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Nantes est « une favela », pour Cyril Hanouna. « Peur sur la ville » se lâche Pascal Praud. « Nantes, territoire perdu de la République », ose Valeurs actuelles. Depuis au moins 2022, la ville est visée par une campagne de désinformation. Elle dépeint une métropole sombrant dans la violence à cause de l’immigration et du prétendu laxisme de la municipalité.
Ces affirmations, notre enquête le montre, sont contredites par toutes les statistiques disponibles. D’où vient la peur, si ce n’est pas de faits concrets ?
Notre enquête dévoile comment des acteurs de la désinformation d’extrême droite, soutenus par des responsables politiques de la droite locale, ont martelé des mensonges souvent outranciers (Pascal Praud, fâché de voir une mère Noël féministe installée à Nantes par un artiste, a même affirmé que « le Père Noël est mort à Nantes ») jusqu’à créer un sentiment d’insécurité à Nantes et jusqu’à nuire à la réputation de la ville à l’échelle nationale.
Cette opération a pris la forme d’une campagne de faux militantisme, à savoir la création d’un groupe Facebook prétendument citoyen et féministe servant dans les faits souvent à renforcer un narratif anxiogène et parfois à faire la propagande électorale de la droite locale. Ce groupe Facebook est aujourd’hui modéré par une personne ouvertement islamophobe et animée par une véritable haine des étrangers. De nombreux posts y sont suivis de commentaires racistes.
D’où vient le sentiment d’insécurité ?
Le sentiment d’insécurité est une inquiétude face à un danger potentiel mais pas forcément réel, rappelait cet article de Mathieu Brand pour Bon Pote.
Cette précision n’est pas une astuce rhétorique ou une façon d’alimenter le déni. En effet, l’écart entre le sentiment et la réalité fait l’objet de mesures.
Le baromètre 2024 du CEVIPOF souligne par exemple qu’en France l’augmentation de ce sentiment d’insécurité est très liée à la peur des étrangers et de l’immigration. C’est beaucoup plus vrai dans notre pays que dans d’autres. Certains médias alimentent ces peurs. À Nantes, ils ne s’en sont pas privés.
Comment évolue la violence physique en France ?
Contrairement au récit d’un « ensauvagement » généralisé, la violence baisse en France depuis plusieurs décennies, en particulier les homicides qui sont quatre fois moins nombreux que dans les années 1960. A plus court terme, selon le Ministère de l’Intérieur, les violences physiques ont été stables en 2024.
Se pencher sur ces dernières permet de constater qu’elles ne correspondent pas du tout aux récits médiatiques et politiques sur l’insécurité qui évoquent principalement des agressions par des inconnus sur l’espace public. Quatre faits et statistiques majeurs mais trop méconnus le montrent :
- Plus de la moitié des violences physiques enregistrées sont commises dans le cadre intrafamilial.
- L’observatoire des violences faites aux femmes en Loire-Atlantique détaille dans son dernier rapport combien les violences conjugales sont la première menace pour les femmes dans le département.
- Les violences sexuelles sont commises à 90% par les proches et des connaissances des victimes. Les conjoints et ex-conjoints représentent presque la moitié des auteurs.
- L’immigration n’a pas d’impact sur la délinquance. « Si la surreprésentation quasi-mécanique des immigrés dans les statistiques et les biais médiatiques peuvent créer l’illusion d’une relation entre immigration et délinquance, les études (…) concluent unanimement à l’absence d’impact de l’immigration sur la délinquance. » nous dit une étude du Cepii (Centre d’études prospectives et d’informations internationales). En France, les personnes nées à létranger et jugées en France le sont le plus souvent pour des vols simples, des légères atteintes aux biens et, naturellement, pour des infractions liées à leur situation irrégulière. A l’inverse, elles sont peu condamnées en France pour des infractions à caractère sexuel.

Les violences ont-elles augmenté à Nantes ?
