Grenoble 2026 : quel bilan pour “la pionnière verte” ?

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À l’échelle du pays, Grenoble fait office de pionnière. Aux élections municipales de 2014, Éric Piolle devient le premier écologiste à prendre les rênes d’une grande ville. Au cours de son premier mandat, la municipalité se fait remarquer pour ses mesures encore inédites en France, comme la généralisation de la zone 30 et le bannissement des panneaux publicitaires dans ses rues. 

En 2020, rebelote : le « maire à vélo » rempile sur un second mandat. Sacrée “Capitale verte européenne” en 2022, Grenoble a-t-elle tenu ses promesses au cours des six dernières années ? Végétalisation, mobilité, alimentation, justice sociale… 

Après Bordeaux, et en amont des élections municipales qui auront lieu les 15 et 22 mars prochains, Bon Pote passe au crible les politiques déployées par la mairie écologiste. 

Urbanisme : Grenoble est-elle si verte que ça ?

 Selon les dernières données de Kermap (qui se base sur des images satellites prises entre 2020 et 2022), la couverture arborée grenobloise n’est que de 19 % – c’est six points de moins que la moyenne nationale –, et de 33 % si l’on compte aussi les espaces herbacés. De quoi attribuer à la « capitale des Alpes » une piteuse 27ème place sur les 31 villes intermédiaires les plus végétalisées de France. 

Au cours des dernières années, la mairie écologiste a néanmoins multiplié les initiatives pour verdir la ville. Depuis 2014, 50 hectares d’espaces verts ont été créés dans cette municipalité de 158 000 habitants.

Au cours de ce dernier mandat : 

  • 12000 arbres ont été plantés
  • 2000 arbres ont été donnés aux habitants pour les planter chez eux et des dizaines d’espaces végétalisés avec le programme « Végétalise ta ville » (dont des bosquets boisés et une forêt urbaine Miyawaki réalisée suite à un budget participatif)
  • 7 nouveaux parcs ont été créés et 6 parcs ont été agrandis
  • 11 places et placettes ont été végétalisées et déminéralisées 
  • 1 verger collectif a été créé dans chaque secteur de la ville
  • 11 cours d’écoles ont été végétalisées et désimperméabilisées
  • 9 cours de crèches ont été végétalisées
  • 20 places aux enfants et espaces piétons devant les écoles (espaces déminéralisés et végétalisés) ont été créés

Des initiatives qui se heurtent toutefois à la densité élevée de la ville (avec 8861 habitants au km2, il s’agit de la 3ème ville la plus dense de France en dehors de la région parisienne), ce qui laisse peu de place à de nouveaux espaces verts, expose Éric Piolle à Bon Pote. Le maire ajoute que les Grenoblois sont, en contrepartie d’une végétalisation contrainte, “en permanence en contact avec la nature”, en particulier avec ses montagnes qui encerclent la municipalité. 

Grenoble, une ville invivable en été ?

Il n’empêche : ce manque de nature en ville a des conséquences bien réelles. À commencer par ses îlots de chaleur urbains, particulièrement prononcés. Dans le centre-ville, ses habitants sont en effet exposés à de plus fortes chaleurs que dans la périphérie rurale de la ville, de jour comme de nuit : jusqu’à +5,6 degrés d’après Météo-France. Ce qui fait de Grenoble l’une des villes les plus exposées à ce phénomène, en deuxième place après Paris.

La faute à un manque de végétalisation, mais aussi, d’après un rapport commandé par la ville, à l’ “effet de canyon” (bâtiments hauts et rapprochés qui piègent la chaleur) ou encore aux sols imperméabilisés (parkings, voiries, places minéralisées). 

Crédit : Data métropole Grenoble

Et la situation ne risque pas de s’améliorer dans le futur. En 2050, la municipalité devrait subir jusqu’à 43 jours de canicule par an, contre trois aujourd’hui, prévoit Météo-France. Surtout, ces périodes de fortes chaleurs pourraient être jusqu’à quinze fois plus intenses qu’actuellement. Sa topographie particulière – la ville est encastrée entre les massifs de Chartreuse, de Belledonne et du Vercors – l’expose à des chaleurs particulièrement étouffantes l’été. Chercheur au CNRS, le climatologue Martin Ménégoz explique à Actu.fr qu’en “en été, la forme de cuvette limite la ventilation de la vallée, ce qui accentue le fait qu’il puisse faire très chaud.” 

C’est pour affronter les canicules qu’un “plan fraîcheur” avait été annoncé par la ville en 2021. Pour l’heure, six brumisateurs et deux brumisateurs mobiles (au Jardin de Ville et sur la place Christophe-Turc au Village Olympique) ont été installés dans la ville, de même qu’un jeu d’eau au parc Berty-Albrecht et huit bassins et lacs, dont le futur lac baignable du parc Jean-Verlhac, dans le quartier populaire de La Villeneuve.

Capitale verte européenne, ou “capitale du greenwashing” ?

