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Loi de Brandolini : doit-on répondre aux cons ?

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Loi de Brandolini
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Je ne remercierai jamais assez celui qui m’a fait découvrir la Loi de Brandolini. J’ai enfin pu mettre un nom sur ce qui me fait très certainement le plus défaut : savoir si je dois perdre mon temps à répondre à un con.

Il y a deux semaines, j’ai regardé l’interview de Laurent Alexandre chez Sismique et voyant les bêtises s’accumuler, ma nature a pris le pas sur la raison. Partant d’un bon sentiment, j’ai voulu réfuter le baratin de Laurent Alexandre…

Et bien je ne peux toujours pas dire si je regrette ou pas de m’être prêté à l’exercice. J’ai eu le sentiment de mettre le doigt dans une prise électrique et de prendre des décharges de plus en plus importantes. J’ai quand même passé plusieurs heures à regarder et démystifier une vidéo d’1h32, en étant beaucoup moins calme que l’interviewer…

Avant de plonger dans la Loi de Brandolini…

Définissons rapidement ce qu’est un ‘con’. Cela pourrait prendre plusieurs heures ! Par chance, la définition wikipédia est relativement complète :

Con est un mot polysémique et un substantif trivial qui désigne à l’origine le sexe de la femme. Au sens figuré, le mot con est aussi un mot vulgaire en général employé comme insulte dans les pays francophones, mais dans un sens très atténué, voire amical, dans le Midi de la France. Il désigne une personne stupide, naïve ou désagréable, de même que ses dérivés « connard » et « connasse ».

Bien sûr, pour répondre à la question ‘doit-on répondre aux cons‘, et malgré mon amour du dialogue, c’est ici le sens figuré qui est concerné. En outre, l’intérêt de ce texte est de comprendre ce qu’est La loi de Brandolini et d’y échapper, pas de partir à la chasse aux cons. Comme le disait si bien mon directeur d’études : ‘on est tous le con de quelqu’un‘.

Qu’est ce que la Loi de Brandolini ?

Le nom peut peut-être vous effrayer, mais rassurez-vous, c’est très simple à comprendre. La loi de Brandolini, ou principe d’asymétrie des idioties (en anglais, bullshit asymmetry principle), est un aphorisme énonçant que :

 La quantité d’énergie nécessaire pour réfuter des idioties est supérieure d’un ordre de grandeur à celle nécessaire pour les produire. 

La littérature sur la loi de Brandolini est relativement pauvre, et pour cause : elle est née lors d’un tweet d’Alberto Brandolini en janvier 2013 :

Loi de Brandolini : le tweet d'origine
Source : Twitter

A l’instar de la loi de Poe, la Loi de Brandolini est une loi d’internet, un aphorisme que nous devrions tous toujours garder en tête : ‘cela vaut-il le coup de répondre à/réfuter un mensonge ou une fausse information (fake news) ?’ Une question que l’on peut (et doit !) se poser chaque jour sur les réseaux sociaux.

Quand doit-on répondre aux cons ?

Nous arrivons au cœur du sujet. Comment savoir si cela sera utile ? Si cela ne sera tout simplement pas une perte de temps ? Je vais être honnête, je ne suis pas très bon dans l’exercice. Je pense que tout le monde mérite qu’on lui donne une chance, qu’on passe du temps à l’aider, argumenter, débattre, échanger et s’auto alimenter de remarques constructives. Grossière erreur.

Parfois, discuter avec un con, c’est comme essayer de jouer aux échecs avec un pigeon. Tu as beau être très fort aux échecs, il arrive, renverse les pièces, chie sur l’échiquier et s’en va avec l’air supérieur comme s’il avait gagné.

Ne riez pas, cela m’est déjà arrivé lors d’un déjeuner, quand une collègue m’a d’abord dit qu’Hiroshima avait eu lieu pendant la guerre du Vietnam… Avant de me confirmer que c’était les Etats-Unis qui avaient attaqué le Japon en premier… Bien sûr, je peux vous assurer qu’à la fin du déjeuner, s’il y avait un con, c’était moi : j’étais non seulement un con à ses yeux, mais surtout, j’avais perdu mon temps à essayer de lui rappeler quelques faits historiques.

Mais non Marie-Hélène, l’attaque de Pearl Harbor c’était pas après le 11 septembre !’

Outrepasser la Loi de Brandolini ?

Ainsi, tout l’exercice repose dans un arbitrage de temps passé/gain. Tout dépend du gain que vous recherchez. Cela peut-être par exemple intéressant si vous souhaitez gagner en notoriété, ou mettre à mal un adversaire politique. Je rejoins également Phil Williamson qui a publié un article scientifique dans Nature sur le sujet : nous devrions tous prendre le temps et faire l’effort de corriger la désinformation.

C’est par exemple ce qu’a fait avec succès le Réveilleur en reprenant toutes les conneries des climatosceptiques et en réfutant leurs arguments point par point. Si vous ne l’avez pas encore fait, je vous conseille de regarder ses vidéos, vous allez forcément apprendre quelque chose !

De mon côté, je le remercie car il nous permet de gagner un temps considérable pour réfuter les climatosceptiques sur les réseaux sociaux. ‘Y a pas de dérèglement climatique’ !! ‘le Réchauffement est 100% naturel !!” -> hop, un lien de la vidéo, 3 secondes d’effort. C’est très intéressant car Le Réveilleur n’a pas seulement rendu service à lui même, mais potentiellement à des milliers de personnes.

Cette situation est cependant rare et il ne sera pas toujours aussi facile d’éviter la Loi de Brandolini. Encore une fois, c’est situationnel.

Loi de Brandolini et autocritique : où ai-je perdu mon temps (et mon énergie)

Mes interventions sur les réseaux sociaux et mon travail sur Bon Pote partent toujours d’un bon sentiment. Si je vois une erreur, je la signale (si possible en privé), dans le seul et unique but qu’elle soit corrigée. Cette erreur peut être involontaire, ou volontaire… Ce qui a tendance à me rendre un peu plus taquin. Prenons quelques exemples, et commençons par ce tweet envoyé à Air France. Cela m’a pris littéralement 30 sec :

Loi de Brandolini et un tweet d'air France où ils ont menti et ont ensuite dû modifier leur site web.
Source : Twitter

Résultat : effet boule de neige, Valérie Masson-Delmotte taguée plusieurs fois sur le sujet, le lendemain elle fait un tweet pour reprendre la communication mensongère d’Air France et ils ont depuis corrigé ce mensonge du ‘vol neutre en CO2’. Pour une connerie un dimanche matin, plutôt satisfait !