Le mensonge a été tellement martelé que l’information qui va suivre va beaucoup vous surprendre. Statistiquement, les violences physiques sont même moins fréquentes que dans la plupart des grandes métropoles françaises. Et Nantes est plus sûre encore en 2024 qu’elle ne l’était en 2019 sur presque tous les indicateurs. Deux sources basées sur les chiffres du ministère de l’Intérieur le confirment.
La première, c’est un organisme de mesure de la « tranquillité publique » créé par Nantes métropole et appelé Conseil intercommunal de sécurité et de prévention de la délinquance (CISPD).
Ses résultats, pour l’année 2023 : Nantes est parmi les 23 métropoles du pays celle où le taux de violences volontaires est le plus faible (4,5 pour 1 000 habitants contre 5,8 ailleurs). Le nombre de violences sexuelles se situe également dans la moyenne basse à l’échelle nationale (1,7 fait pour 1.000 habitants).
La seconde source (et c’est ironique vu ce que dévoile notre enquête) est Le Figaro.
Le journal a publié fin janvier 2026 une étude portant sur 89 communes de plus de 25 000 habitants. Ces villes ont été classées en fonction du nombre de faits violents répertoriés entre 2019 et 2024. Résumons : Nantes faisait déjà mieux ou aussi bien que beaucoup d’autres métropoles en 2019. Depuis, la situation n’a fait que s’améliorer.

Nantes améliore son classement de 18 places sur 82 en terme des cambriolages, de 21 places en terme de violences sexuelles, de 32 places en terme des violences physiques hors cadre familial et de 14 places au classements des vols violents. Elle régresse de 8 places au sujet des vols de véhicules.
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Comment ont été diffusés les rumeurs et mensonges au sujet de la sécurité à Nantes
Les Nantais et Nantaises entendent sans cesse cette phrase au sujet de leur ville : « Il paraît que ça craint chez vous, non ? ».

CNews et Pascal Praud, fers de lance de la stigmatisation nantaise
Ces questions ne doivent rien au hasard : elles sont le fruit d’une campagne de désinformation menée par les sphères d’extrême droite. Un phénomène particulièrement manifeste depuis 2022. La chaîne d’extrême droite CNews a joué un rôle majeur en la matière. C’est là où officie Pascal Praud, ex-figure nantaise controversée (notamment pour ce reportage empreint de racisme dont il est l’auteur et au cours duquel des personnes racisées étaient représentées en train de descendre d’un arbre) devenue ensuite figure de proue du système Bolloré. Une étude du média d’investigation Médiacités menée en 2024 et basée sur des données de l’Ina montre que la maire de Nantes, Johanna Rolland, est devenue entre 2022 et 2023 un sujet récurrent de la chaîne CNews (ce qui n’est pas le cas chez ses concurrentes).

Le matraquage, déjà intense, s’est emballé après le 24 septembre 2022, à la suite d’un fait divers sordide : un viol collectif dont sont accusés plusieurs homme d’origine soudanaise. L’emballement a été si intense que même la victime a appelé à ce que cessent les récupérations politiciennes. En vain.
« Il n’est plus possible de sortir le soir dans cette ville, hier tranquille, sans risquer d’être agressé », avançait le 27 septembre 2022 Pascal Praud sur CNews.
« À la rue, les migrants, majoritairement masculins, sont livrés à eux-mêmes. Drogue, agressions sexuelles, tout explose. (…) Chaque jour, ces nouveaux délinquants traînent et nourrissent les faits divers.» Le 28 septembre 2022, Guillaume Richard, élu d’opposition (ex-LR, aujourd’hui Horizons) à Nantes, fait un lien entre l’immigration à Nantes et la délinquance. Il publie cette tribune dans le Figaro Vox, site d’opinion décrit comme le moteur de la radicalisation d’extrême droite de toute une génération de journalistes et essayistes.
Cet élu et auteur de cette tribune est proche de l’homme d’affaires Charles Beigbeder (financeur du média d’extrême droite L’Incorrect, connu pour défendre de longue date la convergence idéologique entre droite et extrême droite). Il est aujourd’hui en troisième position sur la liste Union de la droite et du centre du candidat Foulques Chombart de Lauwe pour la mairie de Nantes. Vous verrez le nom de Guillaume Richard cité à plusieurs reprises dans notre enquête. Contacté depuis plusieurs semaines, il n’a pas répondu à nos sollicitations.

