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Sans alliance à gauche, ces villes pourraient basculer à l’extrême droite

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Mis à jour :
Municipales Marseille
©Crédit Photographie : ELODIE CLEMENT / AFP
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L’heure est grave. Dimanche 22 mars, des villes pourraient basculer à l’extrême droite si les listes de gauche refusent de fusionner (ou dans certains cas, de se retirer). De Marseille à Douai et Carpentras, leur sort est désormais suspendu à la tenue ou non d’un front républicain.

Malgré la gravité des enjeux, l’impératif des alliances fait débat à gauche. La France Insoumise plaide pour des “fusions techniques” avec les autres partis de la gauche (ce qui impliquerait qu’en cas de victoire, les listes fusionnées ne soient pas obligées de diriger la ville ensemble). Le Parti socialiste et Place publique n’ont en revanche eu de cesse de marquer leurs distances avec LFI en fustigeant son “antisémitisme” (ici et ici). Certains candidats rechigent aussi au “désistement républicain” au prix d’une gauche désunie au second tour. Quitte, donc, à risquer la défaite face à la droite ou à l’extrême droite. Autrement dit, la défaite de l’écologie.

Alors que les listes qualifiées ont jusqu’au mardi 17 mars à 18h pour déposer leur candidature en vue du second tour (en annonçant d’éventuelles alliances ou désistements), Bon Pote passe au crible les communes où l’irresponsabilité de certains élus de gauche risque de lui coûter cher.

Qui sont les tenants et les opposants des alliances à gauche ?

Face à la menace d’une victoire locale de l’extrême droite ou de la droite, il y a ceux qui préféreraient voir les forces de gauche unies (comme au temps, pas si lointain, des élections législatives qui avaient vu le succès inattendu du Nouveau front populaire à l’été 2024).

“Au premier tour, on choisit. Et au deuxième tour, on élimine. Je sais qui éliminer au deuxième tour : la droite et l’extrême droite”, a par exemple déclaré sans détour la présidente des Écologistes, Marine Tondelier, sur le plateau de TF1

Une position également défendue par une pétition lancée par le mouvement citoyen Victoires Populaires, qui appelle au rassemblement des listes de gauche dans les communes menaçant de virer à droite et à l’extrême droite (elle a déjà réuni plus de 8500 signatures.)

Et puis il y a les autres, que la constitution d’un “front antifasciste” au second tour (tel que proposé par le coordinateur de LFI Manuel Bompard) plonge dans l’embarras. Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a ainsi exclu tout accord national avec LFI visant à constituer un “front antifasciste” au second tour tout en “[demandant] aux socialistes de rassembler dans la clarté et de veiller au respect de [leurs] principes et de [leurs] valeurs.” Ses troupes sont donc contraintes de faire du “cas par cas”.

Et enfin, ceux qui refusent fermement et par principe toute alliance avec la France insoumise, à l’image de Raphaël Glucksmann qui a martelé sur TFI qu’“il n’y [aurait] aucun candidat de Place Publique sur des listes de gauche fusionnées avec LFI”. Ou encore de François Hollande (“Là où nous ne sommes pas en capacité de l’emporter, là où La France insoumise est en tête, la meilleure des solutions, c’est soit le retrait, soit le maintien”) et de Jérôme Guedj qui expliquait sur BFMTV le 25 février “[préférer] perdre une élection que perdre [son] âme” en s’alliant à LFI. Rappelant en écho la consigne donnée par le président des Républicains Bruno Retailleau pour le second tour : “Pas une voix pour LFI”.

64 communes supplémentaires menacées au second tour

À l’issue du premier tour, le RN revendique déjà la victoire dans 24 communes, dont Beaucaire (Gard), Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), Hayange (Moselle), Fréjus (Var) et Perpignan (Pyrénées-Orientales). Et ce n’est qu’un début puisque les listes d’extrême droite (tous partis confondus) arrivent en tête pour le second tour dans 64 communes (contre 11 seulement en 2020 pour le RN).

Pour s’imposer face à la gauche, le président du RN Jordan Bardella a tendu dès dimanche “la main aux listes de droite”, comme à Marseille, Nîmes, Toulon, Carcassonne ou encore Douai. Une possibilité qui renforce encore la nécessité d’une gauche unie face à la vague brune. 

Les villes à risque face au RN

Basée sur notre outil “Villes Futures”, notre analyse exhaustive des résultats du premier tour dénombre 4 cas “critiques” où une alliance de la gauche est nécessaire pour vaincre le Rassemblement national, et 4 cas “à risque” (où la gauche est en tête au premier tour mais avec moins de 5 points d’avance, et où une bascule à l’extrême droite est possible.)