La politique de végétalisation grenobloise initiée depuis 2014, mais aussi pro-vélo, anti-pub ou encore anti-pollution, lui a valu le titre de “Capitale verte européenne” en 2022, décerné par la Commission européenne. Selon un rapport de la Chambre régionale des comptes, le budget total a avoisiné les 14 millions d’euros, qui a permis de financer des travaux de rénovation  sur les lieux d’accueil des événements organisés (hôtel Lesdiguières, fort de la Bastille…) : cérémonies, colloques, spectacles… 

Un label qui a parfois été taxé de pur greenwashing. En janvier 2022, un millier de manifestants se sont rassemblés dans la ville pour dénoncer les “grands projets inutiles” qui ternissent le bilan écolo de la région grenobloise. “Certes, à Grenoble on construit des pistes cyclables d’un côté, mais de l’autre, on agrandit l’A480 et on continue d’artificialiser des terres avec de nouveaux centres commerciaux…”, a fustigé le collectif Citoyens pour le climat dans les colonnes de Reporterre

Assumant une marge d’action limitée, Éric Piolle commente auprès de Bon Pote : “Il est plus facile de générer des actions qui vont dans le bon sens que d’arrêter celles qui vont dans le mauvais.” Et de préciser que le centre commercial en question (à Saint Martin d’Hères), qu’il juge “sans queue ni tête”, a été validé par la Métropole (qui, précision importante, est dirigée par un élu de Place Publique, Christophe Ferrari, dont les relations avec Eric Piolle sont notoirement mauvaises). Une tension à l’échelle du territoire qui fait écho à ce que nous vous expliquions dans un précédent article précisant les contours des prérogatives des maires.

Décrié par les militants écolos, le chantier de l’autoroute A480 a pour sa part été porté par l’État, le département de l’Isère, la Métropole Grenoble-Alpes et le concessionnaire AREA (la ville de Grenoble n’ayant qu’un rôle consultatif). Au départ opposée à ce projet visant à fluidifier la circulation, la mairie écologiste a fini par l’accepter en se réjouissant que certaines mesures “environnementales” aient été obtenues, comme le passage à 70 km/h pour limiter les nuisances et les pollutions, la mise en place de voies de covoiturage et des mesures de compensations (remplacement des arbres coupés). Une posture qui a été critiquée et jugée peu digne d’une politique écologique. 

Eau : des tensions et des économies

L’eau est un sujet sensible sur le territoire grenoblois. Depuis plusieurs années, les projets d’extension des usines de puces électroniques STMicroelectronics à Crolles et Soitec à Bernin suscitent la colère des militants écologistes, qui dénoncent un accaparement de l’eau. Ce à quoi il faut aussi ajouter le futur data center dédié à l’IA prévu à Eybens par la société DataOne (voir notre article sur le vrai coût environnemental de l’IA et de ses data centers). Des projets d’autant plus décriés à l’heure où le territoire est régulièrement placé en “alerte sécheresse” durant la période estivale, déclenchant des restrictions pour les particuliers (arrosage, remplissage des piscines, lavage des véhicules…). 


Dans les pages de Libé, Eric Piolle se veut rassurant : “En cas de tension forte sur l’eau, c’est l’industrie qu’on débranchera d’abord.” Interrogé par Bon Pote, le maire met également en avant une stratégie visant à favoriser la réinfiltration des eaux dans la nappe phréatique au niveau de la municipalité. “On a changé les règles du PLU [Plan Local d’Urbanisme] quand on est arrivés pour imposer 30 % de réinfiltration locale” pour tout nouveau projet urbain. Objectif annoncé : lutter contre les inondations et la pollution des milieux naturels. 

De plus, les réparations de fuites sur le réseau public ont permis, en 2022, d’économiser l’équivalent de 140 piscines olympiques au niveau de la métropole. Le renouvellement de 80 km de conduites a par ailleurs rehaussé le rendement des réseaux à 87 %, contre 80 % pour la moyenne nationale (ce qui signifie que 13 % de l’eau captée est perdue avant d’arriver aux usagers). Au total enfin, la consommation d’eau globale de la ville a diminué de 10,3 % en 2024 (- 41 000 m³).

Mobilités : l’indétrônable capitale du vélo

Le baromètre des villes cyclables de la Fédération française des usagers de la bicyclette (FUB), qui évalue l’indice de satisfaction des usagers du vélo en France, est catégorique : ses deux dernières éditions (2021 et 2025) classent Grenoble en tête du palmarès des grandes villes françaises les plus vélo-friendly

Sans surprise, la “capitale du vélo” est aussi, selon un rapport du ministère de la Transition écologique, la ville de plus de 100 000 habitants où ce mode de transport est le plus utilisé pour aller travailler (25,5 % des personnes en 2024). Une proportion qui a augmenté depuis 2014 : les actifs grenoblois n’étaient alors que 15 % à opter pour le biclou pour les trajets domicile-travail.

Il faut dire aussi que la métropole encourage activement la pratique du vélo :

  • Déployé sur la métropole grenobloise depuis 2017, le réseau Chronovélo (voies sécurisées entièrement réservées aux cyclistes) atteint désormais 40 km sur les 49 km prévus. 17 km de pistes sécurisées et bandes cyclables ont été déployés à Grenoble durant le dernier mandat
  • Le nombre de vélos en libre-service (Métrovélo) est passé de 6000 en 2014 à 12 000 aujourd’hui
  • Une aide pour l’achat d’un vélo électrique ou conventionnel a été mise en place par la métropole (entre 50 et 500 euros selon le type de vélo choisi et les revenus du bénéficiaire)

Avec une limite, malgré tout (qui ne s’applique pas seulement à Grenoble) : la pratique du vélo, à l’échelle nationale, est socialement située. En France, en considérant tous les types de déplacements (pas seulement pour aller au travail), le taux de recours au vélo est en effet plus élevé chez les cadres (7,9 %) que les ouvriers (2,9 %) ou les employés (2,9 %). Les hommes sont aussi plus friands de ce mode de transport que les femmes (4,9 % contre 3,7 %).