Militants et candidats : les vrais visages des “Nantais” de Morandini
Le 29 septembre 2022, la ville vit une séquence hallucinante. L’animateur Jean-Marc Morandini, déjà mis en examen pour harcèlement sexuel et pour corruption de mineur (il a été doublement condamné depuis), se rend à Nantes pour aborder en direct le sujet de la hausse de l’insécurité. Nous avons revu toute l’émission. Alors qu’il affirme partir « à la rencontre des Nantais », il échange en réalité principalement avec des personnalités de la droite et de l’extrême droite locale. On y retrouve un membre du syndicat étudiant l’UNI (dont les accointances avec l’extrême droite néonazie locale ont été récemment pointées du doigt par Streetpress), une certaine Olivia, restauratrice, aujourd’hui également sur la liste menée par Foulques Chombart de Lauwe (Union de la droite et du centre), mais aussi la sénatrice Laurence Garnier… elle aussi sur cette même liste, en sixième place.
Tout au long de l’émission, il est répété que l’insécurité augmente spécifiquement à Nantes et que l’immigration est l’une des causes de ce phénomène. Quelques jours plus tard, Valeurs actuelles se demandera à son tour si Nantes « est la ville la plus dangereuse de France » et menacera la maire Johanna Rolland : « Les Nantais de souche ne vous laisseront pas détruire leur fief ».

À cette période, selon Médiacités, une centaine de sujets seront réalisés sur l’insécurité dans la ville, tout type de médias confondus. Les recherches Google « Nantes insécurité » vont être multipliées par dix entre septembre et octobre 2022. Le Nantes-bashing est en train de payer, le pays entier intègre petit à petit à tort que Nantes est devenu un coupe-gorge.
Un défilé de personnalités sulfureuses venues dénoncer l’insécurité
Depuis lors, plusieurs séquences similaires ont été organisées par des médias d’extrême droite. En 2023, l’élu d’opposition Guillaume Richard passe sur Sud Radio, radio d’extrême droite, pour dénoncer l’insécurité et affirme un lien avec l’immigration. Foulques Chombart de Lauwe interviendra sur CNews à plusieurs reprises pour dénoncer l’insécurité. Fin 2024, Cyril Hanouna assure sur TPMP que : « Les gens ne sortent plus le soir à Nantes. Nantes c’est les favelas, Nantes c’est les quartiers les plus dangereux du Brésil. La situation s’est dégradée à une vitesse incroyable ». Nantes a ensuite été érigée par Pascal Praud en symbole d’un changement démographique de la France (en août 2025 sur CNews) ou en symbole de la fin du respect de l’autorité (en septembre 2025 sur Europe 1).
Le 1er mars 2026, c’était au tour du Figaro (pourtant diffuseur du classement cité précédemment confirmant que l’insécurité baisse à Nantes), de publier un long article listant des habitants et habitantes disant « fuir l’enfer qu’est devenu Nantes ». Vincent Lapierre, ancien collaborateur du site Egalité et Réconciliation (fondée par l’essayiste antisémite récemment condamné pour incitation à la haine raciale Alain Soral), est venu à deux reprises faire des micro-trottoirs dénonçant l’insécurité à Nantes, engrangeant des centaines de milliers de vues.
L’« influenceur d’extrême droite » Tony Pittaro l’a imité, conviant deux membres de l’UNI, dont Max Rivet, depuis choisi (malgré sa proximité avec l’extrême droite) sur la liste de Foulques Chombart de Lauwe. Ce 28 février, c’était le député et porte-parole du Rassemblement National (un parti notoirement opposé aux droits des femmes) Julien Odoul – condamné à 8 mois de prison avec sursis dans l’affaire de suspicion d’emplois fictifs du Front National au Parlement Européen (il a fait appel et exprimé ses regrets) – qui est venu à son tour dénoncer l’insécurité à Nantes. Difficile de ne pas s’étonner de voir autant d’hommes condamnés venir dénoncer l’insécurité à Nantes, leur seul présence sur le territoire augmentant de fait les statistiques de la délinquance dans la ville.
