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Les Shifters et le Shift Project accusés de banaliser l’extrême droite

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Grand oral les Shifters
©Crédit Photographie : Les Shifters – grand oral pour la municipalité de Paris 2026
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Mardi 24 février, l’association “les Shifters de Paris” organise un grand oral des candidats à la Mairie de Paris”.

“En collaboration avec The Shift Project (présidé par Jean-Marc JANCOVICI) et les Shifters, France 3 Paris IDF organise un Grand Oral des candidats à la Mairie de Paris, qui leur permettra de préciser leur feuille de route et leurs solutions concrètes pour l’avenir de Paris.”, pouvons-nous lire sur le site. 

Une intention louable, mais qui a provoqué un tollé, y compris chez des “Shifters”, suite à l’annonce de l’invitation de deux candidats d’extrême droite, Thierry Mariani et… Sarah Knafo.

Comme le rappelle cet article de Bon Pote, Sarah Knafo : 

  • Est membre (et serait à l’origine du nom du parti) de Reconquête, parti classé à l’extrême droite dans les “blocs de clivage” du ministère de l’Intérieur.  
  • Relaie la théorie complotiste, raciste et caractéristique de l’extrême droite du “Grand remplacement”.
  • A été directrice de la campagne présidentielle d’Éric Zemmour, un homme politique d’extrême droite dont la haine raciale lui a valu d’être multicondamné.
  • Au Parlement européen, elle siège au sein du groupe L’Europe des nations souveraines (ENS). Ce groupe rassemble des personnalités néonazies, formations nationalistes radicales, dont les élus de l’AfD (Alternative pour l’Allemagne), un parti allemand classé à l’extrême droite, connu pour ses positions condamnables sur l’immigration et l’identité, et qui défend notamment la déportation de personnes étrangères.

Le cordon sanitaire piétiné

la polémique a commencé publiquement dans un post sur le réseau social Linkedin des Shifters de Paris, sous lesquels plusieurs personnes se sont indignées de l’invitation de Sarah Knafo. 

“On ne combat pas l’extrême droite, qui pilote la contre-attaque/backlash contre l’ecologie, en la notabilisant, en la normalisant de la sorte”, déclare Alexandre Florentin, ancien conseiller à la mairie de Paris et ancien cadre chez Carbone 4. 

Elise Naccarato, Responsable Campagnes et Plaidoyer Climat chez Oxfam France, interpelle également l’association : “c’est une erreur historique d’inviter des climato-denialistes tel que Knafo pour un grand débat sur les questions écologiques. On ne peut pas s’intéresser aux sciences du vivant et crédibiliser des idées qui trient les humains. Est-ce que The Shift Project soutien cette ligne?

Source : https://municipales-paris2026.theshifters.org/

Réponse Des Shifters de Paris, et du Shift Project

Les Shifters de Paris ont répondu sur le réseau social Linkedin aux interpellations : “Nous assumons qu’interpeller les candidats à la mairie de Paris sur les enjeux énergie / climat c’est faire de la politique, mais nous le faisons dans un cadre neutre et apartisan comme l’indiquent nos statuts pour éclairer et informer les citoyens. Leur vote leur appartient”.

Pierre-Louis Vernhes, membre du conseil d’administration The Shifters, répond également : 

Dans le cadre d’une campagne électorale, et dans un État de droit, une association apartisane ne choisit pas ses invités : elle agit avec l’ensemble des candidats légalement autorisés à se présenter. Chacun assume ses responsabilités ; à ce jour, ni le pouvoir exécutif ni l’autorité judiciaire n’ont interdit Reconquête. Une association apartisane n’a donc pas la légitimité d’exclure un candidat sur la base de critères politiques.

Les positions des candidats sur le climat ne se valent pas, et certaines peuvent même être préoccupantes. C’est précisément l’objectif d’un Grand Oral que de mettre ces différences en lumière.

Par leurs actions, The Shifters donnent aux citoyens les clés pour se forger leur propre opinion, sans jamais décider à leur place.

Jean-Noël Geist, Responsable Affaires publiques et Shift-Shifters, confirme : 

.“Nos associations limitent leurs actions aux enjeux climat-énergie”. Et c’est bien là le problème. L’extrême droite et leur programme raciste ne sont pas un problème, tant que c’est décarboné ? Et la justice sociale ? Et les sciences sociales ? 

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“C’est la démocratie, il faut inviter tout le monde”

Anticipons les remarques habituelles “c’est la démocratie, il faut laisser tout le monde s’exprimer”. 

Cela a déjà été le cas lors d’un débat organisé par les Shifters avant les européennes 2024, où Jean-Philippe Tanguy était venu pour représenter le Rassemblement National. Il a alors multiplié les mensonges sans être repris. Ce n’était pas le seul à mentir, mais de loin celui qui a dit le plus de mensonges, en direct. Par la suite, et c’est une bonne chose, les Shifters avaient publié un fact checking des propositions. Mais il est évident que ce fact-checking sera beaucoup moins lu que les mensonges écoutés en direct. 

Ensuite, concernant l’argument, “la dém”ocratie c’est laisser tout le monde s’exprimer”. Toutes les opinions ne se valent pas et surtout, certains propos de Sarah Knafo sont condamnables par la loi. Doit-on fermer les yeux sur ses propos sur le grand remplacement et ses fake news racistes partagées sur Twitter, parce qu’à côté de ça, elle propose des voitures plus écologiques pour Paris ? 

Contacté par email, Jean-Marc Jancovici n’a pas répondu à notre sollicitation. D’après nos informations, il a bien lu les retours sous le post Linkedin des Shifters de Paris. 

Crédit : PetitPiedDessin

Des Shifters “dégoûtés”

Suite à l’annonce, plusieurs membres des Shifters et anciens Shifters se sont dit “dégouté(e)s” d’apprendre que Sarah Knafo était invitée”.  

J’ai honte”, “mais nan c’est pas possible”, “ils descendent dans mon estime”. Bon Pote a reçu environ 50 témoignages de personnes qui s’interrogent sur les intentions des Shifters et du Shift Project.

