Les 10 mesures écologiques pour sauver le mandat d’Emmanuel Macron

10 mesures blanc

Nous entrons dans la 5ème année de mandat d’Emmanuel Macron et le moins que l’on puisse dire, c’est que les mesures écologiques prises par son gouvernement n’ont pas été à la hauteur des enjeux. La France s’est pourtant engagée à respecter l’Accord de Paris, a mis en place sa Stratégie Nationale Bas Carbone, mais ses engagements sont loin de lui permettre d’atteindre la neutralité carbone.

La loi climat aurait dû permettre de réduire les émissions territoriales de la France de 40% d’ici 2030, par rapport à 1990. Ce n’est pas le cas. Pour être exact, c’est même très loin d’être le cas. Les propositions de la Convention Citoyenne pour le Climat ont été détricotées une par une, ne donnant au final que de très faibles objectifs.

Comme il n’est jamais trop tard pour bien faire, voici 10 mesures écologiques qui peuvent aider Emmanuel Macron à prouver aux français(es) qu’il a compris l’urgence climatique et les changements nécessaires que des millions de français doivent entreprendre.

NB : les mesures ci-dessous (sans importance hiérarchique) sont des mesures à prendre à très court terme, et ne sont qu’une première étape vers le chemin que la France doit emprunter pour respecter l’Accord de Paris

1) Interdire la vente des véhicules thermiques à partir de 2030

Mesures :

Gouvernement

– Dans la loi Climat et Résilience de mai 2021 : objectif de fin de vente des voitures les plus émettrices de gaz à effet de serre en 2030. 
Interdiction de la vente des voitures thermiques pour 2040 votée par l’Assemblée en 2019.

Notre proposition : interdiction de la vente des voitures thermiques dès 2030

Bénéfices pour le climat : 

Selon l’Ademe, un(e) français(e) parcourt en moyenne 12 à 13 000 km par an avec sa voiture. À 193g CO2eq par km pour une voiture thermique, l’empreinte carbone engendrée par ce transport s’élève à environ 3 tonnes en moyenne sur les 10T CO2eq émises par un(e) français(e) sur l’année. Pour maîtriser le réchauffement climatique en deçà de 2°C et au plus près de 1,5°C, l’empreinte carbone par personne devra se situer bien en deçà de 2T CO2eq d’ici 2050. En considérant que la durée de vie d’une voiture est de 15 à 20 ans, 2040, c’est trop tard. 

Autres bénéfices : 

En Île-de-France, selon AirParif, la voiture individuelle et thermique est responsable de :

– plus de la moitié des émissions d’oxyde d’azote,
– près de 20 % des émissions de particules PM10 et PM2.5, les particules fines. Un chiffre qui monte à 50% sur et aux abords des grands axes routiers
– près de 10 % des émissions de composés organiques volatils non méthaniques (COVNM)

Ces polluants ont des effets sanitaires très graves, en plus des émissions de gaz à effets de serre qui accroissent le réchauffement climatique. Ils sont entre autres à l’origine de la pollution de l’air, qui provoque chaque année 48 000 décès prématurés en France. Une étude de chercheurs d’Harvard, sortie début 2021, avançait même le chiffre de 100 000 morts, soit 17% des décès annuels pour l’Hexagone.

2) Stopper l’aberration écologique et économique des vols intérieurs

Mesures : 

Gouvernement : Loi Climat et résilience : interdiction des vols intérieurs lorsqu’une alternative de moins de 2h30 en train est possible

Notre proposition : interdiction des vols intérieurs qui peuvent se faire en 6 heures de train, étendue aux vols internationaux qui peuvent se faire en train en moins de 4h30.

Bénéfices pour le climat : 

Notre proposition de supprimer toutes lignes aériennes qui peuvent se faire en 6h de train entraînerait la diminution de 83,5 % des émissions de GES des vols intérieurs et de 6,2 % pour la totalité des vols au départ du territoire national. La suppression des lignes aériennes internationales à moins de 4h30 en train permettrait une réduction de 70 ktCO2 d’ici 2025 soit de 1% des émissions du trafic aérien international imputables à la France.

Quant à la la loi Climat et résilience, elle n’entraînera qu’une réduction de 6,6% des émissions de CO2 issues des vols métropolitains, et de 0,5% des émissions de l’ensemble des vols au départ de la France selon le Réseau Action Climat (RAC). Seulement 5 connexions aériennes intérieures sur les 108 existantes sont concernées. 

Enfin, la proposition de la CCC qui concerne la suppression des lignes à moins de 4h30 en train engendrerait une diminution de 60,6% des émissions de C02 des vols métropolitains et de 4,5% des émissions de l’ensemble des vols au départ de la France pour le RAC. 39 connexions aériennes intérieures sur les 108 existantes sont concernées. 

Autres bénéfices :

Sur les 86 aéroports présents en métropole, 69 sont structurellement déficitaires, n’accueillant pas un volume de trafic suffisant. Pour remédier à cette situation, le trafic aérien intérieur (26,2 millions de passagers en 2018) bénéficie d’aides publiques de l’Etat et des collectivités territoriales, à hauteur de 500 M€ par an selon le dernier rapport FNAUT/Pavaux, résultant soit de la défiscalisation du kérosène, soit de subventions diverses aux aéroports et aux compagnies aériennes. Autant d’aides transférables aux mobilités douces et au train en premier lieu.