Afin “d’élargir la pratique”, la municipalité a mis en place en 2023 une École du Vélo, 100 % gratuite, auprès des publics scolaires et des familles, avant de s’ouvrir l’année suivante aux adultes (apprendre à monter sur un vélo, à l’entretenir…) Au total, nous indique la mairie, 400 adultes et 900 enfants sont formés par an.

Qu’en est-il des transports en commun à Grenoble ?

Hormis quelques nouveautés (extension de la ligne de tram D, création d’un réseau de transport unique M réso en 2024 aboutissant à un tarification unique…), pas de changement majeur sur le réseau de transports en commun grenoblois durant ce mandat. Pourtant, “il y a encore des besoins importants”, soupire Emmanuel Colin de Verdière, président de l’association ADTC – Se déplacer autrement, qui milite pour le développement de l’offre de tramways, ainsi qu’une fréquence et une amplitude horaire plus importantes sur les lignes existantes (de 5h à 22h, et minuit pour les TER). 

Les Grenoblois devront donc s’armer de patience. Plusieurs projets sont à l’étude, comme le prolongement de la ligne de tram E et la création d’un RER métropolitain, dont la mise en service est prévue en 2035, et qui devrait coûter entre 1 et 1,5 milliard d’euros. Une somme colossale qui nécessiterait que “l’État assume une partie importante de ces financements”, a déclaré Bruno Cattin, président du Pays voironnais, à France Bleu

En parlant de projets coûteux, celui du Métrocâble (un téléphérique urbain reliant les communes de Fontaine et Saint-Martin-le-Vinoux de part et d’autre de Grenoble dont le budget a été estimé à 65 millions d’euros par les porteurs du projet), a quant à lui été repoussé, a-t-on appris à la fin de l’année 2024. Adjointe au maire en charge de l’urbanisme, Margot Belair explique dans une interview que la ville a décidé de prioriser d’autres projets, dont le prolongement du tram E, justement, et l’amélioration de la desserte des zones périurbaines. D’autant plus que le Métrocâble est promis selon elle à une fréquentation relativement faible (de l’ordre de 4600 voyageurs par jour). 

Sur le volet social, un point positif pour les transports grenoblois : depuis le 1er septembre 2024, les transports en commun sont gratuits pour les ⅓ des Grenoblois les moins aisés (personnes en-dessous du coefficient familial inférieur à 715 euros, étudiants boursiers, bénéficiaires de l’Aide médical de l’État). 

À terme, la mairie écologiste souhaiterait “assurer une gratuité pour toutes et tous, socle d’une vie plus libre, plus conviviale, plus inclusive.” Une fausse bonne idée selon l’ADTC : “La gratuité priverait le transport public de financements indispensables à son développement (…) À quoi sert la gratuité s’il n’y a aucune offre de transport public pour certains ?” Le débat n’est pas nouveau. Dans un article consacré à la gratuité des transports en commun, Bon Pote rappelle aussi que dans les villes où les transports sont gratuits, la fréquentation a bondi durant l’année qui a suivi (+ 77 % à Dunkerque, par exemple).

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Et les piétons ?

Au cours du dernier mandat, 20 rues en centre-ville ont été piétonnisées. Une évolution qui n’est pas toujours bien accueillie par ses habitants. Parmi les réaménagements qui ont fait débat cette année, celui du quartier historique Metz-Strasbourg s’est attiré les foudres de riverains et de commerçants dénonçant la suppression de places de stationnement, lisait-on sur Franceinfo en mars 2024. Au point qu’un recours a été déposé contre le permis d’aménager délivré par la Ville de Grenoble à la Métropole – lequel a été rejeté le 15 septembre 2025.

La voiture fait marche arrière

En l’espace de 10 ans, souligne un rapport de l’Agence d’urbanisme de la région grenobloise parue début 2025, le nombre de déplacements en voiture a diminué de 16 %, “en raison d’une baisse globale de la mobilité mais aussi d’un report modal à part égale vers le vélo et la marche.” Les politiques pro-vélo et de piétonnisation ont donc porté leurs fruits, de même que la généralisation des 30 km/h dans la municipalité en 2016 (-10 % de voitures en transit dans la ville et “moins de pollution”, nous indique la mairie). 

Association Respire. « Qualité de l’air dans les villes françaises. Analyse et modélisation de l’impact du trafic routier sur la qualité de l’air, à Paris et en Auvergne Rhône-Alpes », juin 2025.

La qualité de l’air grenoblois s’est en effet améliorée au cours des dernières années. Selon les données de l’Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, l’exposition moyenne des habitants de la ville de Grenoble aux particules fines (PM2,5) a diminué de 20 % entre 2019 et 2024, et l’exposition au dioxyde d’azote (NO2), de 38 % durant la même période. Une étude menée par l’association Respire en 2025 l’atteste également : malgré la configuration de “cuvette”, qui favorise la stagnation des polluants, la ville est parvenue, en 2024, à respecter les seuils de pollution de NO2 fixés par l’Union européenne pour 2026. Les seuils fixés par l’UE pour 2030 sont toutefois dépassés à l’année, de même que ceux, plus stricts, de l’OMS, dont la limite journalière est systématiquement dépassée. Bref, “de grands efforts restent à faire pour respecter les seuils déterminés par l’OMS face à cet enjeu de qualité de l’air”, conclut l’association. 