A 3 semaines des municipales 2026 et avec une montée de l’extrême-droite dans notre pays, il est normal que l’invitation de Sarah Knafo divise. S’il n y a aucun doute sur la volonté des Shifters et du Shift Project de lutter contre le changement climatique, les sciences sociales représentent un impensé qui a et aura des conséquences.

Nous avons des décennies de sciences politiques et sociales qui démontrent sans équivoque les méthodes et les risques de la banalisation de l’extrême droite. Inviter Sarah Knafo en est un exemple frappant. On ferme les yeux sur le racisme, sur les fake news partagées, et on invite l’extrême droite comme si c’était un parti normal, malgré les risques évidents de banalisation

Un ancien des Shifters résume ce cas d’école : 

C’est à la fois indécent et tragique de voir les Shifters de Paris inviter des représentants de l’extrême droite à un débat politique, le tout validé par la gouvernance du Shift Project. Leur formation d’ingénieur les aveugle et les amène à adopter une position qui légitime l’extrême droite dans le débat démocratique sous couvert d’une “neutralité” héritée de l’ontologie positiviste qui est hégémonique dans leur discipline. Ils ne réalisent pas – ou ne veulent pas voir – que leur soi-disant neutralité trahit en réalité leur conformisme avec le pouvoir en place. La neutralité axiologique défendue par des intellectuels comme Max Weber n’a rien à voir avec une telle position. Elle consiste au contraire à dévoiler ses propres engagements idéologiques pour clarifier ses propres biais afin d’être réflexif dans le processus d’analyse des faits. En s’estimant neutres, les Shifters de Paris ne font que masquer leur propre idéologie et ne questionnent pas les conséquences potentielles de leurs actes. Conséquences douloureuses qui viendront vraisemblablement renforcer le capital symbolique de l’extrême droite dans le débat public.

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23 Responses

  1. Et pourquoi bon pote inclue les candidats d’extrême droite dans sa carte des municipales ? Même raison.

  2. Vous avez raison, vive la censure.
    Bon Pote est-il un site qui traite de l’écologie, de l’énergie… ou un site qui vise à la convergence des luttes ? Vos derniers articles semblent montrer quelles sont vos réelles inclinations…

  3. Surtout que “tout le monde” n’a pas été invité : Blandine Chauvel, hospitalière et tête de liste “NPA-R : Paris ouvrière et révolutionnaire” n’a pas été sollicitée, de même que LO. Apparemment les organisateurs ont préféré l’extrême droite à l’extrême gauche. Mauvais choix pour le climat imo

  4. C’est une aberration, décidément, bon pote se prend pour le juge de paix de la société et dénonce ce que lui même entreprend…
    Terrible…

  5. Je ne comprends pas le titre de l’article : “Les Shifters et le Shift Project accusés de banaliser l’extrême droite”… C’est l’article qui accuse donc ce titre est un poil abusé, non ?

    1. Non, des dizaines de personnes accusent le Shift de banaliser l’ED. Sous le post de Linkedin en lien notamment. Un article de Reporterre est également en ligne depuis.

      1. Je viens de vérifier sur LinkedIn et je suis désolé, mais on ne peut pas vraiment parler de “tollé” dans les commentaires quand c’est essentiellement les mêmes personnes qui insistent à plusieurs reprises pour appuyer leurs propos alors qu’il y a également des personnes qui semblent trouver l’évènement intéressant, mais qui ne passent pas leurs temps à le rabâcher pour prouver qu’ils ont raison. De plus, les réactions (pouces, etc.) à ce post sont aussi nombreuses que les commentaires et représentent par essence des personnes uniques. Bref, il me semble quand même que c’est essentiellement l’article qui accuse ¯\_(ツ)_/¯

  6. Mais quelle démocratie?
    En 2022, 2 candidats ont refusé de débattre avec les autres, ces 2 candidats se sont affrontés au deuxième tours, sans avoir confronté leurs idées à leurs “adversaires” politiques. C’était une stratégie qui s’est finalement avéré payante pour eux, pas pour la démocratie.
    Lors des élections européennes, seuls 3 partis (sur une petite quinzaine au départ!!!!) ont pris part aux 2 débats politiques télévisés (JB, G.Attal et Bompard ou Faure), pour le troisième, Bardella n’a pas souhaité débattre avec Tondelier… Pourquoi? (on se demande…), Et la démocratie dans tout ça….
    Lors des élections présidentielles, 1 chaine fait le choix de limiter les débats à un nombre restreint de candidats… Exit De Villiers, Lassalle, Poutou, Arthaut…. Ils auraient pourtant été intéressants de voir les “petits” confronté leurs arguments aux “gros” mais non, le grand groupe qui possède cette chaîne a tranché de lui-même…. On veut de l’audimat, des “noms”… La démocratie attendra… encore
    Alors bien sûr, les recevoir avec un animateur incapable de les contredire et le pire que nous puissions avoir, mais j’espère que les shifteurs ne nous feront pas cet affront…

  7. L’extrême-droite française est l’héritière du fascisme des années 30-40 (Le RN a été cofondé par ancien Waffen-SS). Ses membres ont des accointances documentées avec les mouvances néo-nazies, néo-fascistes, monarchistes. Ce sont des partis qui défendent une politique ouvertement xénophobe, raciste, masculiniste, colonialiste, ultralibérale, antisyndicaliste. Ce sont des partis qui ont des accointances avec des gouvernements non démocratiques comme ceux de Trump, Poutine.
    Ce sont des partis qui sont soutenus actuellement par les milliardaires patrons des principaux médias, voyant que les partis de droite traditionnelle ne sont plus capables de remporter les élections.

    Donc l’extrême droite française doit être combattue : on a vu ce que ça donnait il y a 80 ans, on voit ce que ça donne aux USA.

    Maintenant la question est : qu’est ce qui est le plus efficace pour les combattre :
    – les inviter à ce type d’événements au risque de les banaliser ?
    – ne pas les inviter au risque de les victimiser ?
    Franchement je n’en sais rien. Autant il faut parler avec les gens, les électeurs. Autant il faut systématiquement déconstruire le discours des dirigeants politiques, voire l’empêcher de se dérouler. La Belgique a une extrême-droite très faible car le cordon sanitaire fonctionne. Mais en France ça fait bien longtemps qu’il n’existe plus. Les idées sont diffusées. Donc la stratégie doit peut être être différente. Ce qui est certain, c’est qu’ils ne doivent pas pouvoir déverser leurs mensonges sans être repris systématiquement. Il faut révéler ce qu’ils sont : une imposture, la béquille du capitalisme (à nouveau).