Cette opération de communication ne s’est pas arrêté là, et a pris une forme inattendue : celle d’un prétendu collectif féministe.
Derrière la « Sécurité Rose », la fabrique numérique d’une peur électorale.
Avec près de 15 000 abonnés, le groupe Facebook «La sécurité rose à Nantes » s’est imposé comme une caisse de résonance importante du sentiment d’insécurité local. Derrière sa façade apolitique, nos recherches révèlent pourtant un système très orienté.
Créé en 2019, il a à l’origine été présenté comme une initiative personnelle et citoyenne en faveur des femmes. Sa créatrice a finalement révélé quelques semaines plus tard rejoindre la liste menée par la candidate républicaine Laurence Garnier pour les élections municipales de 2020. Aujourd’hui, le groupe Facebook est modéré par une personne surnommée « Vico Nantes ». Une simple recherche montre son obsession islamophobe extrêmement violente.


Cette personne fait sur ce groupe et par ailleurs la promotion de Foulques Chombart de Lauwe sur les réseaux sociaux, ce qui lui vaut d’être liké par le candidat.


Sur le groupe La Sécurité Rose, la plupart des publications de Vico Nantes et des autres membres actifs dénoncent une prétendue insécurité galopante à Nantes. Sous ces posts, on trouve de nombreux commentaires racistes.



Sont postées aussi bon nombre de Fake news, comme un classement absurde présentant Nantes comme l’une des villes les plus dangereuses d’Europe.
La tribune de Guillaume Richard publiée dans le Figaro Vox en 2022 a été republiée et épinglée récemment comme contenu “à la une” de la page. Ce dernier, poste sur cette page depuis 2019 et continue d’y diffuser sa propagande électorale. Contacté pour savoir s’il ne considère pas s’il ne devrait en tant qu’élu, faire usage de l’article 40 et dénoncer ces commentaires racistes au Procureur, ce dernier n’a pas répondu.


Une autre question. Si ce groupe se préoccupe vraiment de la sécurité des femmes, pourquoi n’y trouve-t-on aucune mention :
- De la suppression brutale par la présidente (Les Républicains) de la Région Pays de la Loire, Christelle Morançais, des subventions aux associations d’aides aux femmes et aux familles, dont le planning familial mais aussi le Centre d’information sur le droit des femmes et des familles 44 ou SOlidarité femmeS Loire-Atlantique ? Cette suppression a empêché de fait des opérations de prévention des violences mais aussi d’écoute et d’accompagnements des victimes.
- Du plus médiatiques fait divers récent en matière de violence sexuelle, à savoir la condamnation en janvier 2026 de l’ex-sénateur Les Républicains basé dans la métropole nantaise, Joël Guerriau, pour avoir volontairement administré une dose de MDMA à la députée Sandrine Josso à son insu, à l’automne 2023, afin de la violer ? (Ce dernier a rappelé qu’il avait perdu son chat et a annoncé vouloir faire appel de la décision).
- Des violences sexuelles commises dans un établissement catholigue nantais et révélées à l’été 2025 ?
- Des violences contre la librairie féministe et queer “Les vagues” vandalisée en mai 2025 ?
Cette liste non exhaustive ne vise pas, bien sûr, à minimiser tel ou tel fait ou à opposer la légitimité des violences. Mais force est de constater qu’en attirant sans cesse l’attention sur certaines violences et certains auteurs, on en invisibilise beaucoup d’autres.
Un enjeu pour la démocratie locale et pour la lutte contre les violences
Notre enquête montre que l’écart grandissant entre la réalité sécuritaire nantaise et l’inquiétude qui y règne est le fruit d’une construction.
C’est un enjeu démocratique de premier plan, puisque le cas nantais montre qu’en matière de sécurité et d’immigration les preuves factuelles ne réussissent plus en France à l’emporter sur les mensonges martelés.
C’est aussi regrettable pour la lutte indispensable contre toutes les violences, tant cette campagne de désinformation détourne l’attention des véritables causes et lieux de violence.