3) Inscrire les émissions des transports aériens et maritimes internationaux dans l’objectif national de neutralité carbone en 2050 et dans les budgets carbone

Gouvernement : pas de proposition

Notre proposition : Inscrire les émissions des transports aériens et maritimes internationaux dans l’objectif national de neutralité carbone en 2050 et dans les budgets carbone, et l’inscrire dès maintenant, afin que cela soit pris en compte dès le calcul de l’empreinte carbone de la France 2021.

Bénéfices pour le climat

C’est l’une des recommandations du Haut Conseil pour le Climat dans son rapport sur l’empreinte carbone de la France. Les objectifs français ne couvrent pas toute la responsabilité de la France compte-tenu de l’importance de ses importations, qui s’ajoutent aux émissions nationales pour former l’empreinte carbone de la France. Les objectifs concernant les transports internationaux, aériens et maritimes, devraient être intégrés et élevés au même niveau que les objectifs nationaux. Des mesures supplémentaires et une stratégie pour réduire l’empreinte carbone de la France devraient être développées.

4) 2 repas végétariens obligatoires par semaine à la cantine

Mesures :

Gouvernement : Dans la loi Climat et Résilience : d’ici 2023, les cantines scolaires devront obligatoirement proposer un menu végétarien au moins une fois par semaine et pourront (cette partie n’est pas obligatoire) expérimenter un menu végétarien quotidien.

Notre proposition : Rendre obligatoire 2 repas végétariens par semaine dès 2023 dans l’ensemble des restaurants collectifs publics (EHPAD, cantines d’administrations, cantines scolaires, etc.). Et proposer obligatoirement une alternative végétarienne les autres jours de la semaine.

Bénéfices pour le climat :

Avec un milliard de repas servis par an, les cantines scolaires ont une répercussion majeure sur le climat et sur l’agriculture française. Avec la mesure du gouvernement, une réduction de 6 à 8% des émissions de GES émis pour produire l’alimentation des cantines sera observable.

Notre proposition fondée sur l’étude BASIC pour Greenpeace entraîne : 
– une réduction de 33 % des émissions de gaz à effet de serre 
– une réduction de 46 % des importations d’aliments pour les animaux d’élevage (et donc une réduction du risque associé de déforestation importée) destinés à l’alimentation des cantines
– 19 % de la consommation d’eau liée aux activités agricoles

Autres bénéfices : 

Pour pallier la baisse de la consommation de viande et maintenir un régime en protéines, essentiel à la bonne santé des enfants, les légumineuses peuvent ainsi faire leur grand retour dans les assiettes et par conséquent dans les champs des agriculteurs(trices) français. Lentilles, pois cassés ou encore pois chiche, autant d’alternatives végétales, riches en protéines et cultivables en France.

La substitution de légumineuses à des cultures annuelles fertilisées (blé, maïs…) et leur introduction à hauteur de 40 % en prairies temporaires réduirait, selon Pellerin et al. (2013), les émissions de gaz à effet de serre de 1,4 Mt éq. CO2/an. À cela s’ajoutent des économies d’énergie, une réduction de l’utilisation des engrais azotés de synthèse et un maintien de la structure du sol (fertilité, vie microbiologique, microfaune…).

5) Rénovation de l’ensemble des passoires énergétiques

Mesures :

Gouvernement : Loi Climat et résilience : gel des loyers des passoires thermiques − étiquetés F et G − considérés comme logements indécents à partir de 2025, élargi en 2034 aux logements E. Possibilité pour le locataire de se retourner contre le propriétaire qui refuse de faire les travaux.

Notre proposition : contraindre les propriétaires et bailleurs à rénover l’ensemble des passoires énergétiques d’ici à 2040. Dans le détail, en reprenant les propositions de la Convention Citoyenne pour le Climat :
« – pour les copropriétés et les bailleurs sociaux : Rendre obligatoires les rénovations globales des passoires énergétiques (F&G) d’ici à 2030 ; Rendre obligatoires les rénovations globales des bâtiments énergivores (E&D) d’ici à 2040
– pour les maisons individuelles : Rendre obligatoires les rénovations globales des passoires énergétiques (F&G) louées d’ici à 2030 ; Rendre obligatoires les rénovations globales des maisons individuelles énergivores (E&D) louées d’ici à 2040. »

Bénéfices pour le climat :

Sur les 29 millions de résidences principales en France, 6,7 millions sont considérées comme des « passoires énergétiques ». Si l’ensemble de ces habitations sont rénovées en Bâtiment Basse Consommation (BBC), ce sont 14,67 millions de tonnes d’équivalent CO2 en moins dans l’atmosphère par an, soit l’équivalent de 17% des émissions actuelles du secteur résidentiel et tertiaire à partir de 2040 selon le collectif Rénovons.