  8. Je ne suis pas certaine d’avoir compris ce qu’est “la banalisation de l’ED”, ou plutôt j’ai l’impression que tout le monde ne met pas la même chose sous cette expression.
    Pour moi, il y a banalisation s’il n’y a pas contradicteur, ou au moins quelqu’un qui rappelle le contour de la loi (le racisme n’est pas une opinion mais un délit), et rappelle les faits (la réalité scientifique vs l’idéologie, les croyances). Et c’est effectivement un manquement grave dans la majorité des médias, les journalistes ne sont plus que des animateurs, ce qui est dramatique.
    Je n’ai aucune idée de ce qu’il se passe à un “grand oral des shifters” : si c’est pareil, c’est tout aussi problématique. En revanche, s’il y a du monde pour mettre les points sur les “i” de tous les candidats, autant qu’ils soient tous là !
    La signature de l’ED est justement de fuir le débat (coucou, Bardella !). Parce qu’ils s’effondrent face à des informations sourcées. Alors vive les vrais débats en leur présence, avec du solide en face.
    J’ai tendance à croire que The Shift Project est capable de fournir du solide, mais ça, c’est une opinion, qui ne vaut que ce qu’elle vaut. Et je répète : je ne connais pas ces débats parisiens, donc je réserve mon jugement – et j’aimerais bien qu’il y ait cette information quelque part…

    La complexité est que la France est partagée. L’ignorer, ou exclure certaines personnes, c’est utiliser les outils de l’ED. Et ça, vraiment, ça me pose problème en terme de valeurs. Et c’est surtout nier la réalité du terrain.
    1/ Quand je suis devant une classe au fin fond de la Picardie, il y a une majorité de mini-mascus de d’ED en face de moi. Les exclure n’est pas une option. Les laisser croupir dans leur fange non plus. Pour les sortir de là, quelle autre solution que de les laisser s’exprimer ET les éduquer (= expliquer d’où viennent leurs idées, quelles sont les conséquences, explorer les autres pistes pour répondre à leurs problématiques réelles…).
    2/ Mon père lit Le Point et Valeurs Actuelles. Et bien je suis contente que Hugo Clément fasse passer quelques messages… -_-

    Je lis Bon Pote avec assiduité, j’y trouve vraiment un contenu de grande qualité, auquel je renvoie souvent. Mais je ne comprends pas toujours certaines positions qui me semble idéologiques et surtout irréalistes, à moins de vivre dans une bulle (ce qui est certainement possible à Paris – pardon de vivre ailleurs).
    Désolée de souhaiter que le dialogue reste possible, au sein des familles, au sein des quartiers, au sein de la société. Je ne me vois pas vivre sans dire bonjour ni rendre service à ma voisine âgée et malade, même si on ne met pas le même bulletin dans l’urne. Ça ne veut pas dire éviter les sujets qui fâchent : je suis vegan, je ne prends pas l’avion, j’ai hébergée une famille OQTF que je suis toujours de près (j’attends de voir les prêcheurs parisiens faire de même : il y a tellement de jeunes OQTF à Paris…). Et je n’hésite pas à en parler justement aux personnes un peu étroites d’esprit. Mon capital sympathie me permet d’aborder des sujets clivants sans agresser les gens. Ce qui me semble de très loin la méthode la plus efficace pour allumer la lumière dans les couloirs sombres.
    Sur le marché, je m’arrête volontiers pour discuter avec ceux qui tractent pour l’ED, surtout si ce sont des jeunes. Avec respect – et des arguments en béton (j’ai sur mon téléphone la liste des votes de l’ED au niveau national et européen, qui sont en contradiction totale avec les idées écrites sur les tracts… :). C’est ce qu’on devrait tous faire, au lieu de fuir nos responsabilités en censurant le débat.
    Est-ce que cette posture n’est pas juste liée à un contexte de vie, qui permet de rester confortablement dans une bulle ? Pour moi, c’est un risque réel de se couper du terrain, un risque de diminuer la qualité du contenu.

    La “méthode Mandela”, c’est autant les actions légales et non-violentes que les actions directes (sabotages, etc) si les premières s’avèrent inefficaces . Mais in fine, c’est la pensée Unbuntu qui gagne : le dialogue, la négociation, l’inclusion.

    1. Merci madame pour votre partage et vos actions.
      Je suis convaincu que c’est la bonne façon de procéder !
      J’ai un peu du mal avec la stratégie de mise à l’écart et/ou de censure qui est prônée par Bon Pote. Alors oui, il ne faut pas les laisser sans contradiction, oui cela demande parfois du temps d’expliquer les mensonges ou les raccourcis pris mais c’est nécessaire pour faire grandir la cause écologique et progressive !
      En censurant, ils peuvent jouer la victimisation et certains peuvent avoir l’impression que “on leur cache quelque chose” d’où le succès en termes d’audience des médias Bolloré qui jouent sur leur “liberté de parole” (libérté de mentir, oui…)

  9. Bonjour,

    Oui, ce débat au sein des Shifters clive. Mais la ligne qui a été décidé est celle de l’apartisianisme.
    Dans ma famille, il y a tous les bords politiques. Et je parle à tous parce que je les aime. La seule chose que je vois, c’est des gens qui ont peur. Et le partie pris des uns ou des autres est surtout le reflet de ce qui a le plus de poids dans la balance de cette peur.

    Pour moi, rester apartisant, c’est essayer de garder un semblant de paix dans un pays qui a de plus en plus les allures d’une guerre civile.
    Des personnes à droite tuent. Des personnes à gauche tuent aussi. Quand des idées politiques tuent, il n’y a plus de notion de bien ou de mal. Il y a des êtres humains et leurs choix.