Efforts qui pourraient être freinés par la suppression des zones à faibles émissions votée en mars 2025 à l’Assemblée dans le cadre de la loi de simplification de la vie économique (qui n’a toujours pas été examinée en commission mixte paritaire). À Grenoble aussi, la mesure polarise fortement les habitants : “On trouve à une extrémité des profils plus jeunes, souvent urbains, plus aisés et moins motorisés, généralement favorables à la ZFE et à l’autre, des familles plus nombreuses, résidant en périphérie ou dans des zones moins desservies, dont les revenus sont moindres et qui dépendent davantage de véhicules plus polluants”, constate une étude de l’agence d’urbanisme de la région grenobloise en 2025. À la suite de ce vote à l’Assemblée, la métropole grenobloise a décidé de reporter l’entrée en vigueur de la verbalisation des véhicules classés Crit’Air 3 d’un an, au 30 juin 2026. Signe que les décisions à l’échelle nationale influent aussi sur le local. 

Et parfois, le local se rebelle : en 2023, Grenoble est devenue la première collectivité à attaquer l’État en justice, en jugeant insuffisant le plan de lutte contre la pollution de l’air élaboré par la préfecture de l’Isère (le jugement n’a pas encore été rendu). 

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Énergie : quelle dynamique pour les énergies renouvelables ? 

En 2016, la ville de Grenoble avait atteint 100 % d’électricité renouvelable (ni fossile, ni nucléaire) dans ses bâtiments publics et ses transports via son producteur et fournisseur local d’énergie GEG (Gaz Électricité Grenoble), rappelle l’édile écologiste. Cette entreprise est en effet majoritairement publique, puisqu’elle appartient principalement à la Métropole à 33 % et à la Ville à 17 %. Au cours des dernières années, GEG a vu sa production augmenter, notamment grâce à la rénovation en 2023 de son premier parc éolien à Rivesaltes (+ 30%). 

En 2022, un nouveau cap est franchi : sa production a atteint l’équivalent de la consommation de l’ensemble des ménages grenoblois (353 GWh/an). Pour autant, les habitants de la municipalité ne peuvent pas en profiter directement :  “On ne peut pas utiliser les électrons qu’on produit pour notre propre consommation, on les revend d’abord à l’État”, nous précise le maire de Grenoble.

SCHÉMA DIRECTEUR ÉNERGIE : Révision 2025 (Grenoble Alpes Métropole)

À l’échelle de la métropole, le mix énergétique fait quant à lui encore la part belle aux énergies fossiles, même si ces dernières sont en recul. Dans la Révision 2025 de son “schéma directeur énergie”, la métropole indique qu’entre 2013 et 2022, les consommations énergétiques du territoire ont diminué de 18 %, et que le recours aux énergies fossiles a été réduit de 33 %. Parmi les leviers actionnés pour verdir le mix énergétique local figurent le développement des énergies renouvelables (la métropole soutient entre autres l’amélioration des chauffage au bois existants via la Prime air bois, et œuvre à la densification du réseau de chaleur urbain, le 2ème le plus important de France), la modernisation de ses réseaux de distribution d’énergie (afin d’augmenter la capacité de transport d’énergies renouvelables) et la rénovation énergétique des bâtiments. 

Qu’en est-il de la rénovation énergétique à Grenoble ?

Au cours de ce mandat, la mairie a investi dans la rénovation de nombreux bâtiments municipaux, aussi bien du côté des écoles (7 établissements ont été entièrement rénovés thermiquement, 4 autres l’ont été partiellement), des gymnases (4 ont été rénovés) et des logements privés. Lancé en 2010 au niveau de la métropole grenobloise, le dispositif Mur Mur, qui apporte des aides financières aux propriétaires dans la rénovation énergétique de leur logement, s’est également poursuivi. Au total, en quinze ans, 10 000 logements privés ont été rénovés à Grenoble, dont 2500 logements sociaux (avec l’Agence nationale de rénovation urbaine). 

À noter également : l’immeuble d’habitation sociale le Haut-Bois, inauguré en 2022 dans le quartier Flaubert, qui a la particularité d’être doté d’une structure en bois et d’être entièrement “passif” (très basse consommation d’énergie). Au point que les charges des locataires y sont cinq fois moindres que dans un bâtiment classique, rapporte Franceinfo. Une construction récompensée du prix national de la construction bois, mention innovation technique.

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Et au niveau de l’éclairage nocturne ?

Grenoble ne fait pas partie de ces villes qui, à l’instar de Bordeaux, éteignent leurs feux la nuit. Un choix assumé par Éric Piolle, qui souligne que la municipalité est “très dense et vivante”. La consommation liée à l’éclairage urbain a néanmoins fortement baissé, passant de 12,4 GWh par an en 2015 à 5 GWh en 2024, grâce à la modernisation de ses équipements. 