Même cas de figure avec Lucie Robequain, rédactrice en chef des Echos, qui avait raconté n’importe quoi dans un court article sur l’économie et particulièrement la décroissance. Ma réponse m’avait pris 10 min, en reprenant point par point ses erreurs. Efficace ! MAIS efficace parce que dans mes réponses, je joins un lien de certains de mes articles (20h+ de travail) et des interviews pour lesquelles j’ai lu la thèse de l’interviewé (une semaine).

Maintenant, pour contrebalancer ces petites victoires, il y a aussi eu des ratés lors de tentatives pour rétablir la vérité. Je ne sais toujours pas si réfuter les arguments de Laurent Alexandre a été une bonne chose, puisqu’il n’a pas répondu. Je sais qu’il a vu la réponse (il a répondu en privé à un ami) mais il ne m’a pas répondu. J’en conclus que baser ses arguments sur la science ne l’intéresse pas, seul compte l’entertainment. Pour le Mea culpa, il faudra donc repasser.

Le mot de la fin

Nous vivons dans un monde complexe où la pensée en silo fait des ravages. Je pense que toute personne avec un cerveau normalement constitué a énormément souffert depuis mars 2020. Les français se sont transformés tour à tour sur les réseaux sociaux en experts finance, virus et fusion nucléaire. Nous avons tous été confrontés à la Loi de Brandolini au moins une fois et avons été pris au piège à répondre à Anonyme972 qui était sûr que la Terre était plate.

Le choix de la photo de l’article n’est d’ailleurs pas un hasard. Didier Raoult a mis en exergue l’ultracrepidarianisme, qui consiste à donner son avis sur des sujets sur lesquels on n’a pas de compétence crédible ou démontrée. Combien de milliers (millions ?) de personnes ont donné leur avis pour raconter n’importe quoi sur la Covid-19 ? Je l’ai remarqué dans mon domaine, alors je n’imagine pas la tonne de conneries qui ont été racontées sur ce virus.

Ce n’est donc pas Didier Raoult que je vise particulièrement ici, mais tous les néo-experts qui l’ont suivi aveuglement. Même si Didier, quand il parle de climat, il dit franchement de la merde.

Pour conclure, libre à chacun de répondre ou non aux cons. J’ai tendance à trop le faire, j’espère progresser sur ce point. Rappelez-vous que cela n’est pas forcément une perte de temps, et que vous pouvez aussi retourner la situation à votre avantage.

Rappelez-vous d’Alexandria Ocasio-Cortez, qui a littéralement donné une leçon de politique à un gouverneur qui l’avait insultée de ‘fucking bitch‘. Résultat, 6 min de monologue où il prend une tornade qui a fait le tour du monde. Loi de Brandolini certes, mais répondre fut sans aucun doute un excellent choix.

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42 Responses

  1. Si j’ai bien compris, tu définis le con en partie comme quelqu’un qui n’a pas autant de culture générale que toi (date de Hiroshima, etc…)
    Pour moi, quelqu’un qui n’a pas la même culture générale que toi n’est pas un con. Je connais des incultes avec qui je préfèrerais mille fois passer ma soirée plutôt qu’avec un intellectuel con prétentieux, imbus de sa culture générale. Et pourtant, je suis de ton bord niveau dérèglement climatique, on m’a déjà surnommée la plus écolo des écolos !

    Ensuite, tu définis le con en partie comme quelqu’un qui a besoin d’avoir raison à tout prix, qui s’énerve si tu n’es pas d’accord avec lui. Dans ce cas, je dirais plutôt un bitard parce que c’est une attitude majoritairement masculine.

    Ensuite, les gens sentent les choses, si tu les prends d’emblée pour des cons, ils vont forcément se braquer et ne seront pas enclins à t’écouter.

    Ceci-dit, je ne te connais pas personnellement, je n’ai pas assez d’information pour savoir comment tu discutes précisément avec les gens. Et malgré tout, je suis bien contente qu’il y ait des gens qui ont le courage de discuter avec les gros égos. Attention quand même au burn out militant. Un militant m’a dit: l’important n’est pas de convaincre individuellement un à un les gens mais de rassembler un max de gens dans les assos écolo, d’ouvrir la fenêtre d’overton (3,5%) et les autres suivront.

  2. Une expérience récente : au cours d’un repas de famille, la discussion a dérivé sur le changement climatique (le fameux tonton…) sans que je cherche à aborder le sujet. Des points de vus ambigus sur la réalité, de la mauvaise foi… Après avoir apporté quelques arguments, j’ai coupé court à la discussion en forçant de changer de sujet. “- Changer nos habitudes est compliqué, les milliardaires ou les Chinois/Américains sont pires que nous… Admettons. Mais si nous n’avons pas le même point de départ, à savoir : le réchauffement climatique est réel, fait consensus scientifique et d’origine humaine, alors il n’y a pas de base commune pour une discussion”. “Oooooh mais on peut discuter”. “Non”. Cela a pu paraître mais fait du bien pour ma santé mentale. D’ailleurs, aujourd’hui, on ne devrait plus parler de climato-sceptiques mais de climato-négationnistes.