  10. Le sujet n’est pas simple et forcement provoque des incompréhensions.

    On ne va pas changer les candidats, mais on peut changer/toucher leur électeurs, et on ne les atteindra pas sans inviter leur candidats. Si le fait que de potentiels électeurs d’ED regardent ce grand oral, et le voient se faire ridiculiser (quand on connait le programme écologique de l’ED, ça serait pas surprenant) alors que d’autre proposent des solutions plus solides, n’est-ce pas une option intéressantes? Je sais qu’il y a peu de chances de les convertir, mais même si il y a en 2-3 qui changent d’avis, c’est toujours ça de gagné.

    Et si on considère la triste possibilité qu’un d’eux arrive au pouvoir, n’est ce pas intéressant de les avoir invité à réfléchir a des solutions durables. Comme pour le point précèdent, si on voit que tous les candidats de tous bords s’intéressent (même en apparence) à l’écologie, à un avenir durable, ces sujets auront plus de poids dans les médias. Le Shift Project a pour ambition claire d’imposer des solutions durable dans le débat politique pour les prochaines présidentielles, quelque soit le parti. Exclure un parti de ces débats quand on connait leur poids dans les sondage serait aussi absurde.

    Si aucun media ne les invitait, ce serait scandaleux que le Shift Project le fasse. Dans ce cas, ne pas les inviter leur donnerait une fois de plus une occasion de passer dans d’autres médias pour dire a tous qu’ils sont diabolisés. Les inviter et les laisser parler leur donnera l’occasion de se décrédibiliser (mais où trouvent-ils toute cette énergie 😀 )

  11. Quand le sectarisme fait de la résistance !
    Si ces gens que vous n’aimez pas sont si mauvais vous devriez avoir envie de les interroger pour démontrer leur incompétence.
    Comme font les médias de droite en invitant les gens de gauche qui s’y rendent naïvement et se ridiculisent chaque jour.
    S’ils démontrent une certaine compétence : il sera temps de se poser les bonnes questions !

  12. De mon côté, je trouve que c’est une question difficile qui demanderait une vraie discussion “en direct” entre les deux parties (Bon Pote & Shift Project). Ca me fait mal de voir à quel point l’ED est banalisé et la gauche diabolisée en France. Ca m’enrage de voir qu’on fait une minute de silence pour “un jeune mort pour ses idées” quand ses idées sont haineuses, contraires aux lois de la République, et en complète opposition avec la devise de notre pays. Vivant à l’étranger depuis 2017, je suis malgré tout terrifié quand je vois qu’une deuxième puissance nucléaire risque de tomber dans le fascisme.

    Mais il faut aussi prendre en compte que l’ED a fait 34-35% au premier tour des législatives en 2024 et 142 députés à l’heure actuelle (en partant du principe que les macronistes et les républicains ne sont pas d’ED, ce qui n’est pas si clair en 2026). Dans le même temps, l’environnement préoccupe 24% des personnes interrogées par le dernier sondage Odoxa (https://www.odoxa.fr/sondage/priorites-des-francais-12-000-personnes-interrogees-30-000-verbatims/). Combien de personnes qui votent ED dans ces 24%?

    A l’heure où l’ED est libre de balancer son discours raciste et mensonger sur la majorité des plateaux télé et des chaînes de radio (sans debunk), mettre en lumière leur hypocrisie et leurs mensonges sur l’écologie peut être utile. Si les gens se rendent compte qu’ils mentent sur ce sujet, ça peut commencer à les faire douter sur les autres sujets.

    Je n’ai pas suivi le débat organisé par le ShiftProject en 2024, ni si c’était le premier. Mais quand on veut être un minimum, c’est difficile de débunk 3 mensonges à la minute. Si on se rend compte que comme en 2024 ils laissent l’ED déblatterer ses mensonges, alors il sera vraiment temps de leur taper dessus. Pour l’instant, je leur laisse le bénéfice du doute.

  13. Total soutien !

    L’argument de parler à tous ? Comme si les électeurs d’ED allaient regarder un débat d’1h30 sur l’écologie et décider en conséquence. Leur choix est déjà fait, peu importe le programme, peu importe la trajectoire de décarbonation. Le débat n’est jamais rationnel lorsqu’on croit que l’immigration est à l’origine de tout.

    Tout ce que ça fait, c’est banaliser le discours de l’ED, afficher comme sérieuses des personnes aux idées nauséabondes, et convaincre quelques Shifters ou écolos pas très solides sur leurs appuis antiracistes.

    L’ED est déjà à longueur de journée à la télé (même sur FranceInfo), à la radio, sur les réseaux sociaux. Merci aux gens conséquents et engagés pour le climat de ne pas leur offrir une plateforme supplémentaire.

  14. Une tonne de carbone dans l’atmosphère a le même impact quelque soit la couleur du bulletin de vote de la personne qui l’a émise. Les shifters (ou dans le même genre, Hugo Clément) ont raison de voulori parler à l’ensemble des candidats comme un média public : sachant que l’ED représente 1/3 des votes, ne pas essayer d’atteindre cet électorat pour faire bouger leurs lignes sur l’écologie est contre-productif pour la cause.

    Il est regrettable que l’a gauche s’octroie le privilège de choisir qui inviter ou non à parler d’écologie (et selon quel critère ? Tout penche pour qu’il soit arbitraire, ici à la sauce Bon Pote). Tout ressemble à ce que ce soit plus une sorte de distinction sociale au sens Bourdivin du terme pour se démarquer de “eux les électeurs du RN” d’un point de vue social, au détriment de l’écologie. Au vu de la composition des milieux écolo, ce n’est pas surprenant. Et c’est bien triste.

  15. Du coup qui décide quels sont les invités autorisés?
    Parce que Mariani et Knafo out trop à droite!
    Dati, Chikirou mises en examen ça compte ou pas?

    Après on peut aussi considérer que le fait de disqualifier par avance des candidats qui peuvent être élus puisqu’autorisés à se présenter est une bonne façon de ne connaitre ni leur avis ni leur programme sur un sujet précis.

    Ça a tellement bien marché jusqu’à maintenant que ce serait vraiment dommage de s’en priver.

