Se chauffer au bois est-il écolo ?

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Chauffage au bois
©Crédit Photographie : Unsplash – Clay Banks
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On entend tout et son contraire sur le chauffage au bois. Tantôt encensé et qualifié de “neutre en carbone”, tantôt accusé de polluer autant que les énergies fossiles. La réalité se situe quelque part entre ces deux extrêmes. 

Surtout, elle recouvre une grande diversité de situations. De la traditionnelle cheminée – bucolique mais très émettrice en particules nocives – au poêle à granulés dernier cri, de la récupération de co-produits forestiers aux coupes rases, le bilan de la filière bois-énergie peut varier du tout au tout. 

On peut aussi légitimement s’interroger sur la pertinence à brûler les forêts pour “décarboner” la production de chaleur à l’heure du dérèglement climatique, et s’il ne vaudrait pas mieux s’employer à les préserver et à la restaurer. 

Dans des conditions bien particulières et dans ces conditions uniquement – liées, entre autres facteurs, aux pratiques forestières et au type d’appareil utilisé –, le bois-énergie peut être considéré comme un mode de chauffage “écolo”, très peu émetteur en gaz à effet de serre par rapport aux énergies fossiles. Il est néanmoins limité par la quantité de bois que l’on peut récolter dans les forêts sans affaiblir davantage le puits de carbone. Bon Pote fait le point sur le sujet. 

Particules fines : le chauffage au bois est-il forcément “sale” ? 

C’est le gros point noir du chauffage au bois, et en particulier des cheminées : les émissions de polluants atmosphériques, notamment des composés organiques volatiles (COV), des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), du monoxyde de carbone (CO), des oxydes d’azote (NOx) et les particules fines (PM) nocives pour la santé respiratoire et cardiovasculaire. 

Aux États-Unis, une étude réalisée auprès de 50 226 femmes non-fumeuses a montré qu’une utilisation importante de poêle à bois et de cheminées augmentait le risque de contracter un cancer du poumon de 70 %. Mais il faut rappeler que le charbon fait aussi des ravages : pour chaque augmentation de 1 kW de capacité de production des centrales à charbon par habitant, le risque de développer ce type de cancer augmente de 59 % chez les hommes et de 85 % chez les femmes. 

Idem en Australie, où le nombre de décès imputables à une exposition quotidienne à la fumée des poêles à bois (PM 2,5, des particules fines au diamètre inférieur à 2,5 micromètres) est comparable à celui enregistré lors des feux de brousse de “l’été noir” de 2019-2020.

En France, 7,5 millions de résidences principales et 43 % des maisons individuelles se chauffent aujourd’hui au bois. En 2024, 33 millions de stères de bûches et 1,2 million de tonnes de granulés sont ainsi parties en fumée. 

La combustion des bûches représente 58 % des émissions totales de PM 2,5 (estimées à 158 kilotonnes en 2024), dont on estime qu’elles sont responsables de 40 000 décès chaque année. En Île-de-France, ce mode de chauffage est à l’origine de 86 % des émissions de PM10 , pointe de son côté un rapport d’Airparif – alors même qu’il ne couvre que 6 % des consommations d’énergie du secteur résidentiel. Le trafic routier ne constitue lui “que” 16 % des émissions totales de PM10 (en plus de tous les autres polluants qu’il émet en grandes quantités : cuivre, zinc, oxyde d’azote…).

Des émissions en forte baisse

Les poêles et cheminées sont aussi critiquées pour leur contribution aux émissions de “carbone noir” (ou suie). Soit un composant des particules fines (PM2.5) qui se forme lors de la combustion incomplète de biomasse ou d’énergies fossiles. On le soupçonne, au passage, de contribuer au réchauffement climatique, bien que cela reste assez incertain – on y reviendra. 

En 2021, le chauffage au bois représentait 67 % des émissions de carbone noir issues de la combustion de combustibles, contre 32 % en 1990. Mais attention aux données en trompe-l’œil qui pourraient donner une image exagérément sombre de ce mode de chauffage : sur cette même période, les émissions totales de carbone noir ont quasiment été divisées par trois. “La part croissante des émissions de bois est en partie due à la substitution progressive des combustibles solides fossiles (-98 % des émissions de carbone noir depuis 1990)”, note le Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique (Citepa).

De manière générale, les émissions de particules fines causées par le chauffage au bois ont beaucoup baissé au cours des dernières décennies (– 66 % entre 1990 et 2023). Une tendance liée, d’après le Citepa, aux “améliorations des performances des équipements fonctionnant au bois dans ce secteur et [à] la baisse d’utilisation de foyers ouverts, fortement émissifs” au profit notamment des granulés de bois. 

Émissions de PM2,5 par type de combustible, Rapport Secten 2025 Citepa

Le label “Flamme Verte”, qui fixe des exigences en matière d’émissions de polluants et d’efficacité énergétique, a accompagné ce mouvement en mettant sur le marché des appareils plus performants. Même si sa fiabilité doit être prise avec précaution. Comme le souligne un rapport de l’Institut national de l’environnement industriel et des risques, les performances en conditions réelles de fonctionnement diffèrent de celles qui ont été mesurées dans le cadre de tests en laboratoire selon les normes en vigueur (du type label Flamme Verte). 

“Le protocole de certification suivi est un protocole optimisé permettant de bien comparer et hiérarchiser les appareils entre eux mais ne reflétant pas les conditions réelles d’utilisation. Par exemple, les tests ne portent pas sur le cycle de combustion entier et ne se déroulent qu’à allure dite ‘nominale’ (i.e. correspondant aux meilleures conditions de fonctionnement)”, précise l’Ineris. 

Des écarts importants en fonction des types de chauffage au bois

Difficile de mettre dans le même panier un foyer ouvert (932 grammes de particules totales émises par gigajoule), un poêle ancien à bûches (800 g/GJ), sa déclinaison récente (282 g/GJ), ou encore un poêle à granulés (62 g/GJ).