  3. J’ai adoré votre article…
    Il faut dire que la question posée “faut il répondre aux cons” me hante depuis des décennies, elle date de bien avant internet et les RS mais elle s’est amplifiée depuis.
    Deux remarques toutefois à ajouter à la réflexion…
    1. Si on accepte le précepte que vous rappelez selon lequel “on est tous le con de quelqu’un”, alors appliquer la stratégie de ne pas répondre aux cons aboutirait à un débat totalement inhibé puisque plus personne ne répondrait à personne, car nous serions tous le con de quelqu’un quelque part…
    2. Il faut savoir que “les cons sont méfiants”. Croyez le ou pas, il s’agit là d’une citation de Lino Ventura, qui poursuivait en disant “la preuve en est que quand on dit à un con qu’il est con, il ne nous croit pas..”. En fait, il croit que c’est l’inverse (que c’est nous le con !) (cf citation de B. Russell: “Tout le problème de ce monde est que les imbéciles sont très sûrs d’eux alors que les gens intelligents sont pleins de doute”). Cette “vérité” pratique expliquerait par exemple l’absence de réponse de Laurent Alexandre à votre recadrage de ses dires…
    Ces 2 postulats étant posés, difficile de dire quelle est la bonne attitude… répondre pout entretenir le débat… ou ne pas répondre parce que c’est peine perdue… j’avoue ne pas avoir pu trancher jusque là, et je ne vois pas la lumière au bout du chemin dans votre article. Mais merci tout de même !!

  4. Bonjour
    L’argument d’ultracrepidarianisme devient délicat lorsque la politique se mélange à la science. On le voit avec la crise COVID. Dès que des décisions touchent à la gestion de la vie courrante, du peuple, le peuple a le droit d’avoir un avis. Tout citoyen est dans son domaine de compétence lorsqu’il s’agit de politique (dans le sens noble).
    C’est pareil pour la problématique du réchauffement climatique. Dès qu’il s’agit de politique (mesures à prendre notamment), avec de complexes conséquences dans les décisions, tout citoyen a le droit d’avoir son avis, il ne peut donc pas y avoir d’ultracrepidarianisme dans ce cas là à mon avis

  5. Je pense qu’on prend une mauvaise mesure. Effectivement, la loi de Brandolini est juste. Mais, quand on mesure le temps “perdu” a répondre aux “cons”, il faut avoir autre chose en tête. Je suis modérateur sur un forum qui parle de la seconde guerre mondiale. Régulièrement, des négationnistes viennent pour y présenter leurs versions de ce que fut cette guerre. La solution la plus simple semble d’être de simplement effacer leurs messages. Mais en fait, il faut tenir compte d’un autre phénomène, il y a des gens qui font des recherches sur internet sur divers sujets, et ils tombent parfois sur des sites douteux. En “perdant” du temps à démonter leurs conneries des cons, on leur apporte de la contradiction. Effectivement, les cons resteront cons, mais ceux qui se posent des questions auront plusieurs sons de cloche, et s’ils sont sérieux dans leurs recherches, ils finiront par faire les bons choix. Sauf que cela est mis à mal par les IA des divers réseaux sociaux : dans le but de complaire aux utilisateurs et de les mettre dans de bonnes dispositions pour subir leurs publicités, ces IA mettent en avant ce qu’elles pensent que cela va leur plaire, dont de très nombreuses conneries. Ces IA participent à l’abrutissement des masses.

    1. Merci pour le retour d’expérience. cela correspond à la seconde partie de l’article finalement : parfois il faut “perdre du temps” pour l’intérêt général.

  6. Il me vient une pensée humoristique de Audiard à l’esprit : “Je parle pas aux cons… ca les instruit”
    en l’occurrence il se trompait car ca ne les instruit malheureusement pas. Difficile de parler et d’argumenter avec quelqu’un qui est contre le confinement, contre les masques et contre le vaccins… pour lutter contre la pandémie
    Peut etre que la connerie est de ne jamais douter de ce qu’on dit, et d’etre persuadé qu’on a raison, comme Raoult par exemple

    1. Peut etre que la connerie est de ne jamais douter de ce qu’on dit, et d’etre persuadé qu’on a raison, comme vous par exemple.

  7. Article intéressant ! Par contre, je dirais déjà que vous mélangez deux choses que le langage populaire confond souvent, mais qui sont quand même sensiblement différentes, à savoir la connerie et l’ignorance crasse. Un type qui pense qu’Hiroshima c’était pendant la guerre du Viêt-Nam est juste ignorant. Quelqu’un qui soutient ça contre vents et marées, oui, on peut le considérer comme un con, et vous avez raison de rappeler qu’on est tous le con de quelqu’un d’autre…

    Perso, je ne dirais pas que c’est la connerie qui est rédhibitoire, mais l’endoctrinement. Je préfère 100x discuter avec un total ignorant plutôt relax à l’esprit ouvert, qu’avec un type borné ayant un bagage plus ou moins important de connaissances mais qui va étaler connerie sur connerie sans même écouter ce que je lui raconte. Les Jean-Débats qui veulent absolument avoir raison pour briller, j’en suis revenu, d’autant que d’une certaine manière, j’en étais un. C’est comme parler à des murs, en fait. Du coup on n’est plus dans l’échange, mais dans le monologue, et des murs qui monologuent chacun dans leur coin, ça peut résumer la quasi intégralité des réseaux sociaux.

    Donc dans ces cas-là, oui, inutile de répondre, sachant que le stade ultime de ça, c’est le néo-Inquisiteur, le guerrier de clavier convaincu de sa vertu qui va prêcher son idéologie en jetant l’anathème sur tous ses contradicteurs. Là encore les réseaux sociaux sont rongés par ces cancers. On vit vraiment une époque assez dingue…

  8. J’avoue qu’en voyant la photo du professeur Raoult, je m’attendais à un développement et surtout une conclusion différents, un peu moins dans la mouvance officielle on dira. Pour le coup, Didier Raoult répond très peu aux cons (qui sont pourtant très très nombreux à l’attaquer sur absolument tous les canaux possibles et imaginables) et continue à œuvrer de son coté, donc son cas me semblait donc assez pertinent. Tant pis.

    “Ce n’est donc pas Didier Raoult que je vise particulièrement ici, mais tous les néo-experts qui l’ont suivi aveuglement.”