  16. Jancovici n’a jamais caché le fait de s’adresser à toutes les couleurs politiques, d’ailleurs, il l’a toujours revendiqué.

    Cette stratégie lui permet d’éviter de se faire accuser d’un quelconque parti pris, et ainsi devenir inaudible à une partie de la population.

    C’est un peu le même dilemme dont souffre Alexis d’Esprit Critique : comment être audible par tous sans que l’on se braque tout de suite en se disant : “untel=rouge/vert/blanc/noir/… donc je n’écoute pas”.

    Je comprend la position de BonPote, et je l’approuve évidemment au nom de la lutte contre le fascisme, et je comprends aussi la position des Shifters et d’Alexis, qui veulent continuer à s’adresser à tout le monde en évitant d’être catégorisé dans un bloc politique.

  17. Le problème c’est qu’à partir du moment que le cordon sanitaire a déjà été piétiné par la société, que dans les derniers sondages l’extrême droite représente 15% des voix au premier tour. Comment “les Shifters de Paris” peuvent légitiment les ostraciser du débat? Parce que sur les questions d’écologie, Mme Dati racontera sûrement des fake-news également. La vraie question se situe plus de comment le débat s’organise et si il est vraiment fact-checké en direct, et que ça ne soit pas l’éloge des propositions de chacun

  18. Shifter asscendant gauche radicale, extrême gauche à l’appareil. Je l’espère néanmoins que ma réponse sera lue comme une réponse de gauchiste, plus que celle d’un encarté du shift.

    L’éternel débat revient sur la place publique. Je limite la question pour tenter d’y répondre le plus honnêtement possible.

    Faut-il inviter l’ED à CE débat ?

    J’ai un peu de mal à trancher, mais si on me tend le micro dans la rue et qu’on me force alors je pense que “oui”. Sous la condition stricte d’une modération contradictoire forte et argumentée. Je ne sais pas si c’est le cas au moment où j’écris ces lignes. Dans ce cas, je pense qu’il est potentiellement bénéfique pour l’écologie d’inviter l’ED à se ridiculiser devant l’association. En fait, en substance, si je comprends bien on aurait peur que le Greenwashing de l’ED soit si bien ficelé qu’il se suffise à lui-même comme écran de fumé pour le reste ? Allons bon, on a pas lu le même programme… Ils embrouillent personne à l’ED qui ne soit déjà bien embrouillé.

    Sinon je réfute catégoriquement le dessin de “Mr. Tolérant”. Le shitft n’est pas Mr. Tolérant. Il reste pas dans son coin à rien faire et à dire que tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Cette comparaison n’a pas lieu d’être, et franchement elle est plus qu’injuste. J’accepte un procès en naiveté, mais pas en inaction, cependant la caricature met un parallèle entre les deux comportements qui est argumentativement reprochable et pas digne d’un camarade.

    En bonne transition, question subsidiaire à Bon Pote : « est-ce que passer un temps significatif à taper sur les copains sur la place publique c’est être un bon pote ? » Est-ce que c’est sain pour le progrès de l’écologie politique de prioriser des “petits” faits comme cela plutôt que d’autres, plus déconnants, plus unanimes ? Non pas que je n’accepte et ne puisse pas entendre la critique de fond émise dans cet article, mais je m’intrigue de la priorisation et la visibilité donné à ce genre de questions sur ce blog.

  19. Bonne question sur le “paradoxe de la tolérance” (Karl Popper), mais on peut renverser le raisonnement : est-il légitime de frayer avec des gens qui ont des idéologies religieuses qui promeuvent le contraire de nos valeurs (droit des femmes, des minorités sexuelles, etc.) au prétexte qu’ils seraient “de gauche” et “décarbonés” comme le dit l’article ? J’ai ma réponse et elle contient le mot “compromission”…

    1. Vous avez raison, les sphères catholiques intégristes sont bien implantées, et constituent un vrai danger pour nos enfants, notre démocratie et notre planète !

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Auteur
Thomas Wagner
Prendra sa retraite quand le réchauffement climatique sera de l’histoire ancienne

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23 Responses

  1. Et pourquoi bon pote inclue les candidats d’extrême droite dans sa carte des municipales ? Même raison.

  2. Vous avez raison, vive la censure.
    Bon Pote est-il un site qui traite de l’écologie, de l’énergie… ou un site qui vise à la convergence des luttes ? Vos derniers articles semblent montrer quelles sont vos réelles inclinations…

  3. Surtout que “tout le monde” n’a pas été invité : Blandine Chauvel, hospitalière et tête de liste “NPA-R : Paris ouvrière et révolutionnaire” n’a pas été sollicitée, de même que LO. Apparemment les organisateurs ont préféré l’extrême droite à l’extrême gauche. Mauvais choix pour le climat imo

  4. C’est une aberration, décidément, bon pote se prend pour le juge de paix de la société et dénonce ce que lui même entreprend…
    Terrible…

  5. Je ne comprends pas le titre de l’article : “Les Shifters et le Shift Project accusés de banaliser l’extrême droite”… C’est l’article qui accuse donc ce titre est un poil abusé, non ?

    1. Non, des dizaines de personnes accusent le Shift de banaliser l’ED. Sous le post de Linkedin en lien notamment. Un article de Reporterre est également en ligne depuis.