Marseille (à risque) 

Talonné par le candidat RN Franck Allisio (35,02 %), Benoît Payan (36,7 %), le maire sortant (union de la gauche), refuse toute fusion avec la liste de Sébastien Delogu (LFI). Le Parti socialiste lui a par ailleurs demandé “solennellement”, ainsi qu’à Martine Vassal (soutenue par LR et la macronie), “de se retirer” pour barrer la route au RN. Le candidat insoumis, qui recueille près de 12 % des suffrages, plaide pour sa part pour un “front antifasciste”, jugeant “irresponsable” la position de Benoît Payan. En face, Franck Allisio a appelé Martine Vassal à s’unir pour “faire barrage à l’extrême gauche”, ce qu’elle a refusé

Douai (critique)

Le candidat RN Thierry Tesson (29,72 %) arrive en tête du premier tour, devançant les deux candidats de gauche : le maire sortant Frédéric Chéreau (union de la gauche, 26,13 %) et François Guiffard (divers gauche, 13,61 %). Sans oublier la candidate de droite Coline Craeye, qui cumule 19,3 % des suffrages. Sans alliance à gauche, la ville menace de basculer à l’extrême droite.

Carpentras (critique)

À Carpentras, Hervé de Lépinau est arrivé en tête avec 26,71 % des voix. Deux de ses concurrents de gauche (divers gauche), Serge Andrieu et Francis Adolphe, cumulent quant à eux 49,46 % des voix, auraient tout intérêt à s’allier pour le second tour. D’autant que le quatrième candidat en lice, Bertrand de la Chesnais (extrême droite), qui a réuni 14,33 % des voix, a tendu la main au candidat RN pour le second tour. 

Montargis (critique)

La liste RN menée par Côme Dunis arrive en tête du premier tour (29,47 %), suivie de près par Benoît Digeon (divers droite, 27,83 %). Les deux listes de gauche, à savoir celles de Bruno Nottin (PCF) et de Dalip Vehapi (Union de la gauche) se qualifient également pour le second tour, avec respectivement 18,1 % et 15,4 % des suffrages (totalisant 33,5 % des voix). Des discussions autour d’une alliance sont en cours.

Toutes situées dans les Hauts-de-France, les autres communes menacées par la “vague brune” sont Billy-Montigny (cas critique), ainsi que les 3 suivantes (à risque) : Douchy-les-Mines, Bourbourg et Grenay.

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Les alliances nécessaires pour battre la droite

Au total, on dénombre 66 cas “critiques” où une alliance de la gauche est nécessaire pour vaincre la droite, et 17 cas “à risque”.

Paris

Avec près de 37,98 % des voix au premier tour, Emmanuel Grégoire (union de la gauche, hors LFI) devance largement sa rivale de droite Rachida Dati (25,46 %). Sont toujours en lice au second tour Sophia Chikirou (11,72 %), Jean-Yves Bournazel (11,34 %) et Sarah Knafo (10,4 %). Autant dire que le jeu des alliances est déterminant pour la suite. À droite, Rachida Dati a signé un accord avec son rival de l’union du centre. À gauche, Emmanuel Grégoire a rejeté la constitution d’un “front antifasciste” avec la tête de liste LFI. Celle-ci refuse pour l’instant de se retirer pour laisser le champ libre à son concurrent socialiste.

Nantes

Arrivée en tête du premier tour avec 35,24 % des voix, la maire sortante Johanna Rolland (PS) s’alliera-t-elle avec le candidat insoumis William Aucant (11,2 %) pour barrer la route au candidat de droite, Foulques Chombart de Lauwe (33,77 %) ? “Le maintien d’une triangulaire au second tour ouvre un risque impardonnable : celui de voir la droite l’emporter malgré une gauche majoritaire dans la ville”, a alerté Johanna Rolland dans un communiqué, avant d’aboutir à un “accord technique” avec LFI.

Toulouse

Face au maire sortant (divers droite) Jean-Luc Moudenc (37,23 %), les deux candidats de gauche ont annoncé qu’ils feraient liste commune (à eux deux, ils totalisent 52,55 % des voix). S’ils triomphent dans les urnes dimanche prochain, François Piquemal (LFI) sera maire et François Briançon (PS) président de la Métropole.