27 Responses
L’insécurité à Nantes est devenu un vrai probleme depuis plus de 8 ans. Ce n’est plus un constat de droite ou de gauche. Dire le contraire c’est mentir. Avant Nantes était calme. J’y suis arrivé en famille il y a 15 ans. Aujourd’hui, je dis à mes enfants de faire très attention, car nous sommes à St Herblain, et le tramway est dangereux après 20h pour une jeune femme qui vient de centre ville. Il faut faire quelque chose, avec la droite ou la gauche mais arrêter de nier la réalité.
Merci pour cet article qui a le grand mérite de montrer la mécanique de fabrication d’une fake new orchestrée par les médias d’extrême droite.
Mais comme le disent d’autres commentateurs, la réalité est complexe car le sentiment d’insécurité se nourrit de fait plus ou moins anxiogènes dont ne peuvent pas rendre compte les statistiques. Par exemple, le trafic de drogue comme ailleurs engendre ses propres violences, la présence d’hommes desoeuvrés marque une appropriation vécue comme excluante par de nombreuses femmes…
Il est dommage que vous ayez prêté le flanc à une critique de partialité politique en oubliant par exemple le fait que l’adjoint au maire de Johanna Roland, en responsabilité de la sécurité a plus d’une fois fait l’amalgame entre immigration et délinquance, sous prétexte de ne pas nier la réalité et de ne pas apparaitre comme un enfant de cœur, réflexe malheureusement courant chez certains élus dits de gauche.
Ancien nantais, j’ai pu discuter avec une ex militante de la CNT, aussi échapée de Nantes, qui m’affirmait avoir quitté la ville parce qu’il y’avait “trop de cathos et de bourges”. Après quelques minutes de discussion elle a fini par m’avouer qu’elle s’était bien tirée de là à cause de l’insécurité, qui n’avait rien à voir avec les cathos et les bourges. Alors un conseil pour les convaincus de la théorie de la fabrique de l’insécurité, la seule solution pour continuer à croire sincèrement en vos idées, c’est de ne surtout pas vivre sur place.
Habitant à Nantes depuis 50 ans, c’est clair que c’est plus la même ville qu’il y a 10 ans. Après, est-ce qu’il y a autant de délinquance qu’ailleurs, je pense que oui.
En tout cas, personnellement j’ai constaté depuis 10 ans une augmentation de tentatives de vol, ou d’agressions autour de moi. Par exemple, avant je ne voyais jamais de pickpocket et bien là ils sont bien visibles.
Deuxième exemple que tout le monde connait, c’est la place Mendès France Bellevue où les chauffeurs de bus ne voulaient plus avoir leur terminus. Depuis, toute cette place est en reconstruction car elle symbolisait bien l’insécurité à Nantes. Les règlements de compte entre dealers faisaient régulièrement la une des journaux.
Enfin, est-ce qu’il faut augmenter la sécurité à Nantes ? Je pense qu’il faut surtout la maintenir maintenant que les chiffres semblent en baisse.
Excellent article ! Merci.
Je n’avais pas lu les commentaires, pensant que le lectorat de Bon Pote est plutôt attentif aux arguments rationnels.Je viens de la faire. Perdu. Transformer le ressenti en réalité objective est devenu une habitude dangereuse en France, dont l’extrême droite tire profit et qu’elle alimente avec ardeur.
Si les faits sont incontournables, il faut les contextualiser. La délinquance à Nantes comme dans d’autres grandes villes a certainement plutôt tendance à baisser. En revanche, les incivilités et les comportements agressfis se développent et créent un climat de rivalité pour l’occupation de l’espace public. Incivilités et rivalités qui ne sont pas le fait d’une catégorie particulière de personnes, mais sont plutôt diffuses, contre lesquelles les pouvoirs publics sont assez démunis. Juste une atmosphère qui témoigne du délitement du sentiment d’appartenance et de cohésion sociale… qui ne se cantonne pas aux villes mais atteint aussi les zones rurales. Atmosphère qui s’auto alimente par les peurs qu’elle provoque en retour. Une spirale qu’il faudrait peut-être analyser au-delà des seuls effets.