      1. Je viens de vérifier sur LinkedIn et je suis désolé, mais on ne peut pas vraiment parler de “tollé” dans les commentaires quand c’est essentiellement les mêmes personnes qui insistent à plusieurs reprises pour appuyer leurs propos alors qu’il y a également des personnes qui semblent trouver l’évènement intéressant, mais qui ne passent pas leurs temps à le rabâcher pour prouver qu’ils ont raison. De plus, les réactions (pouces, etc.) à ce post sont aussi nombreuses que les commentaires et représentent par essence des personnes uniques. Bref, il me semble quand même que c’est essentiellement l’article qui accuse ¯\_(ツ)_/¯

  6. Mais quelle démocratie?
    En 2022, 2 candidats ont refusé de débattre avec les autres, ces 2 candidats se sont affrontés au deuxième tours, sans avoir confronté leurs idées à leurs “adversaires” politiques. C’était une stratégie qui s’est finalement avéré payante pour eux, pas pour la démocratie.
    Lors des élections européennes, seuls 3 partis (sur une petite quinzaine au départ!!!!) ont pris part aux 2 débats politiques télévisés (JB, G.Attal et Bompard ou Faure), pour le troisième, Bardella n’a pas souhaité débattre avec Tondelier… Pourquoi? (on se demande…), Et la démocratie dans tout ça….
    Lors des élections présidentielles, 1 chaine fait le choix de limiter les débats à un nombre restreint de candidats… Exit De Villiers, Lassalle, Poutou, Arthaut…. Ils auraient pourtant été intéressants de voir les “petits” confronté leurs arguments aux “gros” mais non, le grand groupe qui possède cette chaîne a tranché de lui-même…. On veut de l’audimat, des “noms”… La démocratie attendra… encore
    Alors bien sûr, les recevoir avec un animateur incapable de les contredire et le pire que nous puissions avoir, mais j’espère que les shifteurs ne nous feront pas cet affront…

  7. L’extrême-droite française est l’héritière du fascisme des années 30-40 (Le RN a été cofondé par ancien Waffen-SS). Ses membres ont des accointances documentées avec les mouvances néo-nazies, néo-fascistes, monarchistes. Ce sont des partis qui défendent une politique ouvertement xénophobe, raciste, masculiniste, colonialiste, ultralibérale, antisyndicaliste. Ce sont des partis qui ont des accointances avec des gouvernements non démocratiques comme ceux de Trump, Poutine.
    Ce sont des partis qui sont soutenus actuellement par les milliardaires patrons des principaux médias, voyant que les partis de droite traditionnelle ne sont plus capables de remporter les élections.

    Donc l’extrême droite française doit être combattue : on a vu ce que ça donnait il y a 80 ans, on voit ce que ça donne aux USA.

    Maintenant la question est : qu’est ce qui est le plus efficace pour les combattre :
    – les inviter à ce type d’événements au risque de les banaliser ?
    – ne pas les inviter au risque de les victimiser ?
    Franchement je n’en sais rien. Autant il faut parler avec les gens, les électeurs. Autant il faut systématiquement déconstruire le discours des dirigeants politiques, voire l’empêcher de se dérouler. La Belgique a une extrême-droite très faible car le cordon sanitaire fonctionne. Mais en France ça fait bien longtemps qu’il n’existe plus. Les idées sont diffusées. Donc la stratégie doit peut être être différente. Ce qui est certain, c’est qu’ils ne doivent pas pouvoir déverser leurs mensonges sans être repris systématiquement. Il faut révéler ce qu’ils sont : une imposture, la béquille du capitalisme (à nouveau).

  8. Je ne suis pas certaine d’avoir compris ce qu’est “la banalisation de l’ED”, ou plutôt j’ai l’impression que tout le monde ne met pas la même chose sous cette expression.
    Pour moi, il y a banalisation s’il n’y a pas contradicteur, ou au moins quelqu’un qui rappelle le contour de la loi (le racisme n’est pas une opinion mais un délit), et rappelle les faits (la réalité scientifique vs l’idéologie, les croyances). Et c’est effectivement un manquement grave dans la majorité des médias, les journalistes ne sont plus que des animateurs, ce qui est dramatique.
    Je n’ai aucune idée de ce qu’il se passe à un “grand oral des shifters” : si c’est pareil, c’est tout aussi problématique. En revanche, s’il y a du monde pour mettre les points sur les “i” de tous les candidats, autant qu’ils soient tous là !
    La signature de l’ED est justement de fuir le débat (coucou, Bardella !). Parce qu’ils s’effondrent face à des informations sourcées. Alors vive les vrais débats en leur présence, avec du solide en face.
    J’ai tendance à croire que The Shift Project est capable de fournir du solide, mais ça, c’est une opinion, qui ne vaut que ce qu’elle vaut. Et je répète : je ne connais pas ces débats parisiens, donc je réserve mon jugement – et j’aimerais bien qu’il y ait cette information quelque part…

    La complexité est que la France est partagée. L’ignorer, ou exclure certaines personnes, c’est utiliser les outils de l’ED. Et ça, vraiment, ça me pose problème en terme de valeurs. Et c’est surtout nier la réalité du terrain.
    1/ Quand je suis devant une classe au fin fond de la Picardie, il y a une majorité de mini-mascus de d’ED en face de moi. Les exclure n’est pas une option. Les laisser croupir dans leur fange non plus. Pour les sortir de là, quelle autre solution que de les laisser s’exprimer ET les éduquer (= expliquer d’où viennent leurs idées, quelles sont les conséquences, explorer les autres pistes pour répondre à leurs problématiques réelles…).
    2/ Mon père lit Le Point et Valeurs Actuelles. Et bien je suis contente que Hugo Clément fasse passer quelques messages… -_-

    Je lis Bon Pote avec assiduité, j’y trouve vraiment un contenu de grande qualité, auquel je renvoie souvent. Mais je ne comprends pas toujours certaines positions qui me semble idéologiques et surtout irréalistes, à moins de vivre dans une bulle (ce qui est certainement possible à Paris – pardon de vivre ailleurs).
    Désolée de souhaiter que le dialogue reste possible, au sein des familles, au sein des quartiers, au sein de la société. Je ne me vois pas vivre sans dire bonjour ni rendre service à ma voisine âgée et malade, même si on ne met pas le même bulletin dans l’urne. Ça ne veut pas dire éviter les sujets qui fâchent : je suis vegan, je ne prends pas l’avion, j’ai hébergée une famille OQTF que je suis toujours de près (j’attends de voir les prêcheurs parisiens faire de même : il y a tellement de jeunes OQTF à Paris…). Et je n’hésite pas à en parler justement aux personnes un peu étroites d’esprit. Mon capital sympathie me permet d’aborder des sujets clivants sans agresser les gens. Ce qui me semble de très loin la méthode la plus efficace pour allumer la lumière dans les couloirs sombres.
    Sur le marché, je m’arrête volontiers pour discuter avec ceux qui tractent pour l’ED, surtout si ce sont des jeunes. Avec respect – et des arguments en béton (j’ai sur mon téléphone la liste des votes de l’ED au niveau national et européen, qui sont en contradiction totale avec les idées écrites sur les tracts… :). C’est ce qu’on devrait tous faire, au lieu de fuir nos responsabilités en censurant le débat.
    Est-ce que cette posture n’est pas juste liée à un contexte de vie, qui permet de rester confortablement dans une bulle ? Pour moi, c’est un risque réel de se couper du terrain, un risque de diminuer la qualité du contenu.