Idem pour les émissions d’hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), dont certains composés comme le benzo(a)pyrène sont classés comme cancérogènes pour l’homme par le Centre international de recherche sur le cancer. Selon une étude réalisée dans le Grand Est, celles-ci varient beaucoup en fonction des appareils :

Bûches (appareil récent)Bûches (appareil ancien)Granulés (appareil récent)Granulés (appareil ancien)
HAP émis lors de la combustion, en microgrammes (par tonne de bois)360 000 608 000157 8001 226 000

Tout comme dans l’usage du bois-énergie domestique, les émissions des chaufferies collectives – dont le développement est soutenu par le fonds Chaleur de l’Ademe – dépendent quant à elles de la présence ou non d’un filtre en sortie. Une étude de l’Ademe mesure qu’en présence d’un filtre, les émissions de particules sont divisées par 6 (pour une chaufferie tournant aux plaquettes et alimentant un réseau de chaleur).

Des bonnes pratiques pour réduire les émissions du chauffage au bois

“En général, quand on dit que le ‘chauffage au bois, c’est crado’, ce qui est visé, c’est plutôt les foyers ouverts (qui ont un aspect agrément) et les poêles mal dimensionnés ou mal pilotés”, nous indique Pascal Lenormand, ingénieur au sein du collectif de “hackers énergétiques” Incub. Un problème qui se pose pour les poêles à bûches, les poêles à granulés fonctionnant de manière automatique. Expert sur les enjeux liés à la forêt et aux filières bois au sein de l’association Solagro, Florin Malafosse complète : “Il faut vraiment préférer un poêle trop petit qu’on utilisera à plein régime, qu’un poêle trop gros qui posera des problèmes de surchauffe et d’émissions 80 % du temps.”

Selon le ministère de la Transition écologique, les foyers ouverts et équipements anciens peu performants (datant d’avant 2005) constituent encore 48 % du parc des équipements et sont responsables d’environ deux tiers des émissions en particules fines issues du chauffage au bois individuel. Un fléau qui a conduit, dans la Vallée de l’Arve (Haute-Savoie), à l’interdiction pure et simple de l’usage des cheminées à foyer ouvert depuis 2022. 

Granulés de bois (Freepik)

Outre la performance de d’appareil, il faut prendre garde au type de bois choisi. “À l’exception des NOx [oxyde d’azote], les émissions de polluants, notamment de particules fines, sont bien plus élevées pour les résineux et pour le chêne que pour le hêtre”, note un rapport de l’Institut national de l’environnement industriel et des risques. Et s’assurer son taux d’humidité reste en-dessous de 20 %, car au-delà de 25 % les émissions de particules fines peuvent s’envoler de plus de 100 %. 

Pour s’en assurer, l’Ademe conseille de sécher les bûches 18 mois minimum après la coupe, et de les stocker à l’abri de la pluie dans un endroit bien aéré, et de les rentrer 48 heures avant de les brûler. Les granulés doivent pour leur part être entreposés à l’intérieur, dans un endroit sec et aéré. 

Pour les poêles à bûches, l’INERIS préconise enfin le mode d’allumage par le haut, qui permet de réduire de 30 à 50 % les émissions polluantes sur un cycle complet de combustion lors des allumages à froid.

Le chauffage au bois est-il bon pour le climat ?

Les émissions de ces particules, en particulier le carbone noir qui provient également de la combustion à ciel ouvert de forêts et de savanes, de la cuisine au bois et au charbon dans certains pays, ainsi que des moteurs diesel, ne se contentent pas d’encrasser l’atmosphère, elles ont aussi un pouvoir “réchauffant”.

En 2013, une étude scientifique sur le sujet a même conclu que le carbone noir était la deuxième cause humaine de la hausse moyenne des températures. Son forçage radiatif était alors estimé par les chercheurs à environ +1,1 watt par mètre carré (W/m2). En cause : ses particules fines qui absorbent la chaleur lorsqu’elles sont en suspension dans l’air, influencent les propriétés des nuages et diminuent l’albédo (la part des rayonnements solaires renvoyés vers l’atmosphère) lorsqu’elles se déposent sur la glace ou la neige.

Des chiffres à prendre avec des pincettes. Cette estimation a par la suite été revue à la baisse : le rapport du GIEC (2021) estime que le forçage radiatif lié au carbone noir est de “seulement” de 0,11 W/m2 (avec une fourchette estimée entre -0.20 et 0,42 M/m2). Autrement dit, il pourrait même avoir un pouvoir “refroidissant”. L’incertitude ne permet donc pas de conclure sur ce point précis.

Un mode de chauffage peu émetteur en carbone ?

Si l’on se penche sur les facteurs d’émission de gaz à effet de serre, le bois figure parmi les modes de chauffage les moins émetteurs. Seule la pompe à chaleur fait mieux que les bûches et les granulés ! Le chauffage électrique, lui, est un peu plus polluant, notamment parce que le mix électrique français n’est en effet pas entièrement décarboné (il l’est à 95 %). 

Facteurs d’émissions en gCO2-éq / kWh (en France).
Sources : Base empreinte de l’Ademe, étude sur les pompes à chaleur

On peut aussi comparer le bois avec les autres sources d’énergies (fossiles, renouvelables et nucléaires), ce qui place le bois dans une position tout à fait favorable, quoique derrière le nucléaire, le photovoltaïque et l’éolien. 

Facteurs d’émissions en gCO2-éq / kWh (en France).
Source : RTE. “Futurs énergétiques 2050”, 2024

Subtilité du chauffage au bois : une histoire de comptabilité carbone

Ce mode de calcul ne prend toutefois pas en compte le CO2 dit “biogénique” libéré lors de la combustion du bois, mais seulement les émissions liées aux phases “amont” (exploitation forestière, transport, séchage et broyage éventuels…) La convention, utilisée par le GIEC, veut en effet que “la combustion du bois [soit] considérée comme neutre en carbone car un arbre accumule, tout au long de sa vie, la même quantité de dioxyde de carbone que celle libérée lors de la combustion de son bois”. La magie du cycle du carbone.