    Honnêtement, quand on voit l’immense majorité d’ignares biberonnés au conformisme qui se liguent massivement contre lui sans avoir en réalité la moindre idée de ce qu’il raconte, et qui vont se contenter bien malgré eux de suivre le courant officiel (créant ainsi une inversion totale des valeurs typique des sociétés malades, grâce à laquelle Karine Lacombe peut tranquillement obtenir la légion d’honneur, et le businessman Martier Blachier être invité sur tous les plateaux pendant des mois comme s’il n’était pas blindé de conflits d’intérêts), on en vient à sourire d’un triste dépit en lisant ce billet d’humeur débordant d’une condescendance injustifiée, qui met au même niveau Pearl Harbor, terre plate et Didier Raoult (manquait plus qu’un parallèle avec Trump et le compte était bon). “So Christophe Barbier/Patrick Cohen”… 🙂

    Dans un monde idéal, ni les pro ni les anti Raoult ne devraient avoir à se prononcer sur ses compétences, qu’ils sont très loin de pouvoir évaluer (la plupart des médecins eux-mêmes n’ont ni l’expérience ni le niveau requis, alors le pékin moyen…). Il ne devrait d’ailleurs pas y avoir de pro ni d’anti sur ces sujets-là. Le problème, c’est qu’on nous a placé dans un contexte malsain où nous sommes implicitement sommés de “choisir un camp”, faute de quoi nous pourrions être tentés de faire converger tous nos regards vers les responsables de la situation…ce qui n’est évidemment pas une option envisageable pour ces derniers.

    “Pour conclure, libre à chacun de répondre ou non aux cons.”

    Même si vous prenez -à très juste titre- des pincettes à ce sujet en début de texte, je vous conseille sincèrement de prendre un peu de recul, car on est effectivement toujours le con d’un autre (selon le contexte et le sujet), et vous ne semblez pas faire exception à la règle.

    Bonne continuation néanmoins, vous n’avez pas du tout l’air d’être un mauvais bougre.

    1. Estimation du ratio bénéfice de la réponse / temps consacré…
      Lancement du calcul…
      2.304 ms
      Résultat de l’analyse : vaste

      Next !

    2. Tu dis n’importe quoi, Raoult est un con prétentieux et son étude plus que bidon, digne d’une étude de cas sur les biais en essai clinique.
      Signé : une ingénieur de recherche en essais cliniques 4 sec.

      1. L’argument d’autorité de votre part ne représente pas une preuve scientifique. De plus vous ne faites pas autorité dans la discipline selon vos propres dires. Votre commentaire est hors sujet.

  9. Merci pour l’article. Un aspect peu développé de l’article est : pour qui répond-on ?
    Si c’est une discussion avec une seule personne, c’est plutôt clair.
    Si c’est une discussion entre 2 personnes dans un groupe (a table, au boulot) ou sur FB, twitter ou autre, la question doit se poser: est-ce qu’engager sur ce sujet va changer l’opinion de la personne ? La plupart du temps, non.

    Par contre, va-t-elle changer l’opinion des personnes qui écoutent ou lisent cette discussion ? Autrement dit : lorsqu’on engage publiquement une personne, on montre au monde qu’il y a d’autres opinions, d’autres faits ou lectures des faits.

    Donc se poser la question : est-ce qu’il y a d’autres personnes qui pourront bénéficier de cette information ?
    Et c’est souvent dans cet esprit que je réponds (au con). Sinon, je ne fais pas (plus) l’effort.

    1. Bonjour Thomas, comme expliqué, c’est une question d’arbitrage : répondre/réfuter une personne en 1-1, ça va, mais s’il y a du monde, la personne pourrait se vexer (personne n’aime se rendre compte qu’il dit des bêtises, surtout en public). A l’écrit, c’est différent 😉

  10. Merci pour cet article : la simple citation sur le pigeon aux échecs a suffit à faire passer une bonne soirée à deux confinés qui avaient besoin d’un peu d’air frais !

      1. C’est marrant, moi aussi j’ai adoré l’image des pigeons. Excellent !
        Concernant Gael Giraud, cet article m’a permis de comprendre qu’il fallait toujours avoir à l’esprit que des experts (ou du moins c’est comme ça que je les vois) peuvent se tromper. Personnellement, mais c’est probablement un biais cognitif, j’aurais plus tendance à pardonner à Giraud ses erreurs que Raoult. 🙂
        Merci pour cet article

        1. Oui il ne faut jamais entendre une nouvelle pour ‘vérité’, même des experts. Mais être capable de réfuter est parfois impossible ! (typiquement réfuter Raoult sur la médecine n’est pas un terrain sur lequel je m’aventure). Gael Giraud, c’est déjà un peu plus mon domaine 😉

          1. Il n’y a pas besoin d’être un expert en médecine pour réfuter Raoult de la même manière que si un astrophysicien vous dit que le ciel est vert, même s’il est astrophysicien, vous pouvez le réfuter je pense assez facilement. Raout a fait une étude bidon. Pas besoin d’être un expert pour le réfuter. Raoult a dit que ca allait être l’épidémie la plus facile à soigner, pas besoin d’être un expert pour le réfuter, Raout a dit que cette épidémie n’allait pas faire plus de morts que des accidents de trottinettes, pas besoin d’être un expert pour le réfuter, Raoult a dit qu’il n’y aurait pas de 2ème vague, pas besoin d’être un expert pour le réfuter, etc, etc, etc. A partir du moment où les faits prouvent le contraire, un peu de bon sens suffit. Et sur l’hydroxychloroquine, le gouvernement brésilien un des derniers défenseurs du traitement vient de reconnaître que ça ne marchait pas. Ils avaient pourtant distribué des doses à tous les malades.

          2. Bonjour, pour ma part je ne suis pas professeur de français mais je n’ai pas besoin de l’être pour savoir que vous ne comprenez rien à l’expression et à la langue française. Nous vous laissons ici y réfléchir, pour vous-même.

        2. A Nicolas, Bon Pote et Hugues,
          Les pigeons ne sont pas intéressés pour jouer aux échecs mais ils peuvent faire des choses que des humains ne soupçonneraient pas ! 😉 Comme apprendre à catégoriser les objets, à reconnaître des mots, à savoir quel tableau est beau ou non (selon les critères humains :D)… https://www.youtube.com/watch?v=SjQAxLB44oM
          Si vous saviez ce que les poules peuvent faire … au casino… 🙂

    1. “Si les autres garde le silence” je rajouterais pour adapter le super proverbe chinois à nos jours, surtout avec nos méthodes de communication !
      Les vieux proverbes chinois nous aides encore beaucoup à réfléchir aujourd’hui,..
      ..pour ceux encore capable de bien réfléchir bien-sûr !
      📐😂👍.