    La “méthode Mandela”, c’est autant les actions légales et non-violentes que les actions directes (sabotages, etc) si les premières s’avèrent inefficaces . Mais in fine, c’est la pensée Unbuntu qui gagne : le dialogue, la négociation, l’inclusion.

    1. Merci madame pour votre partage et vos actions.
      Je suis convaincu que c’est la bonne façon de procéder !
      J’ai un peu du mal avec la stratégie de mise à l’écart et/ou de censure qui est prônée par Bon Pote. Alors oui, il ne faut pas les laisser sans contradiction, oui cela demande parfois du temps d’expliquer les mensonges ou les raccourcis pris mais c’est nécessaire pour faire grandir la cause écologique et progressive !
      En censurant, ils peuvent jouer la victimisation et certains peuvent avoir l’impression que “on leur cache quelque chose” d’où le succès en termes d’audience des médias Bolloré qui jouent sur leur “liberté de parole” (libérté de mentir, oui…)

  9. Bonjour,

    Oui, ce débat au sein des Shifters clive. Mais la ligne qui a été décidé est celle de l’apartisianisme.
    Dans ma famille, il y a tous les bords politiques. Et je parle à tous parce que je les aime. La seule chose que je vois, c’est des gens qui ont peur. Et le partie pris des uns ou des autres est surtout le reflet de ce qui a le plus de poids dans la balance de cette peur.

    Pour moi, rester apartisant, c’est essayer de garder un semblant de paix dans un pays qui a de plus en plus les allures d’une guerre civile.
    Des personnes à droite tuent. Des personnes à gauche tuent aussi. Quand des idées politiques tuent, il n’y a plus de notion de bien ou de mal. Il y a des êtres humains et leurs choix.

  10. Le sujet n’est pas simple et forcement provoque des incompréhensions.

    On ne va pas changer les candidats, mais on peut changer/toucher leur électeurs, et on ne les atteindra pas sans inviter leur candidats. Si le fait que de potentiels électeurs d’ED regardent ce grand oral, et le voient se faire ridiculiser (quand on connait le programme écologique de l’ED, ça serait pas surprenant) alors que d’autre proposent des solutions plus solides, n’est-ce pas une option intéressantes? Je sais qu’il y a peu de chances de les convertir, mais même si il y a en 2-3 qui changent d’avis, c’est toujours ça de gagné.

    Et si on considère la triste possibilité qu’un d’eux arrive au pouvoir, n’est ce pas intéressant de les avoir invité à réfléchir a des solutions durables. Comme pour le point précèdent, si on voit que tous les candidats de tous bords s’intéressent (même en apparence) à l’écologie, à un avenir durable, ces sujets auront plus de poids dans les médias. Le Shift Project a pour ambition claire d’imposer des solutions durable dans le débat politique pour les prochaines présidentielles, quelque soit le parti. Exclure un parti de ces débats quand on connait leur poids dans les sondage serait aussi absurde.

    Si aucun media ne les invitait, ce serait scandaleux que le Shift Project le fasse. Dans ce cas, ne pas les inviter leur donnerait une fois de plus une occasion de passer dans d’autres médias pour dire a tous qu’ils sont diabolisés. Les inviter et les laisser parler leur donnera l’occasion de se décrédibiliser (mais où trouvent-ils toute cette énergie 😀 )

  11. Quand le sectarisme fait de la résistance !
    Si ces gens que vous n’aimez pas sont si mauvais vous devriez avoir envie de les interroger pour démontrer leur incompétence.
    Comme font les médias de droite en invitant les gens de gauche qui s’y rendent naïvement et se ridiculisent chaque jour.
    S’ils démontrent une certaine compétence : il sera temps de se poser les bonnes questions !

  12. De mon côté, je trouve que c’est une question difficile qui demanderait une vraie discussion “en direct” entre les deux parties (Bon Pote & Shift Project). Ca me fait mal de voir à quel point l’ED est banalisé et la gauche diabolisée en France. Ca m’enrage de voir qu’on fait une minute de silence pour “un jeune mort pour ses idées” quand ses idées sont haineuses, contraires aux lois de la République, et en complète opposition avec la devise de notre pays. Vivant à l’étranger depuis 2017, je suis malgré tout terrifié quand je vois qu’une deuxième puissance nucléaire risque de tomber dans le fascisme.

    Mais il faut aussi prendre en compte que l’ED a fait 34-35% au premier tour des législatives en 2024 et 142 députés à l’heure actuelle (en partant du principe que les macronistes et les républicains ne sont pas d’ED, ce qui n’est pas si clair en 2026). Dans le même temps, l’environnement préoccupe 24% des personnes interrogées par le dernier sondage Odoxa (https://www.odoxa.fr/sondage/priorites-des-francais-12-000-personnes-interrogees-30-000-verbatims/). Combien de personnes qui votent ED dans ces 24%?

    A l’heure où l’ED est libre de balancer son discours raciste et mensonger sur la majorité des plateaux télé et des chaînes de radio (sans debunk), mettre en lumière leur hypocrisie et leurs mensonges sur l’écologie peut être utile. Si les gens se rendent compte qu’ils mentent sur ce sujet, ça peut commencer à les faire douter sur les autres sujets.

    Je n’ai pas suivi le débat organisé par le ShiftProject en 2024, ni si c’était le premier. Mais quand on veut être un minimum, c’est difficile de débunk 3 mensonges à la minute. Si on se rend compte que comme en 2024 ils laissent l’ED déblatterer ses mensonges, alors il sera vraiment temps de leur taper dessus. Pour l’instant, je leur laisse le bénéfice du doute.