Autres bénéfices : 

“Impossible de rénover autant en si peu de temps et surtout, un investissement trop lourd pour l’Etat” ? Pas vraiment. Le collectif Rénovons s’est attelé à le calculer dans un rapport, le scénario BBC

L’investissement public nécessaire est de 63 milliards d’euros, soit 3,2 milliards d’euros par an en moyenne sur la période 2020-2040. L’investissement public est intégralement récupéré dès 2047 soit un temps de retour sur investissement de 27 ans pour l’Etat. Le plan de rénovation assure ainsi à l’État 1,13 euro de bénéfice net pour chaque euro investi. 

Comment est-ce possible ? De l’emploi, une meilleure santé et des économies d’énergie. Les détails, selon le rapport BBC : 
– la création de 93 000 emplois nets entre 2020 et 2030, puis 34 000 emplois à plus long terme
– 700 millions d’euros d’économies annuelles pour le système de soins, dont 614 millions d’euros pour la Sécurité Sociale, grâce à l’amélioration de l’état de santé des ménages précaires vivant dans des passoires énergétiques
– 2,06 milliards d’euros d’économies annuelles sur la facture énergétique de la France à partir de 2040
– 105 TWh d’économies annuelles d’énergie primaire à partir de 2040, soit 14% de la consommation du secteur résidentiel tertiaire

Et enfin toujours selon le collectif Rénovons, une économie de 1 100 euros par an en moyenne pour les ménages concernés sur leur facture d’électricité.

6) Finance : Interdire le financement des projets fossiles

Mesures :

Gouvernement : Aucune stratégie. Le gouvernement multiplie les discours appelant la finance française à faire de Paris la capitale de la finance verte, à être plus transparente, à proposer des produits verts, et à sortir du charbon et des gaz et pétrole non conventionnels. Mais quand l’urgence climatique requiert des mesures contraignantes, le gouvernement s’en tient à ces déclarations de principe et la majorité gouvernementale, toute à l’écoute de la FBF, vote contre toute proposition visant un plus grand encadrement des activités des banques.

Notre proposition : A partir du 1er janvier 2022, interdiction pour les banques françaises de soutenir toute entreprise qui développerait de nouveaux projets de production d’énergies fossiles. L’Accord de Paris contient l’objectif d’alignement des flux financiers avec les objectifs climatiques, mais ne mentionne pas les mots “gaz, pétrole et charbon”. La production et consommation de ces derniers sont pourtant à l’origine de la majorité du réchauffement climatique anthropique et elles ne sont rendues possibles que grâce à la loyauté des institutions financières, à commencer par les banques et assureurs.

Bénéfices sur le climat :

Sans changement, les banques françaises, qui forment le 4ème plus gros secteur bancaire au monde, et autres grandes institutions financières françaises, nous emmènent vers un monde à +4°C. A l’inverse, les avantages sont évidents : un système financier plus résilient et avant tout, une accélération de la transition, des conséquences climatiques moins importantes à subir in fine et un objectif climatique respecté.

Par ailleurs, l’IAE vient de publier le mardi 18 mai 2020 un rapport où il est explicitement écrit : “si vous  investissez dans du charbon, du pétrole ou du gaz, vous le faites en sachant que c’est incompatible avec <1,5°C”. En d’autres termes, chaque nouveau soutien ou délai accordé à ces entreprises nous pousse un peu plus au-delà du seuil critique de + 1,5 °C.

Rappelons tout de même que les banques françaises ont financé à hauteur de 295 milliards de dollars les industries fossiles entre 2016 et 2020 et, cerise sur le gâteau, une hausse de 22.5% entre 2019 et 2020 (5 ans après l’Accord de Paris, il fallait oser).

7) Zéro Artificialisation Nette des sols dès 2030

Mesures :

Gouvernement : Loi Climat et résilience : diviser par deux l’artificialisation des sols d’ici 2030, pour arriver à Zéro Artificialisation Nette (ZAN) en 2050. Dérogations prévues pour les centres commerciaux de moins de 10 000 m2 (90% des nouveaux centres commerciaux) et non prise en compte des entrepôts type Amazon.

Notre proposition : Arriver à zéro artificialisation nette en 2030

Bénéfices pour le climat : 

Entre 2009 et 2017, l’équivalent de la surface des Yvelines a été artificialisé, au détriment des terres agricoles qui sont des puits de carbone et des forêts ou prairies essentielles à la biodiversité (50% des espèces et des populations disparues seraient attribuables à l’artificialisation des espaces).

Comment réussir à atteindre la Zéro Artificialisation Nette d’ici à 2030 ? En réduisant, voire en interdisant pour certaines régions, en priorité, le nombre de terrains constructibles en périphérie des villes et en zone rurale. Les logements représentent en effet 68% de l’artificialisation des sols. En 35 ans, la hausse des constructions a été deux fois plus rapide que celle de la population. Résultat : il existe 36,6 millions de logements en France pour seulement 29 millions de ménages. 

Cet objectif ne pourra être atteint, en parallèle, qu’avec une interdiction de toutes les nouvelles constructions commerciales : en priorité les centres commerciaux (même ceux de moins de 10 000 m2) et les entrepôts de type Amazon (l’entreprise prévoit de doubler le nombre d’entrepôts d’ici à 2022, passant de 11 à 22 sur le territoire). Ces deux exemples bénéficient de dérogations dans la loi Climat. 