Ademe, “Le bois-énergie, une énergie renouvelable en 10 questions”, 2023.

Cette convention permet de mesurer l’évolution du puits de carbone de la forêt, en soustrayant les prélèvements à l’accroissement naturel de celle-ci. 

Mais ce calcul est débattu au sein de la communauté scientifique. L’Ademe elle-même estime que “cette convention n’est pas satisfaisante car elle ne prend pas en compte le délai entre les émissions de combustion et le temps long de pousse des arbres”, et précise que “des méthodologies alternatives” sont en cours de développement pour mieux évaluer l’impact de cette énergie sur le climat.

Même constat du côté du Citepa, qui souligne qu’il peut “peut y avoir un écart important sur un territoire donné entre les quantités de carbone capté par des surfaces boisées et les quantités de carbone émises (ou exportées)”. En bref, on ne peut pas “considérer par principe qu’émissions et absorptions se compensent forcément et immédiatement”.

Or, en comparant les facteurs d’émissions avec ou sans le CO2 biogénique, le tableau change du tout au tout. Selon le GIEC, le facteur d’émission total du bois s’élève en effet à 112 000 kg CO2-éq/TJ, soit environ 403 g CO₂‑eq/kWh – une valeur comparable au gaz fossile (pour les centrales les plus performantes.)

Ce mode de calcul implique toutefois de mettre sur le même plan des émissions de CO2 fossile – qui par définition mettent des millions d’années à se “renouveler” – et de CO2 biogénique, dont l’échelle de temps est de l’ordre de quelques décennies, ce qui est également questionnable.

Un puits de carbone en déclin

À cela s’ajoute une autre difficulté : l’affaiblissement du puits de carbone forestier. “La capacité des forêts à absorber une partie de l’augmentation du CO2 dans l’atmosphère a été importante, fait remarquer Wolfgang Cramer, directeur de recherche au CNRS et professeur d’écologie globale, à Bon Pote. Mais la situation a récemment changé, notamment en ce qui concerne la France.” 

D’après les données de l’IGN (l’Institut national de l’information géographique et forestière), le puits de carbone de la forêt française s’est établi à 43 millions de tonnes de CO₂ par an en moyenne sur la période 2013-2021, mais il a diminué de moitié en une décennie. En cause, un ralentissement de la croissance des arbres, et “une augmentation brutale à la fois de la mortalité naturelle due au changement climatique et une hausse parallèle des prélèvements”, indique une étude.

En d’autres termes, si la tendance se poursuit et que le puits de carbone forestier continue à décroître, on pourra de moins en moins compter sur les forêts pour compenser le carbone qui s’est évaporé lors de la combustion du bois.

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Le bois-énergie, allié ou ennemi de la forêt ?

Pour limiter l’impact climatique du bois-énergie, toutes les pratiques forestières ne se valent pas, loin de là. Premier point crucial pour évaluer sa dimension “écologique” : sa provenance.  

Il faut en effet distinguer, nous dit Wolfgang Cramer, “l’utilisation de la biomasse issue des déchets des travaux forestiers et de scieries, qui peut être qualifiée de renouvelable dans la mesure où il s’agit d’une ressource qui revient avec une gestion durable des forêts”, et à l’autre extrême, les coupes réalisées en forêt pour faire du bois-énergie, qui n’ont pas grand-chose de “renouvelable”.

Selon les données de l’Ademe, 64 % du bois-énergie provient de l’exploitation de la forêt, 23 % de l’entretien de vergers ou de haies, et 13 % de la récupération. Le bois-énergie prélevé en forêt peut provenir de coupes de bois (réalisées par les propriétaires de parcelles de forêts de feuillus), d’éclaircies (réalisées dans le cadre d’exploitations forestières pour le bois d’œuvre) ou encore de la coupe de taillis (provenant de peuplements d’arbres de petit diamètre coupés régulièrement au niveau de la souche) et de résidus de bois (chutes de bois, écorces, sciure, entretien d’espaces verts…) 

Des coupes rases pour se chauffer ?

La part du bois-énergie dans les coupes rases est, selon l’Ademe, négligeable : celles-ci représentent, tous usages confondus, entre 1 et 2 % de la surface coupée chaque année, et la majorité d’entre elles est “réalisée pour des raisons indépendantes du bois-énergie.”

Pas de quoi rassurer l’association Canopée, qui alerte sur les “dérives” de la filière bois-énergie dans un rapport paru en 2025. Ses auteurs constatent que “la récolte de bois-énergie n’est plus seulement un sous-produit de la sylviculture (éclaircies, houppiers) ou de la transformation du bois d’œuvre (co-produits de scierie), mais provient de plus en plus de coupes directes en forêt, souvent sous forme de coupes rases.” 

S’il n’y a pas de chiffre disponible sur la surface que représentent les coupes rases pour le bois-énergie, Canopée explique à Bon Pote que plusieurs exemples sur le terrain attestent du phénomène. “Des coupes rases sont parfois réalisées dans des forêts non dépérissantes pour alimenter des projets de bois-énergie, comme des centrales à biomasse ou des usines de production de granulés”. Parmi les exemples documentés sur le terrain par l’association : 

  • Une coupe rase illicite a été réalisée par la plus grande coopérative forestière française, Alliance Forêts Bois (7,5 hectares de forêt) afin d’alimenter la centrale biomasse Dalkia de Tours. 
  • Des coupes rases (dont des chênes centenaires) alimentent l’usine de granulés Biosyl de Cosne-sur-Loire (Nièvre), alors même que l’entreprise met en avant un produit issu d’une exploitation forestière “durable”.

De manière générale, si certaines coupes rases génèrent du bois-énergie, “ce sont davantage les projets de plantation de bois d’œuvre intensives qui les motivent”, plus rentables économiquement, précise toutefois Florin Malafosse.

Chauffage au bois : comment gérer une demande en augmentation ?