      1. Oups mon message à été envoyé au mauvais abonnés..
        Désolé s’était pour le commentaire qui suivait après..

    1. “Si les autres garde le silence” je rajouterais pour adapter le super proverbe chinois à nos jours, surtout avec nos méthodes de communication !
      Les vieux proverbes chinois nous aides encore beaucoup à réfléchir aujourd’hui,..
      ..pour ceux encore capable de bien réfléchir bien-sûr !
      📐😂👍.

  11. Bravo et merci pour cette réflexion. Sujet passionnant (pour moi en tout cas), car il répond à une époque où je me pose cette question de plus en plus souvent… Néanmoins, il est un aspect à aborder me semble t-il :
    A partir du moment où l’on considère un “con”, doit-on se poser cette question au sens radical ? Plus précisément, les divergences de structures intellectuelles sont elles en sens unique? Le pigeon qui fait voler les pièces de l’échiquier et qui, en prime, chie par dessus, n’est-il pas la manifestation de notre propre connerie à participer au jeu avec “un être si différent” ? En fait, et pour me soulager un peu la vie, je dois avouer qu’il est parfois (plutôt très souvent) facile de voir la Connerie en l’autre. Mouai, en fait ça marche pas comme ça. La connerie est une constante entre plusieurs individus, plus que dans le regard d’un autre. Enfin je cois…
    – Evangile selon Matthieu ?
    – Point !
    Le monde se divise, les sociétés bougent. Hétérogènes et homogènes à la fois, dans un mouvement naturel qui permet une grande efficacité à l’échelle du vivant. Comme une facette de la thermodynamique en somme.

    1. D’où l’importance de la phrase en intro : on est tous le con d’un autre 😉 Et le lien de l’article de Cipolla et des 5 lois de la stupidité : ce n’est pas un statut définitif, on est tous tour à tour stupide, ou l’idiot d’un autre. L’intérêt de l’article réside surtout sur la loi de brandolini, comme précisé, je n’avais pas envie de perdre 20h à définir la connerie, d’autres l’ont déjà fait !

  12. Alors pour moi la question elle est vite répondue 😉
    Esprit d’escalier + pas de talent littéraire + encore moins de talent oratoire + 8h de boulot par jour: si y’a pas de contenu déjà tout fait ou une exceptionnelle fulgurance de l’esprit qui sort une formule impactante, mieux vaut passer à autre chose.

  13. Merci pour le propos bien étayé. Je crois que ce qui peut nous tenter de répondre, c’est le souvenir de ces quelques situations, manifestement rares, où la réponse a vraiment touché son but, voire transformé la question et celui qui la pose. Et je pense qu’on espère (trop) retrouver ce qu’on en a ressenti alors, d’une très grande satisfaction.

  14. Mouais.
    Je suis pas sûr que mettre dans le même panier Marie-Hélène, le troll urologue et Gaël Giraud soit bien pertinent, ni n’aide à bien discuter (ou éviter chacun)

    A propos de Gaël Giraud, j’ai découvert davantage le personnage lors de la dernière d’Etienne Klein sur France Culture. Je recommande. J’y appris qu’il avait été quant d’ailleurs.
    Mais au-delà de ça, il se bat contre l’economie orthodoxe pour introduire la prise en compte des limites de la physiques, il se bat pour le climat… C’est déjà assez pour pas le mettre dans la même catégorie non ?

    1. A quel moment ai-je dit que ces 3 personnes étaient à mettre dans le même panier ? Aucun.
      J’ai écouté cette émission avec Etienne Klein que j’ai trouvé très intéressante. J’ai beaucoup écouté Gaël Giraud, que j’apprécie la plupart du temps.
      Ce qui n’empêche qu’il lui arrive de dire des choses fausses (comme moi de temps en temps). Si vous pensez que ma réfutation est fausse n’hésitez pas à me l’indiquer.

      Par ailleurs, je ne l’ai jamais entendu parler de Décroissance. Il faut réduire, l’extractivisme est mortifère et il est mieux que personne au courant, en ayant travaillé à l’AFD.

  15. Excellent article ! d’autant que le temps n’est pas une ressource illimitée, il vaut donc mieux éviter le gaspiller. J’ai apprécié aussi le fait d’utiliser dans les réponses, des références à des articles fouillés et difficilement contestables. C’est finalement un peu le principe des publications universitaires de citer des sources permettant de conforter ce qui est écrit. Merci encore pour tout ce temps passé (mais utile) pour aider à élever les débats !

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Auteur
Thomas Wagner
Prendra sa retraite quand le réchauffement climatique sera de l’histoire ancienne

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42 Responses

  1. Si j’ai bien compris, tu définis le con en partie comme quelqu’un qui n’a pas autant de culture générale que toi (date de Hiroshima, etc…)
    Pour moi, quelqu’un qui n’a pas la même culture générale que toi n’est pas un con. Je connais des incultes avec qui je préfèrerais mille fois passer ma soirée plutôt qu’avec un intellectuel con prétentieux, imbus de sa culture générale. Et pourtant, je suis de ton bord niveau dérèglement climatique, on m’a déjà surnommée la plus écolo des écolos !

    Ensuite, tu définis le con en partie comme quelqu’un qui a besoin d’avoir raison à tout prix, qui s’énerve si tu n’es pas d’accord avec lui. Dans ce cas, je dirais plutôt un bitard parce que c’est une attitude majoritairement masculine.

    Ensuite, les gens sentent les choses, si tu les prends d’emblée pour des cons, ils vont forcément se braquer et ne seront pas enclins à t’écouter.

    Ceci-dit, je ne te connais pas personnellement, je n’ai pas assez d’information pour savoir comment tu discutes précisément avec les gens. Et malgré tout, je suis bien contente qu’il y ait des gens qui ont le courage de discuter avec les gros égos. Attention quand même au burn out militant. Un militant m’a dit: l’important n’est pas de convaincre individuellement un à un les gens mais de rassembler un max de gens dans les assos écolo, d’ouvrir la fenêtre d’overton (3,5%) et les autres suivront.