8) Réduire les émissions de GES de l’industrie

Mesures :

Gouvernement : Plan “France Relance” du gouvernement : la mise en place de mécanismes spécifiques à la décarbonation de l’industrie, dotés de 1,2 Md€ sur la période 2020-2022.

Notre proposition : Instaurer une taxe uniforme sur les secteurs les plus polluants, en complément du prix du quota acheté sur le marché européen, de façon à ce que le prix complet du carbone soit de 60€/tCO2. À ajouter aux 1 000 installations françaises concernées par le SEQE, les secteurs de l’aviation, du fret maritime et de l’agriculture (non concernés par le SEQE).

Bénéfices pour le climat :

Le Royaume-Uni l’a fait dès 2013 pour le secteur de l’énergie avec un résultat plus que probant : en se dotant d’un marché du carbone intérieur et en relevant le taux effectif pour l’électricité de 7 euros la tonne en 2012 à plus de 36 euros en 2018, la part du charbon est passée de 40 % du mix énergétique en 2012 à 0% en 2020. Les émissions du secteur de l’énergie ont ainsi chuté de 73 % en à peine 8 ans.

Pourquoi 60€/tCO2 ? Selon une étude de l’OCDE de 2021, il s’agit du prix plancher qui doit être atteint en 2030 pour viser la neutralité carbone à horizon 2050. Il s’agit d’une hausse de 5€ pour les sites déjà concernés par le SEQE, la tonne étant à 55€ mi-mai 2021. 

Toujours selon l’OCDE, une hausse de 10 euros du prix de la tonne de CO2 peut entraîner une diminution de 7,3 % des émissions. Émettre un signal prix ambitieux pour le carbone, c’est assurer une baisse des émissions de GES rapide et une transformation des industries les plus polluantes vers des manières de produire moins énergivores et forcément plus décarbonées.

9) Réduire l’épandage d’engrais azotés minéraux

Mesures :

Gouvernement :  «Il est envisagé de mettre en place une redevance sur les engrais azotés minéraux dès lors que les objectifs annuels de réduction de ces émissions ne seraient pas atteints pendant deux années consécutives et sous réserve de l’absence de dispositions équivalentes dans le droit de l’Union. »

Notre proposition : reprise de la proposition de la Cour des Comptes, de l’OCDE, de la DG Trésor, du CESE, du CNTE, de France Stratégie et dernièrement de la CCC, d’instaurer une redevance sur l’utilisation d’engrais azotés minéraux. 

Bénéfices pour le climat : 

L’azote est essentiel à la culture des plantes. Il est présent naturellement dans l’air et dans le sol. Sans azote, c’est simple, une plante ne peut, ni grandir, ni résister aux maladies. 

Cette proposition ne vise pas à éradiquer son utilisation. Une étude de l’INRAE de mai 2021 démontre qu’au maximum, le bio pourra représenter 60% des cultures dans le monde. Au vu de la disponibilité de l’azote naturel et pour éviter une mise en culture de nouvelles terres (ce qui entraînera plus de déforestation), l’azote reste indispensable à hauteur de 40% pour l’équipe de chercheurs. Cette proposition vise donc à réduire l’utilisation des engrais azotés chimiques ou minéraux.

En Europe, selon l’INRA, l’apport d’azote sur les terres agricoles est ainsi partagé : 
– la fertilisation azotée chimique ou minérale représente les deux tiers 
– les effluents d’élevage (engrais organique, comme le fumier ou le lisier un peu plus du quart 
– et le solde provient de la fixation symbiotique des légumineuses.

En France, la quantité d’azote apportée par hectare est passée de 81,6 kg à 86,9 kg entre 2007 et 2018 en France, alors que la première Stratégie Nationale Bas Carbone requérait une réduction de 30 kg d’engrais synthétiques par hectare sur les terres agricoles entre 2010 et 2035. Aussi, cette hausse se concentre dans certains territoires, qui, souvent, accueillent des modes d’élevages intensifs tout aussi néfastes pour l’environnement. Selon l’INRA : « l’épandage des effluents et les pertes gazeuses d’azote y dépassent souvent les capacités locales de recyclage par les plantes. Alors, de facteur limitant de la production, l’azote utilisable, dit réactif (essentiellement azote nitrique et ammoniacal) devient abondant et émis en excès dans l’environnement. »  

Résultat, on observe un dérèglement du cycle naturel de l’azote, une pollution de l’eau pour près de 10 millions d’européens, des épisodes de pollution de l’air, des émissions de GES qui baissent beaucoup moins rapidement que d’autres industries et des phénomènes très visibles comme les algues vertes sur les côtes bretonnes. 

Notre proposition s’appuie sur le principe du « pollueur-payeur » : plus un agriculteur utilise des engrais azotés, plus il est taxé. Résultat : à un certain prix, il sera contre-productif de les utiliser autant. Et cette mesure, nous ne sommes pas les seuls à la demander. En 2011, l’évaluation européenne de l’azote (ENA) estimait que la pollution à l’azote coûterait entre 70 et 320 milliards d’euros par an, « soit plus du double des bénéfices résultant de l’utilisation de l’azote dans l’agriculture européenne ». La Cour des comptes va dans ce sens, dans un rapport sur la pollution de l’air de septembre 2020, en recommandant « des prélèvements fiscaux sur les engrais azotés » à partir de 2025 afin de réduire les émissions d’ammoniac et l’interdiction les techniques d’épandage les plus émissives. Une idée expérimentée avec succès en Suède, sur les recommandations de l’OCDE dès les années… 1990.