Dans son rapport de juin 2025, l’association Canopée s’inquiète aussi des objectifs du projet de la Stratégie Nationale Bas Carbone 3 qui prévoit d’augmenter – tous usages confondus – la récolte de bois en forêt, au risque de dégrader encore davantage le puits de carbone forestier. 

Au total, selon la version de la SNBC-3 publiée fin 2025, la récolte de bois en forêt devrait augmenter de 53 à 60 millions de mètres cubes entre 2021 et 2030. Le bois-énergie passerait alors, durant cette période, de 24 à 26 Mm3. Mais ce n’est pas la seule filière amenée à se développer, puisqu’elle côtoie celle des biocarburants à base de bois pour l’aviation et le transport maritime (à l’instar du projet d’usine à Lacq), la chimie verte ou encore les projets textiles à base de fibre de bois. 

À horizon 2050, la SNBC-3 prévoit que la récolte (62 Mm3) soit réallouée en priorité au bois d’œuvre (c’est-à-dire des produits à durée de vie longue, capable de stocker le carbone pendant de nombreuses années) et au bois industrie, au détriment du bois-énergie qui passerait alors de 64 % des usages de la récolte en 2030 à 55 % en 2050.

Mathieu Thomasset / Hans Lucas via AFP

Si les aides apportées aux particuliers (via le Fonds Air-Bois) pour remplacer leurs appareils de chauffage au bois polluants et peu performants vont dans le bon sens, Canopée estime que “les économies ainsi obtenues restent marginales” au regard de la demande qui risque d’ “exploser”. 

De fait, pour répondre à cette demande, les forêts françaises ne suffisent plus. Si bien que la France importe de plus en plus de bois-énergie, en particulier des granulés de bois. Les importations sont passées de 0,4 TWh en 2013 à 3,2 TWh en 2024, soit une multiplication par 8 en une décennie. Une proportion qui reste néanmoins faible face aux 120 TWh d’énergie primaire produite en France à partir de biomasse solide (dont font partie les bûches et les granulés).

Une question d’échelle : trouver la juste place du bois-énergie 

Pour Canopée, il est donc urgent de trouver la “juste place du bois-énergie”. “Cette mobilisation ne pourra être durable que si elle s’accompagne d’un ralentissement de l’intensification dans les massifs déjà très exploités.” L’association défend la mise en place d’un moratoire sur le développement des grands projets industriels, à l’instar du projet d’usines à granulés de bois de Biosyl à Guéret (Creuse) où l’approvisionnement prévu est de 130 000 mètres cubes de bois brut par an. “Le code forestier et les certifications mises en avant par cette entreprise ne permettent pas de garantir l’absence de bois issus de coupes rases pour la fabrication de granulés de bois”, alerte Canopée.

Autre exemple de la “fuite en avant” de la filière aux yeux de cette association : la centrale biomasse de Gardanne (Bouches du Rhône), d’une capacité annuelle de 450 000 tonnes de biomasse (principalement du bois et des résidus verts). Son propriétaire, GazelEnergies – filiale du groupe tchèque EPH détenu par Daniel Křetínský – précisait au printemps 2025 s’approvisionner en partie à l’étranger (Espagne, Brésil, Italie) en plus des 335 000 tonnes de plaquettes de bois issues des forêts du sud de la France. 

Le tout, pour un rendement énergétique faible (de 36 %) et un bilan carbone élevé (234 kg de CO2 par MWh, sans compter les émissions de CO2 biogénique), soit très largement supérieur au photovoltaïque (30 kg) ou à l’éolien (10 kg). Et subventionné par l’Etat à hauteur de 800 millions d’euros.

Les atouts de la “sylviculture continue”

L’association Canopée recommande plutôt de réorienter les aides publiques vers le soutien aux “sylvicultures durables et aux petites et moyennes scieries de feuillus” capables de valoriser localement des ressources en priorité pour le bois d’œuvre (permettant de stocker le carbone durant de longues années). Le bois-énergie, lui, ne peut être pertinent que dans le cadre de prélèvements “soutenables” : éclaircies, houppiers, débroussaillement obligatoire…

Expert sur les enjeux liés à la forêt et aux filières bois au sein de l’association Solagro, Florin Malafosse préconise de la même façon la “sylviculture continue” pour améliorer le bilan carbone global du bois-énergie. L’idée est d’“éclaircir progressivement les bois pour sélectionner les meilleurs qui seront valorisés en bois d’œuvre quand ils seront matures, et entre-temps, couper des arbres qui sont moins intéressants et les valoriser en bois énergie.” 

Plus que de réduire l’empreinte carbone du bois-énergie, la sylviculture continue associée au bois-énergie pourrait ainsi aider à “accompagner l’adaptation des forêts au changement climatique”, assure Florin Malafosse à Bon Pote. Selon lui, on peut tout à fait exploiter le bois de chauffage de manière intelligente en ciblant les arbres fragiles (via des coupes sélectives et progressives), renforçant du même coup la résilience des forêts face au changement climatique à long terme. 

Une analyse qui rejoint celle du Citepa, qui estime que la filière peut être bénéfique aux forêts et à leur capacité à stocker le carbone dans le cas où elle permet d’“anticiper un phénomène de saturation de la forêt (voire de détérioration) et par conséquent d’entretenir la pompe à carbone forestière.” 

Un type de pratiques qui demande toutefois plus de main-d’œuvre et d’expertise que le modèle dominant plébiscité par les coopératives forestières, précise l’expert. À savoir, des coupes de taillis à faible valeur, qui se régénèrent sur des cycles assez courts (50 ans).

Le bois fait toujours mieux que le gaz 

Comme l’illustre une étude de l’Ademe sur le bois-énergie collectif et industriel, le type de pratiques forestières influence largement le stockage du carbone sur le long terme (à horizon 30 ans et 100 ans).