Selon le bilan réalisé fin 2023 du « Plan lumière » :

  • 75 % du parc d’éclairage de la ville avait été renouvelé
  • 70 % des points lumineux sont alimentés par des LED
  • 1000 luminaires sont dotés d’un mécanisme de détection de présence
  • 100 % des luminaires abaissent désormais le niveau de luminosité en milieu de nuit
  • La pollution lumineuse a baissé de 60 %

Une évolution qui, contrairement à certaines idées reçues, ne favorise aucunement l’insécurité. Comme le souligne cet article de Bon Pote, aucune étude scientifique ne met en évidence un lien entre réduction de l’éclairage public et augmentation du vandalisme ou des violences à la personne.

Alimentation : un territoire à embarquer

Verdir les assiettes a été l’un des axes forts de la stratégie alimentaire portée par Éric Piolle. Dans les écoles, 51 % des denrées sont issues de l’agriculture bio, et les menus végétariens ont été instaurés par défaut à la cantine dès 2022 (avec la possibilité d’opter pour du poisson et de la viande pour ceux qui le souhaitent, sauf deux jours par semaine où tout le monde mange végétarien). Au total, au moins la moitié des repas servis sont désormais végétariens. 

Début 2025, cet engagement a contribué à placer Grenoble en tête du classement de L214 « Une ville pour les animaux ». L’association a aussi salué la participation de la municipalité au Veganuary (consistant à sensibiliser les habitants aux bénéfices d’une alimentation végétale) et la mise en place d’une charte incitant les restaurateurs à proposer davantage d’alternatives végétales. Point bonus bien-être animal : le “plan Chien” annoncé à l’été 2025, qui dédie un total de 7 hectares « de liberté » aux toutous, où ils peuvent circuler sans laisse (dans plusieurs parcs de la ville).

Une ville nourricière ?

À l’instar d’autres villes comme Nantes, Grenoble cultive l’ambition de devenir une « ville nourricière », connectée à sa production agricole locale. En 2025, la ville s’est dotée d’une troisième ferme urbaine – deux avaient déjà vu le jour en 2018 –, baptisée Mille Feuilles et d’une surface d’un hectare, dans le secteur de Grand Place. 

En parallèle, Grenoble participe au Plan alimentaire inter-territorial (PAiT) du Grand Bassin grenoblois. Objectif pour 2050 : atteindre 70 % des surfaces en agriculture bio, 30 % en agroécologie, et renforcer l’autonomie alimentaire du territoire en fruits, légumes et légumineuses. Il y a encore du chemin à faire : pour l’heure, relève la chercheuse Hélène Caune auprès du média de la ville de Grenoble, l’autonomie alimentaire du territoire grenoblois est estimée à seulement 40 %. L’experte note néanmoins plusieurs évolutions positives : “Autrefois surtout dédiée à l’élevage bovin, l’agriculture s’est diversifiée. En 2022, 16 % des exploitations étaient en polyculture et/ou polyélevage, mais avec peu de production de fruits, hormis les fruits à coque (…) En dix ans, le nombre d’exploitations bio a été multiplié par deux (23,5 % des structures).” 

Autre tendance favorable à l’écologie : afin de préserver les terres agricoles et les espaces naturels, le plan local d’urbanisme intercommunal de la métropole grenobloise, adopté en 2019, combat l’artificialisation des sols. En 2024, un rapport a montré que la consommation d’Espaces Agricoles, Naturels et Forestiers (ENAF) avait été divisée par deux depuis 2019. De quoi placer le territoire dans une trajectoire “conforme” aux objectifs de la loi Climat et Résilience (visant le Zéro Artificialisation Nette en 2050).

Crédit photo : https://unsplash.com/photos/a-river-running-through-a-city-next-to-tall-buildings-mKCXxdlAl1A

Comment Grenoble expérimente-t-elle la Sécurité sociale de l’alimentation ?

Paris, Montpellier, Lyon… La liste des villes expérimentant la Sécurité sociale de l’alimentation (SSA) s’allonge, et Grenoble n’y fait pas exception. Initiée en 2014, le projet de SSA grenobloise a été lancé à l’été 2025, et permet, en l’échange d’une cotisation mensuelle libre, d’obtenir 100 euros à dépenser dans une liste de points de vente proposant des produits bio et locaux. 

Une initiative positive d’un point de vue écologique et sociale, dont le collectif citoyen Grenoble Alpes Collectif (qui proposera une liste citoyenne aux élections municipales de 2026) pointe certaines limites : “L’expérimentation locale fixe l’objectif de cotisants / bénéficiaires de la caisse de SSA à 1000 personnes en 2028, ce qui représente 0,6 % de la population de la ville. Cela représente une faible proportion de la population et il sera nécessaire de massifier le dispositif afin d’avoir un impact fort en termes de justice sociale.” Le collectif regrette aussi que le modèle de cette expérimentation se concentre sur la distribution sans “perspective de transformation du système agricole lui-même.” 

Et surtout, que la mairie ait retenu le modèle qui avait obtenu le moins de votes au sein des groupes de travail chargés de co-construire le dispositif de SSA, ce qui pose à ses yeux un problème de démocratie.

Démocratie locale : tête baissée vers l’écologie ?