Réduire l’utilisation d’engrais azotés, c’est se donner les moyens de retrouver une diversité des cultures et d’avoir le retour des légumineuses dans les champs français ! Selon l’Ademe, en 40 ans, les surfaces dédiées aux légumineuses ont, en France, été divisées par sept. Un choix qui paraît aujourd’hui difficile à comprendre. Les légumineuses sont capables de capter l’azote de l’air, ne nécessitent aucun apport d’azote minéral et en restituent aux cultures suivantes ou associées. Elles ont ainsi un rôle central dans l’atténuation des émissions de gaz à effet de serre de l’agriculture.

Enfin, cette mesure ne peut être la seule pour réduire les émissions de GES et les pollutions de l’air dues à l’agriculture. Elle doit s’accompagner d’efforts supplémentaires qui concernent les consommateurs, l’Etat et les agriculteurs : 
– réduire le gaspillage alimentaire
– introduire des pratiques respectueuses du sol pour le rendre plus fertile et plus performant pour stocker du carbone (moins de labour, un couvert végétal, l’apport de bio-déchets et de sortie d’animaux de fermes locales)
– introduire des légumineuses dans les rotations pour fertiliser le sol 
– rémunérer les agriculteurs pour les services environnementaux rendus 
– développer l’agroforesterie et réintroduire des haies entre les cultures, entre les vignes pour plus de biodiversité

10) Numérique : allonger la durée de vie des appareils numériques

Mesures : 

Gouvernement : pas de proposition

Notre proposition : 

Proposition du Sénat : baisse à 5,5% de la TVA sur les appareils reconditionnés

– Interdire les offres des opérateurs qui proposent des téléphones à 1 euro, comme il est prévu dans la feuille de route du numérique du gouvernement de février 2021.

Bénéfices pour le climat : 

80% de l’impact environnemental du numérique en France est dû aux émissions de GES réalisées à l’étranger, puisqu’il pèse sur le cycle de vie des terminaux. Les smartphones et les ordinateurs ont parcouru des milliers de kilomètres et ont connu un chaîne de fabrication qui « carbure aux énergies fossiles » : l’extraction minière de composants (dont les plus connus sont les métaux rares), l’assemblage du produit fini à des milliers de kilomètres et leur transport vers le lieu de vente. La fabrication d’un ordinateur portable de 2 kg émet 103 kg de CO2, sur les 156 kg émis sur l’ensemble de son cycle de vie selon l’Ademe.

Notre proposition s’appuie sur le rapport du Sénat, qui prône ainsi un allongement de la durée de vie des appareils. En clair, plus un appareil dure, plus l’impact environnemental du numérique sera réduit.

Autre bénéfice : 

Une solution pour deux bénéfices. Un bénéfice environnemental, donc, mais aussi économique, « puisqu’ encourager le commerce circulaire peut favoriser la création durable d’emplois non délocalisables et implantés dans les territoires » selon les conclusions de l’étude. Une filière estimée à 500 millions d’euros et qui crée des emplois locaux. 

A l’origine de ce document : Mathieu Brand et Thomas Wagner. Merci aux relecteurs pour leur avis toujours précieux.

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Commentaires

23 Comments

  1. Julian 31 mai 2021

    Merci pour cet article très intéressant Bon Pote!

    Est-ce que tu sais si quelqu’un a fait une mesure théorique de l’impact théorique de la loi climat votée vs ce que proposait la convention citoyenne? En gros pour savoir si avec les mesures prises par le gouvernement, on est a 10%, 50% ou 80% d’efficacité vs ce que la convention citoyenne voulait faire.

    Par avance, merci!

    Répondre
  2. Pika2503 23 mai 2021

    Concernant les menus végétariens Je suis moyennement d’accord, il serait plutôt préférable d’avoir un menu sans gaspillage comme l’on dit dans cette vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=sGG-A80Tl5g

    Après cela ne remet pas en question le fait qu’il faut remettre en question notre trop gros appétit… Mais quand même concernant la viande, je suis confus. Ce n’est pas une vidéo isolée, il y en a plein qui en parle tandis qu’on continue à dire “Manger trop de viande c’est mal!”…

    Répondre
    1. John 24 mai 2021

      Attention de vérifier la solidité de ce genre de vidéos. Le nombre de vues et la quantité de vidéos n’est en aucun cas gage de validité…
      Si tu veux un débunking de cette vidéo qui a buzzé avec des sources et des arguments beaucoup plus solides: https://www.youtube.com/watch?v=DkMOQ9X76UU
      Le gaspillage alimentaire est certes un gros problème mais à part ça il faut faire attention. La science est très claire, seulement de la même façon que de grandes industries (automobile, énergie fossile, tabac, etc.) ont fait du lobbying dans le passé pour se protéger, aujourd’hui c’est exactement le même genre de manipulation et propagande.
      Malheureusement c’est aujourd’hui très facile de faire croire aux gens n’importe quoi parce que quelques minutes de vidéos youtube bien faite par n’importe qui sont mis au même niveau de sérieux que des années de recherche publique. Je sais que c’est un exercice difficile surtout pour ceux qui n’ont jamais fait de recherche scientifique ou de journalisme, mais quand sur un sujet tout est dit et son contraire le meilleur moyen de savoir qui dit vrai c’est de remonter aux sources.
      Donc oui il y a un consensus scientifique sur le fait que manger trop de viande (surtout le boeuf et la charcuterie) c’est mauvais pour la santé et mauvais pour la planète. Tu es libre de dire que ça t’es égal ou de dire que c’est une conspiration des extrêmistes végans, mais ça change pas les faits 😉