Ademe, “Analyse du cycle de vie du bois énergie collectif et industriel”, 2022

Sa conclusion ? Dans tous les cas, le bois fait mieux que le gaz fossile (représenté par la barre grise), mais certains types de sylviculture sont bien plus vertueuses que d’autres. Dans le “pire” scénario, l’exploitation des taillis peut aboutir à des émissions de gaz à effet de serre de plus de 300 kg CO2/MWh.

À l’autre bout du spectre, la mise en place de plantations sur des terres arables non boisées en déprise agricole obtient le meilleur bilan (environ -550 kg CO2/MWh), ce qui veut dire que cette pratique permettrait même de “booster” le stockage du carbone, selon les résultats de cette étude “exploratoire” dont les auteurs admettent une marge d’incertitude.

À noter qu’il existe également des “bonnes pratiques” pour réduire les impacts de la filière sur la biodiversité et les sols. Car au-delà du bilan carbone, la fédération France Nature Environnement souligne que le ramassage des rémanents (bois de diamètre inférieur à 7 cm, souche et feuillage, hébergeant 25 % de la biodiversité forestière) diminue la diversité des habitats, altère la fertilité des sols et sa capacité à stocker du carbone. La faune et les sols sont aussi perturbés par le passage fréquent des engins lourds.

France nature environnement, L’essentiel du bois-énergie”(2022)

Un rôle à jouer dans la sortie des énergies fossiles ?

En France, le secteur du bois-énergie constitue la principale source d’énergie renouvelable utilisée (29,5 %) et la première source de chaleur renouvelable (57 %) – bien que son caractère “renouvelable” soit à nuancer en raison, comme on l’a vu, du délai de régénération des forêts.

SDES, Chiffres clés des énergies renouvelables, 2025

En France, le chauffage reste dominé par les combustibles fossiles (à 52 %), avec encore 3,4 millions de logements chauffés au fioul et 12 millions au gaz. Selon l’Ademe, “les remplacer par une ressource renouvelable et locale comme le bois énergie français est une des alternatives qui permet de réduire leur consommation”, à condition d’équilibrer au maximum “le carbone émis et capté”. 

Le cabinet Carbone 4 se montre encore plus prudent : “La filière bois-énergie, qui doit rester l’usage final le plus dégradé du bois, constituera toujours une part de production importante pour la chaleur renouvelable, mais gagnerait à ne pas être une solution par défaut, davantage un opportunisme local en fonction des sources d’approvisionnement disponibles et si d’autres filières ne peuvent pas offrir le même service.”

Le bois dans le mix énergétique du futur

Dans son scénario pour 2050 visant un mix énergétique renouvelable à 96 % (couplé au scénario Afterres2050 de Solagro), NégaWatt mise de son côté sur une augmentation de l’utilisation du bois-énergie de près de 50 %, en précisant que ce dernier ne doit pas faire l’objet de sylvicultures dédiées. 

L’association compte notamment sur les coupes sanitaires en forêt (visant à lutter contre les maladies et les parasites) amenées à augmenter, la prévention contre les incendies (en extrayant une partie du bois sec) et la sécurisation des massifs forestiers après les tempêtes, pour assurer l’approvisionnement en bois.

Idéalement, le bois-énergie doit donc rester un coproduit ou un résidu des filières de production de bois d’œuvre. Dans ce scénario prospectif, l’augmentation du chauffage au bois est rendue possible par “une meilleure récupération des déchets de bois et des co-produits, et d’une augmentation de la part de la valorisation énergétique.”

En bref : dans un souci de préservation des forêts, le bois-énergie est une source de chaleur qui doit être conditionnée à un certain nombre de critères pour être considérée comme “écologique” et forcément plafonnée pour ne pas accroître la pression sur les forêts. On ne peut pas compter uniquement sur le bois pour décarboner le chauffage. Comme le note NégaWatt, “une plus forte électrification de l’ensemble des usages permet de réduire la pression sur la forêt.”

Se chauffer au bois, une solution abordable

Ademe, “Le bois-énergie en 10 questions”, 2023

Le bois de chauffage présente enfin un atout en matière d’accès à l’énergie, dont les prix ont flambé au cours des dernières années. Pour les habitants des zones rurales, le bois bûche reste en effet l’énergie la moins chère (en euros par kWh). La pratique ancestrale de l’affouage, consistant à mettre à disposition du bois d’éclaircie aux habitants à prix coûtant, mériterait également d’être encouragée, considère Florin Malafosse. “Ça permet aux habitants d’une ressource énergétique locale, renouvelable, et très peu chère, gérée collectivement par le conseil municipal (…) Ça demande pas mal de jus de cerveau, mais avec un prix de l’énergie qui explose, c’est un sujet d’avenir !” 

Conclusion : faut-il encore se chauffer au bois ?

Vous l’aurez compris, le bois-énergie doit cocher un certain nombre de cases pour être considéré comme “écolo”. Poêle performant (exit les cheminées et les anciens appareils !), sylviculture (réellement) “soutenable”, approvisionnement local qui a un sens à l’échelle d’un territoire… Et idéalement, en étant associé à une bonne isolation thermique du logement pour éviter les déperditions de chaleur et réduire les besoins en chauffage. 

Pour reprendre les termes de l’association Canopée, tout l’enjeu est de donner au bois-énergie sa “juste place” en le tenant éloigné des coupes rases et des projets XXL comme la centrale biomasse de Gardanne ou les usines à granulés polémiques. Et surtout, de s’assurer que la filière ne dégrade pas davantage le puits de carbone déjà mis à mal par les effets du dérèglement climatique et l’essor des nouveaux usages industriels de la biomasse comme les biocarburants. 

En somme, le bois-énergie a encore un avenir, mais son développement sera forcément plafonné si l’on veut s’assurer qu’il soit “écologique”. Ce qui exclut de fait un futur où l’on se chaufferait tous au coin du feu…

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14 Responses

  1. L’idéal pour l’environnement est clairement de ne pas se chauffer du tout ou en tout cas au strict minimum : 10-12°C sont largement suffisant avec bien sûr le matériel adapté : pull, plaid, doudoune, etc. Tout besoin de chauffe est forcément néfaste.