  2. Une expérience récente : au cours d’un repas de famille, la discussion a dérivé sur le changement climatique (le fameux tonton…) sans que je cherche à aborder le sujet. Des points de vus ambigus sur la réalité, de la mauvaise foi… Après avoir apporté quelques arguments, j’ai coupé court à la discussion en forçant de changer de sujet. “- Changer nos habitudes est compliqué, les milliardaires ou les Chinois/Américains sont pires que nous… Admettons. Mais si nous n’avons pas le même point de départ, à savoir : le réchauffement climatique est réel, fait consensus scientifique et d’origine humaine, alors il n’y a pas de base commune pour une discussion”. “Oooooh mais on peut discuter”. “Non”. Cela a pu paraître mais fait du bien pour ma santé mentale. D’ailleurs, aujourd’hui, on ne devrait plus parler de climato-sceptiques mais de climato-négationnistes.

  3. J’ai adoré votre article…
    Il faut dire que la question posée “faut il répondre aux cons” me hante depuis des décennies, elle date de bien avant internet et les RS mais elle s’est amplifiée depuis.
    Deux remarques toutefois à ajouter à la réflexion…
    1. Si on accepte le précepte que vous rappelez selon lequel “on est tous le con de quelqu’un”, alors appliquer la stratégie de ne pas répondre aux cons aboutirait à un débat totalement inhibé puisque plus personne ne répondrait à personne, car nous serions tous le con de quelqu’un quelque part…
    2. Il faut savoir que “les cons sont méfiants”. Croyez le ou pas, il s’agit là d’une citation de Lino Ventura, qui poursuivait en disant “la preuve en est que quand on dit à un con qu’il est con, il ne nous croit pas..”. En fait, il croit que c’est l’inverse (que c’est nous le con !) (cf citation de B. Russell: “Tout le problème de ce monde est que les imbéciles sont très sûrs d’eux alors que les gens intelligents sont pleins de doute”). Cette “vérité” pratique expliquerait par exemple l’absence de réponse de Laurent Alexandre à votre recadrage de ses dires…
    Ces 2 postulats étant posés, difficile de dire quelle est la bonne attitude… répondre pout entretenir le débat… ou ne pas répondre parce que c’est peine perdue… j’avoue ne pas avoir pu trancher jusque là, et je ne vois pas la lumière au bout du chemin dans votre article. Mais merci tout de même !!

  4. Bonjour
    L’argument d’ultracrepidarianisme devient délicat lorsque la politique se mélange à la science. On le voit avec la crise COVID. Dès que des décisions touchent à la gestion de la vie courrante, du peuple, le peuple a le droit d’avoir un avis. Tout citoyen est dans son domaine de compétence lorsqu’il s’agit de politique (dans le sens noble).
    C’est pareil pour la problématique du réchauffement climatique. Dès qu’il s’agit de politique (mesures à prendre notamment), avec de complexes conséquences dans les décisions, tout citoyen a le droit d’avoir son avis, il ne peut donc pas y avoir d’ultracrepidarianisme dans ce cas là à mon avis

  5. Je pense qu’on prend une mauvaise mesure. Effectivement, la loi de Brandolini est juste. Mais, quand on mesure le temps “perdu” a répondre aux “cons”, il faut avoir autre chose en tête. Je suis modérateur sur un forum qui parle de la seconde guerre mondiale. Régulièrement, des négationnistes viennent pour y présenter leurs versions de ce que fut cette guerre. La solution la plus simple semble d’être de simplement effacer leurs messages. Mais en fait, il faut tenir compte d’un autre phénomène, il y a des gens qui font des recherches sur internet sur divers sujets, et ils tombent parfois sur des sites douteux. En “perdant” du temps à démonter leurs conneries des cons, on leur apporte de la contradiction. Effectivement, les cons resteront cons, mais ceux qui se posent des questions auront plusieurs sons de cloche, et s’ils sont sérieux dans leurs recherches, ils finiront par faire les bons choix. Sauf que cela est mis à mal par les IA des divers réseaux sociaux : dans le but de complaire aux utilisateurs et de les mettre dans de bonnes dispositions pour subir leurs publicités, ces IA mettent en avant ce qu’elles pensent que cela va leur plaire, dont de très nombreuses conneries. Ces IA participent à l’abrutissement des masses.

    1. Merci pour le retour d’expérience. cela correspond à la seconde partie de l’article finalement : parfois il faut “perdre du temps” pour l’intérêt général.

  6. Il me vient une pensée humoristique de Audiard à l’esprit : “Je parle pas aux cons… ca les instruit”
    en l’occurrence il se trompait car ca ne les instruit malheureusement pas. Difficile de parler et d’argumenter avec quelqu’un qui est contre le confinement, contre les masques et contre le vaccins… pour lutter contre la pandémie
    Peut etre que la connerie est de ne jamais douter de ce qu’on dit, et d’etre persuadé qu’on a raison, comme Raoult par exemple

    1. Peut etre que la connerie est de ne jamais douter de ce qu’on dit, et d’etre persuadé qu’on a raison, comme vous par exemple.

  7. Article intéressant ! Par contre, je dirais déjà que vous mélangez deux choses que le langage populaire confond souvent, mais qui sont quand même sensiblement différentes, à savoir la connerie et l’ignorance crasse. Un type qui pense qu’Hiroshima c’était pendant la guerre du Viêt-Nam est juste ignorant. Quelqu’un qui soutient ça contre vents et marées, oui, on peut le considérer comme un con, et vous avez raison de rappeler qu’on est tous le con de quelqu’un d’autre…

    Perso, je ne dirais pas que c’est la connerie qui est rédhibitoire, mais l’endoctrinement. Je préfère 100x discuter avec un total ignorant plutôt relax à l’esprit ouvert, qu’avec un type borné ayant un bagage plus ou moins important de connaissances mais qui va étaler connerie sur connerie sans même écouter ce que je lui raconte. Les Jean-Débats qui veulent absolument avoir raison pour briller, j’en suis revenu, d’autant que d’une certaine manière, j’en étais un. C’est comme parler à des murs, en fait. Du coup on n’est plus dans l’échange, mais dans le monologue, et des murs qui monologuent chacun dans leur coin, ça peut résumer la quasi intégralité des réseaux sociaux.