      Répondre
  3. John 23 mai 2021

    Je suis d’accord qu’il faut faire beaucoup plus. Mais je pense qu’il faut aussi faire mieux dans la forme. Je m’explique.
    Si tu regardes cette liste il n’y a que des interdictions, des obligations et des taxes. La seule qui est positive c’est la dernière sur la baisse de TVA sur l’électronique reconditionné.
    Je suis pas du tout contre tout ça mais il faut voir que vous et moi sommes très peu impactés par ces propositions donc c’est un peu hypocrite et ça renforce l’idée que la lutte contre le réchauffement climate c’est forcément punitif et ça oppose les gens.
    Je n’ai pas la solution miracle mais je pense qu’il faut continuer d’embarquer les gens et de construire le momentum. Quand ton enfant veut pas prendre son médicament tu le dilues dans un peu de jus d’orange, tu lui expliques pourquoi c’est important pour lui, et tu prends ton médicament aussi.
    Tout ça pour dire que je pense que ces propositions passerait plus facilement si il y avait (1) des trucs positifs (par exemple pour l’emploi: https://www.emploivertpourtous.fr/ mais c’est juste un parmi bcp d’autres) (2) de la justice sociale (aucune des propositions ne fait vraiment contribuer les “riches” — dont je fais partie) (3) de l’éducation (pour les enfants mais aussi pour les adultes — ça n’a pas d’impact court terme mais sur le long terme ça payera — par exemple tu fais une liste de formations e.g. fresque du climat et tout le monde doit en faire une dans l’année).

    Répondre
    1. Bon Pote 23 mai 2021

      Je vous rejoins totalement sur les points. En revanche nous avons détaillé les mesures et dans les chiffres vous retrouverez des chiffres sur l’emploi.
      Et bien sûr, 10 mesures, c’est très insuffisant, juste un début. Le jour où on me laisse un an pour réfléchir à un programme et que je suis payé pour, le travail sera fait !

      Répondre
  4. Cyrille 20 mai 2021

    Une pensée pour le monde (très) rural :

    Point 1 : il va falloir installer des bornes de recharges partout. Et si c’est comme pour les télécoms, c’est pas gagné. On pourrait peut-être commencer par interdire les charrettes de plus de 500 kg et toutes leurs fioritures en équipements,

    Point 5 : attention au dogme de l’isolation. L’Allemagne a dépensé 340 millions d’euros en 10 ans en rénovation énergétique pour un résultat égal à zéro, sauf pour les loyers qui ont augmenté (*). Surtout, retour au monde rural, je ne vois pas comment on peut transformer une maison en pierre ou en pisé en maison moderne BBC. Par ailleurs, pour rejoindre les points 7 et 10, une maison en pierre de 200 ans, devrait toujours être debout dans 200 ans. Pas sûr qu’on pourra en dire autant de la maison BBC.

    (*) https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/10/04/en-allemagne-les-renovations-energetiques-des-batiments-n-ont-pas-fait-baisser-la-consommation_6054715_3234.html

    Répondre
    1. Justin 20 mai 2021

      Pour la rénovation énergétique en Allemagne, le rapport a été fait par des pro de l’immobilier (30% du total des locations en allemagne) qui ont intérêt à dire que ça ne sert à rien car ça leur coute cher…
      GdW = Bundesverband deutscher Wohnungs-und Immobilienunternehmen
      https://en.wikipedia.org/wiki/GdW_Bundesverband_deutscher_Wohnungs-_und_Immobilienunternehmen

      Après, ce n’est pas forcément faux mais c’est à prendre avec des pincettes et bien regarder le détail du rapport (ce que je n’ai pas fait)

      Répondre
      1. Cyrille 21 mai 2021

        Entre les subventions et l’augmentation des loyers, je ne suis pas certain que les pros de l’immobilier aient été bien perdants… Ce que je dis c’est qu’un projet d’isolation ne devrait jamais être un but (uniformisé) en soit mais plutôt dépendre de plusieurs facteurs et objectifs : le type de bâtiment, d’isolant, l’energie utilisée (fioul, gaz, electricité) et les économies visées (sur le CO2, la facture ou les deux en même temps). Bref, ca ne peut pas être un truc normé pareil pour tous.

        Répondre
  5. Maxime Auriau 20 mai 2021

    Il faudrait du soutien sur 4p1000, on en parle pas assez de cette initiative.
    https://4p1000.org/fr

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  6. Benjamin 20 mai 2021

    Une mesure sans effet direct mais qui pourrait tout débloquer : former l’ensemble de la population (collégiens, lycéens, étudiants, salariés, fonctionnaires, indépendants, élus, chefs d’entreprises, chômeurs, retraités…) aux enjeux du climat et de l’énergie. Cela a bien fonctionné sur les 150 citoyens de la convention.