  2. Bonjour Bon pote et Mme Kloetzli,
    Merci pour cet excentrique article, très bien documenté et très accessible !
    Bien cordialement
    Marc

  3. Les chiffres et les graphiques sont trompeurs. En réalité, à énergie égale, brûler du bois (surtout issu de coupes rases) renvoi nettement plus de CO2 dans l’atmosphère que bruler du fioul, et même du charbon. C’est un fait scientifique, calculable et mesurable. Ce sont dans les deux cas des combustibles organiques. Par conséquent, il faut plus de surface de forêt et d’écosystèmes (puits de carbone) pour compenser le chauffage au bois que le chauffage au fioul. Le cycle du carbone n’a rien à faire de la provenance des émissions et encore moins de la notion “d’énergie renouvelable”. C’est une entourloupe réductionniste de l’esprit humain tragiquement anthropocentrique, cherchant à se donner bonne conscience ou ignorant des réalités de la biosphère !

  4. Incompréhension sur le passage ci-dessous sur les parts d’émissions de PM10 (86% bois et 16% trafic routier ???)

    “En Île-de-France, ce mode de chauffage est à l’origine de 86 % des émissions de PM10 , pointe de son côté un rapport d’Airparif – alors même qu’il ne couvre que 6 % des consommations d’énergie du secteur résidentiel. En comparaison, le trafic routier ne constitue “que” 16 % des émissions de PM10 (en plus de tous les autres polluants qu’il émet en grandes quantités : cuivre, zinc, oxyde d’azote…) : c’est environ 5 fois moins que le bois !”

  5. Super article, comme d’habitude merci. Par contre le graphique Facteurs d’émissions en gCO2-éq / kWh (en France). Source : RTE. “Futurs énergétiques 2050”, n’est pas pertinent ici. Ce sont des FE de production d’électricité (kwh electrique), pas de chauffage. Et donc la phrase ” Selon le GIEC, le facteur d’émission total du bois s’élève en effet à 112 000 kg CO2-éq/TJ, soit environ 403 g CO₂‑eq/kWh – une valeur comparable au gaz fossile (pour les centrales les plus performantes.)” n’est pas exacte : 403 g CO₂‑eq/kWh ce sont les centrales turbine à gaz de production d’électricité. Il faut comparer aux 240 gCO2-éq / kWh de chaudière à gaz de chauffage, et la conclusion est différente : c’est proche du double.

  6. Concernant le débat sur le CO2 biogénique : il faut voir ces émissions comme un fonds de roulement (puisqu’on parle de comptabilité). Quand une telle filière se met en place, alors les émissions associées vont être associées transitoirement à un effet climatique, mais au bout d’un certain temps (plus ou moins long selon la biomasse considérée), alors cette filière n’est plus associée à un réchauffement : ce qui est capté correspond à ce qui est réémis. Quand des filières sont en place depuis longtemps, alors cet équilibre est déjà atteint.
    Or, ce fond de roulement est très mal pris en compte par beaucoup de métriques (notamment celle qui convertissent des GES en CO2eq) et conduit à des conclusions systématiquement erronées : cela n’a évidemment aucun sens de mettre une émission de CO2 biogénique au même niveau qu’une émission fossile, puisque dans un cas on a un fond de roulement et pas dans l’autre, où le CO2 continue de s’accumuler (ou plus exactement, ce fond de roulement met des centaines de millions d’années à se mettre en place dans le cas du CO2 fossile. On peut donc considérer qu’à l’échelle d’une vie humaine, aucun fond de roulement ne se met en place).

  7. Bonjour,
    Merci pour cet article très complet, qui décrypte les nombreux enjeux et aspects de la filière.
    Quelques éléments à rajouter :

    – Comme pour la plupart des énergies renouvelables, il ne s’agit pas d’une énergie miracle, elle a ses défauts et ses qualités et doit être intégrée de façon réfléchie à un mix énergétique, sans aller vers du 100% bois. L’Ademe l’a bien compris et ne met plus la priorité sur le bois pour les projets de chauffage collectifs. La démarche EnR’Choix hiérarchise les solutions énergétiques en fonction des opportunités en géothermie ou récupération de chaleur fatale par exemple, et demande à ce que la pertinence d’utiliser le bois-énergie soit justifiée par rapport à d’autres modes de chauffage.

    – L’intérêt du bois sur des projets de réseau de chaleur est pour moi plus pertinent qu’en individuel, surtout à l’échelle des villes de taille petite et moyenne, où l’on peut garder une maîtrise en local de la ressource qui favorise les pratiques de gestion durable, en travaillant avec les agriculteurs de la commune par exemple. Les émissions de polluants d’une chaufferie centralisée sont également mieux contrôlées et filtrées que sur les poêles individuels.
    L’intérêt est déjà plus limité sur les chaufferies des grosses métropoles et de certains industriels, qui demandent une quantité de bois qui ne permet plus de garder la main sur les pratiques de coupe et la distance d’approvisionnement. Mais comme le dit l’article, l’Ademe a freiné sur la promotion de ces très gros projets.

    – Enfin, le fait que le bois soit une ressource locale ne permet plus de délocaliser les désavantages comme on le fait avec le gaz ou le pétrole, pour caricaturer : “on s’en cogne pas mal des forages tant qu’ils ont lieux en Russie.” En revanche les coupes de bois en France interpellent plus et forcent les acteurs et consommateurs à se saisir de ces enjeux. J’observe qu’en travaillant avec les collectivités sur les projets de réseau de chaleur biomasse, les élus s’intéressent d’avantages aux questions d’approvisionnement, et quand la question “aura-t-on suffisamment de bois” arrive, je réponds souvent qu’ils peuvent prendre la main sur cette question et sécuriser eux-même leur ressource. Plusieurs collectivités ont ainsi monté des SPL (Sociétés Publiques Locales) ou des SCIC (Sociétés Coopératives d’Intérêt Collectif) qui peuvent porter l’investissement des projets de chaufferie bois, et qui surtout, organisent la plantation, la coupe, le stockage et la livraison du bois déchiqueté en chaufferie, sur un périmètre de 30 km environ. De cette façon, la plupart des enjeux sont maîtrisés et la collectivité se responsabilise bien plus sur la préservation de la ressource, elle bénéficie aussi d’une bien meilleure vision sur l’avenir.