Il n’y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir, il faisait plutôt bon vivre à Nantes mais ce n’est plus le cas, il suffit de se rendre place du commerce pour voir la différence et ça ne va pas s’améliorer, c’est même la propagation de l’insécurité vers les villes moyennes.
Il est plus facile de ne pas céder le terrain que de le récupérer, oui on peut dire que ça n’est pas pire que dans d’autres villes comparables pour se rassurer en mettant des œillères mais s’en satisfaire c’est déjà un signe d’abandon et de recul.
Merci pour cet article intéressant. Même si la situation à Nantes n’est pas aussi mauvaise que certains le disent, il faut quand même reconnaître que ce n’est pas non plus Zurich ou Shizuoka. Il y a donc encore une grosse marge de progression. J’ai peur que ce genre d’article, bien que juste, ne serve qu’à relativiser les choses et nous donner des excuses pour ne rien faire, parce que la situation ne serait “pas si mauvaise que ça”. Je ne crois pas que ce soit l’état d’esprit dont nous avons besoin.
Je suis allé à Nantes pour la première fois en 1983. J’avais trouvé la ville très agréable. J’y suis retourné l’année dernière et cela n’a rien a voir.
Déjà l’arrivée dans un aéroport pourri, puis un centre ville parsemé de punk à chien. Je n’ai pas reconnu cette ville. Les statistiques sont peut être merveilleuses mais le ressenti comme dirais Dupont Moretti est déplorable.
En 83, la ville était noyée de voitures et de bruit, grise et poussiéreuse. Un centre ville juste bon pour consommer, pas de terrasses comme aujourd’hui.
Je suis très contente d’être revenue vivre à Nantes, je m’y déplace sans crainte de jour comme de nuit. Je ne vois que la pauvreté qui augmente ( mendicité et comportements psychiatriquement décalés) et, c’est vrai, des cas d’indélicatesse dans les transports en commun.
Cet article a manifestement été créé avec un objectif : trouver des preuves pour conforter votre postulat de départ. Il s’agit donc plus de propagande que de journalisme, et n’a ainsi pas plus de valeur que les affabulations de l’extrême droite, ou que mon constat construit sur 8 années dans cette ville…
Petit voyage à Nantes :
Pour le centre-ville, allez à Commerce, place Bouffay, Foot Locker, et osez dire qu’aucun extra européen ne vous a scruté ou abordé…
Pour la périphérie, allez à Bellevue ou Malakoff si vous en avez le courage, mais attention aux balles qui fusent sur les points de deals.
Pour l’exotisme, essayez d’entrer dans l’un des nombreux camps de roms, dont le plus grand d’Europe, vous pourrez écrire un vrai article si vous en sortez, mais sachez que personne ne viendra vous sauver en cas de difficulté car il s’agit bien de territoires perdus.
Bref, il est évident que cet article est biaisé, volontairement et par idéologie.
Les statistiques ne prennent pas en compte les centaines d’agression et d’incivilités quotidiennes qui ne sont pas déclarées, et l’argument selon lequel toutes les villes sont désormais gangrenées de la même façon ne vaut pas acceptation de cet état.
Pour ma part, j’ai quitté Nantes pour la Vendée, et n’y reviendrai pour rien au monde.
Ancien militant anticapitaliste, confronté à la réalité, j’ai ouvert les yeux et suis desormais résolu à voter pour le parti qui sera le plus à même de réduire ces problèmes.
Les réalités statistiques c’est pas votre truc en fait. Vous attaquez notre travail… profitez-en pour attaquer les chiffres du Ministère de l’Intérieur aussi, ça doit être de la propagande ce qu’ils font 😉
C’est toujours ça avec les droitardés : Les chiffres ne suffisent plus, simplement parce qu’ils ne savent ni lire, ni réfléchir.
Nantes n’est pas pire qu’ailleurs, oui.