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    1. Bon Pote 20 mai 2021

      Je ne demande que ça, depuis deux ans…

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      1. Justin 20 mai 2021

        Les livres d’école pour collégiens sont déjà blindés de bétises écolos: le nucléaire, c’est mal, les OGM c’est mal, les pesticides, c’est mal et la permaculture va nous sauver… je ne suis pas certain que ça aille dans le bon sens…

        Répondre
  7. Justin 20 mai 2021

    1) Il n’y aura pas assez de voiture élec pour 2030…
    il serait donc nécessaire déjà et d’ici 2030 d’avoir toutes les routes de France soit réservées au vélo soit avec au minimum une file réservé aux vélo (avec protection physique et pas seulement un coup de peinture…)
    Et pourquoi ne pas faire aussi interdiction des véhicules de plus de 800kg (élec ET thermiques)?

    2)3) Comme pour les navires: imposition du GNL en remplacement du fioul, pourquoi ne pas limiter les aéroports aux avions à hélice qui consomment moins?

    4) 2 choix de repas = 2 x plus de gâchis pour moi…
    De plus, une citoyenne de la CCC qui travaille dans les écoles disaient que les enfants ne touchaient pas aux plats “végétariens” (végan dans la réalité) et que tout partait à la poubelle…
    L’agriculture ne consomme pas d’eau (de pluie)… est ce qu’une route ou le toit d’une maison consomme de l’eau de pluie? non! l’agriculture non plus!
    Les barrages hydro “consomme” aussi de l’eau? Pourtant c’est le meilleur moyen de stockage d’électricité et se sera indispensable pour irriguer les champs surtout si on interdit toujours les OGMs…
    Le soja importé ne fait que 5% de la nourriture des animaux français… Le soja au Brésil a un rendement au moins 4x meilleur qu’en europe… le remplacer par un soja européen, c’est avoir 4x de surfaces en europe dédiées au soja qu’il n’y en a au Brésil et c’est pas bon pour la planète.
    Greenpeace n’est pas une source fiable…

    5) La propriété privée étant un droit inaliénable, on ne peut pas contraindre qui que ce soit à faire quelque chose chez lui, c’est anti constitutionnel…
    Il faut juste offrir la rénovation énergétique dans un premier temps.
    Si les propriétaire ne veulent pas ou ne peuvent pas faire de travaux, il faudra construire de nouveaux logements et c’est contradictoire avec l’objectif zéro artificialisation des sols.

    7) un gros entrepot prend moins de place que plusieurs petits. Tu doubles la surface tu multiplie par racine de 2 (= 1,4) le besoin en matériaux (10 voitures, c’est moins bien qu’un bus pourtant ça transporte autant de personnes)… bref ce n’est pas bon pour la planète…

    9) le bio pourra représenter 60% des cultures… mais combien du % de nourriture produite? 10%? Il faudra en raser des forêts pour avoir 60% de bio… pas sûr que le climat ni la biodiversité aiment ça!!!Et il en faudra de l’élevage (et donc du soja et don cde la déforestation et…) pour produire assez de fumier pour tout fertiliser… le tout au dépend de la forêt, du climat et de la biodiversité!

    Répondre
  8. lepartisan 20 mai 2021

    C’est bien timide au point 5, les passoires thermiques, cette mesure est très importante en terme d’impact carbone, donner 20 ans aux bailleurs et proprios pour colmater les passoiress dans le parc immobilier existant est un délai beaucoup trop long !

    Par ailleurs l’Association Negawatt soutiens que l’on peut atteindre 55 % de réduction de gaz à effet de serre en 2030 :

    https://negawatt.org/Objectif-55-de-reduction-de-gaz-a-effet-de-serre-en-2030

    M’enfin bon, quelles que soient les options débattues, la pré-condition numéro un à tout çà est de battre Macron et Lapen l’an prochain, de toute façons…

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    1. Justin 20 mai 2021

      L’assos négawatt veut aussi qu’on utilise 55% de la surface agricole française en cultures “énergétiques”, c’est à dire à brûler (en produisant du CO2 donc) pour faire de l’électricité “verte” ou à transformer en biocarburant qui n’ont de “bio” que le nom…
      et ce ne sera pas en “bio” les cultures énergétiques….