    De plus, une fois la filière bien en place et que le rythme de croisière est atteint, il devient plus facile de former les agents à la gestion durable et d’exploiter le bois de façon plus équilibrée, avec l’intégration des haies de bords de route, les co-produits d’élagage sur la commune par exemple.

    Encore une fois, cette solution a ses limites et correspond à des projets d’une certaine taille, mais comme le souligne l’article, le bois-énergie doit trouver sa juste place.

  8. Particules fines : le chauffage au bois est-il forcément “sale” ?
    “(…) ce mode de chauffage est à l’origine de 86 % des émissions de PM10 (…) En comparaison, le trafic routier ne constitue “que” 16 % des émissions de PM10”
    86+16=102, il doit y avoir une coquille ?

  9. § Particules fines : le chauffage au bois est-il forcément “sale” ?
    “(…) ce mode de chauffage est à l’origine de 86 % des émissions de PM10 (…) En comparaison, le trafic routier ne constitue “que” 16 % des émissions de PM10”
    86+16=102, il doit y avoir une coquille ?

  10. En tant que particulier dans une maison, je chauffe essentiellement avec une pompe à chaleur air – eau, alimentée en partie par des panneaux photovoltaïques.
    J’ai choisi le tarif bleu blanc rouge d’EDF. Il y a 22 jours rouges par an, pour lesquels le prix de kW est dissuasif de 6h à 22h. Dans ces créneaux et uniquement pour ceux là, j’utilise un poêle à bois.

  11. “faut-il encore se chauffer au bois ?” la vraie question écolo est “faut-il encore se chauffer ?”. C’est le 1er niveau de la réponse. La 1ère action est de réduire notre besoin énergétique.
    Bravo pour cet exposé assez complet qui montre que s’il existe des énergies plus vertueuses, leurs conditions de production et extraction peuvent démonétiser cette vertu. Ce qui compte n’est donc pas tant le morceau de viande que l’éleveur…

  12. Bonjour,

    Vous ne parlez pas de la chaudière à bûches dans votre article, comment se compare-t-elle par rapport aux autres ?

    Je vous remercie

    1. Bonjour Isabelle,

      Le facteur d’émissions de la chaudière à bûches est de 32gCO2-éq/kWh (base empreinte de l’Ademe), ce qui est donc un peu inférieur au poêle à bûches (46gCO2-éq/kWh).

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Auteur
Sophie Kloetzli
Spécialisée sur l’écologie, elle a travaillé depuis 2018 pour plusieurs médias engagés sur ces thématiques. Elle a aussi couvert des sujets scientifiques et chroniqué la numérisation du monde sous un angle technocritique.

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14 Responses

  1. L’idéal pour l’environnement est clairement de ne pas se chauffer du tout ou en tout cas au strict minimum : 10-12°C sont largement suffisant avec bien sûr le matériel adapté : pull, plaid, doudoune, etc. Tout besoin de chauffe est forcément néfaste.

  2. Bonjour Bon pote et Mme Kloetzli,
    Merci pour cet excentrique article, très bien documenté et très accessible !
    Bien cordialement
    Marc

  3. Les chiffres et les graphiques sont trompeurs. En réalité, à énergie égale, brûler du bois (surtout issu de coupes rases) renvoi nettement plus de CO2 dans l’atmosphère que bruler du fioul, et même du charbon. C’est un fait scientifique, calculable et mesurable. Ce sont dans les deux cas des combustibles organiques. Par conséquent, il faut plus de surface de forêt et d’écosystèmes (puits de carbone) pour compenser le chauffage au bois que le chauffage au fioul. Le cycle du carbone n’a rien à faire de la provenance des émissions et encore moins de la notion “d’énergie renouvelable”. C’est une entourloupe réductionniste de l’esprit humain tragiquement anthropocentrique, cherchant à se donner bonne conscience ou ignorant des réalités de la biosphère !

  4. Incompréhension sur le passage ci-dessous sur les parts d’émissions de PM10 (86% bois et 16% trafic routier ???)

    “En Île-de-France, ce mode de chauffage est à l’origine de 86 % des émissions de PM10 , pointe de son côté un rapport d’Airparif – alors même qu’il ne couvre que 6 % des consommations d’énergie du secteur résidentiel. En comparaison, le trafic routier ne constitue “que” 16 % des émissions de PM10 (en plus de tous les autres polluants qu’il émet en grandes quantités : cuivre, zinc, oxyde d’azote…) : c’est environ 5 fois moins que le bois !”

  5. Super article, comme d’habitude merci. Par contre le graphique Facteurs d’émissions en gCO2-éq / kWh (en France). Source : RTE. “Futurs énergétiques 2050”, n’est pas pertinent ici. Ce sont des FE de production d’électricité (kwh electrique), pas de chauffage. Et donc la phrase ” Selon le GIEC, le facteur d’émission total du bois s’élève en effet à 112 000 kg CO2-éq/TJ, soit environ 403 g CO₂‑eq/kWh – une valeur comparable au gaz fossile (pour les centrales les plus performantes.)” n’est pas exacte : 403 g CO₂‑eq/kWh ce sont les centrales turbine à gaz de production d’électricité. Il faut comparer aux 240 gCO2-éq / kWh de chaudière à gaz de chauffage, et la conclusion est différente : c’est proche du double.

