ces travailleurs sont en première ligne. Les produits phytopharmaceutiques (herbicides, insecticides ou fongicides) présentent de nombreux risques pour la santé, en particulier pour les personnes qui les manipulent ou qui travaillent dans ou à proximité des zones traitées. Les différentes expertises de l’Inserm (2013 et 2021) ont documenté des associations entre l’exposition aux pesticides et plus d’une vingtaine de pathologies. Certaines sont d’ailleurs reconnues comme maladies professionnelles agricoles, comme les leucémies, le cancer de la prostate ou encore la maladie de Parkinson.

Pour rappel, la France est l’un des principaux utilisateurs de pesticides en Europe, y compris lorsqu’on rapporte leur utilisation à la surface agricole. Une tendance qui peine à s’inverser malgré plusieurs plans politiques visant à réduire l’utilisation des pesticides, notamment les plans Écophyto.

Comment savoir si votre métier est exposé aux pesticides ?

L’étude de Santé publique France permet de mesurer l’ampleur de l’exposition professionnelle aux produits phytopharmaceutiques. « L’objectif est de connaître quelles sont les populations les plus exposées, pour ensuite mieux prévenir et accompagner », nous précise Corinne Pilorget, chargée de projet chez Santé publique France.

Pour chaque profession et chaque secteur d’activité, les chercheurs ont estimé la probabilité d’exposition à différents types de pesticides (insecticides, herbicides, fongicides). Ils ont ensuite croisé ces données avec celles du recensement de l’Insee pour estimer le nombre de travailleurs concernés dans chaque métier.

Résultat : près de 450 000 travailleurs sont exposés aux pesticides sur leur lieu de travail. Cela ne représente que 1,7% de la population active, mais cette donnée cache de fortes disparités selon les professions et secteurs d’activité.

Les agriculteurs en première ligne face aux pesticides

Sans surprise, les agriculteurs sont les premiers concernés. Sur les près de 450 000 travailleurs exposés, environ 402 000 sont dans le secteur agricole, soit environ 90% du total. « Une majorité des professionnels victimes des pesticides que l’on suit vient du milieu agricole », confirme Stessy Rekkas, de l’association Phyto-Victimes. Une tendance qui se retrouve aussi dans les dernières données du Fonds d’indemnisation des victimes de pesticides (FIVP) : 94% des demandes d’indemnisation concernent des travailleurs agricoles.

Part des travailleurs exposés aux pesticides en France. Source : Santé publique France.

Les chiffres donnent le tournis. Sur les 650 000 personnes qui travaillent dans l’agriculture, 62% sont directement exposées aux pesticides dans le cadre de leur activité. « Cela va dépendre des missions et du secteur : les travailleurs dans la grande culture sont par exemple davantage exposés », précise Stessy Rekkas, qui explique aussi que l’exposition ne fait pas tout : un exploitant avec des moyens et du matériel conforme sera davantage protégé qu’un exploitant avec des moyens plus limités.

Surtout, l’étude de SPF met en lumière une autre réalité : les agriculteurs ne sont pas seulement exposés à un type de pesticides, mais à plusieurs. C’est le fameux « effet cocktail », qui expose les travailleurs agricoles à davantage de risques sanitaires. « On ne peut pas estimer en détail le nombre de personnes exposées à plusieurs produits, mais il est vrai que, dans le secteur agricole, les expositions à différents types de produits phytopharmaceutiques se recoupent souvent », précise Laurène Delabre, hygiéniste industrielle chez Santé publique France et l’une des autrices de l’étude.

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Des jardiniers aux ouvriers de l’agroalimentaire

Les agriculteurs ne sont pas les seuls concernés. Les jardiniers sont également exposés, tout comme certains ouvriers chargés de la manutention, de l’emballage et de l’expédition dans le secteur agroalimentaire. « Ces derniers sont en contact avec des résidus de pesticides, par exemple sur les fruits et légumes », explique Corinne Pilorget.

Les salariés des entreprises qui fabriquent des produits phytopharmaceutiques sont eux aussi concernés. Ils représentent quelques milliers de travailleurs. « Il ne faut pas regarder uniquement l’utilisation des pesticides. La manutention rentre aussi en jeu », souligne Stessy Rekkas, qui ajoute avoir récemment accompagné un enfant malade dont la mère a travaillé dans une usine de conditionnement de pesticides.

Une baisse de l’exposition ?

À première vue, la tendance semble pourtant aller dans le bon sens. Entre 2007 et 2019, la proportion de travailleurs exposés est passée de 2,2% à 1,7% de la population active, soit environ 100 000 travailleurs de moins.

Mais pas de quoi se réjouir. Cette baisse s’explique par deux phénomènes. D’une part, dans les espaces verts publics, notamment les parcs, la réglementation a limité l’utilisation de pesticides. Cette évolution a contribué à réduire l’exposition des jardiniers professionnels.

D’autre part, la baisse du nombre de travailleurs exposés s’explique mécaniquement par la diminution du nombre d’agriculteurs, qui a lui-même diminué d’environ 100 000 personnes entre 2007 et 2019. Ce n’est donc pas l’exposition des agriculteurs qui est en recul, mais le nombre d’agriculteurs en exercise. « Le sujet sort de l’omerta, mais l’exposition des agriculteurs, mais aussi de leur famille, reste importante », nous indique Stessy Rekkas.

Et pour les agriculteurs et leur famille, cette exposition et les risques qu’elle fait peser sur leur santé ne sont pas près de diminuer. Au contraire. En Europe comme en France, les protections pourraient reculer. La Commission européenne propose notamment d’affaiblir les règles encadrant la mise sur le marché des pesticides. Des mesures que le Rassemblement national a activement soutenues, notamment lors des votes à l’Assemblée nationale.

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  1. Article interessant, oui, qui déplore effectivement l’usage des pesticides en France. Et la, pourtant très fan de bonpote, je suis tres décue du contenu car l’article est tres incomplet car il oublie de dire la chose principale: La facon la plus simple et radicale de diminuer l’usage des pesticides en France est dans la main de chaque consommateur (particuliers, restaurants, cantines scolaires, hopitaux): Acheter Bio et Francais !!! Si le marché bio remonte en consommation, la demande va augmenter, et la courbe des fermes a se convertir en bio va se redresser, et l’usage des pesticides va diminuer, c’est juste tellement logique et evident. Chaque citoyen a le pouvoir d’inverser la tendance. Une agricultrice bio du morbihan (56).
    (NB: et ne me parler pas du prix ou que c’est compliqué d’acheter ou de cuisiner bio, c’est un faux débat)

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