Mais un article qui nie tout en bloc et ne fait aucune concession et ne considère qu’un seul point de vue est forcément biaisé et c’est dommage. Surtout à l’approche des municipales. Et surtout vu la mauvaise popularité de Johanna ici : sa gestion douteuse est plutôt mal vue, même par son propre camp.
Je vis à Nantes depuis dix ans. Ce n’est pas une zone de guerre. Mais il y a dix ans, mon quartier était calme. Aujourd’hui, la police est dans ma cour tous les mois pour constater des dégâts, pour poursuivre un dealer qui se barre, pour intervenir sur une tentative de cambriolage, etc.
C’est le lot de toute grande ville certes, mais ce n’est pas pour autant que la situation va mieux, ce serait mentir.
Je vous l’ai déjà dit ailleurs : parler de l’insécurité à Nantes en ne s’intéressant qu’aux chiffres de ces 3 dernières années occulte une partie essentielle du problème.
Il y a quelques décennies, Nantes était anormalement sûre.
Aujourd’hui, elle est plus ou moins dans la norme.
Passer de “anormalement sûre” à “dans la norme” signifie que :
1) la situation s’est dégradée
2) elle s’est dégradée plus vite qu’ailleurs
C’est légitime de le constater et de le regretter !
Et je ne parle pas de “sentiment” d’insécurité. Les chiffres officiels décrivent cette réalité :
Indice de délinquance (pour 1000 hab.) depuis 30 ans :
1996 : Nantes ~65, Moyenne National (Grandes Villes) ~80 => Nantes très sûre
2010 : Nantes ~70, Moyenne National (Grandes Villes) ~75 => Léger retard
2021 : Nantes ~98, Moyenne National (Grandes Villes) ~85 => Nantes dépasse la moyenne
2026 : Nantes ~82, Moyenne National (Grandes Villes) ~88 => Nantes repasse sous la moyenne
En 30 ans, l’évolution a été la suivante :
– 1996 à 2010 : “L’exception nantaise” (En dessous de la moyenne)
– 2011 à 2021 : Le rattrapage et le dépassement
Nantes connaît une croissance démographique galopante (+20 % d’habitants) qui s’accompagne d’une mutation de la délinquance.
– 2022 à 2026 : La stabilisation et le “retour à la normale”
La dynamique s’est effectivement améliorée grâce à des renforts massifs (CRS permanents, doublement des caméras).
C’est un retour à la normale, dans la moyenne nationale basse, pas à l’exception nantaise qu’on connaissait il y a 15 ans.
Ceci dit, il fait bon vivre à Nantes et ce n’est pas le coupe gorge que certains voudraient faire croire.
On peut néanmoins souhaiter que la dynamique qui a fait rejoindre à Nantes le niveau d’insécurité national ne se poursuive pas, car à ce rythme, elle le dépasserait.
On peut même souhaiter qu’elle retrouve son statut d’exception avec un niveau d’insécurité anormalement bas.
NUL¡!!!!!!!!!!!!!!!!!!¡
J’habite à Nantes depuis 8 ans et force est de constater que les transports ne sont pas sécurisants, sortir le soir est anxiogène. Je me suis personnellement fait agresser 2 fois. Nantes devient comme les autres grandes villes des zones de non droit à cause de la délinquance et du trafic de drogue.
Nantais pure souche, je dois dire que cette article fait plaisir. Avant on en parlait pas plus que cela puis du jour au lendemain il y a eu un acharnement sur Nantes.
Je connais Nantes depuis 45 ans et je pense que le sentiment des gens ne se construit pas sur une évolution des statistiques sur 2 ou 5 ans, mais plutôt en comparaison d’une époque de référence dite “plus ou moins heureuse”. C’est l’accumulation des faits dans l’entourage qui rend le passé révolu “idéal” et l’époque actuelle plus sombre. L’information génère la connaissance de ces faits. La faune qui traine et qui demande plus ou moins élégamment “une p’tite pièce” nourrit aussi cette impression. Ce sont des faits réels qui alimentent cette impression.