  6. Concernant le débat sur le CO2 biogénique : il faut voir ces émissions comme un fonds de roulement (puisqu’on parle de comptabilité). Quand une telle filière se met en place, alors les émissions associées vont être associées transitoirement à un effet climatique, mais au bout d’un certain temps (plus ou moins long selon la biomasse considérée), alors cette filière n’est plus associée à un réchauffement : ce qui est capté correspond à ce qui est réémis. Quand des filières sont en place depuis longtemps, alors cet équilibre est déjà atteint.
    Or, ce fond de roulement est très mal pris en compte par beaucoup de métriques (notamment celle qui convertissent des GES en CO2eq) et conduit à des conclusions systématiquement erronées : cela n’a évidemment aucun sens de mettre une émission de CO2 biogénique au même niveau qu’une émission fossile, puisque dans un cas on a un fond de roulement et pas dans l’autre, où le CO2 continue de s’accumuler (ou plus exactement, ce fond de roulement met des centaines de millions d’années à se mettre en place dans le cas du CO2 fossile. On peut donc considérer qu’à l’échelle d’une vie humaine, aucun fond de roulement ne se met en place).

  7. Bonjour,
    Merci pour cet article très complet, qui décrypte les nombreux enjeux et aspects de la filière.
    Quelques éléments à rajouter :

    – Comme pour la plupart des énergies renouvelables, il ne s’agit pas d’une énergie miracle, elle a ses défauts et ses qualités et doit être intégrée de façon réfléchie à un mix énergétique, sans aller vers du 100% bois. L’Ademe l’a bien compris et ne met plus la priorité sur le bois pour les projets de chauffage collectifs. La démarche EnR’Choix hiérarchise les solutions énergétiques en fonction des opportunités en géothermie ou récupération de chaleur fatale par exemple, et demande à ce que la pertinence d’utiliser le bois-énergie soit justifiée par rapport à d’autres modes de chauffage.

    – L’intérêt du bois sur des projets de réseau de chaleur est pour moi plus pertinent qu’en individuel, surtout à l’échelle des villes de taille petite et moyenne, où l’on peut garder une maîtrise en local de la ressource qui favorise les pratiques de gestion durable, en travaillant avec les agriculteurs de la commune par exemple. Les émissions de polluants d’une chaufferie centralisée sont également mieux contrôlées et filtrées que sur les poêles individuels.
    L’intérêt est déjà plus limité sur les chaufferies des grosses métropoles et de certains industriels, qui demandent une quantité de bois qui ne permet plus de garder la main sur les pratiques de coupe et la distance d’approvisionnement. Mais comme le dit l’article, l’Ademe a freiné sur la promotion de ces très gros projets.

    – Enfin, le fait que le bois soit une ressource locale ne permet plus de délocaliser les désavantages comme on le fait avec le gaz ou le pétrole, pour caricaturer : “on s’en cogne pas mal des forages tant qu’ils ont lieux en Russie.” En revanche les coupes de bois en France interpellent plus et forcent les acteurs et consommateurs à se saisir de ces enjeux. J’observe qu’en travaillant avec les collectivités sur les projets de réseau de chaleur biomasse, les élus s’intéressent d’avantages aux questions d’approvisionnement, et quand la question “aura-t-on suffisamment de bois” arrive, je réponds souvent qu’ils peuvent prendre la main sur cette question et sécuriser eux-même leur ressource. Plusieurs collectivités ont ainsi monté des SPL (Sociétés Publiques Locales) ou des SCIC (Sociétés Coopératives d’Intérêt Collectif) qui peuvent porter l’investissement des projets de chaufferie bois, et qui surtout, organisent la plantation, la coupe, le stockage et la livraison du bois déchiqueté en chaufferie, sur un périmètre de 30 km environ. De cette façon, la plupart des enjeux sont maîtrisés et la collectivité se responsabilise bien plus sur la préservation de la ressource, elle bénéficie aussi d’une bien meilleure vision sur l’avenir.

    De plus, une fois la filière bien en place et que le rythme de croisière est atteint, il devient plus facile de former les agents à la gestion durable et d’exploiter le bois de façon plus équilibrée, avec l’intégration des haies de bords de route, les co-produits d’élagage sur la commune par exemple.

    Encore une fois, cette solution a ses limites et correspond à des projets d’une certaine taille, mais comme le souligne l’article, le bois-énergie doit trouver sa juste place.

  8. Particules fines : le chauffage au bois est-il forcément “sale” ?
    “(…) ce mode de chauffage est à l’origine de 86 % des émissions de PM10 (…) En comparaison, le trafic routier ne constitue “que” 16 % des émissions de PM10”
    86+16=102, il doit y avoir une coquille ?

  9. § Particules fines : le chauffage au bois est-il forcément “sale” ?
    “(…) ce mode de chauffage est à l’origine de 86 % des émissions de PM10 (…) En comparaison, le trafic routier ne constitue “que” 16 % des émissions de PM10”
    86+16=102, il doit y avoir une coquille ?

  10. En tant que particulier dans une maison, je chauffe essentiellement avec une pompe à chaleur air – eau, alimentée en partie par des panneaux photovoltaïques.
    J’ai choisi le tarif bleu blanc rouge d’EDF. Il y a 22 jours rouges par an, pour lesquels le prix de kW est dissuasif de 6h à 22h. Dans ces créneaux et uniquement pour ceux là, j’utilise un poêle à bois.

  11. “faut-il encore se chauffer au bois ?” la vraie question écolo est “faut-il encore se chauffer ?”. C’est le 1er niveau de la réponse. La 1ère action est de réduire notre besoin énergétique.
    Bravo pour cet exposé assez complet qui montre que s’il existe des énergies plus vertueuses, leurs conditions de production et extraction peuvent démonétiser cette vertu. Ce qui compte n’est donc pas tant le morceau de viande que l’éleveur…

  12. Bonjour,

    Vous ne parlez pas de la chaudière à bûches dans votre article, comment se compare-t-elle par rapport aux autres ?

    Je vous remercie

    1. Bonjour Isabelle,

      Le facteur d’émissions de la chaudière à bûches est de 32gCO2-éq/kWh (base empreinte de l’Ademe), ce qui est donc un peu inférieur au poêle à bûches (46gCO2-éq/kWh).

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