Ce n’est pas la seule fois où la mairie écologiste a choisi d’ignorer des points de vue discordants. On peut aussi citer le cas du lac baignable en projet dans le parc Jean-Verlhac, à La Villeneuve. Lors de la concertation publique organisée au début de l’année 2025, 57 % des participants se sont dit opposés au projet. La mairie, elle, persiste et signe : “On va manquer de points d’eau et la stratégie de long terme n’est pas de refaire des piscines municipales, qui sont énergivores et coûteuses”, justifie Éric Piolle à Bon Pote. Déjà à La Villeneuve, en 2019, des habitants avaient monté un RIC (référendum d’initiative citoyenne) informel pour tenter d’empêcher la démolition de logements dans le cadre d’un chantier de rénovation urbaine – en vain. Autant de cas qui ont contribué, “à force de vouloir avancer vite, sans les acteurs locaux”, à “décrédibiliser l’écologie” aux yeux des habitants, analyse Thomas Simon, membre du binôme de tête de liste Grenoble Alpes Collectif. 

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Pourtant, Grenoble s’est illustrée au cours des mandats d’Eric Piolle comme une ville “à la pointe” sur les sujets de démocratie locale, assure Julien Talpin, chercheur en science politique au CNRS spécialiste de la démocratie participative, auprès de Bon Pote. En 2017, lorsque Grenoble met en place son dispositif d’interpellation et de votation citoyenne (permettant de mettre en place des RIC au niveau local), la préfecture de l’Isère avait saisi la justice pour le faire annuler. “Cela dit quelque chose de la radicalité potentielle de ce type de dispositif”, estime Julien Talpin. Le dispositif est remis sur la table au début du second mandat sous une autre forme. Mais jusqu’ici, les interpellations n’ont jamais recueilli le seuil de signature requis (8000 signatures) conduisant à l’organisation d’un référendum local. Et elles n’échappent pas à certains biais sociaux, le profil-type des initiateurs étant généralement “des personnes plus diplômées que la moyenne locale”, montre un rapport de 2024

Qu’a donné la Convention citoyenne pour le climat grenobloise ?

En 2022-2023, la Convention citoyenne métropolitaine pour le climat a réuni 100 citoyens de la métropole grenobloise tirés au sort, qui ont soumis 219 propositions visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre sur le territoire. Augmentation de la production d’énergie solaire, renforcement de la végétalisation… Si la convention est purement consultative, les propositions ont toutes été votées à une très large majorité par le conseil métropolitain en avril 2023. 76 % d’entre elles étaient alors mises en place ou programmées. 

C’est bien mieux que la Convention citoyenne pour le climat déployée à l’échelle nationale en 2019-2020, dont seules 10 % des propositions avaient été reprises par le gouvernement selon une enquête de Reporterre.

Et pour la prochaine élection ?

Jamais deux sans trois ? Pour Éric Piolle – visé par une enquête en raison des 16 800 euros qu’il est soupçonné d’avoir indûment versés à son ancienne première adjointe –, le dicton ne tiendra pas puisqu’il ne briguera pas de troisième mandat. C’est Laurence Ruffin qui a été désignée tête de liste des Écologistes pour cette élection. Alliée à Amandine Germain (PS), elle affrontera notamment Allan Brunon (LFI), Hervé Gerbi (Horizons) et Alain Carignon (divers droite, ex-maire de Grenoble de 1983 à 1995).

Une élection qui voit la sécurité s’imposer comme un thème phare. Comme d’autres villes dirigées par des maires écologistes, Grenoble se voit reprocher sur certains plateaux télé – comme celui de CNews, en septembre 2024 – son bilan sécuritaire. “Beaucoup de villes gérées par des Écologistes posent de graves problèmes de sécurité”, a estimé la journaliste Gabrielle Cluzel après qu’un agent municipal de Grenoble a été tué par balles. L’actualité locale a aussi été marquée, ces dernières années, par plusieurs fusillades liées au narcotrafic. 

Délinquance enregistrée au niveau départemental et communal / Datavisualisation / Interstats – Ministère de l’Intérieur

Au global pourtant, les données du ministère de l’Intérieur ne montrent pas de tendance à la hausse des crimes et délits (à l’exception des vols dans les véhicules qui ont vu leur nombre augmenter depuis 2020). Il n’en reste pas moins que la thématique de la sécurité, traditionnellement mise à l’agenda par la droite et l’extrême droite, sera difficile à esquiver pour les candidats défendant un programme écolo et social. Tout le défi sera d’y apporter des réponses tout en (re)donnant envie d’écologie dans une ville où elle a parfois déçu et irrité.

Un bilan en demi-teinte

Sous l’impulsion de sa mairie écologiste, la capitale des Alpes est indéniablement devenue plus “verte” : entre la végétalisation progressive de la ville, le développement de son réseau de pistes cyclables et la production locale d’énergies renouvelables, la mairie écologiste a mené une politique de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de protection de la biodiversité. Notre article montre que cela a payé sur un bon nombre d’indicateurs.

Certains diront qu’il est allé trop loin, d’autres pas assez. Il est naïf de penser qu’une politique écologique peut plaire à tout le monde, mais force est de constater que les stratégies et méthodes d’Éric Piolle ne sont pas parvenues à susciter un enthousiasme généralisé – le maire se mettant à dos tantôt les commerçants et les automobilistes (remontés par la politique anti-voiture en centre-ville) et les militants écologistes (comme sur le dossier de l’A480). Des réactions révélatrices d’une volonté de ménager la chèvre et le chou, pas toujours très cohérente. 