  13. Total soutien !

    L’argument de parler à tous ? Comme si les électeurs d’ED allaient regarder un débat d’1h30 sur l’écologie et décider en conséquence. Leur choix est déjà fait, peu importe le programme, peu importe la trajectoire de décarbonation. Le débat n’est jamais rationnel lorsqu’on croit que l’immigration est à l’origine de tout.

    Tout ce que ça fait, c’est banaliser le discours de l’ED, afficher comme sérieuses des personnes aux idées nauséabondes, et convaincre quelques Shifters ou écolos pas très solides sur leurs appuis antiracistes.

    L’ED est déjà à longueur de journée à la télé (même sur FranceInfo), à la radio, sur les réseaux sociaux. Merci aux gens conséquents et engagés pour le climat de ne pas leur offrir une plateforme supplémentaire.

  14. Une tonne de carbone dans l’atmosphère a le même impact quelque soit la couleur du bulletin de vote de la personne qui l’a émise. Les shifters (ou dans le même genre, Hugo Clément) ont raison de voulori parler à l’ensemble des candidats comme un média public : sachant que l’ED représente 1/3 des votes, ne pas essayer d’atteindre cet électorat pour faire bouger leurs lignes sur l’écologie est contre-productif pour la cause.

    Il est regrettable que l’a gauche s’octroie le privilège de choisir qui inviter ou non à parler d’écologie (et selon quel critère ? Tout penche pour qu’il soit arbitraire, ici à la sauce Bon Pote). Tout ressemble à ce que ce soit plus une sorte de distinction sociale au sens Bourdivin du terme pour se démarquer de “eux les électeurs du RN” d’un point de vue social, au détriment de l’écologie. Au vu de la composition des milieux écolo, ce n’est pas surprenant. Et c’est bien triste.

  15. Du coup qui décide quels sont les invités autorisés?
    Parce que Mariani et Knafo out trop à droite!
    Dati, Chikirou mises en examen ça compte ou pas?

    Après on peut aussi considérer que le fait de disqualifier par avance des candidats qui peuvent être élus puisqu’autorisés à se présenter est une bonne façon de ne connaitre ni leur avis ni leur programme sur un sujet précis.

    Ça a tellement bien marché jusqu’à maintenant que ce serait vraiment dommage de s’en priver.

  16. Jancovici n’a jamais caché le fait de s’adresser à toutes les couleurs politiques, d’ailleurs, il l’a toujours revendiqué.

    Cette stratégie lui permet d’éviter de se faire accuser d’un quelconque parti pris, et ainsi devenir inaudible à une partie de la population.

    C’est un peu le même dilemme dont souffre Alexis d’Esprit Critique : comment être audible par tous sans que l’on se braque tout de suite en se disant : “untel=rouge/vert/blanc/noir/… donc je n’écoute pas”.

    Je comprend la position de BonPote, et je l’approuve évidemment au nom de la lutte contre le fascisme, et je comprends aussi la position des Shifters et d’Alexis, qui veulent continuer à s’adresser à tout le monde en évitant d’être catégorisé dans un bloc politique.

  17. Le problème c’est qu’à partir du moment que le cordon sanitaire a déjà été piétiné par la société, que dans les derniers sondages l’extrême droite représente 15% des voix au premier tour. Comment “les Shifters de Paris” peuvent légitiment les ostraciser du débat? Parce que sur les questions d’écologie, Mme Dati racontera sûrement des fake-news également. La vraie question se situe plus de comment le débat s’organise et si il est vraiment fact-checké en direct, et que ça ne soit pas l’éloge des propositions de chacun

  18. Shifter asscendant gauche radicale, extrême gauche à l’appareil. Je l’espère néanmoins que ma réponse sera lue comme une réponse de gauchiste, plus que celle d’un encarté du shift.

    L’éternel débat revient sur la place publique. Je limite la question pour tenter d’y répondre le plus honnêtement possible.

    Faut-il inviter l’ED à CE débat ?

    J’ai un peu de mal à trancher, mais si on me tend le micro dans la rue et qu’on me force alors je pense que “oui”. Sous la condition stricte d’une modération contradictoire forte et argumentée. Je ne sais pas si c’est le cas au moment où j’écris ces lignes. Dans ce cas, je pense qu’il est potentiellement bénéfique pour l’écologie d’inviter l’ED à se ridiculiser devant l’association. En fait, en substance, si je comprends bien on aurait peur que le Greenwashing de l’ED soit si bien ficelé qu’il se suffise à lui-même comme écran de fumé pour le reste ? Allons bon, on a pas lu le même programme… Ils embrouillent personne à l’ED qui ne soit déjà bien embrouillé.

    Sinon je réfute catégoriquement le dessin de “Mr. Tolérant”. Le shitft n’est pas Mr. Tolérant. Il reste pas dans son coin à rien faire et à dire que tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Cette comparaison n’a pas lieu d’être, et franchement elle est plus qu’injuste. J’accepte un procès en naiveté, mais pas en inaction, cependant la caricature met un parallèle entre les deux comportements qui est argumentativement reprochable et pas digne d’un camarade.

    En bonne transition, question subsidiaire à Bon Pote : « est-ce que passer un temps significatif à taper sur les copains sur la place publique c’est être un bon pote ? » Est-ce que c’est sain pour le progrès de l’écologie politique de prioriser des “petits” faits comme cela plutôt que d’autres, plus déconnants, plus unanimes ? Non pas que je n’accepte et ne puisse pas entendre la critique de fond émise dans cet article, mais je m’intrigue de la priorisation et la visibilité donné à ce genre de questions sur ce blog.

  19. Bonne question sur le “paradoxe de la tolérance” (Karl Popper), mais on peut renverser le raisonnement : est-il légitime de frayer avec des gens qui ont des idéologies religieuses qui promeuvent le contraire de nos valeurs (droit des femmes, des minorités sexuelles, etc.) au prétexte qu’ils seraient “de gauche” et “décarbonés” comme le dit l’article ? J’ai ma réponse et elle contient le mot “compromission”…

    1. Vous avez raison, les sphères catholiques intégristes sont bien implantées, et constituent un vrai danger pour nos enfants, notre démocratie et notre planète !

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