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L’orthographe : cette amie qui ne vous veut pas que du bien

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L’orthographe est une amie capricieuse. Elle est toujours là, parfois pour le meilleur, mais surtout pour le pire. Quand nous parlerons ici d’orthographe, le mot englobera l’orthographe lexicale, l’orthographe grammaticale, la grammaire, la conjugaison et la syntaxe. Et oui, ce n’est pas si simple d’écrire correctement! La bonne nouvelle, c’est que c’est à la portée de tout le monde.

Rien ne remplace la pratique

La capacité à bien écrire n’est pas un don. Bien sûr, ce qui distingue un Tolstoï, un Shakspeare, un Zweig, de vous, c’est un don, un talent né de la disposition, de l’expérience et de l’engagement.
Mais il n’est pas nécessaire d’avoir un talent particulier pour communiquer clairement à l’écrit. C’est une compétence (un skill) comme les autres.

Certes, pas exactement comme les autres. Parce que les mots que nous utilisons pour écrire sont les mêmes que ceux que nous utilisons pour penser : apprendre à bien écrire a certaines ramifications qui vont au-delà du simple aspect technique.
Au fur et à mesure que nous améliorons notre capacité de rédaction, nous améliorons notre capacité de penser – de construire un argument, de formuler les questions de façon convaincante, de tisser des faits apparemment sans rapport en un tout cohérent.

Nous n’avons jamais autant écrit

Malgré les coups de gueule récurrents sur la fin de l’alphabétisation et la ‘mort de l’écrit’, la réalité est que nous écrivons aujourd’hui plus que jamais.
Alors qu’il est rare qu’une personne s’assoie avec un stylo et du papier à la main pour écrire une lettre à un ami ou un cher, nous écrivons pourtant un nombre de courriers incalculables.
Nous envoyons des textes, des tweets, des messages instantanés, nous commentons le mur de nos amis… Dans un flux de communication presque constant.
Au travail, nous rédigeons des lettres, des propositions, des présentations PowerPoint, des documents sur les besoins opérationnels, des notes de service, des discours, des énoncés de mission, des manuels, des brochures, des communiqués de presse, et des dizaines de types de documents plus spécialisés.

Nous sommes devenus, l’air de rien, des machines à écrire. Des Homo Scribus. C’est le petit ami de la fille de l’image d’au-dessus qui doit être RA-VI !

Est-ce honteux de faire une faute?

Avoir une bonne orthographe fait partie des comportements sociaux. On peut tolérer une orthographe incertaine dans les lettres privées, dans les sms. Mais si on fait une faute dans le milieu professionnel, il y’a une sanction sociale, on risque d’être mal jugé, de subir des effets sociaux désagréables.
Pour celui qui fait des fautes, il y a un sentiment d’échec.
L’orthographe est un marqueur social, elle donne une image de soi. Cela montre qu’on respecte les règles, qu’on connaît sa langue.

Pourquoi les français écrivent de plus en plus mal?

Difficile d’écrire un article sur l’orthographe sans évoquer la question. La réponse est pourtant très simple : l’enseignement. Tout réside dans la façon par laquelle le français est enseigné. Les gouvernements ont beau nous amener des méthodes révolutionnaires (dont l’apprentissage sur un pc), le niveau baisse.
En revanche, pour expliquer ce point très facilement, sachez que le niveau de français à l’écrit est bien supérieur dans les lycées africains francophones que dans les lycées français de notre cher hexagone (coup dur pour Marine) ! En effet, les méthodes enseignées il y’a 30 voire 40 ans étaient bien meilleures que celles d’aujourd’hui.

Enfin, c’est mathématique :  + Hanouna – lecture = orthographe pourrie.

Le grammar nazi

Avant d’atteindre le point Godwin, il faut que tout le monde sache qu’une simple faute peut vous mettre KO professionnellement. Par KO, j’entends KNOCK OUT, out,  le non négatif.
UNE faute, et ton cv ne sera pas retenu. UNE faute, et vous perdrez l’attention de vos collègues, voire leur respect. Ce sujet a été maintes fois traité mais il semble toujours bon de le rappeler.