Grenoble

Arrivé en tête avec 27,04 % des voix, Alain Carignon (LR) devance d’une courte tête Laurence Ruffin (union de la gauche, 26,33 %). Allan Brunon (LFI, 14,59 %) est également en lice. Une alliance de la gauche est donc nécessaire pour espérer remporter le second tour. Un accord a été trouvé lundi avec le candidat insoumis.

Lyon

La liste du maire écologiste sortant Grégory Doucet (37,36 % au premier tour) a annoncé lundi sa fusion par la liste de la France insoumise menée par Anaïs Belouassa-Cherifi (10,41%) Objectif : vaincre l’ex-patron de l’Olympique lyonnais Jean-Michel Aulas (divers centre), qui cumule 36,68 % des voix. 

Brest

Arrivé en tête du premier tour, le candidat divers droite Stéphane Roudaut (30, 24 %) fait mieux que les deux candidats de gauche, à savoir le maire sortant François Cuillandre (PS) et Cécile Beaudouin (LFI), qui recueillent à eux au total 29 % des suffrages, et qui ont décidé de s’unir pour le second tour. Toujours en lice également, Yves Pagès (RN) totalise quant à lui 15,39 % des voix. 

Avignon

Olivier Galzi (divers droite, 27,04 %) devance Anne-Sophie Rigault (25,52 %) au premier tour. Les listes de gauche (David Fournier du PS et Mathilde Louvain de LFI) cumulent chacune environ 19 %. Leur fusion a été annoncée ce lundi 16 mars. Une condition sine qua non pour espérer garder Avignon à gauche.

Besançon 

“Besançon a le cœur à gauche”. Après le très bon score du candidat LR Ludovic Fagaut (40,13 %), arrivé en tête du 1ᵉʳ tour, l’Écologiste Anne Vignot (maire sortante) et l’Insoumise Séverine Véziès ont annoncé la fusion de leurs listes. À elles deux, elles ont cumulé 44,27 % des voix au premier tour. Autant dire que le match s’annonce serré.

Limoges

Cinq listes sont encore en liste pour le second tour : deux listes de droite, une liste RN et deux listes de gauche. Le candidat LFI Damien Maudet (24,86 %) et le socialiste Thierry Miguel (16,92 %) ont annoncé la fusion de leurs listes. Ils affronteront dimanche la liste menée par le candidat LR Guillaume Guérin (27,34 %) et celle du candidat RN Albin Freychet (12,54 %). Le maire sortant divers-droite (10,05 %) a quant à lui jeté l’éponge. 

Le second tour promet aussi d’être serré entre les listes de gauche et de droite à Clermont-Ferrand, Poitiers (où une alliance à gauche a été écartée) ou encore Strasbourg et Tours.

Les jeux ne sont pas faits

Face à la progression du RN, la gauche peut-elle se permettre de rester divisée ? Les candidats de gauche doivent désormais faire la part des choses, entre dissensions internes et pragmatisme électoral face à la montée de l’extrême droite au niveau local. La fragmentation des listes socialistes et insoumises risque en effet de profiter au RN dans de nombreuses communes françaises. Au-delà du calcul électoral, c’est aussi un enjeu symbolique : les électeurs soucieux des avancées en matière de social et d’écologie ne méritent-ils pas mieux qu’une gauche obstinément éclatée ?

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2 Responses

  1. Il faut vraiment arrêter de dire que le PS et Place publique sont de gauche. Glucksmann est autant de gauche que Macron, et le PS est au mieux au centre (c’est à dire plus à droite qu’à gauche). La preuve, il préfère la droite et l’extrême-droite à LFI qui est de gauche.

  2. Encore de l’ego mal placé qui montre bien qu’ils ne pensent pas aux citoyens mais bien à leur carrière. Je pense à Marseille (je suis des BDR) et son discours est tout simplement irresponsable et deconnecté.

    Merci Bon Pote pour ce que vous faites.

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Sophie Kloetzli
Spécialisée sur l’écologie, elle a travaillé depuis 2018 pour plusieurs médias engagés sur ces thématiques. Elle a aussi couvert des sujets scientifiques et chroniqué la numérisation du monde sous un angle technocritique.

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  1. Il faut vraiment arrêter de dire que le PS et Place publique sont de gauche. Glucksmann est autant de gauche que Macron, et le PS est au mieux au centre (c’est à dire plus à droite qu’à gauche). La preuve, il préfère la droite et l’extrême-droite à LFI qui est de gauche.

  2. Encore de l’ego mal placé qui montre bien qu’ils ne pensent pas aux citoyens mais bien à leur carrière. Je pense à Marseille (je suis des BDR) et son discours est tout simplement irresponsable et deconnecté.

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