Certes, le maire écologiste a dû batailler face à des vents contraires (la métropole, ou même l’État), ce qui peut en partie expliquer ce bilan contrasté. Mais celui-ci est aussi révélateur, selon une critique qui revient souvent, d’un déficit de démocratie locale (le journaliste Vincent Peyret, fondateur du média local Le Postillon et auteur d’un livre très critique du premier mandat d’Éric Piolle paru en 2021, parle même de “management autoritaire”). 

Transformer les mobilités à l’échelle d’une ville ou d’un territoire (si on ne prend qu’un seul sujet et sans doute l’un des plus clivants) n’a bien sûr rien d’évident, mais s’il est bien une chose que révèle le bilan de cette ville “pionnière” de l’écologie, c’est bien qu’on ne peut transformer une ville qu’avec ses habitants, et que “fin du monde, fin du mois, même combat” est bien plus qu’un slogan. En particulier dans une municipalité où le taux de pauvreté (25 % en 2021) est bien supérieur à la moyenne nationale (14,5 %), et où il est reproché au maire de ne pas avoir mené une action sociale suffisamment ambitieuse. Charge donc aux prochains mandats à coloration écologiste – si tant est qu’ils remportent les prochaines élections – de donner à l’écologie un ancrage populaire plus affirmé à l’avenir.

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  1. C’est ma ville, et j’aime y vivre. J’apprécie tous les changements que j’ai connus ces dernières années. Management autoritaire ? Et pourquoi pas ? Mener des projets écologiques, c’est bien souvent devoir prouver que le résultat est bien mieux qu’avant. Il y aura toujours des oppositions, sinon.

  2. L’écologie à Grenoble, c’est avant tout l’écolo-gauchisme et là ça n’a rien à voir avec les fleurs, les arbres et la nature: cela s’est traduit par l’utilisation de l’écriture inclusive rendant parfois des textes municipaux absurdes voire hilarants, et incompréhensibles pour les enfants, mais aussi la volonté du maire de faire venir massivement des émigrés en situation irrégulières qu’on ne peut loger d’où l’occupation depuis fin décembre du siège de la métropole par 150 émigrés, du jamais vu en France. Un camp de rom est à l’origine d’un incendie en novembre 2021 qui a provoqué un panache de fumée ressemblant à un champignon atomique sur la ville (regardez sur internet incendie Richardson). Sur le plan culturel, c’est aussi la catastrophe, le CNAC de 1986 complétement à la dérive à cause de l’ultra-féminisme, du problème du genre qui tient à coeur Eric Piolle plus que la sécurité dans les rues, le théâtre municipal a vu sa fréquentation chuté drastiquement depuis 20 ans pour les mêmes raisons, les troupes de théâtre devant signer une charte sinon elles sont refusées. Le palais des sports tombe bientôt en ruine car la ville est très endettée en détenant le taux de taxe foncière le plus élevé de France (65,8 %), même le chanteur Patrick Bruel s’en est inquiété disant que ce n’est pas normal qu’une ville de cette taille n’est pas encore de Zénith. Piolle a aussi voulu mettre en avant un fait historique en faisant la fête des Tuiles en juin qui ressemble à une kermesse de pattiers et qui est peu glorieux pour la ville contrairement à certains carnavals en France. Sur le plan de l’hygiène, rats et encombrants décorent les rues agrémentées de plusieurs milliers de tags et fresques géantes (où que votre regard se tourne, il y a des tags) qui pour certaines appellent à la Révolution. Comment le préfet peut-il laisser faire cela ? Petite précision, il n’y a aucune prolongation de tramways comme vous le dites, simplement la ligne D a vu la construction d’un embranchement qui lui permet maintenant d’utiliser la ligne B jusqu’à la gare.
    Résultat, la ville est devenue une porcherie à ciel ouverte où vraiment, je ne vais pas dire tous le monde veut partir, mais vraiment de très nombreuses personnes souhaitent l’a quitté même après 50 ans de vie locale, d’où une ville de pauvres dans laquelle l’immobilier baisse année après année.

  3. Il serait rigolo le paragraphe sur la piétonisation s’il était pas si nul, passer sous le tapis l’énorme extension des rues piétonnes pour se concentrer sur les critiques des petits commerçants sur un projet en cours, de l’analyse de qualité. Presque aussi rigolo que de citer une facho de CNews sur l’insécurité.

    Et puis l’angle d’attaque de “Grenoble est pas si verte” parce que contrairement à Nice la moitié de la ville c’est pas du sprawl dans des collines avec des forêts privées c’est encore de l’analyse niveau chroniqueur de CNews, une ville écologique ça peut être une ville très dense.

  4. La vie a Grenoble a beaucoup changé les 30 dernières années comme de partout en France. La voiture a pris une place énorme dans nos vies, on habite dans une commune, on bosse dans une autre et on fait nos courses encore ailleurs. Le problème est exacerbé a Grenoble du fait de la géographie en Y. Il y a des bouchons mais ce n’est pas pire que dans d’autres agglomérations. Les transports en communs c’est bien quand on habite la ceinture proche mais un peu plus loin c’est la galère. Il manque de grands parking au terminus des lignes pour pouvoir laisser la voiture gratuitement.