Depuis quelques années, et surtout grâce à internet, nous voyons d’ailleurs se développer une nouvelle espèce humaine, communément appelée le grammar nazi. Il y’en a 2 sortes : le gentil nazi, qui tremble à la moindre virgule mal placée, mais qui ne vous reprendra pas forcément.
Puis…. arrive le grammar nazi niveau 2 : celui qui ne vous ratera pas, celui qui renifle la faute à des kilomètres et vous tombera dessus au moindre faux pas!

Le fait de reprendre les gens sur l’orthographe peut avoir deux effets. Un effet positif : se sentant mal, voire honteuse, la personne retiendra son erreur et ne la refera plus. Ou l’effet inverse : la personne se vexe, et vous perdez un ami. Un peu comme quand vous faites remarquer gentiment à votre copine que ce tiramisu en dessert, c’est de trop.

Vous voulez savoir si vous êtes un grammar nazi? voici quelques pistes : http://www.topito.com/top-signes-grammar-nazi-bescherelle-forever

Un tue-l’amour

Vous aurez beau être sympa, et à moins d’être footballeur professionnel, si vous écrivez comme Jul, vous n’aurez aucune chance.

Cet effet KO est décuplé sur les sites de rencontre. Une vilaine faute d’orthographe sera instantanément pénalisée et vous pourrez passer à la prochaine (sauf si c’est Aurélie du 38, ça ne sera pas bien grave). Aussi rédhibitoire qu’un selfie dans la salle de bain.
D’autant plus que les femmes sont meilleures que les hommes en orthographe et y sont plus sensibles (sources : le Monde et le nouvel obs.. certes). Faites le test, et demandez à vos copines et collègues, lesquelles accepteraient d’être avec un mec qui fait beaucoup de fautes d’orthographe?
Le tout n’est pas d’écrire comme Romain Gary et de faire rêver à chaque phrase, mais de respecter le minimum syndical. Surtout qu’aujourd’hui, il est possible de vérifier chacune de ses fautes sur internet au préalable… !

4 astuces pour s’améliorer :

  1. Lire : la lecture est essentielle à une bonne écriture. C’est ainsi que nous apprenons l’immensité d’une langue, et ses limites. Plus vous lirez, plus vous comprendrez le potentiel de la langue.
  2. Ecrire : pour bien écrire, il faut s’entraîner. Malheureusement, à moins de créer des occasions d’écrire, nous n’avons pas vraiment le loisir d’écrire après nos études. Le fait de commencer un journal, un blog, un bulletin d’information ou tout ce qui pourrait vous venir à l’esprit est une bonne occasion de pratiquer et de s’améliorer.
  3. Se relire : la plupart des personnes qui ne parviennent pas à s’améliorer échouent parce qu’elles ne se relisent pas. Relire avant d’afficher, d’envoyer par la poste, de soumettre, de publier ou de terminer est pourtant primordial. Relire permet de voir les parties gênantes, les morceaux plats, les hors-sujets… Et permet d’apprendre à s’améliorer, voire parfois d’éviter les problèmes 😉 (merci le correcteur Iphone)
  4. Répéter/insister : l’écriture est personnelle, et le fait d’être critiqué sur son écriture peut porter un coup très dur à n’importe quel égo. La seule réponse à cela est la persévérance. Le but est de devenir meilleur, et non d’être parfait dès le départ. Il faut comprendre les critiques, ne pas les intérioriser. Il n’y a pas de honte à mal écrire. En revanche, ne pas retenir les erreurs afin de s’améliorer serait vraiment dommageable.

Bonus devinette

Le garçon ayant reçu ce message a-t-il répondu?

Pour rire cette semaine, deux solutions : 

-aller voir cette page qui me fait rire depuis des années :  https://www.facebook.com/bescherelletamere/

-corriger les fautes d’un grammar nazi ,dont l’auteur de cet article, qui restera très certainement en PLS sous son lit 😀

Bon Pote

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