    Donc dans ces cas-là, oui, inutile de répondre, sachant que le stade ultime de ça, c’est le néo-Inquisiteur, le guerrier de clavier convaincu de sa vertu qui va prêcher son idéologie en jetant l’anathème sur tous ses contradicteurs. Là encore les réseaux sociaux sont rongés par ces cancers. On vit vraiment une époque assez dingue…

  8. J’avoue qu’en voyant la photo du professeur Raoult, je m’attendais à un développement et surtout une conclusion différents, un peu moins dans la mouvance officielle on dira. Pour le coup, Didier Raoult répond très peu aux cons (qui sont pourtant très très nombreux à l’attaquer sur absolument tous les canaux possibles et imaginables) et continue à œuvrer de son coté, donc son cas me semblait donc assez pertinent. Tant pis.

    “Ce n’est donc pas Didier Raoult que je vise particulièrement ici, mais tous les néo-experts qui l’ont suivi aveuglement.”

    Honnêtement, quand on voit l’immense majorité d’ignares biberonnés au conformisme qui se liguent massivement contre lui sans avoir en réalité la moindre idée de ce qu’il raconte, et qui vont se contenter bien malgré eux de suivre le courant officiel (créant ainsi une inversion totale des valeurs typique des sociétés malades, grâce à laquelle Karine Lacombe peut tranquillement obtenir la légion d’honneur, et le businessman Martier Blachier être invité sur tous les plateaux pendant des mois comme s’il n’était pas blindé de conflits d’intérêts), on en vient à sourire d’un triste dépit en lisant ce billet d’humeur débordant d’une condescendance injustifiée, qui met au même niveau Pearl Harbor, terre plate et Didier Raoult (manquait plus qu’un parallèle avec Trump et le compte était bon). “So Christophe Barbier/Patrick Cohen”… 🙂

    Dans un monde idéal, ni les pro ni les anti Raoult ne devraient avoir à se prononcer sur ses compétences, qu’ils sont très loin de pouvoir évaluer (la plupart des médecins eux-mêmes n’ont ni l’expérience ni le niveau requis, alors le pékin moyen…). Il ne devrait d’ailleurs pas y avoir de pro ni d’anti sur ces sujets-là. Le problème, c’est qu’on nous a placé dans un contexte malsain où nous sommes implicitement sommés de “choisir un camp”, faute de quoi nous pourrions être tentés de faire converger tous nos regards vers les responsables de la situation…ce qui n’est évidemment pas une option envisageable pour ces derniers.

    “Pour conclure, libre à chacun de répondre ou non aux cons.”

    Même si vous prenez -à très juste titre- des pincettes à ce sujet en début de texte, je vous conseille sincèrement de prendre un peu de recul, car on est effectivement toujours le con d’un autre (selon le contexte et le sujet), et vous ne semblez pas faire exception à la règle.

    Bonne continuation néanmoins, vous n’avez pas du tout l’air d’être un mauvais bougre.

    1. Estimation du ratio bénéfice de la réponse / temps consacré…
      Lancement du calcul…
      2.304 ms
      Résultat de l’analyse : vaste

      Next !

    2. Tu dis n’importe quoi, Raoult est un con prétentieux et son étude plus que bidon, digne d’une étude de cas sur les biais en essai clinique.
      Signé : une ingénieur de recherche en essais cliniques 4 sec.

      1. L’argument d’autorité de votre part ne représente pas une preuve scientifique. De plus vous ne faites pas autorité dans la discipline selon vos propres dires. Votre commentaire est hors sujet.

  9. Merci pour l’article. Un aspect peu développé de l’article est : pour qui répond-on ?
    Si c’est une discussion avec une seule personne, c’est plutôt clair.
    Si c’est une discussion entre 2 personnes dans un groupe (a table, au boulot) ou sur FB, twitter ou autre, la question doit se poser: est-ce qu’engager sur ce sujet va changer l’opinion de la personne ? La plupart du temps, non.

    Par contre, va-t-elle changer l’opinion des personnes qui écoutent ou lisent cette discussion ? Autrement dit : lorsqu’on engage publiquement une personne, on montre au monde qu’il y a d’autres opinions, d’autres faits ou lectures des faits.

    Donc se poser la question : est-ce qu’il y a d’autres personnes qui pourront bénéficier de cette information ?
    Et c’est souvent dans cet esprit que je réponds (au con). Sinon, je ne fais pas (plus) l’effort.

    1. Bonjour Thomas, comme expliqué, c’est une question d’arbitrage : répondre/réfuter une personne en 1-1, ça va, mais s’il y a du monde, la personne pourrait se vexer (personne n’aime se rendre compte qu’il dit des bêtises, surtout en public). A l’écrit, c’est différent 😉

  10. Merci pour cet article : la simple citation sur le pigeon aux échecs a suffit à faire passer une bonne soirée à deux confinés qui avaient besoin d’un peu d’air frais !

      1. C’est marrant, moi aussi j’ai adoré l’image des pigeons. Excellent !
        Concernant Gael Giraud, cet article m’a permis de comprendre qu’il fallait toujours avoir à l’esprit que des experts (ou du moins c’est comme ça que je les vois) peuvent se tromper. Personnellement, mais c’est probablement un biais cognitif, j’aurais plus tendance à pardonner à Giraud ses erreurs que Raoult. 🙂
        Merci pour cet article

        1. Oui il ne faut jamais entendre une nouvelle pour ‘vérité’, même des experts. Mais être capable de réfuter est parfois impossible ! (typiquement réfuter Raoult sur la médecine n’est pas un terrain sur lequel je m’aventure). Gael Giraud, c’est déjà un peu plus mon domaine 😉

          1. Il n’y a pas besoin d’être un expert en médecine pour réfuter Raoult de la même manière que si un astrophysicien vous dit que le ciel est vert, même s’il est astrophysicien, vous pouvez le réfuter je pense assez facilement. Raout a fait une étude bidon. Pas besoin d’être un expert pour le réfuter. Raoult a dit que ca allait être l’épidémie la plus facile à soigner, pas besoin d’être un expert pour le réfuter, Raout a dit que cette épidémie n’allait pas faire plus de morts que des accidents de trottinettes, pas besoin d’être un expert pour le réfuter, Raoult a dit qu’il n’y aurait pas de 2ème vague, pas besoin d’être un expert pour le réfuter, etc, etc, etc. A partir du moment où les faits prouvent le contraire, un peu de bon sens suffit. Et sur l’hydroxychloroquine, le gouvernement brésilien un des derniers défenseurs du traitement vient de reconnaître que ça ne marchait pas. Ils avaient pourtant distribué des doses à tous les malades.