  5. Un peu étrange d’avoir comme point négatif “la densité de la ville” ou la topographie, et le faible couvert forestier de base (lié aux points précédents). Ca rend la ville peu agréable certes, mais ce n’est pas vraiment entre les mains d’un élu local.
    Même chose pour de très nombreuses compétences relevant tantôt de l’état, tantôt de la métropole. Difficile de mettre sur le dos de la commune des décisions sur lesquelles elle n’a aucun pouvoir.
    Il faudrait peut être se cantonner à lister les compétences purement communales, et voir ce qui a été décidé à ce niveau là. Sinon on est plutôt sur un bilan “cadre de vie” qu’un bilan d’un élu

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Auteur
Sophie Kloetzli
Spécialisée sur l’écologie, elle a travaillé depuis 2018 pour plusieurs médias engagés sur ces thématiques. Elle a aussi couvert des sujets scientifiques et chroniqué la numérisation du monde sous un angle technocritique.

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  1. C’est ma ville, et j’aime y vivre. J’apprécie tous les changements que j’ai connus ces dernières années. Management autoritaire ? Et pourquoi pas ? Mener des projets écologiques, c’est bien souvent devoir prouver que le résultat est bien mieux qu’avant. Il y aura toujours des oppositions, sinon.

  2. L’écologie à Grenoble, c’est avant tout l’écolo-gauchisme et là ça n’a rien à voir avec les fleurs, les arbres et la nature: cela s’est traduit par l’utilisation de l’écriture inclusive rendant parfois des textes municipaux absurdes voire hilarants, et incompréhensibles pour les enfants, mais aussi la volonté du maire de faire venir massivement des émigrés en situation irrégulières qu’on ne peut loger d’où l’occupation depuis fin décembre du siège de la métropole par 150 émigrés, du jamais vu en France. Un camp de rom est à l’origine d’un incendie en novembre 2021 qui a provoqué un panache de fumée ressemblant à un champignon atomique sur la ville (regardez sur internet incendie Richardson). Sur le plan culturel, c’est aussi la catastrophe, le CNAC de 1986 complétement à la dérive à cause de l’ultra-féminisme, du problème du genre qui tient à coeur Eric Piolle plus que la sécurité dans les rues, le théâtre municipal a vu sa fréquentation chuté drastiquement depuis 20 ans pour les mêmes raisons, les troupes de théâtre devant signer une charte sinon elles sont refusées. Le palais des sports tombe bientôt en ruine car la ville est très endettée en détenant le taux de taxe foncière le plus élevé de France (65,8 %), même le chanteur Patrick Bruel s’en est inquiété disant que ce n’est pas normal qu’une ville de cette taille n’est pas encore de Zénith. Piolle a aussi voulu mettre en avant un fait historique en faisant la fête des Tuiles en juin qui ressemble à une kermesse de pattiers et qui est peu glorieux pour la ville contrairement à certains carnavals en France. Sur le plan de l’hygiène, rats et encombrants décorent les rues agrémentées de plusieurs milliers de tags et fresques géantes (où que votre regard se tourne, il y a des tags) qui pour certaines appellent à la Révolution. Comment le préfet peut-il laisser faire cela ? Petite précision, il n’y a aucune prolongation de tramways comme vous le dites, simplement la ligne D a vu la construction d’un embranchement qui lui permet maintenant d’utiliser la ligne B jusqu’à la gare.
    Résultat, la ville est devenue une porcherie à ciel ouverte où vraiment, je ne vais pas dire tous le monde veut partir, mais vraiment de très nombreuses personnes souhaitent l’a quitté même après 50 ans de vie locale, d’où une ville de pauvres dans laquelle l’immobilier baisse année après année.

  3. Il serait rigolo le paragraphe sur la piétonisation s’il était pas si nul, passer sous le tapis l’énorme extension des rues piétonnes pour se concentrer sur les critiques des petits commerçants sur un projet en cours, de l’analyse de qualité. Presque aussi rigolo que de citer une facho de CNews sur l’insécurité.

    Et puis l’angle d’attaque de “Grenoble est pas si verte” parce que contrairement à Nice la moitié de la ville c’est pas du sprawl dans des collines avec des forêts privées c’est encore de l’analyse niveau chroniqueur de CNews, une ville écologique ça peut être une ville très dense.

  4. La vie a Grenoble a beaucoup changé les 30 dernières années comme de partout en France. La voiture a pris une place énorme dans nos vies, on habite dans une commune, on bosse dans une autre et on fait nos courses encore ailleurs. Le problème est exacerbé a Grenoble du fait de la géographie en Y. Il y a des bouchons mais ce n’est pas pire que dans d’autres agglomérations. Les transports en communs c’est bien quand on habite la ceinture proche mais un peu plus loin c’est la galère. Il manque de grands parking au terminus des lignes pour pouvoir laisser la voiture gratuitement.

  5. Un peu étrange d’avoir comme point négatif “la densité de la ville” ou la topographie, et le faible couvert forestier de base (lié aux points précédents). Ca rend la ville peu agréable certes, mais ce n’est pas vraiment entre les mains d’un élu local.
    Même chose pour de très nombreuses compétences relevant tantôt de l’état, tantôt de la métropole. Difficile de mettre sur le dos de la commune des décisions sur lesquelles elle n’a aucun pouvoir.
    Il faudrait peut être se cantonner à lister les compétences purement communales, et voir ce qui a été décidé à ce niveau là. Sinon on est plutôt sur un bilan “cadre de vie” qu’un bilan d’un élu

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