En 2022, il y a eu un classement national des cambriolages. L’agglomération nantaise s’est particulièrement fait remarquer. Et cette information est loin de se dissiper dans la tête des gens. https://www.ouest-france.fr/faits-divers/cambriolage/cambriolages-de-pavillons-ca-explose-dans-l-agglomeration-nantaise-5aca0d24-9ec2-11ec-a3cc-6629c7a7ad92
Les faits sont tétus…
https://www.francebleu.fr/pays-de-la-loire/loire-atlantique-44/nantes/les-cambriolages-a-la-hausse-dans-l-agglomeration-de-nantes-depuis-quelques-mois-2023035
Être de gauche est un combat permanent contre le réel !
Un grand merci pour cette enquête !
Je n’ai pas arrêter d’entendre ces dernières années des gens qui n’y ont jamais mis les pieds me dire que Nantes avait changé et que c’était coupe gorge, mes parents inclus, en relayant soit disant les propos d’une connaissance d’une connaissance.
J’y suis allé plusieurs fois et j’ai vraiment apprécié la vie là bas au point de songer à y habiter, et j’avais jusqu’ici pas été en mesure de comprendre pourquoi.
Cet article est vraiment instructif et mériterait d’être partagé grandement !
Un très grand merci pour cet article tant attendu ! J’habite à Nantes depuis cinq ans. J’avais connu la ville fin 2003 lorsque mon époux avait été muté et j’en étais tombé amoureuse.
Cette ville est belle, lumineuse, dynamique, généreuse et pleine de bonnes et parfois drôles de surprises… C’est ça Nantes.
Comme toute grande ville elle peut parfois être le théâtre de tristes événements. Mais de là à la comparer à Medellín ou Bogotá, deux villes très belles et intéressantes par ailleurs, c’est faire preuve d’ignorance et de légèreté.
J’invite donc tous ceux qui les comparent dans la violence à les visiter sans manquer d’aller voir le musée de beaux arts (et ses jolies collections et ses expositions temporaires), le musée d’Antioquia (et ses merveilles de Botero), le musée d’Oro (et ses époustouflantes collections précolombiennes). Car il faut parfois se remplir de beauté et de générosité pour être à même de la voir ensuite partout.
Un article très orienté et également biaisé dés le départ. Oui les violences se déroulent en grande partie dans un cercle proche ou familial. Oui les plus bruyants sont souvent ceux qui ont le moins de choses pertinentes à dire. On remarquera le commentaire systématique à l’égard des personnalités que vous n’appréciez pas. Si on répétait ce système, on passerait notre temps à donner des étiquettes aux gens (Voici Micheline, qui à volé une pomme en 1972, etc…)
Concernant le cœur du sujet et les violences. Même si celles-ci tendent à diminuer (heureusement) il n’en reste pas moins vrai que nos prisons sont très fortement représentés par des personnes issues de l’immigration. Sans compter ceux qui n’y sont pas. Alors non Nantes et d’autres villes ne sont pas le far west. Mais il est légitime d’admettre que le faible taux d’agression ou de vols, sont par contre représenté par une forte concentration de population du même type. Votre article n’est pas neutre, et cela se voit beaucoup trop
“il n’en reste pas moins vrai que nos prisons sont très fortement représentés par des personnes issues de l’immigration.” En effet, et ce que dit l’Insee qui produit ces chiffres, c’est qu’il y a un biais passé sous silence: les personnes issues de l’immigration sont beaucoup plus contrôlées que les personnes aux profils caucasiens. En conséquence: elles sont plus facilement arrêtées, jugées et condamnées. L’Insee- qui croise ces chiffres avec d’autres études- considère qu’il s’agit d’une délinquance de pauvreté et non d’origine. Je ne crois pas que L’INSEE soit de gauche ^^!
Article intéressant mais rien à voir avec l’écologie.
Les municipales c’est aussi pour l’écologie, tout comme la lutte contre le racisme et les fachos du RN en général. Donc si, ça a tout à voir. On appelle ça la convergence des luttes, etc.
Merci pour cet article !!! J’ai fait mes études à Nantes, et on me demandait toujours si Nantes ne craint pas trop. Nantes est une grande ville avec son lot de fait divers mais n’est pas pire qu’une autre.