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      1. lepartisan 20 mai 2021

        D’où sortez-vous ces allégations ? Dans le scénario Negawatt 2017-2050, sont qualifiées de ressources en biomasse-énergie, principalement les sous-produits de la production agricole (paille, résidus de culture, déjections d’élevage, biodéchets…) :

        ” La biomasse énergie Afterres2050 pose comme principe de ne pas dédier de terres à la seule production d’énergie. La biomasse utilisée pour l’énergie provient essentiellement de matières dérivées d’autres usages, dans une logique de priorité des fonctions. Pour le bois, il s’agit principalement de productions liées à du bois utilisé comme matériau (construction et industrie, dont les nouveaux usages de matériaux biosourcés en substitution aux hydrocarbures)et aux opérations de sylviculture permettant d’assurer une meilleure adaptation de la forêt au changement climatique; de sous-produits générés à chaque stade de transformation et de consommation de produits à base de bois; et de la valorisation des arbres «hors forêt», notamment de l’agroforesterie.Le biogaz est produit également à partir de résidus de cultures, de déjections d’élevage, de biodéchets, et de couverts végétaux. Ces derniers assurent des fonctions agroécologiques et sont généralisés sur la quasi totalité des terres arables en 2050. Les installations de méthanisation jouent également un rôle clé dans la transition agroécologique, notamment dans la substitution de l’azote de synthèse (actuellement produit à partir de gaz naturel) par de l’azote d’origine biologique. Elles constituent aussi une source de gaz carbonique indispensable à la filière méthanation.
        La production de biocarburants de 1ère génération est fortement réduite et se limite aux besoins de production de tourteaux, co-produits des biocarburants utilisés en alimentation animale, en substitution des importations de soja. La production d’algues à des fins alimentaires génère également des co-produits pouvant être source d’énergie (huile, alcool, biogaz).Le scénario négaWatt 2017 prévoit une production de biocarburants 2nde génération à partir de matériaux ligno-cellulosiques (paille, bois) pour les usages qui semblent difficilement pouvoir être assurés par le gaz et l’électricité et nécessitent des carburants liquides, comme l’aviation. Il existe désormais plusieurs technologies que l’on peut considérer comme matures sur le plan technologique. Leur complexité et leur coût les réservent à des usages particuliers et limités en volume”

        Scénario négaWatt 2017-2050 – pp.25-26 https://negawatt.org/IMG/pdf/synthese_scenario-negawatt_2017-2050.pdf

        Répondre
        1. Justin 20 mai 2021

          Tiens, votre lien pointe vers le rapport de 2017… le rapport 2020 est ici: https://www.negawatt.org/55-d-emissions-de-GES-en-France-d-ici-2030-c-est-possible
          Page 11/15 : 13,7 millions d’hectares pour les surfaces de culture intermédiaires à vocation énergétiques + 1,7 en biocarburant pour ~26 millions d’hectares au total soit 55% de la SAU Française…
          Et pour info, dans les cultures intermédaires à vocation énergétiques , on y trouve entre autres la luzerne, le colza, le sarasin, le tournesol,… c’est donc à rajouter à ce qu’on cultive déjà pour se nourrir… quand je vois que ça gueule déjà contre le colza et le tournesol…

          Negawatt a laché une perle aussi ce mois ci: Avec le réchauffement climatique les rendements agricoles vont augmenter…

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  9. Jocelyne 20 mai 2021

    C’est bien faible comme exigences! Vousvoulez sauver le mandat d Emmanuel Macron?

    Répondre
    1. Jocelyne 21 mai 2021

      Il y a de grandes avancées,
      https://www.lagazettedescommunes.com/725774/dans-les-cantines-loption-dun-repas-vegetarien-par-jour-fait-son-chemin/
      A lire dans l’article,l’etude de AVF et Greenpeace
      “Option vegetarienne dans les cantines,la realité de terrain”

      Répondre
  10. Marc 20 mai 2021

    Tu as des enfants? Que crois-tu qu’il se passe quand tu remplaces un steak haché par des lentilles/riz à la cantine?
    Je te provoque, mais c’est très compliqué dans un contexte de restauration collective, avec la qualité que l’on connait, de modifier les habitudes alimentaires des enfants. Il y aura beaucoup de nourriture jetée et une hausse de la consommation de pain.
    Si tu découvres une étude sérieuse sur le sujet, je suis preneur.

    Répondre
    1. Jocelyne 21 mai 2021

      Ma reponse est passee au-dessus…
      Serait il possible de rendre l’ecriture des posts pus contrastee ?

      Répondre
    2. Jocelyne 21 mai 2021

      2eme reponse”suite
      La loi Egalim prevoit deja 1 repas vegetzrien/semzine …
      Il serzit interessant ,en plus de surtout avoir le choix quotidien.

      https://agriculture.gouv.fr/les-mesures-de-la-loi-egalim-concernant-la-restauration-collective

      Répondre
    3. John 23 mai 2021

      C’est tellement caricaturalle comme vision… Pour toi un repas végétarien c’est remplacer un morceau de viande par des lentilles ou du riz? La culture de la viande est tellement ancrée en France c’est fou.
      D’autre part l’alimentation c’est une habitude donc tu peux pas tout changer du jour au lendemain à moins d’avoir une prise de conscience intense.
      Donc tu as deux solutions: (a) tu montres aux gens la réalité (reportages Cowspiracy, Earthlings, enquête L214, etc.) et crois moi leur steak haché ils vont vite plus y toucher (b) tu augmentes l’offre en végétarien et petit à petit tu éduques les gens sur les nombreux avantages.
      Personellement je suis passé par l’option (1) il y a 2 ans. Pour mes enfants c’est plutôt l’option (2) et maintenant ils ont plutôt tendance à jeter leur steak haché que leurs légumes.
      La vérité c’est que les gens se cherchent des excuses parce que si tes enfants sont végétariens, tu te sens moralement obligé de remettre en question tes propres choix d’adulte.

      Répondre

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