          2. Bonjour, pour ma part je ne suis pas professeur de français mais je n’ai pas besoin de l’être pour savoir que vous ne comprenez rien à l’expression et à la langue française. Nous vous laissons ici y réfléchir, pour vous-même.

        2. A Nicolas, Bon Pote et Hugues,
          Les pigeons ne sont pas intéressés pour jouer aux échecs mais ils peuvent faire des choses que des humains ne soupçonneraient pas ! 😉 Comme apprendre à catégoriser les objets, à reconnaître des mots, à savoir quel tableau est beau ou non (selon les critères humains :D)… https://www.youtube.com/watch?v=SjQAxLB44oM
          Si vous saviez ce que les poules peuvent faire … au casino… 🙂

    1. “Si les autres garde le silence” je rajouterais pour adapter le super proverbe chinois à nos jours, surtout avec nos méthodes de communication !
      Les vieux proverbes chinois nous aides encore beaucoup à réfléchir aujourd’hui,..
      ..pour ceux encore capable de bien réfléchir bien-sûr !
      📐😂👍.

      1. Oups mon message à été envoyé au mauvais abonnés..
        Désolé s’était pour le commentaire qui suivait après..

    1. “Si les autres garde le silence” je rajouterais pour adapter le super proverbe chinois à nos jours, surtout avec nos méthodes de communication !
      Les vieux proverbes chinois nous aides encore beaucoup à réfléchir aujourd’hui,..
      ..pour ceux encore capable de bien réfléchir bien-sûr !
      📐😂👍.

  11. Bravo et merci pour cette réflexion. Sujet passionnant (pour moi en tout cas), car il répond à une époque où je me pose cette question de plus en plus souvent… Néanmoins, il est un aspect à aborder me semble t-il :
    A partir du moment où l’on considère un “con”, doit-on se poser cette question au sens radical ? Plus précisément, les divergences de structures intellectuelles sont elles en sens unique? Le pigeon qui fait voler les pièces de l’échiquier et qui, en prime, chie par dessus, n’est-il pas la manifestation de notre propre connerie à participer au jeu avec “un être si différent” ? En fait, et pour me soulager un peu la vie, je dois avouer qu’il est parfois (plutôt très souvent) facile de voir la Connerie en l’autre. Mouai, en fait ça marche pas comme ça. La connerie est une constante entre plusieurs individus, plus que dans le regard d’un autre. Enfin je cois…
    – Evangile selon Matthieu ?
    – Point !
    Le monde se divise, les sociétés bougent. Hétérogènes et homogènes à la fois, dans un mouvement naturel qui permet une grande efficacité à l’échelle du vivant. Comme une facette de la thermodynamique en somme.

    1. D’où l’importance de la phrase en intro : on est tous le con d’un autre 😉 Et le lien de l’article de Cipolla et des 5 lois de la stupidité : ce n’est pas un statut définitif, on est tous tour à tour stupide, ou l’idiot d’un autre. L’intérêt de l’article réside surtout sur la loi de brandolini, comme précisé, je n’avais pas envie de perdre 20h à définir la connerie, d’autres l’ont déjà fait !

  12. Alors pour moi la question elle est vite répondue 😉
    Esprit d’escalier + pas de talent littéraire + encore moins de talent oratoire + 8h de boulot par jour: si y’a pas de contenu déjà tout fait ou une exceptionnelle fulgurance de l’esprit qui sort une formule impactante, mieux vaut passer à autre chose.

  13. Merci pour le propos bien étayé. Je crois que ce qui peut nous tenter de répondre, c’est le souvenir de ces quelques situations, manifestement rares, où la réponse a vraiment touché son but, voire transformé la question et celui qui la pose. Et je pense qu’on espère (trop) retrouver ce qu’on en a ressenti alors, d’une très grande satisfaction.

  14. Mouais.
    Je suis pas sûr que mettre dans le même panier Marie-Hélène, le troll urologue et Gaël Giraud soit bien pertinent, ni n’aide à bien discuter (ou éviter chacun)

    A propos de Gaël Giraud, j’ai découvert davantage le personnage lors de la dernière d’Etienne Klein sur France Culture. Je recommande. J’y appris qu’il avait été quant d’ailleurs.
    Mais au-delà de ça, il se bat contre l’economie orthodoxe pour introduire la prise en compte des limites de la physiques, il se bat pour le climat… C’est déjà assez pour pas le mettre dans la même catégorie non ?

    1. A quel moment ai-je dit que ces 3 personnes étaient à mettre dans le même panier ? Aucun.
      J’ai écouté cette émission avec Etienne Klein que j’ai trouvé très intéressante. J’ai beaucoup écouté Gaël Giraud, que j’apprécie la plupart du temps.
      Ce qui n’empêche qu’il lui arrive de dire des choses fausses (comme moi de temps en temps). Si vous pensez que ma réfutation est fausse n’hésitez pas à me l’indiquer.

      Par ailleurs, je ne l’ai jamais entendu parler de Décroissance. Il faut réduire, l’extractivisme est mortifère et il est mieux que personne au courant, en ayant travaillé à l’AFD.

  15. Excellent article ! d’autant que le temps n’est pas une ressource illimitée, il vaut donc mieux éviter le gaspiller. J’ai apprécié aussi le fait d’utiliser dans les réponses, des références à des articles fouillés et difficilement contestables. C’est finalement un peu le principe des publications universitaires de citer des sources permettant de conforter ce qui est écrit. Merci encore pour tout ce temps passé (mais utile) pour aider à élever les débats !

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